La crise budgétaire américaine: et si le pire arrivait…

Voici trois scénarios de sortie de crise, du plus optimiste au plus pessimiste.

Photo: Spencer Platt/Getty Images
Photo: Spencer Platt/Getty Images

MISE À JOUR: Les sénateurs républicains et démocrates ont conclu une entente qui assurerait, jusqu’au 7 février prochain, le financement de l’État américain. Celle-ci devra toutefois être ratifiée par la Chambre des représentants après son passage au Sénat.

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Warren Buffet a parlé «d’une bombe nucléaire» sur les marchés. L’image est forte, mais elle ne convainc pas pour autant. Je pense que les marchés mesurent assez bien le risque en cours en maintenant une alerte maximun tout en évitant la panique.

Tout sera fait pour en venir à un accord budgétaire d’ici les prochaines heures. Les leaders républicains à la Chambre des représentants veulent-ils vraiment que leur pays soit considéré comme un État paria qui refuse de respecter ses obligations? Sont-ils prêts à risquer de plonger l’économie mondiale dans une nouvelle crise aux répercussions potentielles calamiteuses?

Voici trois scénarios de sortie de crise, du plus optimiste au plus pessimiste.

Premier scénario: une entente est conclue d’ici jeudi. Les échéances sont reportées et les discussions se poursuivront au cours des prochains mois, d’ici la prochaine crise majeure. Probabilité du scénario: 75%.

Deuxième scénario: pas d’accord avant jeudi, mais les discussions se poursuivent. La date butoir du 17 octobre est avant tout symbolique; elle signifie essentiellement que l’État fédéral américain ne disposera plus d’aucune trésorerie à compter de jeudi.

La première véritable échéance surviendra deux semaines plus tard, le 31 octobre quand il faudra verser 6 milliards de dollars d’intérêt aux créanciers. Le lendemain, le gouvernement devra disposer de 50 milliards pour les cotisations de retraite de d’assurance-maladie.

Entre le 17 et le 31 octobre, les créanciers ne se mettront pas à vendre tout d’un coup leurs obligations américaines, pour ne pas vendre à perte. Ce sera la panique sur les marchés, mais personne n’a de meilleure idée où placer son argent.

Ces deux semaines permettront aux politiciens américains de prendre encore plus la mesure de l’enjeu et de leurs responsabilités. Probabilité du scénario: 20%.

Troisième scénario: les États-Unis deviennent l’Absurdistan. Le pays est en défaut de paiement. Les obligations et bons du Trésor perdent beaucoup de leur valeur. La Chine, le Japon, les pays émergents, les institutions internationales, les partenaires commerciaux, le monde entier est furieux. Le dollar américain subit un fort mouvement à la baisse. Il perd son statut de valeur de réserve par excellence et de premier outil du commerce mondial.

C’est le chaos sur les marchés boursiers. Les investisseurs seront paniqués parce que l’endroit le plus sûr au monde pour placer son argent est devenu par incompétence politique le moins propice de tous.

Les investisseurs exigent une prime de risque plus élevée, ce qui se traduit pas un coût d’emprunt plus élevé. Pour équilibrer rapidement le budget et assumer la hausse du coût du service de la dette, le gouvernement doit couper dramatiquement les dépenses publiques.

Le pays entre en récession et entraîne avec lui le reste de la planète. Probabilité du scénario: 5%.

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Si le pire arrivait? Eh ben…les États-unis seraient l’un des premiers pays occidentaux à enfin commencer à vivre selon ses moyens. Voilà!

Bien sûr, ça occasionnerait certains désagréments mais la correction est nécessaire. Y’en a marre de payer l’épicerie avec de l’argent emprunté.

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