La difficulté à créer des emplois

Certains vont se réjouir se matin des données de Statistique Canada faisant état d’une baisse d’un demi point du taux de chômage au Québec qui passe de 7,8 % à 7,3 %. Le Québec a créé 24 800 emplois en mai, plus que le total canadien.

Ce sont sans doute là de bonnes nouvelles, même si 98 % des emplois créés au Québec le mois dernier sont des jobs à temps partiel. Si les données canadiennes ne sont pas impressionnantes (22 000 nouveaux emplois), elles deviennent spectaculaires quand on les compare aux 54 000 nouveaux emplois crées aux États-Unis en mai. Nos voisins n’arrivent tout simplement pas à relancer pour de bon le marché de l’emploi.

Cela est inquiétant compte tenu de notre dépendance commerciale face aux États-Unis. Un client fauché n’est généralement pas un bon client, en tout cas pas pour longtemps.

Qu’est-ce qui explique cette incapacité à créer des emplois et à relancer pour de bon l’économie ?

Une partie de l’explication se trouve dans l’état lamentable dans lequel se trouve encore le marché immobilier américain. La valeur des maisons ne cesse de diminuer, même après deux ans de reprise économique. L’indice S&PCase-Shiller enregistre une baisse de valeur de 4,2 % au premier trimestre de cette année et de 5,1 % depuis un an. La valeur moyenne des maisons se situe au même niveau qu’en juin 2002. Neuf années perdues…

Cela se traduit par des propriétaires qui ont peu ou pas d’équité sur leur maison. Ils consomment moins parce qu’ils sont plus prudents et qu’ils n’ont plus les moyens de s’endetter. La débâcle du marché immobilier a aussi diminué la mobilité des travailleurs. Les Américains avaient l’habitude de changer de région ou d’État pour se trouver un emploi. Ils hésitent aujourd’hui à le faire pour ne pas perdre d’argent lors de la vente de leur propriété.

Il y aussi un autre facteur plus insidieux et qui pourrait avoir d’énormes répercussions : les entreprises sont en train d’apprendre à se passer d’employés.

Depuis la fin de la récession, les entreprises américaines ont augmenté de 26 % leurs achats en achats d’équipements et de machinerie et de seulement 2 %  leurs dépenses en main-d’oeuvre.

Les compagnies ont opté pour l’automatisation maximum pour contrer les faibles coûts de main-d’oeuvre de la Chine et des autres pays émergents. Elles sont encouragées à agir ainsi parce que les gouvernements aiment bien subventionner l’achat d’équipement et de machinerie au nom de la compétitivité de l’économie.

Dans sa dernière chronique dans L’actualité, Pierre Fortin établit que les produits manufacturés coûtent 14 % moins cher aux États-Unis qu’au Canada en raison de l’appréciation du dollar canadien. Ajoutons à cet écart les gains de productivité que sont en train de réaliser les manufacturiers américains.

Tout cela complique passablement la vie des exportateurs canadiens de biens manufacturés.

 

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Ça ressemble à une inquiétante spirale descendante. Les manufacturiers automatisent pour sauver sur la main-d’oeuvre. La population s’appauvrie. La consommation diminue. conséquence automatisation ou pas les manufactures ferment parce que plus rien ne se vend.
Et comme vous le ditent 80% de nos exportations vont vers les U.S.A. Il est plus que temps de diversifier nos exportations.

« …les entreprises sont en train d’apprendre à se passer d’employés.

Depuis la fin de la récession, les entreprises américaines ont augmenté de 26 % leurs achats en achats d’équipements et de machinerie et de seulement 2 % leurs dépenses en main-d’oeuvre. »

Bien oui le Américains copient l’Asie et en plus achètent leur machines.

C’est qui qui a le pouvoir?

De plus il est important que le Québec se trouve d’autres clients avant de couler avec les USA.

Au lieu de viser la dépendance envers d’autres marchés il faut viser l’autosuffisance. Autrefois à l’échelle individuelle les familles étaient autosuffisantes sur leur lopin de terre. A une échelle plus grande grâce au développement des technologies et de l’automatisation les sociétés riches comme la notre en richesses, en qualité de main d’oeuvre en choyé au niveau du climat(on a pas des sécheresses, des tsunamie, des tornades etc en tout cas pas encore. Si on en veut des bananes et du café on peut en faire pousser dans des tours agricole autosuffisantes en énergies, en eau et automatisées. On lieu d’être esclave du travail pour se loger et se nourrir, on peut être plus riche encore et développer nos comptences, notre savoir, les arts et surtout nos relations humaines. Il faut sortir de la roue du hamster qui a besoin de la croissance a tout prix avec pour objectif l’accroissement du capital. Pour avoir quoi en bout de ligne de plus grosses maisons? De plus gros chars, bateaux, think big think big, ben oui pense réalisation, potentiel, liberté, émancipation. Oui il faut travailler pour développer notre potentiel, nos compétences, les mettre au service des autres, se libérer de la pauvreté des maladies mais accumuler des réserves de lingos d’or pour quoi? Avoir du pouvoir sur les autres? Personnes, richesses, pays? Non mieux vaut viser le développement durable de la société et la réalisation des individus. Pour ça on ne peut encourager l’insouciance et la prise en charge des responsabilités individuelles, il faut faire participer ceux qui veulent en profiter pas faire vivre des profiteurs.

À Jacques d.

Je ne vois pas où M. Duhamel dit 80% des exportations vont aux USA.

Les exportations vers les USA étaient en février 2009 à 69,2% à la baisse. Elles augmentent en chiffres et baissent en %.

Vous avez raison de pointer du doigt l’immobilier mais il faut pousser plus loin l’analyse.

D’abord c’est quoi une économie basée sur l’immobilier? Et bien c’est avant tout une économie basée sur l’endettement croissant des ménages et la (sur)consommation. Un modèle économique fortement encouragé par les gouvernements qui ont tout fait pour faciliter l’accès au crédit et qui a l’avantage de requérir beaucoup d’emplois, notamment des emplois faiblement qualifiés et payants (pas étonnant que tant de jeunes décrochent…).

Pendant longtemps tous le monde est content, à commencer par les politiciens, les banques, les consommateurs qui voient leur maison acquérir de la valeur trois fois plus vite que l’inflation et bien sûr un grand nombre de travailleurs.

Mais éventuellement comme le modèle est insoutenable parce que l’endettement est insoutenable tout ce bel édifice économique concocté par nos politiciens et leur banquiers centraux finit par foirer, c’est la crise. Le marché des maison est paralysé, la consommation diminue, les emplois liés disparaissent et il ne reviendront pas.

L’épargne augmente, au lieu d’être englouti dans les maisons et le crédit l’argent est investi dans les entreprises, qui en ont beaucoup et dont (heureusement) la productivité augmente. Les entreprises embauchent, mais elles veulent des gens spécialisés et hautement qualifiés. Pour les autres, les décrocheurs, les vendeurs et constructeurs de maisons surévaluées, c’est la dèche…

Un nouveau cycle économique commence donc , basé sur l’épargne, l’investissement, la productivité et les entreprises. Pour beaucoup c’est une transition difficile, voire impossible.

Curieusement presque rien de tout cela ne s’applique au Canada où nous continuons encore à nous endetter, à surconsommer et à nous enrichir en nous vendant mutuellement des maisons surévaluées. Après tout peut-être que c’est réellement « différent ici », le croyez vous? Moi pas.

@PBrasseur

Ce n’est pas les politiques d’accès à la propriété des gouvernements qui causent problèmes mais la spéculation sur les marchés immobiliers et la déréglementation des banques et des produits financiers.

« Un nouveau cycle économique commence donc , basé sur l’épargne, l’investissement, la productivité et les entreprises. Pour beaucoup c’est une transition difficile, voire impossible. »

Ce n’est pas un cycle, ça toujours été!!!

C’est la recherche du profit à tout prix qui cause problème. Quelqu’un disait que la meilleure façon de faire plus de profits, c’est de refiler la facture à quelqu’un d’autre!

Mettre tout sur le dos des gouvernements, c’est faire le jeu de ceux qui ont le vrai pouvoir, le milieu financier…

N’est ce ça le jeu de la spéculation?

C’est ça qui arrive quand l’on place son doigt dans l’engrenage d’une bulle spéculative (voir ici le marché immobilier américain depuis le début de ces hypothèques viciées « sub-primes »).

Il faut diminuer les salaires des employés et les réduire à l’état de « slaves with wages » pour faire compétition avec les faibles coûts de la main-d’oeuvre en Chine. Et ça, tout en augmentant les salaires et les bonis des dirigeants de ces mêmes entreprises pour les récompenser de toute la richesse qu’ils créent autour d’eux et de leur magnanimité.

Il faut coûte que coûte et à n’importe quel prix concurrencer les pays émergents et les salaires anémiques qui y sont versés!!!

Foutaise que tout cela…

Quelques réflexions …
1)Chomage de 7,8 à 7,3% Pis charest se la tappe de dire »NOTRE gouvernement a créer des emplois et a diminué le taux de chomage…bla bla bla… »
De l’ironie pure ! IL essaie de prendre tout le crédit pour une chose qui arrive tous les printemps ! Cé juste bon pour le kodac !!!

LES PERDANTS: Les employés de ces jobs qui après 6 mois cé bye-bye ! = + pauvres… Ces memes employés qui se font couper le % de leur taux de chomage ou leurs semaines par le fédéral ! = + pauvres…
L’administration publique de tous les citoyens qui recoit seulement 6 mois d’impot et en +, la plupart du temps ca vient de salaire minimum !

Le SEUL gagnant est charest et son kodac pour la prochaine réélection ! WOW cé ca un PM qui gouverne pour ses citoyens !!!!????? NON MERCI, MOI CÉ PAS CA QUE JE VEUX !

@Benton – Savez vous seulement ce que fais la SCHL? Avez-vous entendu parler du programme IMPP? Croyez vous un seul instant que les banques prêteraient des centaines de milliers de dollars à 2% de jeunes couples dans la vingtaine si le gouvernement et sa SCHL n’étaient pas là pour assumer tout le risque et garantir les prêts?

@PBrasseur

Manifestement, vous croyez au Père Noël!

Par contre, vous savez peut-être que fait la SCHL et l’IMPP, (programme conservateur échu depuis plus d’un an!) mais vous n’en connaissez pas le fonctionnement.

Au faite, savez-vous comment fonctionne une assurance ?

Le capitalisme conduit les entreprises à vouloir toujours plus de profits. Pour y arriver, on diminue le nombre d’employés en demandant à ceux qui restent d’en faire toujours un peu plus. Le problème, c’est qu’on arrive à toujours couper davantage se disant que les clients sont toujours au rendez-vous. Honnêtement, je pensais que ça allait exploser bien avant aujourd’hui parce que voilà sûrement plus d’une quinzaine d’années que ces coupures ont débuté. Ajoutez à cela l’augmentation de la technologie de pointe qui aide à se passer de travailleurs et vous avez le résultat décevant, décourageant d’une main d’oeuvre qui ne trouve plus d’emplois.

Il reste les fonctionnaires qui peuvent encore vivre décemment, mais pour combien de temps ?

@Benton – Ce que je comprends est qu’assurances ou pas un marché libre ne prêterait pas des centaines de milliers de dollars à des taux qui impliquent zéro risque (cote AAA du gouvernement du Canada) à de jeunes ménages qui n’ont pratiquement pas d’argent. Et s’ils ne pourraient emprunter ils épargneraient davantage et s’endetteraient moins, à la fin nous aurions une économie mieux équilibrée. Votre insistance à nier le rôles des gouvernements dans l’excès d’endettement des ménages frise le ridicule. L’immense majorité des nouvelles hypothèques au Canada sont « backé » par le gouvernement et plus encore pour être sûr que le crédit fonctionne rondement le gouvernement a titrisé lui-même pour 75 milliard d’hypothèques avec le programme IMPP.

Si c’est pas de l’intervention massive de l’état dans le marché du crédit et l’économie alors c’est quoi?

Aux USA les interventions étatiques ont été de nature différente mais tout aussi intenses et fatales pour l’économie et pour le marché immobilier.

Mais évidemment les anticapitalistes n’y voient que du feu.

@PBrasseur

D’abord dans les faits, je suis capitaliste, comme la majorité des gens ici.

Premièrement, je vous ferais remarquer que IMPP est une initiative qu’un gouvernement conservateur, minoritaire certes à l’époque, initiative d’après crise. L’on ne peut pas lui mettre sur le dos la crise hypothécaire!!!

Deuxièmement, SCHL a généré un fond de 12 milliards de dollars en 10 ans. Je comprends que certains intérêt voudraient la privatiser comme la Freddie et Fanny à la fin des années 60.
Je regarde le résultat américain par rapport au notre et franchement, le publique gère mieux que le privé!

Troisièmement, le pourquoi de la création de IMPP et une réaction au problème bancaire américaine. Les banques canadiennes n’avaient pas vraiment besoin d’un tel programme…. sauf au cas où les pertes bancaires américaines aient des répercutions sur les banques canadiennes!

Au finale, réfléchissez par vous-même avant d’écrire et ne vous fiez pas aux légendes urbaines des sites néo-libéraux…

@Pierre Brasseur et Benton – pourtant…

http://investdb4.theglobeandmail.com/servlet/story/GAM.20110505.RBDEBTALBERTAPERKINSATL/GIStory/

On parle de la richesse de l’Alberta et c’est là pourtant que l’on retrouve le plus haut taux de gens qui sont en retard sur leurs paiements hypothécaires – deux fois plus que la moyenne canadienne. Ce serait pourtant dans la province qui génère une grande richesse, avec un faible taux de chêmage, que les banques devraient se sentir le plus confiant de consentir des emprunts.

@loraine King

« On parle de la richesse de l’Alberta et c’est là pourtant que l’on retrouve le plus haut taux de gens qui sont en retard sur leurs paiements hypothécaires »

Pas si surprenant que ça en réalité.

C’est que les politiques d’argent et de crédit facile mises en oeuvre par les gouvernements ont plus d’effet dans les zones qui sont prospères et où il y a déjà au départ risque de surchauffe. A ces endroit il y a plus de gens susceptibles de vouloir acheter des maisons et des maison plus chères. C’est gens profitent des politiques gouvernementales laxistes (SCHL, bas taux) pour s’endetter davantage et gonfler la bulle immobilière.

L’Irlande est un autre bon exemple, un modèle qui fonctionnait très bien mais où l’accès au crédit étendu à toute la zone Euro a favorisé la création d’une énorme bulle immobilière. Si les taux d’intérêt en vigueur en Irlande avaient reflété la réalité économique de ce pays la bulle n’aurait pu atteindre cette ampleur et le pays ne serait pas aujourd’hui ruiné.

@PBrasseur

Libre à vous de croire ce qui dit 20% des « experts » alors que 80% affirment le contraire!

Bizarrement, les analyses de ce 20% sont subventionnées par des intérêts privés!

La question est toujours à qui cela profitent-ils ?

@loraine King

Cela me surprends guère.
Bien que les salaire puissent être (disons) 2 fois plus élevés et l’impôt deux fois moins, les maisons y sont 4 fois plus chères!

@Pierre Brasseur – que les taux soient bas ou non, ce qui encourage les Albertains entre autres à s’acheter des maisons avec des garages pour quatre véhicules c’est la société, la culture. J’y vivais des années 70 à 84, alors que les taux étaient très élevés (15, 16 % vers 1882) et j’ai vu des gens acheter et vendre leur domicile aux six mois dans l’espoir de gonfler leur capital pour pouvoir vivre éventuellement comme JR Ewing. Le gouvernement ne force pas les gens, c’est l’inverse !

je suis très surpris de voir que personne ne parle de l’influence de la délocalisation au niveau de la création d’emploi. Un long article du »Courrier International »concluait que ce phénomène commencé il y a quelques années, permet aux compagnies américaines d’afficher des résultats intéressants, pour les dirigeants et actionnaires, mais contribue faiblement à créer des emplois. Si on ajoute à ça les investissements
en automatisation qui n’aident pas non plus à la création d’emplois,on n’est pas porté à être optimiste sur le futur des USA.