La « gauche efficace » de Jean-François Lisée

C’est au tour de Jean-François Lisée à présenter dans l’édition courante de L’actualité ses propositions pour dynamiser davantage l’économie du Québec. Daniel Audet, dont j’ai déjà commenté la contribution, avait soumis ses «15 idées pour un Québec fort» dans le numéro précédent.

Première surprise, je ne suis pas si à droite que je ne le croyais après avoir répondu au jeu-questionnaire soumis par mon collègue et ami depuis plus de 30 ans ! Deuxième surprise, je trouve très intéressantes ses propositions concernant l’aide sociale (favoriser l’emploi plutôt que l’assistance publique, insertion immédiate des jeunes aptes au travail dans un emploi d’utilité publique à plein temps, la notion « d’emprunt d’années de retraite », l’obligation pour les employeurs d’embaucher au moins un prestataire pour toutes les 50 nouvelles embauches). Sa proposition en faveur d’un mouvement intense et général pour accroître l’alphabétisation est brillante. Voilà une très jolie idée.

Sa proposition d’augmenter au niveau ontarien les tarifs d’électricité et de diminuer les impôts en conséquence, puis de privatiser 25% d’Hydro-Québec en échange d’une contribution d’au moins 32 milliards $ au fonds des générations ou à la caisse santé, mérite aussi considération.

Si je suis étonné de l’étendue des points de convergence, c’est que nous différons sur un point essentiel. Jean-François Lisée est partisan d’un État vigoureux, un État devenu au fil des ans héros-bouclier-redresseur de torts collectif du peuple québécois.

Et bien qu’il se réclame d’une synthèse entre l’initiative individuelle et le rôle de l’État (« la gauche efficace »), il a toujours le réflexe d’en appeler à cet État miraculeux et de se méfier « des gens qui foncent, montent des entreprises, prennent des risques ». Ainsi, dans son petit jeu-questionnaire, ceux qui défendent le modèle entrepreneurial perdent des points alors que ceux « qui cherchent la sécurité » n’en perdent pas.

Nous divergeons aussi sur autre grande question. Jean-François Lisée s’est fait un devoir au cours des dernières années de montrer que le Québec va extrêmement bien et de donner la réplique à ceux qui sont plus sceptiques. Mon collègue (et toujours ami) considère qu’un bilan trop négatif « choque et divise et que mieux vaut souligner les progrès réalisés par le Québec depuis 40 ans, cerner les carences et aller de l’avant ».

Comment être contre cet énoncé ? Seulement voilà, comment peut-on cerner les carences et aller de l’avant quand la critique n’est pas bienvenue ?

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Cher Pierre,
Merci pour ces commentaires, je vois qu’on se rejoint sur plusieurs points. C’est l’essentiel.
Au delà des différences de diagnostic sur l’état actuel de l’économie québécoise (elle va bien, « extrêmement bien ? », je cherche cette citation dans mes travaux), l’important est de travailler sur des réformes concrètes, dans un esprit rassembleur et avec du leadership. C’est un équilibre difficile, mais essentiel.
Pour ce qui est d’identifier les carences, en effet cela suppose la critique. Ce que, moi, je critique, c’est la propension de certains de culpabiliser et de généraliser les faiblesses, de taire les succès, plutôt que circonscrire précisément ce qui va mal et de s’y attaquer. Cela dit, ils ont bien le droit de la faire. Je trouve ces jugements sans nuance, souvent injustifiés et toujours improductifs, mais ce n’est que mon opinion.
J’use de mon droit de critique pour souligner à Pierre que, loin de me méfier des « gens qui foncent, montent des entreprises, prennent des risques », je les admire, au contraire, et pense avoir pris un certain nombre de risques professionnels moi-même. J’ai la faiblesse de me croire dans la catégorie des fonceurs.
D’ailleurs, une relecture du quizz permettra à Pierre de constater que ceux qui, à la question 17, choisissent comme modèle seulement les entrepreneurs sont certes jugés plus à droite et ont deux points vers la droite (ils ne perdent ni ne gagnent de points, ils se situent à droite en ne faisant que ce choix). Ceux qui ne choisissent que la sécurité ne « perdent pas de point », comme Pierre le pense. Ce n’est pas le jeu. Ils ont le 0 qui les laisse dans la case « gauche classique », donc pas le bon endroit à être à mon avis.
Mais ceux qui choisissent pour le Québec les entrepreneurs ET les artistes ET les hédonistes ET ceux qui cherchent leur sécurité, donc qui acceptent que la société est formée de toutes ces espèces, reçoivent un +2, sont donc de la gauche efficace (la meilleure réponse à mon avis). Ce n’est pas se méfier, c’est inclure, et admettre que les entrepreneurs sont indispensables, mais que tous les Québécois ne doivent pas être culpabilisés pour ne pas avoir personnellement fondé le Cirque du soleil.
J’avoue finalement que le quizz a un biais à cette question. Ceux qui ont choisi seulement les artistes ont un 1, donc font la moitié du chemin vers la gauche efficace, car je considère comme artistes tous ceux qui inventent, dont les créateurs de richesse et les créateurs de solidarité.
Tout cela dit, je nomme Pierre Duhamel le premier membre honoraire d’une nouvelle confrérie que j’appelle de mes voeux, pas les lucides, pas les solidaires : les efficaces.

bien amicalement,

Jean-François

Les « efficaces » maintenant. J’aime pas beaucoup ce qualificatif emprunté aux technocrates et néo-libéraux qui ont amené la planète au bord du gouffre.

Je ne suis pas de gauche et je trouve que Jean-François Lisée a trop souvent tendance à s’en remettre à l’état. Mais je pourrait TRÈS BIEN m’accommoder à un Québec gouverné avec cette gauche réformée et revue. Comparée à la situation actuelle, ça serait un grand pas dans la bonne direction.

Après avoir bâti des images caricaturales de la gauche et de la droite, Jean-François Lisée s’insère facilement entre les deux avec des suggestions qui ont le mérite de faire réfléchir. Après avoir lu son article et y avoir réfléchi, je vois que l’auteur a créé un plan pour rendre la droite plus efficace. Ce n’était probablement pas son but, mais il a parfaitement réussi. Et je l’en félicite!

Dubuc et ses lucides ont de hauts salaires et ils en ont marre de payer de l’impot. Surtout lorsqu’ils se comparent aux voisins du sud, moins imposés. Alors ils se sont dit on va décrire un Québec d’enfer où les routes ressemblent à celles du tiers-monde, où les ponts s’écroulent sur les automobilistes (il n’en tombe pas des ponts au Minnesota et ailleurs dans le monde), où les enfants n’apprennent rien à l’école publique, où on doit attendre 12 heures aux urgences, en jaquette la crack à l’air. Bref, l’enfer Made in Modèle québéco-albanais.

Pour étayer leur thèse, ils l’ont appuyée sur de solides statistiques où le Québec est dernier dans tout. Le pays des losers. Le pays de la pauvreté au nord du 45e.

Mais heureusement il y a des Gaulois comme Lisée et Noel qui ne se laissent pas remplir facilement et qui présentent les stats cachées par les « lucides ».

Avec la remonté de la piasse, le Québec n’est plus 54e en Amérique, mais en plein milieu du peleton.

Les Québécois, avec leur médecine de guerre, vivent 3 ans de plus que les Américains. Et ce en dépit de l’un des climats les plus durs au monde. Avec seulement 11% du PIB consacré à la santé contre 16% au sud.

On peut s’offrir un cours universitaire pour à peine 1900$ par année. Au sud il n’y a rien en bas de 5000$. Une différence de 9000$ pour un bac. McGill est la 20e meilleure université au monde. Aux States, l’équivalent de McGill c’est à 20-25,000$

En Californie, le kw est 5 fois plus cher qu’ici. Une maison qu’on chauffe ici pour 2000$ par année couterait 10,000$ au tarif californien. Une économie de 8000$ par année

Partout sur le continent, gardez un enfant coute 30$ par jour. A 7$ par jour on économise 5000$ par année.

Une maison de 200,000$ ici, en coute facilement 500,000 presque partout au sud (allez voir ce que vous pouvez acheter pour moins de 500,000$ à Boston). 300,000$ d,hypothèque de moins à 6% par année, c’est une économie annuelle de 18,000$.

Après ca les lucides vont vous dire qu’on est donc pauvre au Québec!

Il y a de belles idées chez Audet et de belles idées chez Lisée. Je me demande quel serait le résultat d’une rencontre de ces deux hommes même s’il y a de l’irréconciliable entre les deux. Pourquoi faut-il être toujours à droite ou toujours à gauche? Pourquoi fustiger Dubuc ou Lauzon selon notre position. Ce ne sont pas des cons. Il y a du bon chez les deux. Ne pourrions nous pas être au centre pour une fois et et piger tantôt à gauche tantôt à droite. Le Québec est plus égalitaire que les autres, il ne lui faut qu’ajouter un peu plus de richesses pour assurer le futur.

@Claude Alexandre
Vs avez mal compris. Dubuc et les lucides en ont marre de payer des impots. Mais ils ne peuvent pas dire ça en public, fait qu’ils procèdent autrement.

A la place, ils s’attaquent au modèle québécois en mettant exergue tous nos championnats de losers. Ils enlignent quelques stats qui reviennent au même thème central: on est pauvre, pauvre, pauvre pis c’est la faute à la gogauche qui mène le show depuis 40 ans à Québec.
Grâce à leurs nombreuses tribunes, ils matraquent le même discours qui se résume à un chiffre massu: on est 54e sur 60 en Amérique du nord. Et ça marche.
Écoutez les lignes ouvertes, allez dans les tavernes et vous allez entendre la cassette Dubuc. Le printemps dernier, la révolution a presque réussi avec la montée spectaculaire du roi du clip.
Or, cette stat -centrale dans leur discours- ne tient plus depuis l’explosion de la piasse à 1,02 usd. On n’est plus 54e en est en plein milieu du peleton. Sauf que personne encore a fait la manchette avec ça! Je suis le premier à en parler.

——
J’ai oublié de parler des test PISA. Chaque deux ans, on administre des tests dans les 25 pays les plus riches du monde. Les élèves québécois se classent toujours parmi les 5 premiers, loin devant les Américains et les Français. Mais on est donc pauvre au Québec

@ jacques noel:

Pourtant, quand on regarde le revenu réel disponible (une fois qu’on prend en compte toute les impôts, taxes, tarif…), le Québec reste dans le groupe au fond du classement…

Si le modèle Québécois étaient si bon, il serait copié, hors ce n’est pas le cas.

En scandinave, le fameux paradis social démocrate, des partis socialiestes ont pris des mesures qui ferait passer les conservateurs de Harper pour le NPD.

Le problème du Québec ce sont les réactionnaires qui empêchent toute modification du modèle actuelle.

Ça donne quoi d’avoir de bons scores PISA quand on a un taux record de décrochage et que nos universités sont sous-financés ?

M. Noel a beau prendre plein de raccourcis et arriver à ses chiffres tordus, mais dans ce blogue même il y a quelque temps on parlait d’une étude qui démontrait que sur 9 villes nord-américaines étudiées, Montréal arrivait 8e pour le niveau de vie, derrière, Atlanta, Houston et autres, en tenant compte des salaires, impôts, et du coût de la vie.

MB

IL y a combien de villes en haut du 8e rang en Amérique ou en Occident? Le savez-vous, vous?

C’est très facile de se comparer aux plus riches pour se croire pauvre.

Êtes-vous dans la misère autant que votre texte le laisse croire?

Très mauvais le Québec.

« Le problème du Québec ce sont les réactionnaires qui empêchent toute modification du modèle actuelle.” (David Gagnon)

Parlant de réactionnaires, il en un qui est dur à battre ici.

Si les calculs de M. Gagnon sont comme ses déclarations sur les vacances ça ne vaut pas cher.

Facile d’interpréter et de dire n’importe quoi, surtout quand le ridicule ne nous touche pas.

« Ça donne quoi d’avoir de bons scores PISA quand on a un taux record de décrochage et que nos universités sont sous-financés ?”(David Gagnon)

La réponse est que ça donne les bons résultats qui sont là, malgré les cris de désespoir alarmistes.

Les tests Pisa ont lieu dans 57 pays. Si nos élèves font si bien c’est la preuve que notre système d’éducation, loin d’être pourri, est l’un des meilleurs au monde

http://www.pisa.gc.ca/pisa2006_f.shtml

On vit trois ans de plus que les Américains en dépit d’un climat terrible. C’est pas parce qu’on est plus fort c’est juste qu’on a un système de santé qui soigne mieux (en dépit de toutes ses carences)

Lorsqu’un jeune couple veut s’acheter une belle maison il n’a pas besoin de se mettre une hypothèque de 500,000$ sur le dos.

Le taux d’homicide est de 4 fois moins élevés qu’aux États-Unis. Ils ont 16,000 meurtres par année. Avec une population 40 fois moindre, on devrait en avoir 400. On en a moins de 100.

On peut aller à l’université sans s’endetter par dessus les oreilles.

En dépit d’une toute petite population et d’un marché donc très restreint, on a une industrie culturelle très vivante. A Hollywood, en dépit de leurs fantastiques moyens financiers, techniques et intellectuels (ils ont droit à la crème mondiale), 6 films sur 10 perdent de l’argent, 3 font kif-kif. Toute l’industrie est basée sur le succès du 10e. Un sur 10!

Bref, il y a plein de bonnes choses ici. Sauf que la bourgeoisie est tannée de payer pour tout le monde, fait qu’elle s’est trouvé des porte-parole pour fesser dans le tas. Dubuc est le king, 3 times a week. Mario encaisse les dividendes électorales.
Le jour que le peuple va payer 25$ pour voir un doc et 50$ pour une radio, y vont trouver le p’tit Mario moins drole.

M. Duhamel,

En lisant votre texte et celui de M. Lisée, je me rends compte maintenant que la différence entre l’état ou public et le privé ou l’entreprise est très étroite.

Ma compagne est cadre au public, moi je suis en entreprise. Les problèmes sont exactement les mêmes.

Finalement d’un côté comme de l’autre c’est l’être humain qui est au-dessus des deux.

Quant a moi la gauche est aussi exécrable que la droite.

Un ne veut pas rénover les taudis, l’autre veut en construire des neufs.

@ Yvon Fleurent:

Parce que vous persistez à dire que les employeur vole 4% du salaire à leur employé pour leur donner des vacances ?

Franchement…

Et au sujet des bon résultats, voici comment se classe le Québec en terme de productivité:

http://www.antagoniste.net/?p=1453

Ya pas de quoi être fier…

Encore les vacances.

« @ Yvon Fleurent: Parce que vous persistez à dire que les employeur vole 4% du salaire à leur employé pour leur donner des vacances ? Franchement…(David Gagnon)

Bon, c’est comme vous le voulez M. Gagnon.

A Yvon Fleurent: bien que je ne comprenne absolument pas ce que vous voulez dire à votre commentaire no. 10, je dirai simplement ceci: une chance pour Montréal qu’il y avait seulement 9 villes dans l’étude !

MB.

Ce qui est bien typique de la majorité des Québécois est d’envier les étrangers riches (ex Américains) et de les glorifier et de les aduler, à cause de la mentalité du petit pain que les curés ont enfoncé dans la gorge des Québécois pendant 2 siècles.

Cette mentalité est parfaitement encore présente aujourd’hui.

À l’inverse pour un Québécois c’est péché ou suspicieux ou mal vu de faire de l’argent. Quand un Québécois fait de l’argent, il est le plus souvent accusé de tous les maux. Regardez Céline Dion la plus grande chanteuse au monde, c’est au Québec qu’elle subit les pires critiques au monde; ce n’est que de la chance, elle est laide, elle ne chante pas si bien que ça etc.

Ce n’est pas le cas aux USA ou elle est adulée. Elle le serait encore plus si elle était Amécicaine.

Autrement dit c’est bien que des Américains soient riche (c’est normal pour eux) mais pas pour un Québécois (ce n’est pas fait pour eux).

Et la tient toi ben, si un gars qui fait de l’argent se pète la geule, ben la il devient un trou du cul et on le traîne dans la boue. Pas aux USA.

Il en va de même pour comparer les villes. Il est bien de se comparer à des villes plus riches au USA. Mais si on se compare a des villes semblables moins riches la sa ne passe pas. Comme dans le péché, il ne faut pas qu’il y ait de villes moins riches.

Remarquez que Montréal est une des meilleures pour une famille de 4 ou 5. Mais ça on ne le retient pas, c’est pas beau.

Alors la question était; si l’on compare toutes les villes semblables en Amérique et en Occident, il en y a combien de moins riches?

25 50 100 150?

à MB

Il n’y a que 9 villes en Amérique du Nord qui méritent d’être comparés.

Ben coudonc.

Evergreen…Streisand

La Bourse joue d’émotivité et plonge.

«La superstition n’aide pas», commente Stephen Gauthier de Gauthier et Cie. «Mais, plus qu’en 1987, le marché est aujourd’hui confronté à la dégradation du système bancaire. Or c’est le système bancaire qui alimente l’économie»

http://www.lesaffaires.com/article/0/revue-des-marches/2007-10-19/466036/le-spectre-de-la-recession-domine-la-superstition-.fr.html

Comme quoi, ce n’est pas la faute des travailleurs, fussent-ils syndiqués ou pas.

@ Raymond Campagna:

Je peux savoir c’est quoi le rapport entre le Québec et les boulangers autrichiens ???

« La Bourse joue d’émotivité et plonge. » (Raymond Campagna)

Rien de plus religieux ou croyants que ces travailleurs de la bourse.

Si vous êtes capable d’aller sur le plancher, vous n’avez qu’à lâcher un gros booouu et tous ces stupides héros vont se mettre à vendre comme un stupide troupeau de bovins en panique et faire baisser le marché.

Ce sont eux qui achètent des actions qui valent de 10% à 70% de la valeur de l’entreprise. Ce sont eux qui font perdre des centaines de milliers de dollars aux petits épargnants.

Il y a beaucoup de liens entre ces gens et les joueurs au casino.

Pas pour rien que les gens ont tendance à dire, « jouer à la bourse ».

Les directeurs de banque ne valent guère mieux. S’ils étaient dans un marché aussi compétitif que le secteur manufacturier, ils se péteraient tous la fiole.

La science du tsunami eux y ne connaissent pas, pour eux y fait beau ou y fait mauvais.

Et ces superstitieux se disent de la droite.

« Je peux savoir c’est quoi le rapport entre le Québec et les boulangers autrichiens ??? » D.Gagnon

L’hommerie!

C’est pourtant évident…

Cher Pierre,

C’est génial les blogues ! Ce matin en préparant mon entrevue sur la gauche efficace pour Christiane Charette, je me suis rendu compte que, pour des raisons d’espace et comme c’est courant, L’actualité avait fait sauter deux paragraphes, avant ma conclusion.

Je me suis dit que ce sont probablement les deux paragraphes qui t’auraient les plus plu. Alors je te les offre, à toi et à tes lecteurs:

« Richesse. L’objectif de la gauche efficace n’est pas la création de richesse en soi, mais la qualité de vie, dont la prospérité est une variable essentielle. Donc oui : créons et distribuons, simultanément, la richesse. Mais le gain social doit être tangible et immédiat. Finis les « lendemains qui chantent », soit le futur grand soir socialiste, ou les illusoires retombées économiques positives pour les pauvres d’une augmentation des revenus des millionnaires.

Entrepreneuriat. Cette création de richesse passe, indubitablement, par un coup de pouce constant à nos entreprises privées, dont la compétitivité est le socle de notre prospérité collective. Leurs coûts de production doivent rester, au Québec, en deçà de celui de nos compétiteurs occidentaux. C’est un minimum dans le siècle sino-indien qui s’ouvre. C’est donc sans inhibition qu’on doit réduire leur fardeau réglementaire (sauf environnemental et social). Et puisqu’il faut éliminer la taxe sur le capital, obtenons simultanément, en échange, un engagement pour le bien commun, qu’il soit de formation professionnelle, de promotion des minorités en emploi, d’ouverture à la réduction du temps de travail pour les parents et les aidants naturels. Ce doit être donnant-donnant, gagnant-gagnant. Voilà qui est être efficaces, mais de gauche. Le Québec souffre d’un manque de nouveaux entrepreneurs. Il faut faire éclore les créateurs d’entreprises privées, d’économie sociale, d’entreprises publiques, d’entrepreneuriat syndical, en créant le programme de démarrage le plus détaxé, dénormé et profitable qui soit.

État. Je n’ai pas parlé ici de la question nationale. Même sans elle, je serais partisan d’un État vigoureux. Mais parce que les Québécois forment une minorité singulière en Amérique, la santé de son premier outil collectif, l’État, est doublement (oserais-je le dire?) capital. L’objectif n’est ni l’État-minceur, ni l’État-obèse, mais l’État fort parce qu’efficace. L’État respecté parce qu’à l’écoute du citoyen et de ses salariés ayant retrouvé le goût du service public. L’État crédible parce que responsable et compétitif. »

bien amicalement
Jean-François Lisée

Si la gauche veut se moderniser (i.e. adapter ses idées au contexte actuel afin d’atteindre ses objectifs) elle doit quitter le mode « contestation » pour faire place au mode « action ». Comme le dirait les vieux de la vieille « Il faut que les bottines suivent les babines ». Le problème avec la vieille gauche sclérosée c’est qu’elle valorise l’immobilisme et la nostalgie socialiste.

La nouvelle gauche devrait donc valoriser l’émergence de nouvelles idées (telles que celles de Lisée). Il est évident que plusieurs de ces idées seront « discutables », par contre, elles permettront de se distancer de la philosophie contre-productive de l’opposition catégorique à tout ce qui ne cadre pas dans l’utopie vertueuse et irréalisable de la gauche endoctrinée.

Par opposition au mythe de la création de la richesse amené par certains utopistes, je dirais que le plus grand mythe de la vieille gauche est celui de la pensée magique. Croire que l’on peut régler des problèmes sociaux et environnementaux sans devoir préalablement créer de richesse est tout simplement inimaginable dans la monde actuel (i.e. une système mondial basé sur les échanges pécuniers). Comment voulez vous créer un programme social sans payer des intervenants sociaux et des gestionnaires pour le gérer ?? Comment voulez-vous recycler sans payer les travailleurs qui font la récolte, le tri et la transformation ?? Cela ne fait tout simplement aucun sens.

Si l’État québécois veut rehausser sa position sociale et environnementale, il doit nécessairement favoriser la création de richesse (dans une optique de développement durable). Effectivement, c’est cette nouvelle richesse qui va générer indirectement des revenus supplémentaires pour l’État (par les impôts et les taxes). Enfin, ces revenus supplémentaires permettront de créer la marge de manœuvre budgétaire nécessaire si l’on souhaite adresser de nouvelles problématiques sociales et environnementales sans remettre en question les acquis sociaux actuels.

** Et ce n’est surtout pas en haussant les impôts des riches et des entreprises qu’on va y arriver (hausser les impôts des entreprises = entreprises qui quittent le Québec = moins de revenus pour le social et + de chômeurs)