La Grèce, la Chine et la meilleure récession de tous les temps

Survol d’un été mouvementé dans le monde économique.

Photo : CHINATOPIX/AP
Photo : CHINATOPIX/AP

Blogue Economie

L’actualité économique est toujours riche en rebondissements, et les derniers mois n’ont pas fait exception à la règle. C’est que l’économie est fragile et qu’on ne distingue pas systématiquement, dans la quantité d’informations glanées au fil des jours, ce qui s’avérera anecdotique et bénin et ce qui marquera une inflexion plus lourde de conséquences.

Je me suis amusé à reprendre les grands thèmes et événements des derniers mois pour essayer de leur trouver un sens.

1. La Chine compte plus que la Grèce, et les États-Unis plus que la Chine

L’été commence en Grèce. Le pays passe à un cheveu de se retrouver en défaut de paiement, faute d’un accord avec ses créanciers. Les marchés s’excitent et craignent que la Grèce s’exclue de la zone euro et que l’avenir de la monnaie européenne soit de ce fait remis en question.

Un accord de la toute dernière heure impose aux Grecs des conditions semblables à ce que leur gouvernement leur a demandé de rejeter par référendum quelques jours plus tôt.

Cette entente calme le jeu et on s’inquiète dorénavant de la Chine. C’est comme si on était passé d’un feuilleton à un autre.

Cette fois, l’acteur principal est la deuxième économie mondiale. C’est du sérieux. Les Chinois plombent les prix des matières premières et le commerce extérieur fléchit. Les bourses chinoises, véritables casinos dominés par des particuliers en quête d’un gain rapide, se mettent à glisser dangereusement.

On commence à mettre en doute les statistiques chinoises et à s’interroger sur l’état réel de l’économie. Partout sur la planète, les marchés plongent et on craint une solide correction boursière.

C’est alors que l’on apprend, fin août, que l’économie américaine a crû à un rythme annuel de 3,7 % au deuxième trimestre, ce qui est bien meilleur que prévu. Les ventes d’automobiles sont les plus élevées depuis 10 ans, les revenus disponibles sont en hausse de 2 % et il s’est ajouté 173 000 emplois en août. La première économie mondiale ne se porte finalement pas trop mal.

Les marchés se sont calmés un peu cette semaine et ils ont repris une bonne partie du terrain perdu la semaine dernière.

Il y a deux morales à cette histoire. Premièrement, le marché est très volatil et il suffit d’une bonne ou d’une mauvaise nouvelle pour que tout bascule. Deuxièmement, on trouvera toujours un grand sujet d’inquiétude quand il faut s’inquiéter, et un bon motif de se réjouir quand on en a envie.

2. «Best. Recession. Ever.»

La plus douce récession de l’histoire; c’est comme cela qu’on pourrait traduire le titre d’un bulletin des économistes de la Banque de Montréal publié vendredi dernier.

Oui, le Canada est en récession. Vous l’avez suffisamment entendu pour en être convaincu. L’économie a reculé au cours de deux trimestres consécutifs, ce qui est la définition la plus courte d’une récession.

L’économie canadienne se retrouve néanmoins dans une situation tout à fait paradoxale, car il s’est ajouté 174 000 emplois depuis le début de l’année. Une récession qui crée des emplois, ce n’est pas une récession sérieuse.

Les données encourageantes sur le commerce extérieur (+ 6,3 % en juin et + 2,3 % en juillet) et l’emploi nous rappellent qu’il faut tenir compte de plusieurs facteurs avant de porter un diagnostic définitif. Elles nous indiquent aussi que l’économie canadienne a plusieurs moteurs qui ne carburent pas tous au même rythme.

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8 commentaires
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«Best. Recession. Ever.»

Oui mais la gigantesque bulle de crédit des ménages canadiens croît toujours, à suivre…

Incidemment j’apprend que le NPD prévoit se servir de la SCHL comme levier pour encourager la construction de logements locatifs abordables, plus ça change…

« Oui mais la gigantesque bulle de crédit des ménages canadiens croît toujours, à suivre… »

ABSOLUMENT FAUX!

« Au Québec, un million de foyers n’ont aucune dette. Les deux autres millions et demi en ont, mais ils détiennent aussi des actifs, comme une maison, une voiture, des obligations, des fonds communs de placement et des actions boursières. » (Pierre Fortin)

« Ma consœur Hélène Bégin, économiste chez Desjardins, a récemment démontré qu’en 2010 les ménages endettés du Québec détenaient en moyenne 380 dollars d’actifs pour couvrir chaque tranche de 100 dollars de dette. La dette s’est bien accrue, mais les actifs encore plus. »

http://www.lactualite.com/opinions/chronique-de-pierre-fortin/sommes-nous-vulnerables-a-une-hausse-des-taux-dinteret/

Des actifs?

On parle ici essentiellement de la valeur des maisons avec des prix surchauffés par l’afflux de dettes et qui ne peuvent se maintenir que si cet afflux se maintient, ce qui est hautement improbable.

Aussi bien dire du vent sauf comme ceux (comme François Legault) qui vendent maintenant! Les dettes par contre ne vont pas s’évaporer avec un changement dans la demande.

En plus Desjardins est un prêteur, partie prenante du marché, pas étonnant que les institutions Canadiennes voient (ou prétendent voir) la vie plutôt en rose. Par contre de nombreuses institutions et publications extérieures ont émis de sérieuses mises en garde au sujet du Canada.

Libre à vous de ne pas les croire.

« On parle ici essentiellement de la valeur des maisons avec des prix surchauffés »

Prouvez le! Noir sur blanc avec des chiffres! Évidemment vois ne serai pas capable

Pierre Fortin à MILLE fois plus de CREDIBILITE que vous qui nous prédisez la la crise hypothécaire depuis huit ans
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« Libre à vous de ne pas les croire. »

Moi je ne crois pas, croire c’est de de la religion. Libre à vous de croire sans chiffres.

« En plus Desjardins est un prêteur, partie prenante du marché, pas étonnant que les institutions Canadiennes voient (ou prétendent voir) la vie plutôt en rose. »

Ha! Ils veulent se suicider Desjardins!

Je pense que Desjardins s’y connais encore MILLE fois plus que vous.

Ce qui peut faire la différence entre un Nouriel Roubini et ces professionnels qui commentent l’économie sur une base seulement évènementielle, c’est que l’un étudie l’économie de manière globale sur la base de données macro-économiques précises et sur la base de l’évolution de toutes ces données dans le temps. Ce qui d’ailleurs est un très bon outil pour les entreprises qui veulent progresser (principales clientes de Nouriel Roubini).

Les profanes (comme moi) qui s’intéressent à l’économie, qui regardent les choses de manière plus globale et sur un espace de temps plus long (vision historique matérialiste initialement introduite par Karl Marx)…. Et bien qu’ils ne disposent pas de tous les outils pour affiner leurs analyses de manière aussi précise que celles de monsieur Roubini…. Il arrive bien souvent que cette vision profane, s’avère être la plus proche des réalités.

De la sorte les questions relatives à la Grèce étaient identifiées par moi-même depuis plus de 5 ans. Cela doit faire au moins 7 ans que j’écris de temps à autres des commentaires dans la blogosphère sur la Grèce. Et sans vouloir me vanter. Ma vision de la situation était éclairée.

Pour ce qui est de la Chine. Ce n’est pas une surprise absolue, non plus. Cela fait près de 14 mois que la Bourse de Shanghai en arrache. Mais… la chose attire alors l’attention juste après la Grèce. Simplement parce que les centres d’attention se déplacent en permanence invariablement. Si ce n’est que l’histoire quant-à-elle se poursuit inlassablement malgré le déplacement des projecteurs….

Alors, cette problématique de la Chine est-elle si « sérieuse » que cela ? — Ou cela montre-t-il plutôt que dans un cadre de mondialisation toutes les économies du monde sont inter-reliées, qu’un défaut de paiement d’un poids plume économique aussi petit soit-il…. Peut bien — comme le bruissement d’aile d’un papillon — être le « coup d’envoi », le signal d’une tempête (ou d’un tsunami) parfaite ? Qui soufflera (qui sait ?) dans quelques temps.

Dans une récente interview que donnait Nouriel Roubini voici ce qu’il déclarait : « Ce qui a été fait pour améliorer le fonctionnement du système financier va dans la bonne direction. Mais ce n’est peut-être pas suffisant pour éviter une autre bulle ou une autre crise. En 2017, on va entrer dans un territoire plus risqué. » (Source : Le Monde, 22 juillet 2015)

Peut-être serait-il temps dès à présent d’observer l’ensemble des composantes économiques et encore géopolitiques pour parer aux risque d’un embrasement généralisé d’ici 2017 ou 2018. Les solutions existent, il suffit de s’y fier et de les appliquer.

À cet effet pour conclure, j’aimerais ajouter, qu’il existe un chainon manquant dans ce texte : « la crise des migrants ». Sans en avoir l’air, toutes sortes d’exodes et de migrations importantes de populations ont des incidences sur l’économie en même temps qu’elles ont façonné l’histoire de la planète, même avant l’arrivée de l’homme.

La chose pourrait être auspicieuse et même très positive pour l’avenir de l’humanité. Comme l’inverse est vrai, il n’est pas rare que des espoirs brisés se transforment pour ceux qui ont été brisés comme de véritables malédictions. Et dans ce cas c’est la « peste » qui de proches en proches déferle sur les populations.

Ce qui gouverne le monde, ce n’est pas l’argent, c’est belle et bien la magie. On reconnait une « bonne » magie au fait que les gens vivent en harmonie, en paix, dans l’abondance et contribuent chacun à leur manière à alimenter la prospérité pour tous. L’accroissement du bien commun est souvent un signe de bonne santé. La perte progressive de valeurs et le dérèglement de tous les sens pourraient être annonciateurs de désastres futurs.

— Faites vos jeux ou bien votre choix.

« L’été commence en Grèce. Le pays passe à un cheveu de se retrouver en défaut de paiement, faute d’un accord avec ses créanciers. »

La Grèce a été en défaut de paiement pendant près d’une semaine, mauvais journalisme…