La Grèce s’enfonce, l’Europe s’enlise

Le cas grec a une valeur d’exemple. On ne peut pas fuir ses obligations, on ne peut pas être en défaut sur sa dette sans prix à payer, et on ne peut quitter la zone euro sans douleur.

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Photo : Giannis Papanikos/Associated Press/La Presse Canadienne

Les images provenant de la Grèce sont à arracher le cœur. On y voit des personnes âgées attendant, ahuries et bouleversées, devant des banques fermées, et donc incapables de retirer leur chèque de pension de vieillesse. Des stations-services n’ont plus d’essence, et il y a même des files devant les marchés et les pharmacies, car la population craint qu’il y ait pénurie de biens essentiels. Quand ça va mal…
Blogue Economie

Les banques sont fermées jusqu’au 6 juillet, car les banques grecques sont incapables de faire face à l’ampleur des retraits. Les Grecs ont retiré près d’un milliard d’euros des guichets automatiques en fin de semaine ; dorénavant, ils ne pourront retirer que 60 euros par jour. Quelque 850 succursales bancaires devraient être ouvertes pour distribuer les pensions aux retraités.

Voilà donc les répercussions immédiates, sur la population, de la rupture des négociations entre le gouvernement grec et ses créanciers.

Cette rupture et l’annonce-surprise d’un référendum occasionnent d’autres contretemps. La Bourse d’Athènes est fermée et toutes les autres places boursières reculent fortement. Les devises, dont le dollar canadien, se replient aussi face au billet vert. Le prix du pétrole est également à la baisse. Enfin, des pays comme l’Italie et l’Espagne doivent payer plus cher pour se financer. On parle aujourd’hui d’un «tremblement de terre» ou, pire, d’un «bain de sang».

Mais comment en sommes-nous venus là ?

Il y a deux niveaux d’interprétation.

Pour certains, «un groupuscule technocratique-banquier non élu» a décidé de mener la vie dure à un gouvernement élu. Vous aurez reconnu dans ce camp les autres pays membres de la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI).

«Les créanciers auraient même une responsabilité criminelle», selon l’économiste et Prix Nobel Joseph Stiglitz. Les mesures d’austérité qu’ils exigent ont déjà ruiné la Grèce, et il faudrait effacer une partie de la dette grecque pour permettre à l’économie de reprendre son souffle et espérer que le pays puisse un jour honorer ses engagements.

C’est aussi la ligne défendue par le gouvernement d’Alexis Tsipras, qui a rompu brusquement les négociations et qui appelle le peuple grec à rejeter par référendum un accord qui n’était même pas encore ficelé.

Les pays européens ne l’entendent évidemment pas ainsi. Sur la forme, tous les gouvernements européens ont critiqué ce référendum improvisé (des négociateurs grecs auraient même appris sur Twitter qu’il en était question) et la suspension des négociations, alors qu’on aurait été «à quelques centimètres d’un accord».

Sur le fond, le désaccord reste important.

Tout d’abord, il faudrait cesser d’opposer la Grèce à des entités strictement bureaucratiques, comme le FMI et la BCE. L’Allemagne (56,5 milliards) et la France (42,4 milliards) détiennent, directement ou indirectement, presque le tiers de la dette grecque — qui s’élève à 321 milliards d’euros.

Quand le ministre allemand des Finances dit aux Grecs qu’ils doivent mettre de l’ordre dans leurs affaires et rembourser leurs prêts, il parle au nom d’un gouvernement et d’une opinion publique qui en ont assez de ce cirque et qui n’acceptent pas de payer la facture à la place des Grecs. Il me semble qu’on fait fausse route en comparant la légitimité des uns et des autres.

On dit aussi que les Grecs n’ont rien reçu en échange des milliards empruntés, puisqu’il s’agissait essentiellement de rembourser les banques européennes vulnérables à un défaut grec. Cet argument porte moins, puisqu’à l’origine, ce sont des dettes contractées par les gouvernements grecs successifs pour pallier l’insuffisance de rentrées fiscales et des dépenses trop élevées en fonction des recettes. C’est sans compter les tricheries des particuliers qui ne déclarent pas leurs revenus et de l’État qui trafiquait ses comptes pour mieux paraître.

On peut accuser les autres pays européens de lâcheté à l’endroit de leur opinion publique, ou de dogmatisme en matière de finances publiques. Ce qui est vu comme de l’acharnement a peut-être une autre explication.

Le cas grec a en effet une valeur d’exemple. Le message est le suivant : on ne peut pas faire ce qu’on veut quand on partage la même monnaie, on ne peut pas fuir ses obligations, on ne peut pas être en défaut sur sa dette sans prix à payer, et on ne peut quitter la zone euro sans douleur. Donner un passe-droit à la Grèce revient à donner le mode d’emploi à tout gouvernement porté par un message antiaustérité qui voudrait faire pareil.

Le précipice, c’est demain

Mardi soir, la Grèce n’aura pas un centime pour rembourser un prêt de 1,6 milliard d’euros provenant du Fonds monétaire international et se trouvera officiellement en défaut de paiement. Elle pourrait être exclue du FMI d’ici deux ans et se priver de l’accès aux ressources financières de cet organisme, qui regroupe 188 États membres. La Grèce pourrait aussi être bannie de la zone euro si elle ne rembourse pas ses prêts aux institutions européennes.

Cette sortie de la zone euro sera au mieux chaotique, au pire infernale. D’abord, il n’y a pas de précédent. Comment fait-on, au juste, pour sortir de la zone euro ? L’idée serait de revenir à l’ancienne monnaie, la drachme. Il faudra imprimer de nouveaux billets de banque, puis opérer la conversion dans toutes les transactions électroniques et dans les comptes bancaires.

Comment vaudra cette nouvelle drachme ? Un économiste de la banque RBS estime que la monnaie grecque perdra 50 % de sa valeur comparativement à l’euro. Les Grecs seront plus pauvres quand ils iront à l’étranger et dépenseront davantage pour leurs produits importés, mais cette nouvelle monnaie devrait rendre le pays meilleur marché pour les touristes, et les produits grecs plus concurrentiels.

Il s’agit peut-être là du meilleur scénario pour la Grèce, dont l’économie est laminée par des décennies de mauvaise gestion des comptes publics et des années d’austérité.

Le référendum cristallisera l’opinion. Si les Grecs votent oui, ce sera un vote pour l’euro et pour l’Europe. C’est ce que disent l’un après l’autre les leaders européens. Voter non, c’est s’opposer aux mesures d’austérité imposées par les partenaires européens et décider de faire bande à part.

Dans les deux cas, le prix est élevé.

 

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L’union monétaire doit suivre l’union politique et non l’inverse. Cette union monétaire sans pouvoir politique est vouée à l’échec depuis longtemps. La Grèce en fait les frais maintenant mais d’autres suivront sans doute (si ce n’est pas déjà le cas). Cette union monétaire était sensée rapprocher les pays européens mais avec tous les troubles économique qu’elle cause elle finira probablement par les éloigner, d’autres dangers naitront alors…

Ainsi pensait le grand Milton Friedman et sur ce sujet comme tant d’autre il ne se trompait pas.

Notez bien que sous la gouverne de politiciens irresponsables la Grèce aurait probablement fait faillite sans union monétaire. Mais il est certain que sans cette union elle n’aurait pas eu accès aux taux d’intérêt et aux garanties qui lui ont permis de s’endetter à ce point, en conséquence la crise hors Euro eu sans doute été moins grave et le rebond moins lointain. L’appartenance à l’Euro enlève à la Grèce la flexibilité monétaire nécessaire pour amortir le choc qui par ailleurs ne peut être compensé par un sauvetage qui serait naturel à l’intérieur d’une union politique normale. Quel gâchis!

La Grèce nous offre un rappel brutal que les utopies politiques ne sont pas inoffensives.

— Lorsque vous écrivez : « Mardi soir, la Grèce n’aura pas un centime pour rembourser un prêt de 1,6 milliard », ce n’est pas tout-à-fait exact. En réalité il existe des dispositions communautaires à l’effet que la BCE — qui perçoit des intérêts sur la dette grecque -, que ces intérêts seraient reversés à la Grèce.

Si mes informations sont exactes, ce serait actuellement 2,2 milliards d’euros d’intérêts qui sont détenus par la BCE qui pourraient être reversés à la Grèce en moins de 24 heures ou sur cette somme, on pourrait soustraire, les 1,6 milliards qui sont actuellement dus au FMI. Ce ne sont que de simples jeux d’écriture. Les financiers du monde sont tous parfaitement outillés pour faire face à ce genre d’ajustements techniques.

On comprend donc, que si problème il y a, ce n’est évidemment pas à cause de ces « maudits » intérêts qui sont dus au FMI. C’est bien pour cela que le « bât blesse », puisque toute la problématique n’est pas au niveau de la mécanique financière mais plutôt en raison que l’Europe politique usée et vieillissante est désormais vouée aux seules valeurs qui la rassure : le conservatisme politique.

Alors Syriza est la formation politique qu’il faut abattre coûte que coûte. Pour envoyer à tous les européens un message clair destiné à la population qu’il n’y a aucune transgression possible de l’ordre économique actuellement établi et que cet ordre économique est bel et bien là pour rester.

— Vous ajoutez ceci : « La Grèce pourrait aussi être bannie de la zone euro si elle ne rembourse pas ses prêts aux institutions européennes. »

Voici une affirmation des plus hasardeuses qui ne correspond en rien avec les traités qui sont en vigueur au sein de l’Union Européenne. Techniquement aucun État membre de l’UE ne peut être banni et l’adhésion à l’euro est irréversible. En revanche : « Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union » (Article 50 du Traité de l’Union européenne, connu aussi sous le nom de : « Traité de Lisbonne »).

Je vois difficilement comment l’UE pourrait revenir sur ses traités constitutionnels sans adopter un ou des amendement(s) constitutionnel(s) qui requièrent en principe l’unanimité des 28 pays membres de l’Union (un processus qui peut s’étaler sur plusieurs années) . Dans le meilleur des cas on pourrait prévoir des aménagements techniques en organisant un mini-sommet, aménagements qui permettent à la Grèce un retrait partiel et temporaire de la zone euro pour lui permettre de prendre du temps (un ou deux ans renouvelables au besoin) dans le but de procéder aux réformes nécessaires à la restructuration de son économie.

Un bannissement total de la Grèce de l’Eurozone, impliquerait que ce pays n’est plus en défaut de paiement, mais : en cessation pure et simple de paiement. Ce qui signifie que comme 75% de la dette grecque étant détenue par les institutions (ce que les gens appellent : la troïka), il faudrait que chacune de ces instituions comptabilisent leurs pertes. Rien que pour un pays comme l’Allemagne cela signifie un trou béant dans la caisse de quelques 60 milliards d’euros seulement. L’Allemagne qui fait déjà fasse à un déficit chronique abyssal de ses caisses de retraites.

Évidemment, si l’Europe désire entrer en récession (cette fois pour longtemps), qu’elle choisit — suite à son incapacité de conclure des ententes raisonnables avec le gouvernement Grec -, de se suicider symboliquement et de se saborder collectivement. Il faut bien admettre dans ce cas que c’est la voie royale et que le bannissement est d’entre tous : le plus de meilleur de tous choix ! Un choix qui plus est, qui établit pour celles et ceux qui auraient un doute, du caractère éphémère de toutes les formes de démocraties.

— Si les grecs ont certes inventé la démocratie. Ils ont également une longue expérience de la tyrannie !

« Donner un passe-droit à la Grèce revient à donner le mode d’emploi à tout gouvernement porté par un message antiaustérité qui voudrait faire pareil. » (P. Duhamel)

Je disais que l’UE craque de partout dans votre billet « Grèce : la faute aux prêteurs? »

« La Grèce pourrait aussi être bannie de la zone euro si elle ne rembourse pas ses prêts aux institutions européennes. »

Je vous trouve téméraire. Je pense que l’UE fera tout pour éviter le Grexit même à genoux. À ce titre la Grèce peut être accueillie par un autre groupe particulièrement l’Asie, mais l’UE non. Aussi, il y a beaucoup de citoyens français, anglais, italiens et allemand qui veulent sortir de la zone euro car ils estiment avoir perdu leur souveraineté au profit des ÉU.

Dites,,,la dette de la Grèce…elle est nette ou elle est brute?

So much pour la théorie vaseuse de la dette « nette »!

Dans une situation normale la distinction entre nette et brute n’est pas importante, on paie l’intérêt sur la dette brute. Mais en cas de problème économique la distinction entre nette et brute peut être importante dans la mesure où certains actifs (mais pas tous) peuvent être utilisés pour aider le gouvernement à faire face à ses obligations financières durant un passage difficile.

La présence d’actifs est susceptible de rassurer les investisseurs donc de diminuer les coûts d’emprunt, donc d’éviter une crise qui mènerait à un défaut de paiement.

On peut donc présumer que la Grèce ne disposait pas d’actifs suffisants pour rassurer les prêteurs, les coûts d’emprunt ont explosé d’où la nécessité d’un sauvetage avec les conditions (toujours pénibles) qui s’y rattachent.

Le Québec, qui dispose de plusieurs actifs et de L’appui potentiel du reste du Canada (union politique…) est dans une situation très différente de la Grèce. Sa dette publique est un boulet financier et un indicateur que quelque chose cloche profondément, par contre le scénario faillite pour l’instant relève de la science-fiction.

Le scénario catastrophe pour le Québec serait une crise économique pan Canadienne qui diminuerait fortement le potentiel d’aide du Canada et dont le Québec serait le maillon faible. En fait je pense que c’est précisément ce qui va arriver, mais à petite dose sur une longue période.

François 1 nous avait bien prévenu.
C’est la faute des fonfons, des syndicaleux, du parti Québécor et de PKP
dont les dangereux journalistes encouragent la démence.

http://www.journaldemontreal.com/2015/06/29/salade-grecque

Que l’on aime ou non Martineau, il dresse ici un portrait plutôt réaliste de ce qui arrive actuellement en Grèce.

Extrait:

« Des fonctionnaires en veux-tu, en v’là! Selon certains économistes, on compterait près de 850 000 employés dans la fonction publique grecque!
Un monstre épouvantable, qui ferait passer notre fonction publique pour une anorexique. Il y a quatre ans, alors que le gouvernement grec promettait à l’Union européenne qu’il allait imposer un régime-minceur à sa fonction publique, l’État embauchait en secret 80 000 fonctionnaires supplémentaires.
Entre 1976 et 2009, le nombre de fonctionnaires a augmenté de 150%.
Le premier ministre socialiste Georges Papandréou avait à lui seul 120 conseil­lers! »

Voilà pour les fonfons et les syndicaleux!

Par contre, PKP, sa Julie…vous savez, la comédienne qui a récemment joué dans une pièce de théâtre minable pour qu’elle et son conjoint, tous deux millionnaires, puissent continuer à avoir accès à des fonds publics péniblement accumulés par les travailleurs québécois qui s’échinent à l’ouvrage (imaginez un seul instant l’hécatombe financière si PKP avait été Premier ministre!!!), n’ont pas grand chose à faire avec le fiasco de la Grèce mais si on les laisse diriger le Québec, c’est exactement là où nous nous dirigeons.

Richard Martineau, le roitelet des bobards médiatiques, peut bien raconter ce qu’il veut, sa crédibilité est nulle, lorsque les chiffres parlent, c’est une toute autre histoire :

« Selon l’OCDE, les fonctionnaires représentaient en Grèce 7% de l’emploi total en 2001, et 8% en 2011, contre 11% en Allemagne et 23% en France (incluant la sécurité sociale).

[…] Une étude récente (*) montre que la flambée de la dette grecque ne résulte pas du tout d’une gabegie de fonctionnaires et de prestations sociales. Les dépenses sont restées globalement constantes en % du PIB, de 1990 jusqu’à 2007. » (Grèce : Petit guide contre les bobards médiatiques. Collectif pour un audit citoyen)

* L’étude est celle de Michel Husson : Grèce: pourquoi une dette à 100% du PIB avant la crise?
publié ici : http://alencontre.org/europe/grece-pourquoi-une-dette-a-100-du-pib-avant-la-crise.html

Par delà tout l’environnement historique (comment la Grèce en est arrivée là), économique (fonctionnement de la zone Euro), et politique (les opinions publiques chez les divers intervenants), le fond du problème est, ce me semble, assez simple: la Grèce est endettée au delà du raisonnable et son objectif est d’en rembourser le moins possible.
Évidemment les créanciers ne veulent rien lâcher non plus.
On peut faire confiance à la créativité des banquiers, Goldman Sachs en tête, pour ficeler toutes sortes de combines hyper techniques qui ne règlent finalement pas grand chose, chaque nouveau crédit servant essentiellement à rembourser les précédents.
Qui est irresponsable dans cette affaire: La Grèce avec son comportement délinquant, ou les créanciers qui continuent à financer un partenaire insolvable?
Lorsqu’on est au fond du trou, une bonne idée est de cesser de creuser, et bon nombre d’économistes préconisent de changer complètement de paradigme.
Le monde n’évolue qu’en situation de crise.et la tactique du gouvernement grec me paraît excellente, car elle crée la crise qui permettra d’avancer.
Crise pour la population grecque et crise pour les créanciers.
Qui l’emportera?
Les néo-libéraux qui asserviront la Grèce pour la suite du monde?
Leurs opposants?
Dimache 5 juillet est encore bien lointain, et il peut se passer bien des revirements d’ici cet hypothétique référendum.

Derrière tout emprunteur en difficultés, il y a un prêteur cupide qui ne refuse jamais de prêter. Et, pendant tout ce temps où la Grèce, avec l’aide de quelques banquiers internationaux, traficotait ses livres, maquillait la réalité, empruntait pour payer l’épicerie, où étaient donc les petits génies de agences dites de »notation« censées prévenir les prêteurs grâce à leurs cotes (ou décotes) qui font si peur à nos gouvernements et à leurs commentateurs économico-politiques?

Que la France, un pays qui n’a pas présenté un seul budget équilibré en 40 ans, soit, avec l’Allemagne, un des principaux pays créanciers de la Grèce, cela a de quoi nous laisser perplexes quant au sérieux de ceux qui prétendent diriger le monde.

Je vous réfère un commentaire de Peter Koenig , ancien cadre de la banque mondiale que j’ai particulièrement aimé:

Faire faillite n’est pas un phénomène nouveau. C’est arrivé à bien des pays avant la Grèce : l’Argentine, la Bolivie, l’Equateur et, oui, l’Allemagne. Selon l’historien économique allemand Albrecht Ritschl, l’Allemagne s’est déclarée en cessation de paiement pas moins de trois fois au XXe siècle. La dernière fois, dans les années 1990. Il qualifie les faillites de l’Allemagne de « plus énormes défauts de paiements dans l’histoire de l’Europe ».

La dette grecque fait pâle figure, comparée aux faillites allemandes. Pourquoi personne ne semble-t-il s’en souvenir ? C’est simple : parce que les médias dominants, qui sont tous vendus, se gardent bien d’en parler jamais.

Se déclarant incapable de rembourser sa dette, la Grèce déclarerait en même temps qu’elle sort de l’Eurozone, qu’elle reprend son autonomie monétaire et fiscale, et qu’elle revient à sa propre monnaie : la drachme. L’étape suivante consisterait à nationaliser et réguler les banques grecques, à réactiver la Banque Centrale Grecque en tant qu’institution souveraine apte à conduire sa propre politique monétaire et à se servir des autres banques pour faire redémarrer l’économie nationale ; elle consisterait ensuite à négocier sa dette de 360 milliards d’Euros avec ses créanciers – avec une drachme dévaluée – à ses propres conditions.

Une solution plus audacieuse mais totalement légale – appelons-la le plan B – consisterait, pour la Banque Centrale Grecque souveraine à produire (électroniquement, comme le font toutes les banques y compris la BCE) sa propre monnaie : l’Euro. « Imprimer » sa propre monnaie est le droit souverain de toute nation. L’Euro est toujours la monnaie de la Grèce. Pour une banque, produire de l’argent, c’est produire de la dette. Dans ce cas, la Banque Centrale de Grèce produirait (créerait) une dette interne de 1,6 milliards d’Euros pour rembourser le prêt du FMI à la fin du mois de juin : dette interne à traiter intérieurement, sans interférence extérieure. Il n’y a aucune règle de l’U.E. ou de la BCE qui interdise à une banque centrale de créer sa propre masse monétaire. Cela peut ne s’être jamais produit, mais ce n’est contraire à aucune règle. Ce serait un « coup de maître » probablement admiré par des tas de pays se débattant dans le même genre de situation.

En même temps, la Grèce déclarerait quitter l’Eurozone, revenir à la drachme, nationaliser et restructurer son système bancaire, lequel pourrait alors prêter de l’argent aux secteurs productifs et de services, dans le but de réorganiser rapidement son économie. C’est là une action légale et souveraine. À Bruxelles, ils seraient sans doute furieux et sous le choc. Appelleraient-ils au boycott dans toute l’U.E. et même au-delà ? Peut-être. Et alors ? N’y a-t-il pas la Russie et la Chine et les autres pays des BRICS et de l’OCS (Organisation de Coopération de Shanghaï) qui pourraient « renflouer » la Grèce en lui procurant des biens de première nécessité ? Ces pays sont de ceux qui n’ont pas encore oublié la signification du mot « solidarité ». La Grèce pourrait très vite se retrouver entourée d’amigos, même d’Europe, d’amis qui pensent de la même manière et souhaitent agir de concert, mais qui n’ont simplement jamais osé.

Comme l’a dit récemment un des lus brillants économistes russes, Sergeï Glazyev, l’avenir de la Grèce est dans la diversité, y compris à l’Est ; il consiste à restaurer et à développer son économie en association avec la Russie et avec la Chine et d’être partie prenante dans la nouvelle Route de la Soie, une initiative chinoise de développement économique qui va s’étendre, depuis Shanghaï, à travers l’Asie Centrale et la Russie, et peut-être même l’Europe si et quand l’Europe se réveillera.

Ce système malsain et malade que dirige Washington a besoin d’une douche froide et d’une bonne gifle.

La Grèce, indéniablement, continuera à faire partie de l’Europe, mais elle pourrait bien aussi devenir la voie d’accès à une NOUVELLE Europe d’états souverains fédérés, pour lesquels la solidarité serait un principe d’union, une Europe découplée de l’hégémonie du dollar et arrachée aux crocs de l’Empire US en décomposition.

On pourrait aussi demander à la FED d’imprimer des milliard de dollars et de les balancer en Grèce du haut d’avions, problème réglé!!!!!

Sérieusement imprimer de l’argent a des conséquences vous devriez sans doute essayer de le comprendre au lieu de faire la leçon à «l’Empire US en décomposition»

Au lieu de nous confier vos réactions épidermiques, vous auriez un certain intérêt à réfléchir sur ce texte qui explique assez bien le fonctionnement de la création monétaire.

Par votre réaction, on comprend que le « Quantitative Easing (QE) » – que certains nomment la planche à billet – pratiquer largement par la FED ne fait pas parti de vos connaissances économiques.

Il y a plusieurs affirmations basées sur des préjugés dans l’article écrit par Pierre Duhamel, entre autres :

– « La Grèce pourrait aussi être bannie de la zone euro si elle ne rembourse pas ses prêts aux institutions européennes. » Serge Drouginsky a bien résumé la situation, je partage son opinion là-dessus.

– « l’économie est laminée par des décennies de mauvaises gestion des comptes publics et des années d’austérité. » La Commission pour la vérité sur la dette grecque créée par le gouvernement Tsipras et composée d’experts internationaux a soumis un rapport ou on mentionne dans sa partie synthèse : « Le chapitre 1, La dette avant la Troïka, analyse l’augmentation de la dette publique grecque depuis les années 1980. Il conclut que l’accroissement de la dette n’est pas le résultat de dépenses publiques excessives, celles-ci étant en réalité restées plus faibles que les dépenses publiques d’autres pays de la zone euro. La dette provient pour l’essentiel du paiement aux créanciers de taux d’intérêts extrêmement élevés, de dépenses militaires excessives et injustifiées, d’un manque à gagner fiscal dû à la fuite illicite de capitaux, du coût de la recapitalisation de banques privées par l’État, et des déséquilibres internationaux issus des lacunes inhérentes au modèle de l’Union Monétaire.

L’adoption de l’euro a généré en Grèce une augmentation drastique de la dette privée à laquelle les grandes banques privées européennes ainsi que les banques grecques ont été exposées. En prenant de l’ampleur, la crise bancaire a débouché sur une crise de la dette souveraine grecque. En 2009, en mettant l’accent sur la dette publique et en gonflant le déficit, le gouvernement de George Papandréou a voulu présenter comme une crise de la dette publique ce qui était en réalité une crise bancaire. »

« … une opinion publique qui en ont assez de ce cirque et qui n’acceptent pas de payer la facture à la place des Grecs. » Sauf que l’opinion publique n’est pas une garantie d’infaillibilité et ici elle se trompe. Pour financer les prêts qu’ils accordent à la Grèce, les pays européens font des emprunts et ces emprunts comme tous les autres emprunts se rembourseront par d’autres emprunts. C’est ce qu’on appelle « faire rouler la dette ». Finalement les européens n’assumeraient que les intérêts et au taux actuel, c’est bien peu. Ainsi, pour la France advenant un défaut de paiement de la Grèce, les Français devraient assumer 15 euros par habitant par année, certains experts vont jusqu’à dire 10,5 euros par habitant.

Sur une note plus humoristique, rappelons que les « bookmakers » britanniques biens connus pour la prise de paris sur à peu près tout, relèvent que 9 parieurs contre 2 misent sur un maintien de la Grèce dans l’Eurozone, ce qui signifie que 82% des parieurs ne croient pas le moins du monde qu’il puisse y avoir de « Grexit » de sitôt !

Vous êtes prévenu ! Ceux qui misent sur une sortie de la Grèce le 6 ou 7 juillet au matin, risquent d’être déçus bien gros 🙂

Je souhaite aux Grecs de rester dans l’Euro, il n’auraient jamais dû y entrer mais maintenant que c’est fait en sortir sera assurément très douloureux et le plus douloureux possible sera sans doute voulu par la zone qui voudra éviter que d’autres soient tentés…

@ pbrasseur,

Beaucoup de gens pensent que le ministre des finances allemand : Wolfgang Schäuble pour n’en mentionner qu’un, qu’il est un ardent défenseur du « Grexit » ; les gens le lisent mal ou ne l’ont pas très bien compris. Ce qu’il préconise, c’est la fondation d’une monnaie grecque, qu’on peut appeler la drachme ou un euro-sud. Donc une monnaie dévaluée de 50% par rapport à l’euro, mais qui reste adossée à l’euro et qui reste gérée par la BCE.

Le retour, à une monnaie purement grecque, gérée par la Banque de Grèce devrait être adossée à des actifs détenus par la Grèce. Une telle monnaie dans pareil cas pourrait valoir jusqu’à 80 voire 90% moins cher que l’euro, tout dépendamment des actifs détenus par la Grèce au moment de l’introduction.

En telle occurrence, une telle monnaie pourrait peut-être s’apprécier, comme elle pourrait tout aussi bien se déprécier dépendamment des performances de l’économie grecque. De plus, jusqu’à nouvel ordre, la Grèce est encore très dépendante de ses importations ce qui pourrait lui coûter très cher, lorsque son volume d’exportations est plus que jamais insuffisant.

Une balance des paiements équilibrée n’est pas pour demain. C’est une des raisons en vertu de laquelle, je pense que la solution doit rester communautaire, puisque c’est aussi la crédibilité et l’intégrité du système financier européen qui pourrait dans un proche avenir être mis à mal.

L’euroscepticisme est toujours susceptible de gagner du terrain. Une sortie forcée de la Grèce créerait un précédent dans lequel bien des formations politiques hostiles à la monnaie communautaire, seraient susceptibles de trouver des munitions pour valoriser leurs idées.

Les Grecs n’ont pas de cadastre. Les Grecs vivent au-dessus de leurs moyens. Les Grecs sont malhonnêtes et font tout pour éviter de payer leurs impôts. Qu’ils passent à la caisse !

Et bien moi je ne suis pas surpris de la déchéance grecque,
Fin des années 70, la Grèce était une aubaine en dollars canadiens
L’entrée de la Grèce dans l’Europe a fait bondir les prix. L’arrivée de l’euro les a fait exploser.
D’évidence les Grecs vivent au-dessus de leurs moyens

A ceux qui voudraient comparer avec le Québec, la dette grecque est rendue à 180% du PIB! Celle du Québec, la brute, est d’à peine de 53%

@ jack2,

Ce qui est intéressant, lorsqu’on se livre à une analyse un peu plus détaillée de la structure d’une dette, ce sont plusieurs facteurs. Le ratio dette/PIB en est un. L’historique de la dette en est un autre. Ainsi depuis 2010, ce sont 260 milliards d’euros (347 milliards US$) qui ont été prêtés à la Grèce, tandis que dans le même temps, les mesures d’austérité faisaient plonger le PIB de près de 30%. Lorsque les recettes fiscales prenaient le bord simultanément (malgré des hausses de taxes et d’impôts).

Ce sont ces chiffres qui plombent le ratio dette/PIB, conséquences des mesures technocratiques envisagées, lesquelles n’ont jamais eu les effets escomptés. Optionnellement, on peut se demander : qu’est-ce qu’on a fait avec tout cet argent ?

Il y a cependant un autre ratio que je trouve particulièrement intéressant : c’est le ratio dette/par habitant. Sur ce point les chiffres qu’on peut trouver entre autre dans le magazine « The Economist » sont assez édifiants. Malgré leur ratio de dette élevé par rapport au PIB, les grecs sont endettés per capita pour moins de 24 000 US$, les canadiens quant à eux, — lorsque vous faites la somme des dettes provinciales + fédérales —, le sont par personnes pour un peu plus de 48 000 US$. Soit d’ailleurs un peu plus que les américains qui sont pourtant en valeur absolue le pays le plus endetté du monde. Donc par personnes, les canadiens sont deux fois plus endettés que les grecs.

Imaginez au Canada une baisse brutale du PIB de quelques 30% comme en Grèce, notre ratio dette/PIB s’accroîtrait également drastiquement. L’État et les provinces éprouveraient de grandes difficultés pour produire des budgets équilibrés. On devrait probablement encore avoir recours au déficit public. Ce qui aggraverait le volume de la dette. — Et ainsi de suite….

— Bonne fête du Canada 🙂

«Celle du Québec, la brute, est d’à peine de 53%»

Beaucoup plus si on inclut la partie fédérale, mais toujours loin d la Grèce il est vrai.

Mais ce n’est pas une raison pour être complaisant, la dette du Québec (et du Canada) pourrait rapidement exploser en cas de coup dur économique.

C’est un raisonnement difficile à suivre et peu convaincant. Lorsque notre dollar était « boosté » par le pétrole albertain, les prix des produits canadiens destinés à l’exportation ou au tourisme international ont gonflé rendant ces produits moins intéressants, mais ça ne permet pas de dire que les dettes que le Canada et les provinces ont contracté à ce moment-là, fut de vivre au-dessus de ses moyens. C’est absurde.

Les Grecs font la ligne pour avoir accès à leur argent.

Sont mieux de s’habituer aux lignes parce qu’avec un gouvernement communiste au pouvoir, ils n’ont pas fini de poiroter.

Avec le temps, leur gouvernement communiste tout comme bon bolchévik nationalisera les banques, et toute autre forme de « capitalisme sauvage » et ils finiront, comme les soviétiques, par faire la ligne pour avoir droit à leur minable quignon de pain, leur paire de chaussure (le même modèle et la même couleur pour tous!), leur appartement qu’ils devront partager avec 3 autres familles qui leur sont étrangères, etc… Et pour finir, peut-être une guerre civile lorsque les gans en auront marre.

Voilà où ça mène l’endettement des états.

T’as tu regardé s’il y a ses bolchéviks sous ton matelas.

Sois prudent la psychose, plus que les dettes, est la source de grands conflits dans le monde.-

Au-delà de la situation monétaire le problème Grec est particulièrement intéressant parce qu’il illustre très bien ce qui arrive quand un gouvernement grossit trop par rapport à la capacité réelle de l’économie de créer de la richesse.

Ce gouvernement qui grossit constamment sans égard aux fondamentaux économiques devient un passif, voire une bombe à retardement. Pendant longtemps l’incessant grossissement de l’état génère lui-même de la croissance qui peut donner l’impression que les choses sont relativement sous contrôle. Dans certains pays comme le Canada avec les garanties hypothécaires on a poussé le raffinement jusqu’à se servir de l’état pour encourager les consommateurs à s’endetter à la place du gouvernement. La stratégie pour pelleter en avant diffère mais nul doute que les résultats et les conséquences seront semblables.

Évidement tôt ou tard cette croissance intenable de l’endettement cesse et c’est alors que vrais problèmes commencent. Le gouvernement doit rapetisser (ou les ménages diminuent leur dépenses) pour redevenir viable économiquement mais comme l’économie dépend beaucoup de l’endettement ce recul entraîne une récession. Ce recul entraîne une diminution des revenus alors que la dette reste intacte, dans les cas extrêmes une aide extérieure (FMI ou autre) peut s’avérer nécessaire, comme en Grèce. C’est catastrophique et ça le restera sans doute jusqu’à temps que l’économie Grecque deviennent capable de générer de la croissance alors que les finances de l’état seront stabilisées.

Le scénario Grec est extrême mais nul doute que dans les années qui viennent bien des pays auront de sérieux problèmes, La France par exemple dont la dette explose et atteint maintenant 97% du PIB. Le Canada a aussi un sérieux problème contrairement aux USA où l’économie privée prouve être capable de prendre la relève aux dépenses étatiques et à l’endettement des ménages.

L’Union Européenne craque de partout.

Autriche.

« Un nombre précis de 261 159 personnes qui ont déposé leur signature comprend 4,12% de l’électorat du pays.
La pétition a reçu la plus grande popularité dans la région de la Basse-Autriche (ou 5,18% des électeurs potentiels l’ont signé) de en Carinthie (4,48%).

Le seuil pour lancer des débats sur un referendum potentiel est de 100 000 personnes. » (RT)

Je ne suis pas un spécialiste en économie, mais il y a un principe que j’ai toujours utilisé pour moi même et il me semble qu’il devrait être appliqué à grande échelle. La seule bonne dette est une dette contracté pour acquérir un actif de qualité. Une maison en est une. Pas une voiture de luxe. Une centrale électrique (Hydro Québec) en est une autre. Est-ce qu’un stade olympique est un actif de qualité? Est ce que Julie Snyder en est un? Comme société, nous avons des choix à faire avec notre argent (celui qu’on donne au gouvernement, entre autre) et c’est ce qui explique à mon avis la différence entre la Grèce et l’Allemagne ou encore mieux, entre la Grèce et le Japon qui est beaucoup plus endetté. Personne ne veut passer une grosse somme d’argent à quelqu’un sans un actif de qualité en garantie.

« La seule bonne dette est une dette contracté pour acquérir un actif de qualité. » (sic)

Et encore…

Si quelqu’un qui gagne $20,000.00 par année s’achète une maison de $500,000.00 par exemple, il ne pourra rembourser les paiements et ce, même si l’actif est de « qualité »… Une dette est une dette et lorsque l’on s’endette, on remet une partie de notre LIBERTÉ entre les mains de notre créditeur.

La Grèce en fait la douloureuse expérience ces temps-ci. S’endetter à outrance va exactement à l’encontre du « développement durable ».

Le Québec et la Grèce: même combat!!!

Commentaire entendu hier à la télé venant d’un spécialiste en économie:

« Le référendum grec, c’est comme une personne qui a « loadé » toutes ses cartes de crédit, qui ne peut plus rembourser les intérêts de ses dettes et qui fait face à la faillite et qui fait un référendum avec sa famille sur sa situation. Ça ne changera strictement rien. Il fera faillite! ».

« Commentaire entendu hier à la télé venant d’un spécialiste en économie: »

Tu dois avoir fait un rêve de télé réalité.

« Ça ne changera strictement rien. Il fera faillite! » (vu à la télé inconnue par François 1)

Un pays ne fait pas faillite. Un pays n’as pas de carte de crédit.

Tu fabule.

La Grèce c’est tenue debout face aux shylock et a entrepris de s’en débarrasser.

L’Allemagne tremble et l’UE est secouée.