La malédiction du CHUM

Un jour, le nouveau CHUM sera construit. Il aura coûté au moins deux fois plus cher que prévu et, au lieu d’être inauguré en 2006, il le sera, si tout va bien, quelque part en 2019. 13 années plus tard, comme pour confirmer le mauvais sort qui entoure ce projet. Quelques kilomètres à l’ouest, les travaux avancent rondement sur le chantier du nouveau Centre universitaire de santé McGill (photo), qui aura coûté 800 millions de dollars de moins et sera prêt cinq ans plus tôt.

On dirait que le projet du CHUM est maudit tant il a été marqué par les tergiversations et les augmentations de coûts. Je pense que j’aurai même peur de m’y faire soigner quand le nouvel hôpital sera inauguré !

On parle d’un nouvel hôpital universitaire rattaché à l’Université de Montréal depuis 1927. Il y a eu des projets sérieux dans les années 1950 et 1960 et l’université de Montréal en fait la promotion depuis 1998. Si tout va bien – et rien n’est acquis si le passé est garant de l’avenir – il faudra 21 ans pour construire ce fichu hôpital. Il aura déménagé virtuellement deux fois, passant du 6000 St-Denis, au campus Outremont puis au centre-ville. On apprenait aujourd’hui que l’agrandissement du projet et un changement aux règles comptables ont poussé la facture de 1,2 milliard de dollars à 2,1 milliards de dollars.

Il y a dans ce projet tout ce que je déteste dans la politisation des projets. Ils deviennent des sujets de discussion politiques et un baromètre des rapports de force dans la société plutôt que de servir le public et de répondre à des besoins.

Il y a dans le principe même d’un Centre hospitalier universitaire (CHU) une contradiction dans le mandat et les perspectives. Un hôpital est là pour soigner des patients et relève du ministère de la Santé. Le principe est de fournir le service au meilleur coût et donc dans un espace défini. Un centre universitaire est là pour l’avancement de la science. Dès le départ l’Université de Montréal voulait un campus pouvant accueillir ses facultés et laboratoires. Le terrain du 6000 St-Denis n’était pas assez grand et l’université lui a préféré la gare de triage d’Outremont.

Le gouvernement a finalement imposé le pire site imaginable pour construire quelque chose d’aussi grand et d’aussi complexe : un quadrilatère en plein centre-ville et de surcroît sur l’emplacement même d’un hôpital existant. Bref, Philippe Couillard a choisi le summum de la complexité et avec les plus grandes chances de pépins de toutes sortes et de dépassements prévisibles. Philippe Couillard est très a l’aise avec sa décision : je crains que l’histoire retienne que cela s’est avéré l’une des pire bêtises politiques des dernières décennies au Québec.

Certains voient dans le choix d’un Partenariat-Public-Privé la cause ultime des dérapages. Je leur ferai remarquer que le futur Centre de santé McGill, conçu de la même façon, est déjà en construction. Ce projet, contrairement à celui du CHUM, n’a jamais été politisé. On a pris une décision raisonnable et cohérente et on a décidé de construire sur un terrain vague, quitte à s’éloigner du centre-ville. Bref, on a choisi la simplicité.

Résultat : les résidants de l’ouest de la ville auront leur hôpital en 2014. La construction aura coûté 1,3 milliard de dollars.

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Ah! M Duhamel
Ne vous en faites pas, il y aura encore plus de dépassements de coûts que nous pourrions le croire d’ici 2019.

J’aurais envie de faire un parallèle avec le Stade Olympique de 1976, mais j’ai trop peur de finir dans un bloc de béton. bref, le problème ce n’est pas le Politique, c’est le manque de c…. des décideurs

Ils ont tout fait foirer au départ. On a pas besoin de 2 CHUM à Montréal. Un CHUM français eut été suffisant.
Pis faudrait surtout pas que le Tony s’occupe des prévisions budgétaires….là ça va coûter cher.

Et ils font exactement la même chose à Québec. Au lieu de construire du neuf dans le nouveau éco-quartier de St-Pascal, on met 900 millions (le projet initial était de 300) sur l’Hotel-Dieu! Le plus vieil hopital en Amérique du Nord, en plein milieu du Vieux-Québec, dans un côte, sans parking!
Ca c’est le Gouvernement Charest!

Un seul aurait suffi et jouerait en même temps de lien antre les deux solitudes montréalaises,mais pour en arriver là il faut du courage politique et de l’audace, ce qui n’est manifestement pas le cas.
D’ici a ce que le CHUM soit construit j’ai le temps de crever par deux fois basta!

@ niveauun (# 2):

Le GROS hic dans votre raisonnement, c’est que le CHUM anglophone (qui se nomme CUSM) est beaucoup plus avancé que le francophone qui lui, est dirigé, je vous le souligne, par des Québécois pure-laine!, qu’il coûtera beaucoup moins cher (presque la moitié!) et qui sera beaucoup mieux administré que le francophone si l’on en juge d’après les circonvulsions qui ont caractérisé le francophone jusqu’à maintenant.

D’ailleurs, Jacques Parizeau s’est retrouvé dans un hôpital anglophone lorsqu’il a eu vraiment besoin d’aide.

C’est tout dire!!!

@françois 1

« dirigé par des Québécois pure-laine »
Vous voulez rire? Ils sont allés chercher un Français pour diriger le projet. Un Français!

Parizeau ne s’est pas trouvé dans un hopital anglophone mais dans l’hopital le plus près de chez lui: l’hopital juif

…dépassement de coûts ou inversion par inadvertance des chiffres: le 1,2 milliards est devenu 2,1 milliards. En espérant que, d’ici 2019, la virgule ne disparaisse pas…
Bref, un projet localisé au pire endroit qu’il soit possible, purement politique et constamment improvisé à l’image du Parti libéral depuis 2003 (le Suroît, l’autoroute 30, Rabaska, le Plan Nord, le Mont Orford, les gaz de schistes, l’Îlot voyageur, les 19 conseils d’arrondissement de Montréal, le système routier, etc.).
Et le ministre Bachand qui se plaint de problèmes budgétaires!

Je suis un ingénieur retraité (72 ans) de la fonction publique du Québec, ayant travaillé autant à Montréal qu’à Québec, ainsi que dans diverses organismes d’état. Ma tâche, de cadre supérieur et de chargé de projet, selon les époques, a toujours été dans le domaine de l’immobilier,soit en construction, rénovation, gestion d’immeuble, etc. Je possède donc une expérience assez importante dans ce domaine et particulièrement dans les secteurs public et parapublic.

Donc, à propos du projet du CHUM, il n’y a plus grand chose qui me surprenne. Pour avoir été directeur adjoint de la construction de Palais des Congrès de Montréal ente 78 et 84, (la première version, avant son agrandissement), je puis affirmer que peu importe la formule retenu à la fois pour les professionnels (architectes, ingénieurs et autres spécialistes) et pour les entrepreneurs, c’est plus les conditions du milieu dans lequel le projet doit se réaliser que le type de formule qui est important.

Personnellement j’ai connu deux formules, soit celles de l’octrois des contrats soit par concours pour les professionnels et par appels d’offres pour les entrepreneurs, et soit celle par gérance de projet, dans lequel la firme de gérance de projet gère elle-même les sous-traitants, mais gère aussi les professionnels, le tout sous une supervision étroite du propiétaire, qui assume tous les risques et assure le financement total du projet. Par expérience personnel, je dois constater que cette dernière formule (gérance de projet) est très efficace, et a été utilisé avec succès sur le siège social de la SAAQ à Québec, dont j’étais le directeur de projet.

Pour le CHUM, en formule PPP, j’avoue manquer d’expérience à ce titre. Je crois toutefois que la formule a été utilisée avec succès par la SIQ (Société Immobilière du Québec – anciennement le Ministère des travaux publics) dans l’agrandissement du Palais des Congrès de Montréal, sous la présidence de Jean P. Vézina, un administrateur hors pairs de la fonction publique avec lequel j’ai eu à travailler à la SAAQ. Si je me réfère aux quelques informations que je possède sur un projet quelque peu similaire, soit le centre mère-enfant de Québec, projet qui s’est réalisé en mode traditionnel, et qui a consister à agrandir le CHUL, je crois que ce projet a vraiment été difficile de réalisation, compte tenu des demandes élevées et souvent contradictoires des groupes médicaux intéressés. Au fait, en pleine construction, le gérant du projet a du démissionner suite à un burnout…..

Donc, pour moi, je ne crois pas que la formule retenue soit en cause, mais plutôt la culture du milieu médical, où les groupes d’intérêts ont une influence démesurée sur le projet, et pour lequel un leadership fort est nécessaire, supporté en cela par les autorités politiques de Québec. Je soupçonne que dans le cas du CHUM, il semble très difficile de concilier toutes les demandes et les influences qui interviennent dans ce projet, d’autant plus que la formule PPP tente de tout prévoir au départ, ce qui à mon sens est un peu idéaliste, et difficilement compatible avec la réalité évolutive du milieu médical et du secteur de la construction. Je trouve que les deux ministres responsables ont eu beaucoup de courage de dévoiler les chiffres réels et l’agenda problable du projet, après autant de retard et de changement dans le programme. La formule PPP est elle-en cause, oui et non. En gestion de projet, la défi consiste à obtenir tous les besoins le plus tôt possible, et par la suite de gérer les demandes de changements, qui évoluent selon le temps et les demandeurs responsables (qui changent bien souvent eux aussi).

Comme il n’y a rien de parfait dans ce bas monde, il n’y a pas de formule idéale et parfaite, garantissant le respect initégral des budgets et des échéanciers. Pour ma part, pour avoir connu deux formules, je préfère de beaucoup celle de gérance de projet, qui à mon sens, protège mieux les intérêts du propriétaire, et permet des ajustements en cours de route, sans mettre le budget et l’échéancier à risque. Quant à la formule PPP, je crois qu’elle est en rodage, et qu’il est difficile à ce stade-ci de la condamner, ni de l’encenser, on est toujours à risque lorsque des projets de cette envergure sont lancés, et seules les expériences réelles vécues donneront l’heure juste à ce titre.

@ rod:

Donc, UN Français, qui vient tout droit de la Frônce, pays fétiche de nos gauchisto-séparatistes, tient tête à TOUS nos ingénieurs, techniciens et politiciens?

Comme colonisés, on ne fait pas mieux!!!

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Et après tout cela, M. Duhamel, souhaiteriez-vous que nous dé-politisions ces débats? Tout de même…

Est-ce que notre John James Charest n’est pas en train de faire encore plaisir aux Englih qui l’on porté au pouvoir,prépare-t-il ses prochaine élection ?