La meilleure politique économique : l’entrepreneuriat

Au lieu de multiplier les ponts d’or à certains gros investissements, ne devrait-on-pas faire en sorte que le fardeau fiscal soit le moins élevé sur le continent ? demande Pierre Duhamel.

L’état des finances publiques québécoises sera au cœur de l’actualité politique et économique au cours des prochains jours et vraisemblablement — campagne électorale oblige — des prochaines semaines.

Je serai le premier à vous dire que le niveau d’endettement est bien lourd, que les dépenses publiques sont très élevées et que la croissance économique actuelle n’est pas suffisante pour maintenir notre niveau de vie gouvernemental et assumer les chocs de la transition démographique.

Le gouvernement fera valoir ses bons coups et se vantera de l’activité économique qui sera générée par les millions de dollars investis ou dépensés ces derniers mois dans différents projets. Normal, car nous sommes au Québec, dans une culture de la subvention et du crédit d’impôt, qui sont vus comme les principaux leviers pour susciter l’investissement et créer l’emploi.

Hélas ! les partis politiques parlent peu d’entrepreneuriat, surtout en campagne électorale. Je crois savoir pourquoi.

Tout le monde aime les entrepreneurs, surtout petits, et cette reconnaissance ne permet pas aux partis politiques de se différencier suffisamment devant l’électorat. Même Québec solidaire compte des entrepreneurs dans ses rangs.

L’idée, ce n’est néanmoins pas d’aimer ou de ne pas aimer les entrepreneurs, mais d’en faire les agents indispensables du renouveau économique du Québec.

Le Québec est-il un terreau propice à l’éclosion de nouvelles entreprises ? Encourage-t-on suffisamment le sens des responsabilités et le goût du risque ? Pour reprendre les mots de Louis Vachon dans un discours prononcé la semaine dernière devant les membres de la Chambre de commerce de Montréal, donne-t-on aux jeunes et moins jeunes «le goût d’écrire leur propre histoire ?»

Il y a le goût d’entreprendre, mais il y a aussi le coût d’entreprendre. Au lieu de multiplier les ponts d’or à certains gros investissements, ne devrait-on pas faire en sorte que le fardeau fiscal soit le moins élevé sur le continent ? Oui, nos impôts corporatifs sont bas, mais les prélèvements sur la masse salariale sont écrasants comparativement à nos voisins. La réglementation est aussi très lourde quand on se compare à nos concurrents.

«Les entrepreneurs ne demandent pas d’argent, mais de la liberté. Ils ne demandent pas des facilités, mais des simplifications», disait la semaine dernière, en Californie, un défenseur improbable de l’entrepreneuriat, soit François Hollande, le président de la République française.

Il y a enfin une tendance au Québec à vanter notre créativité et nos beaux succès artistiques. Nous avons raison de le faire, mais je crains quelquefois que ce discours très à la mode sur la créativité québécoise ne devienne plus important que la matérialisation de cette créativité en projets d’entreprises et en innovations commerciales.

Je rêve d’un Québec où l’on aura créé suffisamment de nos propres multinationales au lieu de faire des salamalecs devant ceux susceptibles de nous faire la bonté de venir s’établir chez nous… en échange de quelques dizaines de millions de dollars.

 

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3 commentaires
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Tellement vrai, les cadeaux que l’on donne aux compagnies ou au bien plogués locaux, on les prend où? Dans les poches de nos entreprises! Le gouvernement du Québec devient le principal concurrent de nos entrepreneurs locaux.

Les entreprises du Québec ne payent qu’à peine plus de UN % de l’impôt collecté au Québec si on soustrait les subventions.

Je répète, les moins chers en Amérique du Nord avec l’Ontario.