Là où ça fait mal !

J’ai toujours pensé que c’étaient nos faiblesses qui étaient susceptibles de nous causer des problèmes, et ce, tant au niveau individuel que collectif. La crise actuelle est en train de me faire changer d’idée. Il semble en effet que tous les pays sont touchés directement sur ce que l’on croyait être leur point fort.

L’économie américaine était alimentée par une horde de consommateurs insatiables prenant constamment d’assaut les centres commerciaux et les concessionnaires automobiles. L’économie s’écrase par que les Américains n’ont plus les moyens d’être dépensiers.

L’économie japonaise a accumulé d’extraordinaires richesses grâce à l’exportation de produits manufacturés. La concurrence d’autres pays asiatiques et l’affaiblissement de la demande mondiale a fait reculé le PIB japonais de 12,7 % depuis un an.

Le Canada a connu une belle période de prospérité parce que ses ressources (pétrole, potasse, bois, céréales, minerais) étaient en forte demande et que les Américains nous achetaient presque tout ce que l’on exportait et une bonne partie de ce que l’on produisait. Ces forces sont devenues de grandes faiblesses pour notre économie. Il est arrivé la même chose aux Russes avec leur pétrole.

Londres était devenue la capitale financière du monde, devançant même Wall Street. Les banques anglaises sont quasiment insolvables et la crise terrasse l’économie britannique.

La liste serait interminable. Je retiens néanmoins quelques éléments de réflexion. Le monde est interconnecté comme il ne l’a jamais été et ce qui se passe ailleurs a un impact chez nous.

Par exemple, je suis maintenant sûr que l’industrie aéronautique québécoise souffrira beaucoup plus que ce que l’on avait anticipé. Air France-KLM annonce aujourd’hui qu’elle reporte la livraison de nouveaux appareils. Croyez-vous que Lufthansa se pressera à concrétiser l’achat des premiers appareils de la Série C de Bombardier alors que toutes les lignes aériennes réduisent leur capacité et peinent à trouver des fonds ?

Dans ce monde interconnecté, chaque pays s’est trouvé des niches qui assure son développement. Ce sont ces spécialités qui deviennent particulièrement vulnérables quand la crise est mondiale.

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Le Canada veut créer des Nobel de la culture. On va mettre 25 millions dans le projet.

Pourquoi le Québec n’invente-t-il pas un Nobel de la gouvernance? Un Prix Yves-Michaud. Michaud a été un pionnier mondial dans la défense des droits des actionnaires. Il a passé ses 20 dernières années à dénoncer les abus scandaleux des PDG. La crise mondiale du capitalisme lui donne 100, 1000 fois fois raison. Tout ce qu’il dénonce depuis des années fait mainteant la manchette chaque jour dans le monde entier.

Alors le Québec pourrait mettre un million dans un prix, prix qu’on donnerait une fois l’an. Le prix pourrait aussi contribuer à la réputation du Québec dans le monde comme un endroit sécuritaire pour faire des affaires.

Parmi les pays riches ceux qui sont le plus gravement touchés par la crise sont les pays exportateurs qui bénéficient (en général) de surplus commerciaux et ont un fort taux d’épargne. Par exemple au dernier trimestre l’Allemagne et le Japon ont tous deux subi des contractions beaucoup plus sévères que les E-U qui sont présumément l’épicentre de cette crise. L’Europe dans son ensemble s’est contracté de 6% annualisé contre 4% aux USA.

Effectivement cela porte à réfléchir.

Mais en fin de compte c’est tout à fait compréhensible, si les américains achètent moins de BMW et de Mercedes ce sont les fabricants qui écoperont le plus, peu importe où ceux-ci se trouvent. C’est ça une économie globalisée et le fait que les Allemands épargnent plus que les américains n’y change pas grand chose.

Vous avez raison pour aéronautique bien sûr, on y échappera pas, la seule différence dans ce domaine est que le marché est plus lent à réagir ce qui est normal dans ce genre de ventes complexes.

Le cœur du problème demeure l’immobilier et son immense bulle mondiale. C’est ce fiasco qui est à l’origine de la crise financière et celle ci ne s’apaisera que quand le secteur sera stabilisé, on s’approche tranquillement de ce dénouement aux USA, par contre à d’autres endroits (dont le Canada) la bulle commence à peine à éclater. En Europe les problèmes gravissimes de L’Europe de l’est menacent le secteur financier Euro déjà fortement exposé aux subprimes américains.

Logiquement les américains devraient sortir en premier de la crise à mesure que la débâcle immobilière s’atténuera, après quoi la reprise US aidera les autres à s’en sortir. En tout état de cause le fondamental demeure, les économies qui s’en sortiront le mieux seront celles où on travaille le plus et le plus librement.

Les plus grandes victimes seront les états providence qui sortiront des cette crise endettés comme jamais à l’aube des retraites massives. Il y aura des choix difficiles en perspective.

On peu tourner votre raisonnement d’une autre façon monsieur Duhamel.

La faiblesse des États-Unis c’est d’avoir tout mis sur les épaules des consommateurs alors que les choses n’allaient pas si bien.

La faiblesse du Canada c’est de s’être cru en pleine croissance économique alors que ce n’était que les matières premières qui nous faisaient vivre et que le reste n’allait pas si bien finalement.

C’est comme une équipe de hockey, elle se croit bonne parce qu’elle a un bon gardien qui arrête tout mais quand il se blesse, on s’aperçoit que l’équipe ne comptait pas beaucoup de buts.

Vous savez très bien que la croissance et la consommation à jet continu est une aberration!

Pourtant quand on entend les discours politiciens on ne trouve qu’un message : Consommez pour sauver l’économie. Autrement dit, faites plus de la même chose. La chose qui conduit au désastre. Donc plus de désastres ?

Et la simplicité volontaire ?

«Les plus grandes victimes seront les états providence qui sortiront des cette crise endettés comme jamais à l’aube des retraites massives.» >> PBrasseur

Quels sont donc les états NON-PROVIDENCE qui vont mieux s’en sortir?

La crise a été causé par l’État qui a encouragé le crédit et la crise va s’empirer car les gouvernement pensent nous sortir de la crise en… favorisant le crédit !

L’économiste autrichien Ludwig von Mises l’avait annoncé il y a… 65 ans !

“True, government can reduce the rate of interest in the short run. They can issue additional paper money. They can open the way to credit expansion by the banks. They can thus create an artifical boom and the appearance of prosperity. But such a boom is bound to collapse sooner or later and to bring about a depression.”

@Raymond Campagna

« Quels sont donc les états NON-PROVIDENCE qui vont mieux s’en sortir? »

Tous les états providences courent vers un mur. Aux USA tout le monde sait que la social security est insolvable (surtout Medicare). Au Canada tout le monde sait que la santé est un gouffre financier qui ne saurait être viable dans la durée. En Europe c’est la même chose, en pire et que dire du Japon, un pays qui s’enfonce dans une récession avec sa population vieillissante et une dette de 180% du PIB? Ce sont là des réalités mathématiques incontournables.

La crise actuelle ne fait qu’aggraver les choses, les dettes qu’accumulent les états en ce moment sont autant de moyens qu’ils n’auront pas plus tard pour maintenir le système à flot.

Ceux qui s’en sortiront le mieux seront ceux chez qui l’état providence est le moins englobant, ceux aussi qui seront capables d’accepter les inévitables coupures et de s’adapter sans sombrer dans le désordre social et l’autoritarisme.

Bien évidemment les E-U s’en sortiront mieux.

« Alors le Québec pourrait mettre un million dans un prix, prix qu’on donnerait une fois l’an. Le prix pourrait aussi contribuer à la réputation du Québec dans le monde comme un endroit sécuritaire pour faire des affaires. » (Jaques Noel)

C’est vrai que le Québec a une bonne réputation pour les affaires.

Un tel événement serait une excellente promotion pour faire rayonner cette bonne réputation. Un million bien placé.

@ David

« L’économiste autrichien Ludwig von Mises l’avait annoncé il y a… 65 ans ! »

Intéressant point, c’est fou comme ces types (je pense aussi à Bastiat) voyaient clair il y a si longtemps.

Ceci dit je préfère toujours me garder une petite gêne quand aux prévisions macro économique globales, un domaine fort complexe avec d’innombrables variables… Je dirais tout de même ceci: je crois peu au scénario dépressionnaire tant que les états ne décideront pas d’assommer l’économie et le commerce avec une myriade de nouvelles réglementations et de mesures protectionnistes comme ils l’avaient fait dans les années 30. Je crois que la « science » économique a fait suffisamment de progrès au moins pour empêcher ça.

Évidemment on empêchera pas l’état nounou de continuer à creuser sa tombe… mais ça c’est une autre histoire et ça augure effectivement de nouvelles crises.

A mon avis en économie le « bottom line » demeure toujours le même. Réussi mieux celui qui travaille et innove le plus, il faut donc une économie libre qui favorise le travail et l’entreprenariat. A ce que je sache c’est toujours aux USA que ça se passe…

@ Pierre Brasseur

« Bien évidemment les E-U s’en sortiront mieux. »

Maintenant que nous savons que les libertariens ont une bonne boule de cristal bien astiquée:

Alors quand les USA s’en sortiront?

Je pense que tout le monde ici, M. Duhamel y compris, passe a cote de l’essentiel:

1-La bulle speculative n’a fait que prolonger la capacite des consommateurs americains a s’endetter, et de ce fait l’economie mondiale se batissait sur du sable: la comparaison de mon homonyme (# 3) est excellente: sans le consommateur americain, les gros piliers de toute l’economie mondiale sont en danger.

2-Ce qui a mis fin a ce cycle de surendettement, c’est l’augmentation brutale des prix du petrole cette annee: augmentation qui a provoque un ralentissement economique tel que les taux d’endettement ne paraissaient plus justifiables.

3-Cette augmentation du prix du petrole a ete provoque par des facteurs purement geologiques: l’offre ne suffisait plus a la demande, et seul l’effondrement (suite a la crise economique) de cette derniere a provoque la baisse des derniers mois. L’AIE (Agence Internationale de l’Energie) est tres claire la-dessus: la production mondiale de petrole diminuera dans les annees a venir.

4-Ceci signifie que nous ne sommes pas dans une recession classique: nous sommes dans un cycle de decroissance economique a long terme: une relance de l’economie mondiale provoquerait une explosion des prix du petrole, abattant brutalement ladite relance.

5-Ceci signifie que les societes que se tireront le mieux de l’actuelle crise sont celles qui parviendront a reduire ou meme eliminer leur consommation de petrole. Cet objectif devrait etre a la base de tout plan de relance: des chemins de fer plutot que des routes, de nouvelles lignes de metro plutot que des ponts, des eoliennes plutot que des centrales thermiques.

@ Etienne (autrefois a Ottawa)

Inutile de rêver d’un char par deux personne en Asie.

C’est nous qui devront les imiter, sinon nous deviendront trop pauvres.

@gagnon

Considérant tous tes gourous qui avaient « prédit » la situation actuelle, je te repose la question à laquelle tu ne réponds jamais:
Comment se fait-il que tu n’aies pas décodé avant leurs paroles de sagesse pour mettre en garde le monde, plutôt que surfer sur l' »artifical boom and the appearance of prosperity » et te moquer de tous ceux qui, justement, parlaient de récession imminente, il y a de ça à peine 6 mois???

@ francis:

J’ai répondu à ta question, dans un billet précédant. Je vais donc faire un copier-coller.

il y a 6 mois, j’ignorais qui était Peter Schiff.

Mais quand j’ai découvert qui ce type était, il m’a fait réfléchir. Moi je ne suis pas comme dogmatique comme toi. Quand j’entends un discours intelligent je ré-évalue toujours mes positions.

Tu devrais essayer de faire la même chose en ayant l’esprit plus ouvert.