La pétroliose

La pétroliose est une maladie contagieuse et virulente dans les milieux écologistes et de la gauche radicale. Elle se manifeste par une intolérance épidermique à tout ce qui touche le pétrole, sauf quand il s’agit d’en taxer la consommation.

Le pétrole est-il polluant ? Sans aucun doute. Doit-on lui préférer l’électricité ou d’autres sources d’énergie ? Oui, quand c’est possible. Faut-il encourager l’émergence de nouvelles technologies moins polluantes ? Bien entendu.

Ceci dit, on ne peut pas se passer de pétrole. Ross Bayus, le président d’Énergie Valero, la société qui possède la raffinerie de Saint-Romuald, disait cette semaine que les Québécois en consomment environ 14 milliards de litres par année pour leur autos et leurs camions. Le pétrole entre aussi dans la composition de nombreux produits, même de la carte de crédit que nous utilisons pour faire le plein. Ce n’est pas vrai que nous allons vivre du jour au lendemain dans une société sans pétrole.

Il faut applaudir quand Bombardier Transport annonce la fabrication d’un autobus électrique totalement mobile, quand les manufacturiers mettent au point des voitures électriques ou hybrides et qu’Hydro-Québec et le gouvernement fassent de l’électrification des transports une priorité. Voilà de bonnes nouvelles pour une société riche en énergie hydro-électrique.

La décision d’acheter ses véhicules publics et privés sera prise en fonction des coûts d’achats et d’utilisation et de l’efficacité et de la praticabilité de la technologie. L’autobus de Bombardier, par exemple, nécessite un système d’alimentation sousterrain à chaque arrêt. C’est très esthétique, mais le coût d’implantation risque d’être élevé, sans compter que l’asphalte nécessaire pour boucher les trous est faite… avec du pétrole. Les autos électriques devront être moins chères et avoir une plus grande autonomie avant de faire des percées substantielles chez les consommateurs.

Tout ça pour dire que le pétrole demeurera une source d’énergie incontournable et pour longtemps encore. Bonne nouvelle, les carburants sont plus propres et les véhicules beaucoup moins gourmands. Les émissions liées au smog et aux pluies acides ont été réduites de 90 % depuis 10 ans. On trouve aussi de nouvelles sources de pétrole comme les champs de Bakken, dans le Midwest américain. Il y en aurait peut-être même au Québec, notamment sur l’île d’Anticosti.

Le choix que nous avons devant nous aujourd’hui n’est pas celui entre le pétrole et l’électricité, mais celui entre les différentes sources d’approvisionnement du pétrole. L’Alberta a du pétrole à écouler et deux projets oléoducs sont discutés. L’un deux, de la société Enbridge, veut retourner à sa mission originale la canalisation entre Sarnia et Montréal. Le pétrole proviendrait dorénavant de l’ouest et approvisionnerait les deux raffineries du Québec. Le pétrole albertain est moins cher (25 % de moins que celui qu’elles achètent en Afrique et en Grande-Bretagne) ce qui pourrait assurer la survie de la raffinerie de Suncor, à Montréal, et le développement de celle de Valero, en face de Québec.

Les écologistes sont contre, leur aversion du pétrole est doublée d’une hantise de celui produit à partir des sables bitumineux. Quels sont leurs arguments ? J’en retiens trois.

Les oléoducs seraient dangereux. Si Enbridge se mettait dans l’idée d’abandonner ses oléoducs, il faudrait les remplacer par 6800 camions-citernes par jour pour transporter près d’un milliard de barils. L’empreinte écologique serait beaucoup plus élevée et le danger d’accidents accru. Enbridge affirme qu’il n’y a pas de moyen plus sûr pour transporter du pétrole et que sa fiche de sécurité à ce jour au Canada et aux États-Unis est de 99,999 %.

Les oléoducs transporteront du pétrole issu des gaz bitumineux. Ce pétrole est-il moins «éthique» que celui qui provient du Dakota, de l’Algérie ou du Nigéria ? Les pétroles bitumineux sont-ils plus polluants qu’une centrale au charbon du Missouri ? De plus, le pipeline transportera majoritairement du pétrole brut léger, issu de puits conventionnels.

L’oléoduc transportera du pétrole lourd provenant des sables bitumineux qui serait plus corrosif et plus dangereux que le pétrole conventionnel. Ce serait faux selon les études réalisée par le ministère des Ressources naturelles du Canada et corroborées par une agence internationale.

Les milieux d’affaires se sont mobilisées autour de ce projet. Le gouvernement Marois s’est dit en faveur, du moins sur le principe. Il tiendra des consultations qui porteront sur le pipeline en soi et non pas sur ce qu’il transportera. Une décision qui provoque déjà une rage de pétroliose chez bien des militants.

Laisser un commentaire

Les antagonismes de tous bords sont rarement (on devrait dire jamais) les auxiliaires de l’intelligence. Je suis un citoyen écoresponsable et je n’ai pas attendu que ce soit à la mode pour m’y mettre.

Personnellement je suis en faveur du projet de retourner le pipeline Sarnia-Montréal dans son état d’origine. Encore faut-il que tout soit accompli suivant les règles de l’art et aussi que les raffineurs qui opèrent encore actuellement à Montréal et Saint-Romuald s’engagent à raffiner le produit et défrayer les coûts afférents à l’adaptation de leurs équipements au pétrole de l’Alberta. Autrement, ce pétrole albertain sera détourné vers la Nouvelle-Angleterre et pourrait alimenter les raffineries notamment du New-Jersey.

Dans ce cas, l’inversion n’est pas spécifiquement pour le bénéfice du Québec mais va se faire par le Québec pour le bénéfice des approvisionnements énergétiques des États-Unis. Au bénéfice des albertains qui vont pouvoir continuer d’exporter une partie de leurs surplus.

Par conséquent, c’est la gestion proprement dite du projet qui est à surveiller. Avec la garantie qu’elle aura bien les effets locaux attendus et escomptés. C’est la garantie que tous les partenaires prennent des engagements fermes et chiffrés qui importe. Hors, c’est souvent là que le bât blesse et que l’écologie se doit de reprendre ses droits.

Tout projet industriel a un impact négatif sur les écosystèmes. C’est pourquoi il est essentiel d’en limiter ces impacts. C’est pour cette raison qu’on doit considérer les bénéfices et les avantages que cela apporte et mettre en balance les inconvénients. C’est un travail scientifique.

Ce précurseur en matière d’écologie qu’était Pierre Dansereau, un écologue québécois mondialement connu sauf des québécois…. — Il avait entre autre conduit l’étude d’impact environnemental avant l’édification de l’aéroport de Mirabel. — On trouve dans ses enseignements et sa littérature entre autre qu’un écosystème en santé s’inscrit dans sa diversité et toujours dans un ensemble de coopération de toutes les espèces.

Ainsi les sociétés s’adaptent, se développent, se dépassent et surtout progressent lorsque les babines suivent effectivement bien les bottines. Lorsque les gens utilisent leur langue ou leur divers instruments pour communiquer et pas pour salir ou détruire des adversaires qui en toute logique se devraient être des partenaires.

Il est impossible de se libérer des énergies fossiles avant probablement moins de 100 ans. On peut en contrepartie adopter une gestion intelligente des ressources et au besoin en produire de nouvelles.

Très bonne analyse! J’aimwe bien le titre que vous avez utilisé. Je suis tout comme bon nombre de la population sensible à l’écologie et je crois y participer de manière responsable. Je suis d’accord avec vous lorsque vous dites « si on n’avait pas besoin de prétrole, l’enjeu serait tout autre» c’est exactement la réflextion que je fais lorque j’entends des radicaux écologique dépeindre cette source d’énergie comme le diable en personne.
Les autres alternatives se sont pas encore au point, alors en attendant nous devons nous résigner et travailler ensemble à rendre cette source des plus convenable dans les circonstances.

Question de sécurité, si le pétrole qui transiterait dans l’oléoduc Sarnia-Montréal est du même type que celui déjà livré en Ontario aussi par oléoduc y’a pas de raison de s’inquiéter, y’a rien de nouveau, ça se fait déjà depuis des années. L’essentiel du parcours Sarnia-Montréal (à l’oeil plus de 80%) se trouve en Ontario et les Ontariens doivent être au moins aussi soucieux de leur environnement et de leur sécurité que lesQuébécois, alors si le gazoduc existant qu’on veut inverser et convertir en oléoduc nécessite des réparations et/ou une réfection on peut supposer qu’elle seront faites. Sachant que tout le monde reconnait l’oléoduc comme la façon la plus sécuritaire de transporter du pétrole d’un point à un autre, la sécurité n’est pas un problème.

Si le pétrole qui serait livré à Montréal est du même type ou à peu près que le Brent déjà utilisé comme intrant par Shell et Ultramar c’est encore pratiquement du pareil au même… mais pas pour les raffineries car elles se soucient du coût de leur intrant et il serait beaucoup moins dispendieux s’il vient de l’Alberta. L’extraction de ce brut est on le sait est très polluante, mais cette étape là se fait en Alberta, la pollution générée là-bas finit par nous atteindre (elle circule autour de la planète) et si nous sommes réalistes elle continuera d’être produite et de nous arriver qu’on achète ou pas le brut qui est produit là parce qu’ils le vendront bien ailleurs. Donc pas plus de justification là pour bloquer le projet.

Déjà les politiciens du Nouveau-Brunswick ont fait front commun et rencontré les pétrolières de l’Ouest pour leur envoyer un message clair : Ils veulent voir arriver ce pétrole de l’Ouest à St-Jean N.B (un port de mer et localisation d’une raffinerie Irving), est-ce que ce prolongement devra se faire dans l’axe Montréal-Riv-du-Loup-Edmunstown- St-Jean ou Toronto-Boston-St-Jean via le Maine en évitant le Québec ? J’ai l’impression que nous sommes à la veille de le savoir.

Les deux raffineries Shell (Mtrl) et Ultramar (Lévis) sont propriété de pétrolières américaines qui ont probablement déjà des intérêts dans les entreprises qui exploitent à la source (en Alberta) le sable bitumineux, alors on peut imaginer qu’étant dans la même famille elles ont tout intérêt à prendre le brut de l’ouest comme intrant que le Brent beaucoup plus cher qui leur a été imposé jusqu’à maintenant et depuis le début des années 1960 je crois. L’histoire ne nous dit pas pourquoi elles ont attendu aussi tard pour envisager de s’alimenter de l’Ouest tout comme les raffineries de l’Ontario ! Qu’est-ce qui les motivent aujourd’hui et qui n’était pas présent disons il y a 3-4 ans ou avant ?

Une autre question que j’ai : Si ce projet se réalise, que les deux seules raffineries du Québec s’approvisionnent du brut de l’Alberta, qu’est-ce qu’on fera du pétrole québécois (celui de la Gaspésie et de l’île d’Anticosti) si jamais on finit par en extraire (et le potentiel semble vraiment là), est-ce que nos deux pétrolières (les deux seules preneuses au Québec) nous dirons « pas besoin, avons déjà ce qu’il nous faut » il nous restera alors à extraire le pétrole d’ici mais pour l’écouler sur les marchés internationaux ?

Personnellement je vois plus de considérations économiques et politiques qu’écologiques comme obstacles potentiel à ce projet d’inversion d’oléoduc.

Enbridge et oléoduc;
Je disais précédemment qu’il ne faut pas s’inquiéter de la sécurité des oléoducs, qu’ils sont reconnus pour être le moyen le plus sécuritaire pour transporter du pétrole d’un point à un autre, et j’y crois toujours; cependant en prenant connaissance des raisons évoquées par la C.B pour refuser la construction d’un oléoduc entre l’Alberta et la cote Ouest nous indique qu’il faut se préoccuper de la réputation du constructeur et surtout de l’exploitant de l’oléoduc.

Un ancien ministre de l’environnement du Canada a l’opinion suivante de ce projet et plus particulièrement de la réputation de la compagnie Enbridge, celle qui planifie actuellement le prolongement de l’oléoduc de Montréal (ou de Toronto) jusqu’à St-Jean Nouveau-Brunswick:
http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/05/31/la-c-b-dit-non-au-projet-de-pipeline-northern-gateway_n_3367435.html?utm_hp_ref=politique
… pas très rassurante cette mauvaise réputation d’Enbridge considérant qu’elle pourrait être maïtre-d’oeuvre d’un nouvel oléoduc en territoire québécois.

Certains acteurs de la droite qui disent des gens rationnels qui ne pensent pas comme eux qu’ils sont écologistes et de gauche et les Américains en sont. S’ils sont canadiens ou encore du Québec et ils le sont presque tous, ils essaient de faire passer les Québécois pour des écolos gauchistes, empêcheurs de tourner en rond qui veulent bannir le pétrole.

Il faut diversifier nos sources d’approvisionnement disent-ils et acheter du pétrole de l’Alberta. Or, c’est l’Alberta qui manque de diversification pour vendre son pétrole pas le Québec pour en acheter. Au Québec le pétrole coule à flots et nous avons le choix d’une multitude de provenance. Nous sommes un des plus grands consommateurs d’énergie per capita au monde.
++++++
Dans les affaires.com :

« Ce manque de diversification géographique est très risqué, voire suicidaire, soulignent plusieurs analystes. C’est comme si une entreprise avait un seul client ou un seul fournisseur. Au fil des décennies, les producteurs de l’Ouest ont eu la vie facile : les États-Unis achetaient leur pétrole sans poser de questions.

La donne a changé. Le pétrole tiré des sables bitumineux a de moins en moins la cote chez nos voisins américains. D’une part, parce que cette production est plus polluante que les sources traditionnelles de pétrole. D’autre part, parce que les États-Unis produisent de plus en plus leur propre pétrole, ce qui diminue les besoins d’en importer. »

http://www.lesaffaires.com/monde/monde/petrole–lalberta-a-dormi-au-gaz/554909

Bien oui les méchants Américains sont devenus des méchants gauchistes écolos qui n’aiment pas le pétrole plus sale de l’Alberta et le pipeline Keystone XL de TransCanada.
++++++++++

Les vraies raisons du pourquoi du pipeline au Québec.

1-Les entreprises de pétrole bitumineux albertaines n’ont qu’un seul client; les États Unis. Ils sentent la soupe chaude, très chaude. Déjà que le très gauchiste écolo Bush nous annonçait sous sa présidence que le pétrole de l’Alberta était très polluant et qu’il fallait évaluer la situation.

2- Les Américains, des gauchistes, ne veulent pas de Keystone XL de TransCanada.

3- Les États-Unis offrent pour le pétrole albertain environ 25% de moins que le marché. C’est à prendre ou à laisser.

4- « Le 23 juillet 2012, le chinois CNOOC annonce un accord pour le rachat Nexen (canadienne) pour un montant de 15,1 milliards de dollars américains. »

5- Les méchants gauchistes écolos de Colombie-Britannique ne veulent pas de pipeline sur leur territoire pour acheminer vers la Chine le pétrole de l’Alberta.

6- Donc reste la seule solution; passer au travers du Québec pour livrer à un port de mer au Nouveau-Brunswick.

Les entreprises albertaines veulent que leur pétrole prenne la mer pour le vendre PLUS CHER en Europe et Asie, et la Chine a certainement besoin se son pétrole canadien pour chez elle; elle ne l’a pas acheté pour rien.

Personnellement, je doute très fort que les raffineries du Québec investissent pour traiter le pétrole lourd des sables qui sera au prix du marché ou près du prix du marché.

Donc, les Québécois n’ont pas une cenne noire à faire avec ce pipeline qui a pour mission ultime de livrer à la mer au Nouveau-Brunswick.
+++++++

Pourtant les vendeurs du pétrole albertain et son pipeline veulent nous faire croire que le Québec en a besoin et que se serait avantageux.

Donc,

Ils veulent que les Québécois acceptent de passer le pipeline, alors ne feront pas un sous avec ce pétrole qui passera tout droit chez eux vers le Nouveau-Brunswick.

=Donc pas de revenus.

Ils veulent que les Québécois acceptent que les gaz de shale risqués soit exploités par des étrangers après qu’ils ont eu pour un prix dérisoire les permis de recherche y compris les résultats gratuits que les Québécois ont payés de leurs poches, pour quelques sous de redevances payés plus tard.

=Donc pas de revenus ou presque.

Ils veulent que les Québécois financent le « plan nord » dont les redevances minières ne rapporteront qu’une partie de ce financement.

=Donc pas de revenus et manger de l’argent.

Par compte, ils veulent que les Québécois acceptent de se débarrasser d’Hydro Québec qui rapporte presque trois milliards.

=Donc perte de revenu.

Allez donc comprendre!!

Mais pour quels patrons travaillent-ils ou vendent-ils?

Certainement pas pour le profit de la population du Québec.

Alors, la vraie raison, c’est qu’ils veulent nous convainque que le pétrole albertain se rende au port de mer du Nouveau-Brunswick pour le bénéfice de leurs patrons pour lesquels ils écrivent ou parlent.

L’industrie albertaine a été extrêmement négligente et elle veut que les Québécois la sauve.

En tant que gauchiste et écologiste, naïf, je suis d’accord que le pipeline passe au Québec moyennant la moitié des avantages du 25%, c’est-à-dire 12,5% du prix du baril, sinon on ferme la valve.

C’est simple, c’est à prendre ou à laisser.

@ youlle :
Bonne série d’arguments qui aide à comprendre ce que sont les enjeux véritables et à jeux y voir clair globalement.

Vous terminez en recommandant une position de négociation: » le pipeline passe au Québec moyennant la moitié des avantages du 25%, c’est-à-dire 12,5% du prix du baril, sinon on ferme la valve « , intéressant et je crois que la Colombie Brittanique mettait une condition semblable au projet d’oléoduc Northern Gateway entre l’Aberta et la côte du pacific. Mais je crois que c’est le Gouvernement fédéral qui régis le passage des oléoducs d’une province à l’autre, je ne sais pas si c’est lui qui agit comme arbitre entre une province et le propriétaire de l’oléoduc, je ne sais pas avec qui le Québec doit ou peut négocier les conditions de passage sur son territoire. Si c’est le Fed qui mène le bal et qui décide au final nous avons dès le départ une idée de comment ça va finir.

Mais en supposant qu’il soit possible pour notre gouvernement de retirer une certain droit de passage de l’oléoduc il doit déjà le collecter et depuis longtemps puisqu’il est question ici d’un petit bout d’oléoduc existant entre Montréal et la frontière de l’Ontario (on veut simplement inverser le flux, passer du pétrole d’Ouest en Est plutôt que du gaz naturel d’Est en Ouest).

J’ai bien l’impression que le gouvernement du Québec n’a absolument RIEN à retirer de ce projet si il se réalise, que tout ce qu’il peut faire c’est de s’assurer que cet oléoduc sera sécuritaire et au pire aller, si notre ministère de l’environnement est d’avis qu’il ne l’est pas ou bien il fait pression pour que l’oléoduc soit modifié de façon à ce qu’il soit sécuritaire ou a bloquer le projet carrément.

J’ai bien peur que si le projet se réalise, les seuls, au Québec, qui en bénéficieront économiquement parlant seront les raffineries Shell de Montréal et Ultramar de Lévis, c’est elles qui profiteront du 25% d’économie par rapport au brut qu’elles achètent présentement (le Brent) et il n’y a rien de moins sûr ou de garanti qu’elles refileront ces économies aux consommateurs du Québec. Rappelez vous comment les pétrolières d’ici raisonnent lorsqu’il est question du prix à la pompe : « pourquoi nous vendrions à plus bas prix que le client est prêt à payer ? »… ce qu’elles oublient de dire c’est que leurs clients paient n’importe quel prix qu’elles leur imposent… ils sont captifs !

Par contre si ces deux raffineries s’alimentaient dans le futur de pétrole québécois (de la Gaspésie ou d’Anticosti) notre gouvernement et les québécois en bénéficieraient directement parce qu’une redevance serait empochée par le Québec sur chaque baril de pétrole qui serait extrait du sous-sol québécois.

Une autre question qui me vient comme ça:
Si le pétrole de l’Alberta se rend déjà en Ontario (et c’est bien le cas, parce que les raffineries de l’Ontario raffinent actuellement du pétrole de l’Ouest tandis que les raffineries du Québec sont forcées elles de raffiner du Brent plus dispendieux), ça veut dire que ce pétrole de l’Ouest peut déjà ou pourrait facilement transiter vers l’Europe par bateau via la voie maritime du St-Laurent. Or si le principal intérêt des pétrolières Albertaines c’est de pouvoir atteindre les marchés Européens elles le peuvent déjà maintenant, qu’est-ce qui à part le coût du transport par bateau pourrait bien les empêcher de le faire ? Est-ce que le Québec a un droit de regard sur ce qui transite par bateau sur la voie maritime du St-Laurent ?

Pourquoi serait-îl plus intéressant pour les pétrolières de prolonger l’oléoduc de l’Ontario jusqu’à St-Jean N.B pour accéder à un port de mer qui leur donnerait accès à l’Europe alors qu’elles ont déjà cet accès via la voie maritime ?

Je ne vois qu’une explication : le prolongement de l’Oléoduc jusqu’au N.Brunswick leur donnerait accès à un client non négligeable là IRVNG, mais elles envisagent peut-être prolonger cet oléoduc du N.B au Maine et ainsi atteindre le marché de l’est américain si elles doivent mettre un X sur le projet KeyStone XL

Y’a quelque chose qui nous échappe, dont on ne parle pas, alors que les médias tentent d’aligner et de limiter le débat sur des questions écologiques et des batailles politiques sans ouvrir le jeu plus grand… c’est pourtant en voyant le global qu’on peut se faire une tête avec tout ça.

@ Claude Lafontaine

« Vous terminez en recommandant une position de négociation: « …12,5% du prix du baril, sinon on ferme la valve »

Bon c’était une blague, mais… C’est déjà arrivé…

« J’ai bien peur que si le projet se réalise, les seuls, au Québec, qui en bénéficieront économiquement parlant seront les raffineries Shell de Montréal et Ultramar de Lévis, c’est elles qui profiteront du 25% d’économie… » (Claude Lafontaine)

Pourquoi il y aurait des économies de 25% pour les raffineries du Québec?

Ce que j’ai expliqué est clair : les pétrolières veulent vendre leur pétrole au prix du marché et non pas faire un cadeau au Québec ou aux raffineries. Pour ce faire ils doivent l’OFFRIR.

Ils sont pris avec un seul client qui fait le prix et la loi et qui risque de les lâcher. Quant à la clientèle du Québec, elle ne fait pas le poids. C’est une souris face au dinosaure de la deuxième réserve de pétrole de la planète. Donc, il faut qu’ils aient accès au monde pour l’offrir c’est-à-dire la mer au N.B.

«… puisqu’il est question ici d’un petit bout d’oléoduc existant entre Montréal et la frontière de l’Ontario (on veut simplement inverser le flux, passer du pétrole d’Ouest en Est plutôt que du gaz naturel d’Est en Ouest). »

Un petit bout, mais il a 750 mm (30’’) de diamètre! Et le Québec se ferait fermer la valve du gas?

Pas sur, mais ils a des restrictions sur le fleuve pour le transport du pétrole. Mais regardez plutôt la carte Montréal /Bathurst ou St-Jean au Nouveau-Brunswick. Le chemin est beaucoup plus court, on évite les récifs et les tempêtes du golf et on sauve du temps de pétrolier qui file à pleine vitesse dès son départ.

« Y’a quelque chose qui nous échappe, dont on ne parle pas… »

Votre flair est bon, écoutez-le.

La Chine a investi 15 milliards et c’est pas pour livrer du pétrole au Québec, c’est pour elle. Les entreprises albertaines veulent vendre le maximum du prix, pas faire économiser le Québec.

Ce que je veux dire sur ce billet, c’est que c’est une ARNAQUE que de faire MIROITER les bienfaits du pipeline pour le Québec.

Il n’en aura pas.

@ youlle
Intéressant ce genre de remue-méninges, je n’avais pas pensé à quelque chose d’élémentaire que vous soulignez et dont personne ne nous parle : l’oléoduc actuel entre Sarnia et Montréal sert actuellement à apporter du gaz naturel de l’Ouest jusqu’à Montréal et on voit sur les cartes suivantes que ce même oléoduc a un embranchement entre Montréal et Portland Maine j’imagine pour transporter jusqu’au Maine le gaz de l’Ouest canadien : http://www.capp.ca/canadaIndustry/oil/Pages/PipelineMap.aspx
Donc si comme vous le dite si on utilise le bout Sarnia-Montréal pour transporter du pétrole au lieu du gaz, les gaz va arriver à Montréal et à PortLand comment ?

Là ça demande précision, d’abord il est question d’inverser l’oléoduc existant, mais s’il n’y a qu’un seul oléoduc unidirectionnel actuellement entre Sarnia et Montréal dans la direction Ouest vers l’Est pourquoi parle t’on de l’inverser pour transporter du pétrole dans le même sens que le gaz ? Se peut-îl qu’il y ait deux oléoducs en parallèle ?

Avec tout le gaz de schiste qui est généré aux USA depuis quelques années, est-il possible que PortLand soit déjà alimenté avec ce gaz là plutôt qu’avec celui en provenance de l’Ouest canadien via Montréal et que Montréal sera ou est déjà alimenté en gaz naturel (gaz de schiste) en provenance de PortLand que c’est plutôt ce bout là qui devrait ou a déjà été inversé pour transiter le gaz ?

Y’a un peu de brume dans nos lunettes !

Quant au pourquoi du 25% de réduction du coût du pétrole brut pour les raffineries du Québec, ben c’est ce qu’on nous a servi comme principale justification jusqu’à maintenant, les USA achèteraient présentement le pétrole brut de l’Alberta en le payant 25% moins cher que le Brent qu’achètent les raffineries d’ici, pourquoi les Albertains vendraient plus cher aux raffineries installées au Québec ? Mais encore une fois, même si Shell et Ultramar ferait ces économies rien ne les oblige à nous les refiler à la pompe !

@ Claude Lafontaine

Donc si comme vous le dite si on utilise le bout Sarnia-Montréal pour transporter du pétrole au lieu du gaz, les gaz va arriver à Montréal et à PortLand comment ? (Claude Lafontaine)

Je n’ai pas écrit ça.

1 -Le pipeline Portland/Montréal sert à transporter du pétrole de Portland à Montréal.
« L’oléoduc entre Portland et Montréal fait transiter du brut provenant des pétroliers amarrés à Portland, dans le Maine, vers l’est du Canada, qui importe la majorité de son pétrole. » (La Presse)

2- Le pipeline Montréal/Sarnia sert à transporter du pétrole de Portland à Sarnia.

3- Vous avez deviné, il y a deux « tulos ». Un pour le gaz, un pour le pétrole.

Pour être on ne peut plus clair :

1-Le pipeline Portland/Montréal continuera à desservir Montréal en pétrole Brent importé pour la raffinerie de Montréal.

« Les Américains s’opposent à l’inversion du pipeline Portland/Montréal. Ils ne veulent pas que le pétrole des sables bitumineux passe chez eux. Donc il n’y aura pas d’inversion de ce pipeline.
« Ces opposants affirment que le pétrole albertain serait plus dangereux puisqu’il est plus épais et plus corrosif que le brut traditionnel que l’oléoduc transporte d’habitude, faisant augmenter les risques de fuites et d’un désastre environnemental. » (La Presse)

2-Quant à la région de Québec elle continuera à être alimenté par bateau provenant de l’océan.

3- Le pipeline Montréal/Sarnia sera inversé de Sarnia/Montréal puis allongé jusqu’au N.B. à travers le Québec pour livrer à la mer du pétrole des sables bitumineux dans le monde pour avoir un MEILLEUR PRIX.

« … Enbridge Pipelines, est déjà à l’oeuvre pour inverser le flux d’un autre oléoduc entre l’Ontario et Montréal, appelé Ligne 9, pour transporter du pétrole de l’Ouest canadien aux raffineries québécoises. »
….
.
« … pourquoi les Albertains vendraient plus cher aux raffineries installées au Québec ? » (Claude Lafontaine)

Ils ne veulent pas vendre au Québec ils veulent avoir un MEILLEUR PRIX qu’aux USA, le maximum du prix.

Ils veulent se défaire des Américains qui ne payent pas assez cher. Ils n’investissent pas présentement des millions sur des pipelines pour le vendre à prix de « bargine » au Québec qui est gros comme un microbe comme client. Faut pas les prendre pour des caves ils veulent avoir plus cher.

C’est pas vrai qu’ils veulent vendre au Québec.

Là, si vous ne comprenez pas je n’y peut rien.

@ youlle
Si vous sources sont bonnes, le portrait de la situation est beaucoup plus clair maintenant, merci. Excusez moi de vous avoir mal interprété.

Si les américains boycottent réellement le passage chez eux du pétrole dérivé des sables bitumineux, et en supposant que l’oléoduc entre l’Alberta et le pacifique ne voit pas le jour non plus, il reste deux voies possibles pour permettre l,acheminement de ce pétrole vers l’Europe et le monde, soit via le port de mer de St-Jean-N.B et un nouvel oléoduc qui serait construit entre Montréal et St-Jean N.B donc via le territoire québécois, ou par bateau à partir de l’Ontario ou de Montréal via le fleuve et le golfe St-Laurent.

Le prochaines nouvelles devraient nous en apprendre plus là-dessus. C’est à suivre.