Politique économique du PQ : beaucoup d’argent, petits résultats

Le gouvernement a dévoilé ces dernières semaines une politique économique, un plan de développement pour le commerce extérieur, une stratégie d’électrification du transport et une politique industrielle. Il entend y consacrer 2 milliards de dollars d’ici 2017, en plus des sommes déjà allouées au développement économique.

Ce qui étonne, c’est que cet effort considérable produira au final peu de résultats, de l’avis même du gouvernement.

En effet, toutes ces politiques mises ensemble devraient résulter en la création de 43 000 nouveaux emplois d’ici 2017. Mettons les choses en perspective.

Le Québec a perdu 51 000 emplois nets entre janvier et août de cette année et il compte en récupérer 80 % dans les 36 prochains mois grâce à un investissement de 2 milliards de dollars en fonds publics. C’est l’équivalent d’une subvention de 50 000 dollars par emploi créé.

Un milliard de dollars seront consacrés au secteur manufacturier. Ce sera en plus du milliard déjà alloué. Ce secteur représente 14,1 % du PIB du Québec.

Le Québec est-il particulièrement en retard sur ces voisins et concurrents ? Il semble que non. Le secteur manufacturier compte pour 13,2 % de l’économie ontarienne et 12,4 % de l’économie américaine.

En revanche, la productivité y est moindre. Le gouvernement se donne donc l’objectif de dépasser la moyenne canadienne au niveau de la productivité en consacrant 461 millions de dollars de plus à la modernisation et au «verdissement» de nos industries.

Objectif louable, mais qui ne devrait pas créer beaucoup d’emplois pour autant. Augmenter la productivité consiste en effet à augmenter la valeur de la production horaire, notamment grâce à une automatisation accrue et à la plus grande utilisation des technologies de l’information.

On pourrait discuter longtemps de l’avenir du secteur manufacturier. Plusieurs économistes croient que son déclin relatif est inexorable et qu’il ne faut pas lui accorder plus d’importance que le secteur des services, qui compte aujourd’hui pour 70 % de l’économie québécoise.

L’emploi de demain sera en fonction des besoins de demain, et tout indique que nous aurons encore plus besoin de services que de choses. D’autres — et c’est l’avis du gouvernement — soutiennent que le secteur manufacturier joue un rôle structurant, et qu’il permet la croissance du secteur tertiaire.

Au-delà de cet intéressant débat, ces efforts énormes (compte tenu de la capacité financière du gouvernement) pourraient avoir un impact minime sur la création d’emplois. On parle de 4 000 emplois supplémentaires pour 1 milliard de dépenses publiques supplémentaires générant 3,5 milliards d’investissements. Un milliard de dollars, c’est moins que ce que l’État accorde au Centre hospitalier de l’Université de Montréal, qui emploie plus de 12 000 personnes.

Les objectifs du plan de développement des exportations sont aussi particulièrement modestes. Les investissements de 81,7 millions prévus dans ce plan devraient générer 6 000 emplois sur quatre ans — plus d’emplois, donc, que le milliard consacré à l’industrie.

Sur le site de l’Association des économistes québécois, l’économiste Jean-Pierre Furlong fait toutefois remarquer que cet effort génèrera sur trois ou quatre ans des exportations supplémentaires de 940 millions de dollars, une goutte d’eau par rapport à un déficit commercial de 24,4 milliards de dollars en 2012.

Mais le comble de la non-performance des deniers publics revient sans doute à la politique d’électrification des transports. Ma collègue Valérie Borde a calculé que la politique visant à favoriser l’achat de 12 500 véhicules électriques subventionnés lourdement à 8 000 dollars l’unité contribuera à diminuer après un an de 0,003 % les émissions de gaz à effets de serre du Québec. Wow !

J’ai quelquefois l’impression que cette valse des politiques et des milliards est engagée pour épater la galerie et donner l’impression qu’on agit promptement et sérieusement. Hélas ! les dollars sont réels et font naître des espoirs qui risquent d’être déçus.

 

 

 

10 commentaires
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Vous me faites toujours rire avec vos blogues. Un jour, vous insistez sur la nécessité pour le Québec d’augmenter sa productivité. Par contre, quand le PQ dépose un plan en ce sens, ça devient soudainement secondaire. Un peu plus et vous parlez d’une dépense inutile. En passant, vous dites que le secteur manufacturier occupe une partie moins importante du PIB aux USA qu’au Québec, ce qui serait une raison suffisante pour ne pas se préoccuper de ce secteur. Vous serez donc heureux d’apprendre que les américains s’activent justement à faire croître leur secteur manufacturier, qui a beaucoup souffert depuis 10-15 ans.

Québec bashing? On ne le sais pas.

“Le Québec a perdu 51 000 emplois nets entre janvier et août de cette année…” (pierre Duhamel)

« Le Québec a perdu 51 000 emplois nets entre janvier et août de cette année… »

Qui a raison?

« En revanche, la productivité y est moindre. »

Je vous met au défi de trouver un économiste sérieux qui est capable d’expliquer la raison.

J’y vois encore une fois des convulsions économiques de l’Amérique, derniers râlements, particulièrement aux USA qui ont dépensé des milliers de milliards ces dernières années pour sauver l’économie sans créer aucun emploi. De la petite bière à côté des USA. Les milliards investis en ONTARIO par le gouvernement dans l’automobile n’ont créé aucun emploi.

« J’ai quelquefois l’impression que cette valse des politiques et des milliards est engagée pour épater la galerie et donner l’impression qu’on agit promptement et sérieusement. » (Pierre Duhamel)

Mais non c’est pour mettre de leur bord les propriétaires d’entreprises.

En ce qui concerne l’électrification des transports n’y a t-il pas un impact potentiel sur la balance commerciale? Si nous nous déplacions en utilisant électricité cela ne fera t-il pas diminuer nos importation de pétrole? Et si d’aventure nous réussissions à créer une grappe industrielle dans ce domaine, ne serait-ce t-il pas aussi une avancé pour l’économie québécoise?

C’est une frime.

Vous connaissez beaucoup d’individus qui vont s’acheter un taxi rechargeable qu’ils n’ont pas le temps de recharger comme la Volt qui coûte 40 000$?

Cet subvention fiancera une fraction de 1% du parc auto et une fraction de la fraction du 1%.

« Et si d’aventure nous réussissions à créer une grappe industrielle dans ce domaine, »

Tout est déjà en place partout.

À votre question: « …n’y a t-il pas un impact potentiel sur la balance commerciale? »

NON! Et même un risque de l’augmenter.

Comme je l’avais écrit voici quelques temps, il me semble que cela devait être sur le blogue de Stéphane Gobeil qui présentait une série de billets en rapport avec le « Plan de développement du commerce extérieur 2013-2017 », comparant le déficit commercial à un monstre qu’il faudrait terrasser ; j’observais alors que ce qui est importé est aussi important si non plus que ce qui est exporté.

L’analyse de Jean-Pierre Furlong que vous mentionnez, tire des conclusions qui sont identiques aux-miennes ou mes conclusions sont identiques aux siennes lorsqu’il écrit ceci : « On voit mal comment «…des ventes fermes totalisant plus de 940 millions de dollars.» (page 19 du plan), étalées sur trois ou quatre ans au minimum, peuvent influer de façon importante sur un déficit du commerce des biens et services qui se chiffrait à 24,4 milliards de dollars en 2012. Une stratégie de remplacement du pétrole importé aurait nettement plus de portée sur la réduction du déficit que le PDCE. »

De la même façon, nous ne devrions pas nous étonner outre mesure si c’est l’Alberta qui dispose encore d’une balance outrageusement bénéficiaire au niveau de ses échanges commerciaux, en 2011 le surplus était de l’ordre de 40 milliards de dollars. On voit bien qu’ils n’importent pas de pétrole 🙂

Pour ce qui relève de la productivité, une récente étude de l’OCDE que j’ai consultée, établit sur un assortiment de 15 pays industrialisés, que c’est dans le secteur manufacturier que la productivité a le plus progressé entre 1995 et 2011. Les pays qui en ont été bénéficiaires en premier sont : la République Tchèque, la Slovénie, la Hongrie, la Suède, la Finlande, l’Autriche. Le Canada figure quant à lui en 11ième position avec un coefficient moyen de productivité de 2/10 quand les Tchèques obtiennent la note 8.

Les pays qui ont su maintenir leur potentiel industriel tout en améliorant leurs performances ont vu leurs exportations croitre et leur balance commerciale s’améliorer. Ainsi en 1996, la république Tchèque avait encore un déficit commercial de -5% de son PIB lorsqu’il est passé dans le positif en 2004 pour atteindre un surplus de 4,02% fin 2011.

Quoique la Suède ait une balance positive depuis 1990 (0,69%), elle grimpait à 8,18% en 2004 pour fléchir légèrement ensuite avec une balance positive fin 2011 de plus de 6%.

Il serait trop long ici de donner le détail pour tous les pays. L’objectif de mes propos était de montrer que le Québec devrait améliorer progressivement son sort en soignant son secteur manufacturier, en améliorant sa productivité et en misant sur des services connexes de qualité tout en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles qui représentent une part considérable de nos importations.

Vous dites: « L’objectif de mes propos était de montrer que le Québec devrait améliorer progressivement son sort en soignant son secteur manufacturier, en améliorant sa productivité et en misant sur des services connexes de qualité tout en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles qui représentent une part considérable de nos importations. »

Mais ça colle exactement à la stratégie et aux orientations économiques du PQ ! Le plan global d’électrification des transports a comme principal objectif d’amorcer la réduction de notre dépendance au pétrole (plus de 14 milliards $ / année qui sortent du Québec) et de favoriser le développement et la production au Québec d’une majeure partie des composantes nécessaires à cette électrification puisqu’on ne ferait qu’échanger 4 trente sous pour 1 dollar si on se limitait à acheter de l’extérieur du Québec les composantes / systèmes / autos électriques avec les $$$ économisés en réduisant nos achats de pétrole.

Pas surprenant!

Quand on a une bande d’amateurs comme leaders en finances publiques, on finit avec des problèmes d’amateurs.

Imaginez…ces illettrés économiques s’opposent catégoriquement à ce que notre Vérificateur Général (un as en finances publiques!) passe au peigne fin leurs prévisions économiques.

Mais c’est pas grave, on sombrera encore plus profondément dans la médiocrité mais on aura une charte…

M.Francois

À chaque fois que je vous lis j’ai l’impression de revoir la version manuscrite du « Jour de la marmotte ».Peu importe le sujet ,ce sont toujours les mêmes arguments qui reviennent,je devrais plutôt dire les mêmes insultes qui fusent.A lire vos propos on cherche constamment le fondement de vos assertions et on ne trouve rien sinon un aveuglement volontaire.
Aujourd’hui vous vous surpassez.Traiter Nicolas Marceau d’illettré économique frôle le délire.Je vous invite à aller consulter son c.v. Et si vous aviez seulement le quart de sa formation on pourrait peut-être vous prendre au sérieux.

Qui êtes-vous pour traiter les autres d’amateurs économique?

Sur le plan économique, vous n’arrivez même pas à hauteur d’une semelle de mocassin usée du ministre Nicolas Marceau.

http://www.er.uqam.ca/nobel/r32121/files/cv-21-10-2007-ang-short.pdf

Vous ne connaissez même pas les trente glorieuses où l’impôt était à 91%, chose historique, fondamentale en économie et vous traitez les autres d’illettrés économiques.

Si on sombre dans la médiocrité ce sera à cause de gens comme vous.

« Les libertariens le sont parce qu’ils sont ignorants. » (Inconnu)

M. Newton

Vous essayez de défendre le bilan économique du PQ et de Nicolas Marceau, mais apportez nous des faits.
Les faits sont là, ont constatent qu’ils n’y a pas de résultats, et que le Québec est toujours parmi les derniers quand on parle de performance économique.

Et ne me sortez pas la cassette habituelle que c’est de la faute du fédéral. Le PQ prend des mauvaises décisions et l’avenir nous le dira. On ne pourra pas cacher les faits très. longtemps, quand viendra le temps du budget. Même si on essais des manoeuvres comptables douteuses.