La prochaine révolution industrielle

Cette fameuse réindustrialisation de l’Amérique du nord, après une longue phase de délocalisation, n’aura rien de comparable avec ce qu’a été son industrialisation.

La nouvelle est presque passée inaperçue. Pratt & Whitney a annoncé le 27 octobre dernier qu’elle allait investir 275 millions de dollars pour moderniser ses installations de Longueuil et créer un «Centre d’excellence mondial en fabrication intelligente».

Bref, une nouvelle usine au Québec ! Il n’y a pas si longtemps, nous aurions sabré le champagne, lancé des confettis et joué du tambour pour souligner son arrivée. Or, voilà que cette nouvelle usine de Pratt sur la rive-sud créera tout au plus 90 emplois. C’est mieux que rien, mais ce n’est rien non plus pour envoyer une lettre à sa mère… Nous sommes loin des milliers d’emplois qu’une telle nouvelle aurait signifié auparavant.

Le nouveau «Centre d’excellence» de Pratt est plutôt un avant-goût des usines à venir. Celles-ci seront presque entièrement automatisées, robotisées, informatisées. Mieux, grâce à des capteurs intégrés dans les produits, elles resteront connectées en permanence avec ceux-ci afin de déceler tout défaut de fabrication et réagir à temps!

Ainsi, cette fameuse réindustrialisation de l’Amérique du nord, après une longue phase de délocalisation, n’aura rien de comparable avec ce qu’a été son industrialisation. Elle ne créera pas des emplois aussi massivement. Les plus pessimistes croient que ces nouvelles usines ultramodernes créeront surtout des chômeurs. D’autres pensent que leur efficacité permettra au contraire de conserver, voire de rapatrier des emplois jusqu’ici délocalisés dans les pays émergents.

C’est le pari que fait Pratt & Whitney. Si elle réussit et contamine d’autres usines, c’est tout le Québec qui pourra profiter de cette nouvelle expertise. Ces usines de l’avenir permettront aussi de créer des emplois chez les fournisseurs d’équipements et les logiciels nécessaires à cette modernisation.

Chose certaine, cependant, les emplois qui seront créés ou qui seront épargnés par la délocalisation seront différents. Ce seront des emplois hautement qualifiés, exigeant des niveaux d’études supérieures. Ce sera un défi pour le Québec, s’il veut faire partie de cette prochaine révolution industrielle.

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C’est drôle, mais je vais voir le verre à moitié plein. Il va y avoir de nouveaux emplois à combler : les robots en question, il faudra les entretenir, les réparer, il faudra former les employés affectés au contrôle de ces robots. Bref, un nouveau pan de l’économie pour des emplois qui seront tout, sauf au salaire minimum! Condition pour en profiter, la formation, la formation. Après que le Québec ait tripé sur ses psychologues ou ses sociologues, il devra prendre le virage des technologues! Et ce virage, nous est pleinement accessible, on a les universités et les collègues pour le prendre.

« Si elle réussit et contamine d’autres usines, c’est tout le Québec qui pourra profiter de cette nouvelle expertise. Ces usines de l’avenir permettront aussi de créer des emplois chez les fournisseurs d’équipements et les logiciels nécessaires à cette modernisation. » (Kathy Noël)

Ne salivez pas trop pour la prospérité.

Je sais d’expérience que l’Asie est capable d’en faire autant.

J’y vois plutôt des convulsions d’une économie de l’Amérique qui agonise.

Que vous voulez vous, nos zélites d’affaire financières ont servies dans un plat d’argent l’économie de l’Occident, dont Bombardier.

Vous l’avez bien souligné, toute la différence ici par rapport à la période d’industrialisation de la première moitié du siècle dernier est dans la qualité des emplois plutôt que le nombre, c’est une bonne nouvelle si on considère le déclin démographique déjà amorcé, mais ça revoit aussi un signal clair : les nouveaux emplois de ce type exigeront une très bonne formation, rien là-dedans pour des décrocheurs du secondaire ! C’est vrai pour ces emplois chez P&W mais ça le sera aussi pour de nombreux nouveaux emplois dans d’autres entreprises qui font ou seront les choses autrement.

En marge de tout cela, c’est aussi la question de l’intelligence artificielle qui est source de questionnement. La sophistication des machines et leur capacité de leur donner une intelligence supérieure à celle de l’humain, la possibilité dans un futur plus ou moins lointain de concevoir des robots biologiques qui pourraient prendre toute forme physique, y compris la forme humaine.

Tout cela pourrait finir par poser un jour de très sérieux problèmes d’éthique. Et remettre même en question l’espèce humaine comme entité dominante de la planète.

Nous n’en sommes pas encore là bien sûr, si ce n’est que depuis l’édification des toutes premières manufactures, l’homme s’est toujours trouvé en compétition soit avec d’autres êtres humains, soit avec des machines destinées régulièrement à les remplacer.

C’est cette concurrence qui a été à l’origine de bien des mouvements sociaux, y compris des révolutions. D’après moi, la prochaine révolution industrielle devrait conduire les humains et les machines à œuvrer ensemble et si possible à coopérer 🙂