La production de sirop d’érable a encore baissé en 2015… et El Niño s’en vient

MONTRÉAL – La production de sirop d’érable au Canada a connu cette année une deuxième baisse consécutive à cause du printemps tardif — et le phénomène climatique El Niño risque de ne pas arranger les choses l’an prochain.

Le courant chaud saisonnier en provenance du Pacifique Sud risque d’avoir un impact sur plusieurs ressources dont le sirop d’érable, prévient Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires au Food Institute de l’Université de Guelph, en Ontario.

Le réchauffement de la température causé par El Niño aurait donc un impact direct sur le Québec, premier producteur mondial de sirop d’érable, mais aussi sur l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et les États américains voisins comme le Vermont et New York.

À la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, on se montre cependant plus optimiste et on regarde au loin. Paul Rouillard, directeur général adjoint, rappelle que sur plusieurs décennies, si des producteurs installés plus au sud peuvent souffrir d’une hausse momentanée des températures, d’autres, plus au nord, connaîtront à l’inverse de très bonnes années.

La fédération québécoise, qui regroupe 7300 acériculteurs, demande l’autorisation d’ajouter 2,5 millions d’entailles aux 43 millions de chalumeaux existants. Le système de gestion de l’offre permet de maintenir les prix, bon an mal an, grâce à une réserve stratégique de 60 millions de livres de sirop.

La production aux États-Unis a aussi été réduite l’an dernier par un printemps particulièrement court, mais on ignore encore quel effet pourrait avoir El Niño la saison prochaine. Matthew Gordon, directeur de l’Association des acériculteurs du Vermont, demeure lui aussi très prudent. Il rappelle qu’El Niño influence la météo en hiver mais a moins d’impacts sur les variations de températures printanières, propices à l’écoulement de la sève — du gel la nuit mais du dégel le jour.

La production canadienne de sirop d’érable a chuté de 6,1 pour cent le printemps dernier, à 8,9 millions de gallons, indique Statistique Canada. La valeur de la production totale a alors atteint 358 millions $, contre 380 millions $ en 2014 et un sommet record de 408 millions $ en 2013.

Le Québec demeure le champion canadien, comptant pour plus de 90 pour cent de la production nationale, mais cette production a quand même baissé de 5,8 pour cent cette année par rapport à 2014, indiquait Statistique Canada mercredi.

Le mauvais temps dans certaines régions du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse a aussi été responsable de baisses de production dans ces provinces — les troisième et quatrième plus importants producteurs canadiens après l’Ontario, où la production est demeurée stable.

En dépit de ces baisses de production, les ventes et les exportations de sirop d’érable ne cessent d’augmenter depuis cinq ans, rappelle Paul Rouillard. La faible valeur du dollar canadien devrait encore stimuler les exportations vers les États-Unis.

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Le défi émergent de l’érable noble canadien: s’affranchir du fossile

En cette aire nouvelle de décarbonisation des sociétés modernes respectueuses du capital naturel global, il est maintenant prioritaire pour les producteurs et productrices des produits d’érable de diminuer leur empreinte carbone. L’utilisation des combustibles fossiles est devenu la menace principale au maintien et au développement de la part du marché mondial que l’érable a obtenu depuis les 25 dernières années.

L’énergie requise pour produire le sirop doit devenir carbone-neutre (Zéro Carbone). L’utilisation du bois, de la biomasse ou de l’électricité propre n’ajoute pas de carbone à l’atmosphère, alors que l’huile et le plastique (non-recyclé) ajoutent du carbone à l’atmosphère.

L’industrie s’est affranchie récemment de la paraformaldéhyde, produit qui n’avait pas sa place avec l’image de produit noble et naturel. L’industrie doit maintenant s’affranchir de l’huile, du pétrole et des énergies fossiles, qui n’ont plus leurs places avec notre image de marque ( noble, naturel, en accord avec la protection de l’environnement et la santé).

Il en va de la protection de nos parts de marché, et c’est une urgence immédiate. Une certification carbone-neutre sera l’exigence nouvelle que les marchés exigeront prochainement.

Video des 25 ans de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec:
http://youtu.be/2ltCmm1spiw

Video sur la production acéricole de laquelle on a ignoré l’huile:
http://youtu.be/3f3lHCvx0Sw
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Le sirop d’érable: un scandale dont peu de gens ose parler!
Le pétrole et l' »arable » canayen, hein?
Aujourd’hui, pour produire 3 cannes de sirop, on brule 1 canne d’huile » sale » bitumineuse malgré l’osmose inversée…Bravo, produit emblématique pur et naturel du Canada???

Si les Allemands, les Français, les Japonais et les Anglais savaient que nos beaux évaporateurs turbo carburent à l’huile sale pour ce sirop, les importations planteraient drastiquement en peu de temps.

Au lieu d’agir sur cela, la Fédération focus sur des pastilles de gout comme si les consommateurs boiraient le sirop au litre par repas! Pendant ce temps là, la Fédération essaie de faire accroire que notre santé s’améliorera avec des traces homéopathiques d’antioxydants dans ce sirop qu’on consomme à la cuillerée à peine!
Il serait intéressant de voir la position d’Equiterre sur ce sujet.
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L a guerre…et le sirop, faire le bon pas? *( en suivi au dossier de #lapresseplus)

Une des grandes problématiques de ce produit nord-américain dont le territoire se rétrécit de jour en jour avec le réchauffement climatique, a été la conversion vers les évaporateurs au mazout dans les années soixante-dix. En effet, maintenant, même avec l’osmose inversée, il faut bruler 0,33 baril de mazout #2 pour chaque baril de sirop d’érable produit. Il nous faut développer vite une appellation zero-carbone, i.e. utiliser la biomasse, le bois ou l’électricité propre. (Ces énergies sont carbo-neutres.) Cela est beaucoup plus urgent et pertinent que des « pastilles de goût ».

Qui veut entacher la réputation de ce produit, qui fut vraiment noble voilà déjà peu de temps. Quand nos acheteurs étrangers associeront un baril de « dirty oil from bitumineux Canada » à ce produit, ils cesseront de le considérer à la hauteur de ce qu’il doit être.

Il n’est jamais trop tard de revenir sur ses pas lorsqu’on réalise qu’on a fait une erreur. Cela serait gagné la vraie guerre.

* »Un pas pas pour mettre fin à la guerre du sirop
http://plus.lapresse.ca/screens/afb5dc80-d49b-49ae-baba-bb63c0310603%7C_0.html »

Mémoire de l’UPA:
http://static.lpcdn.ca/fichiers/html/2322/2015-10-05_Memoire_final_1_.pdf

The OPEC and maple syrup:
http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21677990-american-forces-are-freeing-canadian-icon-captivity-sticky-situation

http://www.laterre.ca/nouveautes/caricatures-nouveautes/le-jackpot-caricature-25-novembre.php