La réalité du marché de l’emploi

On pourrait faire deux chroniques bien distinctes sur les récentes données du marché du travail.

La première irait dans le sens de l’ancien chroniqueur devenu député qui donnait des médailles au Québec à chaque mois parce que le taux de chômage y est plus bas qu’aux États-Unis et qu’en Ontario. (Félicitations Jean-François !)

Ce mois-ci encore, le Québec semble faire mieux que ses voisins. L’économie québécoise a jouté 32 500 emplois supplémentaires en août, presque l’équivalent de ce qu’on retrouve dans l’ensemble du Canada. Le taux de chômage du Québec est passablement plus bas que celui de la France (10 %), de la zone euro (11,3 %) et, évidemment de la Grèce et de l’Espagne qui flirtent avec un taux de chômage de 25 %.

La seconde chronique serait moins jovialiste.

De façon générale, on observe une crise de l’emploi dans les pays développés. On compte 18 millions de chômeurs dans la zone euro et le taux de chômage américain baisse essentiellement parce que des centaines de milliers de personnes ont quitté le marché du travail.

L’économie américaine n’a ajouté que 96 000 emplois de plus en août, beaucoup moins que ce que les économistes prévoyaient et moins que les 100 000 nécessaires à chaque mois pour absorber les nouveaux venus sur le marché du travail. Cela fait dire à certains commentateurs que si les Démocrates ont gagné la bataille des conventions, ils ont perdu celle des emplois avec la divulgation des données officielles ce matin.

Que penser de la situation québécoise ? Oui, le Québec a ajouté des emplois le mois dernier, mais ce sont des jobs à temps partiels. Il y avait en août  9 300 emplois à temps plein de moins au Québec. Depuis 12 mois, le Québec ne compte que 6 500 emplois à temps plein de plus. La croissance de l’emploi n’est que de 0,6 %, contre 1,0 % pour l’ensemble du Canada.

Le taux de chômage n’est qu’un des indices utilisés pour mesurer la vigueur du marché du travail. Si le taux de chômage rend compte de la misère et des difficultés à trouver un emploi, le taux d’activité et le taux d’emploi mesurent peut-être mieux la vigueur d’une économie et la création de richesse. Si on parle tant du taux de chômage, c’est qu’un taux élevé peut battre un gouvernement et qu’un taux d’activité élevé ne peut pas le faire élire !

Or, même si le taux de chômage est plus bas au Québec qu’en Ontario, il y a proportionnellement plus d’Ontariens sur le marché du travail et ils sont plus nombreux – toujours en proportion – à occuper un emploi.

Pour le FM 93 à Québec, j’ai fait une comparaison entre Edmonton, capitale de l’Alberta, et la ville de Québec. Pas de doute, la ville du maire Labeaume affiche une performance remarquable avec un taux de chômage de 5,2 %. C’est la ville championne du Québec. Si l’ensemble du Québec battait au rythme que sa capitale, ce serait extraordinaire.

Edmonton fait toutefois un peu mieux que Québec au niveau du taux de chômage (4,5 %). Elle fait beaucoup mieux que Québec quand il s’agit de comparer le taux d’activité (73,9 % contre 68,3 %) et le taux d’emploi (70,5 % contre 64,8 %). Je sais, les comparaisons sont toujours difficiles entre tout ce qui albertain et le Québec. Je veux juste faire remarquer qu’ils sont proportionnellement plus nombreux à travailler et à contribuer à l’enrichissement de la société et que le sort de la ville de Québec peut encore s’améliorer.

L’une des façons d’améliorer la performance du Québec serait de se guérir de cette trouble ambivalence quand il s’agit d’exploiter nos ressources. Ce ne sont pas les redevances qui créent la richesse des Albertains, mais les investissements et les emplois générés par le secteur des ressources. En retour, cela permet de récolter des revenus fiscaux extraordinaires.

Au Québec, on pense à l’envers. On veut tellement les revenus fiscaux, qu’on est prêt à rendre impossible les investissements…

 

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Si on ne tenait pas compte des emplois dans la fonction publique à Québec, je ne suis pas certain que la ville passerait pour être si performante…

Ces emplois existent quelle que soit la situation économique…

Si on comparaît uniquement les emplois industriels entre les villes,je pense que cela donnerait une meilleure idée de leurs performances économiques respectives.

🙂

Attention, Edmonton a une population beaucoup plus jeune que Québec.
Le Québec compte 15% de vieux (c’est pour ça entre autre que le PLQ se maintient à 50 députés). L’Alberta n’a que 10% de vieux. Le vieux ne restent pas à Edmonton: too cold.

Il est certain que si l’on envoyait tout le monde, ou presque, à la mine ou à forer des puits de pétrole, cela aurait un impact très favorable sur les statistiques de l’emploi, c’est certain. Mais est-ce là, le sens, la finalité d’une société et surtout sa pérennité ? C’est un sens de la durabilité et une réalité sociologique qui semblent échapper autant aux statistiques économiques de l’immédiat qu’aux promoteurs des sables bitumineux de l’Alberta, comme autant de participants et de commentateurs d’une course effrénée de poulets sans têtes.

Oui, il est intéressant de remarquer qu’il y a des emplois à temps partiel. Il faudrait aussi tenir compte des emplois au salaire minimum qui frôle le seuil de pauvreté. Et le taux de chômeurs ne tient pas compte des personnes vivant de l’aide sociale. Quel est justement le taux de personnes vivant de l’aide sociale au Québec ? Et que reste-t-il de la classe moyenne au Québec ?

Quoi, pour exploiter une mine ou un gisement, il faut investir dans des hommes, des instruments, des constructions, des routes. Tout cela donne de l’emploi à une main d’oeuvre diverse qui paie des impôts. Allez vite expliquer cela à notre gouvernement PQiste, qui se comporte comme si le pactole résidait plutôt dans les redevances.

Extrait du billet : « Ce ne sont pas les redevances qui créent la richesse des Albertains, mais les investissements et les emplois générés par le secteur des ressources »

La réalité des finances publiques en Alberta, c’est que le tier des revenus de la province proviennent des redevances sur les ressources naturelles non-renouvelables. En fait, ces redevances représentent presque l’équivalent de tout ce que reçoit le gouvernement albertain en impôts sur le revenu dans une année. Si les redevances ne créent pas de richesse en Alberta, je me demande bien où ce gouvernement irait chercher les miliards qu’il perçoit chaque année et qui financent en grande partie ses programmes sociaux? Il faut parfois aller au-delà des simples raccourcis. La vérité c’est que tout est une question d’équilibre.

Je viens de rentrer d’Edmonton et il y a plusieurs nouveaux chantiers de construction, une population plus cosmopolite avec des gens de partout, beaucoup de population jeune… Un peu différent de la ville de Québec… Il y a d’autres indicateurs à prendre en compte… je crois.

J’aimerais bien qu’un jour dans cette rubrique un sociologue chevronné et un peu philosophe vienne nous confirmer que le monde n’est pas ni fixe ni figé. Tous les peuples, comme le reste de la nature d’ailleurs est en mouvement pour ne pas dire qu’ils ont la bougeotte. Tout humain passe de la naissance à la mort. Toute société comprend des personnes, de très jeunes à très vieilles, de très pauvres à très riches, de en manque d’initiatives à sur-entrepreneur(e)s, de en manque de logique à invente(e)urs avisé(e)s, de en manque total de vision à douées pour les chiffres et les affaires, de en absolument désintéressé(e)s pour la chose politique aux politiciens de carrière. Et j’en passe, et j’en passe!
Nos philosophes d’antan nous déclaraient « animal raisonnable »; de plus modernes nous ont accolé le qualificatif de « animal économique » ou « animal politique »; d’autres enfin nous croient « animal spirituel ». Eh oui, nous sommes des animaux auxquels on peut accoler à peu près n’importe quel qualificatif.
La réalité est que, abstraction faite du groupe minime de personnes qui se regroupent prétendument par altruisme ou amour du prochain, chacun et chacune de nous en arrivons toujours à agir et nous grouper par intérêt; et chacun tente de « tirer la couverte de son bord ».
Mais, raisonnons! À qui ont servi, servent ou serviront le produit de l’extraction et de l’utilisation des ressources naturelles; et le produit des industries manufacturières; et le produit des services fournis à un peu tout le monde. À mon avis si tous ces produits ne servent pas aux gens d’ici maintenant (et à leur prolongement : leur descendance) ils deviennent intrinsèquement mauvais car ils ne servent plus l’animal que je suis.
Quand des normes ou des lois sont établies qui ne me protègent pas et quand des activités détruisent directement ou indirectement mon bien-être au niveau physique et intellectuel (je pense ici aux guerres et à la production éhontée de pollution, au terrorisme, à la désinformation, et j’en passe); quand ces phénomènes bien humains (au niveau animal) se produisent, tout en respectant l’animalité de chacun et chacune il me faut absolument me creuser les méninges (dans ma partie « raisonnable ») pour y trouver des palliatifs.
Non, l’économie n’est ni plus ni moins humaine que la raison, la politique ou la spiritualité. Elle suit ses propres lois, normes et tendances (sous tous les systèmes économiques). Et, à l’évidence, l’économie du secteur privé n’est pas là pour servir le bien public sinon pour son intérêt propre qui est d’amasser des biens sous forme de profits; rien de plus. C’est donc à moi dans toutes mes autres animalités de voir que tous les biens privés et publics servent au plus grand nombre de personnes, nombre auquel j’appartiens avec mes intérêts propres.