La reprise économique s’en vient

La prochaine reprise pourrait être plus rapide que celles qui ont suivi les récessions passées.

Photo : Daphné Caron

Fréquemment, par le passé, lorsque le Canada a essuyé une récession, il y a eu un bref recul initial suivi d’une reprise lente. L’économie n’a retrouvé son plein fonctionnement qu’au bout de cinq à sept ans. Qu’en sera-t-il cette fois-ci, quand la population aura été vaccinée ? Ça pourrait aller plus vite que dans les cycles antérieurs. L’économie pourrait rebondir et la reprise, ne pas traîner en longueur.

Pour bien comprendre ce qui nous attend dans l’avenir immédiat, examinons les perspectives qui s’ouvrent pour chacun des quatre grands groupes d’acteurs qui font tourner l’économie :

1) les ménages (vous et moi), avec leurs dépenses de consommation ;

2) les entreprises, avec leurs investissements en stocks, en construction et en équipement de production ;

3) les gouvernements, avec leurs décisions au sujet des taux d’intérêt, des dépenses en services publics et des investissements en infrastructures ;

4) les étrangers, avec leurs importations de biens et de services de chez nous.

Les ménages

Les ménages canadiens ont présentement plein d’argent en banque, prêt à être dépensé quand la vaccination aura vaincu la pandémie. En 2020, ils ont mis de côté 212 milliards de dollars, soit 12 fois plus qu’en 2019 (18 milliards). Cette explosion soudaine de l’épargne est due à une réduction des dépenses de consommation en dépit d’une augmentation du revenu disponible.

D’une part, le confinement — obligatoire ou librement choisi — pendant les deux vagues de la crise sanitaire a fait diminuer les dépenses de consommation de 68 milliards. Les gens ont dépensé moins en vêtements, en services personnels, en loisirs et spectacles, en sorties à l’hôtel et au restaurant, en transport et en achats à l’étranger.

D’autre part, les diverses mesures de soutien financier aux sinistrés de la pandémie, comme la Prestation canadienne d’urgence (PCU), la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE), l’assurance-emploi (AE), la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) et le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC) du gouvernement fédéral, ont nettement surcompensé la perte directe de revenu que leur a fait subir la chute de l’activité économique et de l’emploi. Le revenu disponible des ménages canadiens après impôts payés et transferts reçus a crû de 126 milliards.

Si on calcule bien, cette hausse de 126 milliards du revenu disponible combinée à la baisse de 68 milliards des dépenses de consommation s’est traduite par une augmentation quasi involontaire de 194 milliards de l’épargne des ménages de 2019 à 2020. 

Une question se pose donc : que feront les gens avec tout cet argent à la fin de la pandémie, dans la deuxième moitié de 2021 et en 2022 ? Ils pourraient être hésitants à dépenser leur magot, décider de l’utiliser pour rembourser leurs dettes, ou encore se défouler en injectant tout d’un coup ces 194 milliards dans le circuit de la consommation. 

Difficile de prédire ce qui se passera. Toutefois, même si les ménages ne dépensaient que la moitié de cette hausse d’épargne forcée, disons 100 milliards, l’impact sur la reprise économique au Canada serait déjà considérable. Cela amènerait les entreprises à augmenter l’embauche et ferait redescendre le taux de chômage plus vite vers les bas niveaux de 2019, soit 5 % au Québec et 6 % dans le reste du Canada.

Les entreprises

La pandémie a frappé très durement les entreprises. En août 2020, plus de 40 % d’entre elles, au premier chef les PME, avaient subi une baisse de revenu de 20 % ou plus, par rapport à un an plus tôt. Le tiers avaient fait des mises à pied. 

Le défi des survivantes est double : reconstituer leurs stocks et relancer les affaires à mesure que les ventes reprendront, mais aussi se restructurer. Bien avant la pandémie, il fallait s’automatiser, se numériser, commercer en ligne et s’ouvrir au télétravail. Mais l’urgence de ces tâches devient encore plus évidente depuis un an.

Ce sera ardu pour les entreprises des secteurs où la distanciation a été difficile et le report de la consommation, facile. Loisirs, culture, hébergement, restauration et transport, par exemple, ont une grosse côte à remonter. Mais heureusement, dans l’ensemble, la reconstitution des stocks et les investissements en construction et en nouvel équipement de production peuvent présentement être financés à des taux d’intérêt avantageux. Le taux préférentiel pour les prêts aux entreprises n’est que de 2,45 %.

Les gouvernements

La politique monétaire et la politique budgétaire vont toutes deux soutenir la reprise économique. 

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, vient de réitérer son engagement à maintenir le taux d’intérêt directeur à la valeur plancher de 0,25 % jusqu’à ce que l’économie fonctionne à son plein potentiel. En conséquence, les taux d’intérêt appliqués aux emprunts des ménages et des entreprises ne devraient pas remonter de sitôt. 

Le seul danger serait de voir le taux d’inflation augmenter au-delà de 2,5 % ou 3 % en cas de surchauffe de l’économie. La Banque du Canada serait alors incitée à relever les taux d’intérêt afin de refroidir les ardeurs de la dépense. Or, ni la Banque du Canada, ni la Réserve fédérale américaine, ni le Fonds monétaire international ne jugent qu’il s’agisse là d’un risque majeur.  

Côté budget, d’importants déficits ont été réalisés dans l’année financière 2020-2021. En gros, 400 milliards à Ottawa, 40 milliards à Toronto et 15 milliards à Québec. Néanmoins, les ministres responsables n’ont pas exprimé l’intention de faire plonger leurs finances dans une période d’austérité avec des hausses d’impôt et des compressions de dépenses qui pourraient nuire à la reprise économique. Ils se sont au contraire engagés à « faire tout ce qu’il faut » pour la soutenir. 

La ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland, a déjà annoncé que son budget resterait expansionniste en 2021-2022. Elle se donne la possibilité, si la situation l’exige, d’injecter de 70 à 100 milliards de plus dans l’économie, à répartir sur les trois prochaines années. Même orientation dans les provinces. Par exemple, dès 2020-2021, les investissements publics en infrastructures ont été portés à 15 milliards en Ontario et à 14 milliards au Québec.

Les États-Unis et le monde

Les exportations, surtout vers les États-Unis, jouent un rôle majeur dans l’économie d’ici. En 2019, le tiers de la production canadienne de biens et de services a été acheminée vers l’étranger, et le quart vers les États-Unis. Or, tout comme la Banque du Canada, la Réserve fédérale américaine veut maintenir son taux d’intérêt au plus bas niveau possible jusqu’au retour du plein emploi. En même temps, le président Biden vient de lancer un programme budgétaire costaud de lutte contre la pandémie et d’aide aux familles, aux chômeurs, aux entreprises, aux États et aux municipalités. Son plan doit ajouter 1 900 milliards de dollars américains aux dépenses fédérales. Un programme de restauration et de développement des infrastructures suivrait. 

En conséquence, les prévisionnistes américains sont nombreux à prédire que la politique concertée de la Réserve fédérale et de l’administration Biden permettra à l’économie américaine de fonctionner à plein régime dès 2022. Cela est de bon augure pour la relance des exportations du Canada vers les États-Unis dans les deux prochaines années, malgré les relents de protectionnisme chez nos voisins du Sud. 

Enfin, il est peu probable que l’évolution économique ailleurs dans le monde atténue pendant ce temps l’effet favorable de l’expansion américaine sur les exportations du Canada.

Tout compte fait, il est fort possible que la reprise économique qui suivra la fin de la pandémie soit plus rapide que celles qui ont succédé aux récessions d’autrefois. Le cas échéant, les entreprises recommenceront bientôt à se plaindre de manquer de main-d’œuvre, mais les travailleurs, eux, constateront avec le plus grand bonheur que les bons emplois n’auront jamais été aussi faciles à trouver et à conserver. Les deux côtés de la médaille. On croise les doigts.

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Si l’on se fie aux récentes déclarations de Tiff Macklem, l’actuel gouverneur de la Banque du Canada, la route qui conduira à une reprise économique complète sera longue. En termes de croissance économique, la Banque ne prévoit pas pour 2021 de croissance supérieure à 4% ce qui signifie que le niveau de 2019 en termes de PIB qu’il ne sera atteint dans le meilleur des cas qu’au terme de l’année 2022. Autant dire que le chemin de la croissance ne sera pas effectif avant l’année 2023.

Ce que surveille aussi la Banque du Canada, c’est le taux d’inflation, on reste prudent en souhaitant conserver une cible de 2% et non 2,45 ou 3% comme l’écrit Pierre Fortin ; si ce n’est que cela ne reflète qu’indirectement le vrai coût de la vie. On peut penser à la seule facture d’épicerie….

Ce qu’observent plusieurs économistes et ce que relève aussi monsieur Macklem, c’est que la crise ne touche pas la population également. Il insiste notamment sur le fait que les emplois féminins doivent être accompagnés. On pourrait dire la même chose pour l’emploi des jeunes, les personnes de 55 ans et plus, les employés peu qualifiés, etc.

Ce que relève monsieur Macklem c’est que nous ne reviendrons pas au même type d’économie qu’avant. Dans la même veine, l’un des prédécesseurs de monsieur Macklem : Mark Carney estime que la transition économique ne se fera pas sans heurts.

Il est fort beau d’observer comme le fait monsieur Fortin, la nécessité pour les entreprises de se restructurer, si ce n’est que toutes formes de restructurations se font toujours au dépend de l’emploi. Comme les restructurations ont un prix, il est assez rare que les banques prêtent sans contrepartie, plus encore quand les taux d’intérêts sont bas. Ce qui signifie qu’un certain nombre d’entreprises ont d’ores et déjà disparu et que d’autres disparaitront.

— En conclusion :
Le premier facteur de la reprise économique pour les pays développés comme le Canada dépend essentiellement de l’évolution de la lutte contre la pandémie. C’est une réponse globale qui ne touche pas qu’un seul pays.

Étant donné que la santé publique ne peut faire de prévisions fiables à long terme. Il est difficile pour les populations d’anticiper leur avenir avec la moindre des précisions. Les personnes qui disposent d’épargne, gagneraient à ne pas s’en départir trop vite.

Même en période de crise, il y a toujours des secteurs à qui profite la crise.

Ce qui doit être surveillé, ce sont les mesures de soutien vers une économie verte. À noter que pour le moment le Québec ne s’engage pas sur cette voie. C’est cela qui permettrait d’obtenir une croissance constante sur les 30 prochaines années. Si cela ne progresse pas, il y a un risque d’une récession durable dans le temps.

Une telle récession serait moins spectaculaire que celle de 2020 mais elle entrainerait une contraction de l’économie, ce qui signifie une croissance faible ou une légère décroissance prolongée. Cela dit, cela ne signifie pas que les gens seraient tous moins heureux pour autant.

Il existe peut-être encore une vie après la surconsommation….

Je ne crois pas que personne peut savoir comment la reprise va voir lieu. Voici une liste de point qu’Il faut avoir la réponse.

Une économie moderne repose sur la consommation et les PME. Au États-Unis, le taux d’épargne est a un niveau rarement vu et les Américain rembourse leur carte de crédit a vitesse grand V. Le PIB d’un pays moderne repose +-65% sur cette consommation pour grandir. Les Américains ne sont pas en train de dépenser. Au Québec, ça semble beaucoup moins prononcé mais ça va affecter nos exportation. Comment ça va nous affecter? Je ne sais pas

L’inflation, beaucoup de personne disent qu’elle très présente. Je me demande a quel point elle va être permanente. Le commis en épicerie qui nettoie votre panier a l’entré coûte de l’argent et la facture est refilé au client. Une fois la pandémie terminer, on aura plus de besoin de ce genre de coût. Il y a aussi un coût relié au système logistique de la planète. Les fabricant d’auto on de la misère d’avoir des circuit imprimer car il y a manque majeur de production. Ils peinent a produire des autos (regarder les cours de concessionnaire) Ça prend 2 ans pour construire et démarrer une usine a transistor. Il y a aussi la recherche de rendement dans les commodité. En 2008, le baril de pétrole a augment a un sommet de 130$ (WTI) pou ensuite tomber a 35$ 2009. Quel est la portion de cette inflation est permanente , on le sait pas

La centre ville nord américain, sont subi un choque sans précédent. Comment l’immobilier de c’est centre va s’adapter et a quel valeur? Quelle est la proportion du télé travail qui va rester? Quant est-ce les employeurs vont s’en compte qu’il peuvent engager une personne qui habite a Trois-Rivière a un salaire moindre car le coût de la vie est beaucoup moins que Montreal. Comment cette transformation va affecter le modèle économique d’avant la pandémie, personne ne sait

Il y a des secteur qui de l’immobilier qui est en feu mais c’est souvent au détriment d’un autre. Les prix des maisons ne compte plus, c’est le paiement hypothécaire qui est le plus souvent regarder. Les gens achète souvent un paiement relié a un rêve. Ça n’aide en rien le taux endettement. Les particuliers, les entreprise et les govs ne possède pas un fiche exemplaire.

Beaucoup de personne risque d être surpris du niveau du remboursement de la pcu lors de leur impot…. Quelle sera l’impact sur la consommation?

Je peux continuer sur plusieurs paragraphe. Il y a beaucoup trop de question a répondre pour avoir une idée a quelle endroit que l’économie va se diriger. Les seules choses que je suis sur, l’incertitude et l’imprévue va être invité a la table.

À ce que je sache les dépenses et les revenus sont des flux. Si je veux connaître ma capacité de dépenser ou d’épargner pour les mois futurs, c’est avec mes avoirs maintenant que je veux le faire, pas ceux que j’avais au début de la pandémie, durant ou des revenus étalés sur des mois.

Les statistiques les plus récentes me disent qu’au dernier trimestre de l’année 2020, le revenu disponible des ménages étaient bien moindre que les chiffres donnés dans l’article. Pareil pour les dépenses en consommation. Le déficit de consommation est nettement inférieur à celui affiché.

Dans une chronique du Devoir de cette fin de semaine (6 mars), le chroniqueur économique écrivait : « Pour la prochaine année, 51,3 % des entreprises disaient ne pas savoir combien de temps elles pourraient poursuivre leurs activités à leur niveau actuel de revenus et de dépenses avant d’envisager la fermeture ou la faillite. » Avec des nouvelles comme celles-là, peut-on croire encore à une reprise rapide comme il est mentionné au début de l’article ?

Le même article souligne que « [l]es arbitrages entre la consommation et le remboursement des dettes devraient donc persister. En effet, tous ne sont pas égaux devant l’accroissement de l’épargne, qui se concentre chez les revenus moyens à élevés. » Encore une fois, parler d’une reprise rapide, ressemble à de la science-fiction.