La rue la plus endettée du Québec

L’endettement n’est jamais souhaitable en soi, mais il doit toujours être considéré en rapport avec l’actif que l’on détient. 

Quand on écrit sur la pauvreté relative du Québec face à la majorité des autres provinces, il y en aura toujours qui nous serviront cet argument qui se veut béton: nous sommes plus pauvres, mais nous sommes moins endettés.

L’endettement n’est jamais souhaitable en soi, mais il doit toujours être considéré en rapport avec l’actif que l’on détient. Il est normal que l’on s’endette davantage pour une maison de 500 000 dollars à Toronto que pour une résidence de 125 000 dollars à Matane. Le fait que le propriétaire de Matane détient une hypothèque moins élevée ne le rend pas plus riche que le propriétaire torontois.

Je vais vous donner l’exemple de la rue au Québec où les citoyens sont sans nul doute les plus endettés qui soient. Ce sont les médaillés d’or de l’endettement personnel, car ils ont en moyenne des dettes totalisant 607 392 dollars!

Ces 223 pauvres endettés habitent l’avenue Sunnyside, dans la modeste ville de Westmount. Ils gagnent en moyenne 523 212 dollars et ils ont en poche 278 043 dollars après impôts. Ils ont la sympathique somme de 4,7 millions de dollars dans leur compte bancaire et de courtage, en plus d’un REÉR moyen de 1,5 million de dollars.

Pourquoi alors cette dette de plus de 600 000 dollars? C’est essentiellement pour financer leur maison qui vaut en moyenne 2,2 millions de dollars. En clair, ils détiennent une hypothèque qui équivaut à un peu plus du quart de la valeur de leur résidence principale. Cela leur donne accès à plus d’argent liquide pour investir et le prix des maisons pourrait s’écrouler sans que cela ne fasse la moindre différence pour eux. Ah oui, j’oubliais, 61 % des résidents de l’avenue Sunnyside ont aussi une résidence secondaire.

L’actif net détenu par les ménages est un bien meilleur indicateur de la richesse que le seul endettement. L’avoir net des ménages québécois est de 265 000 dollars, contre 400 000 pour la moyenne canadienne et de 465 000 dollars pour celle de nos voisins ontariens.

Les données sur l’avenue Sunnyside proviennent de Environics Analytics et ont été compilées pour le magazine Canadian Business.

6 commentaires
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Hmmm, pas une bonne idée ça M. Duhamel. Vous identifiez UNE rue au Québec où pourraient vivre des millionnaires! Certains de vos lecteurs vont conclure que le Québec est donc aussi riche qu’ailleurs en Amérique du Nord et que nous n’avons aucun problème. D’autres lecteurs, plus zélés, vont conclure que les impôts ne sont pas assez élevés, si l’impôt saignait ces 223 habitants, on pourrait résoudre tous nos problèmes de déficites et de dette. Enfin, certains vont savoir où lancer leurs roches! Naturellement, mon propos se veut un clin d’oeil lancé à l’attention de nos généreux socio-démocrates…

M. Duhamel,

Ces chiffres que vous nous lancer avec un malin plaisir démontrent une fois de plus que la confédération canadienne, notre actuel système politique, qui est en directe continuité avec des faits historiques remontant jusqu’à la conquête britannique, n’a jamais été et ne sera jamais approprié pour la nation québécoise. Quand allez-vous vous en rendre compte et l’admettre.

Vous nous servez à répétition, ad nauseam, des statistiques démontrant la faiblesse économique du Québec, le retard financier du Québec, le faible niveau d’emploi du Québec, etc., etc. Il serait peut-être temps de vous demander si à travers des générations le seul facteur qui est toujours présent c’est la nature politique du Canada vis-à-vis le Québec.

Je suis incapable de me convaincre que des facteurs héréditaires, donc génétiques, peuvent maintenir une nation entière dans la misère. Toute l’histoire du colonialisme et évidemment de l’esclavage, nous démontrent exactement qu’il n’en n’est rien. Quand une nation entière stagne ainsi que vous le prétendez, avec une certaine satisfaction, du Québec, c’est que toutes les chances sont que les causes sont systémiques, en cela qu’elles tiennent du système.

Les souverainistes le savent. Mais les fédéralistes, surtout néolibéraux, se refusent obstinément à le voir. N’est-ce pas Herbert Marshall McLuhan qui parlait des deux solitudes ?

«La difficulté, ce n’est pas de rêver, mais d’accepter et de comprendre les rêves des autres.»
[Zhang Xianliang]

Bon…encore la faute des autres.

Typique des faiblards qui refusent de voir la réalité en face.

Nous vivons dans le même Canada que toutes les autres provinces mais nous faisons figure de cancre.

Au lieu de vous égosiller à dénoncer des chimères, pourquoi ne pas vous pencher sur nos innombrables faiblesses et médiocrités (choses que la droite a fait depuis longtemps soit dit en passant…) et les corriger en ajustant notre comportement trop à gauche vers celui des provinces championnes canadiennes comme l’Alberta par exemple?

On en conclut donc que l’enrichissement dépend plus de la spéculation que du travail des individus.

Bonjour,

Bien sûr, avec un tel topo, bien des nationalistes québécois vont encore une dois démontrer leur paranoïa légendaire. Tout ça sont les funestes conséquences de tant de perte de temps de nos bons amis les nationalistes qui passent le plus clair de leur temps à « watcher les ennemis du Québec » qui rodent partout autour de « leur paradis sur Terre ».

En terminant, le puissant lobby des richissimes hommes d’affaire péquistes risque de monter aux barricades. Nos amis les péquistes devraient s’arranger pour nommer chaque année un richissime péquiste comme le Patriote de l’année. Car selon un puissant homme d’affaire péquiste qui sous le « couvert de l’anonymat » affirme que ce n’est pas ceux qui se croient bâtisseurs de pays imaginaire par le porte à porte et les assemblées de cuisine où fleure bon le gros tabac Canadien qui vont libérer le Québec. Only money talk, affirme t’il en opinant obstinément du bonnet . Tout comme une bravade…… Avec plaisir, John Bull.

Là vous me surprenez Monsieur Rioux. Jamais je n’aurais cru voir le jour où vous reconnaitriez qu’il y avait des souverainistes millionnaires.

Est-ce votre personnage John Bull qui vous influence ? Je n’en serais pas surpris car ce mythique personne issu du folklore populaire britannique est généralement décrit comme étant gros, grossier et infatué de sa propre personne, attifé d’un ridicule vêtement aux couleurs de l’Union Jack ridiculisant et injuriant le petit monde, la plèbe britannique parmi laquelle il s’amusait à déambuler avec son également ridicule petit chien. Mais il aimait bien se prendre pour un riche et aurait bien aimé, semble-t-il, que cette noblesse bien nantie le reconnaisse comme un des leurs. Ce qu’il ne fut jamais. Selon certaines versions ce fut là son drame existentiel profond. Dans d’autres versions, n’étant pas assez futés, notre gros et grossier personnage ne s’en rendit jamais compte et il mourut sans jamais se rende compte que tous riaient de lui. L’arroseur arrosé quoi. Alors, M. Rioux méfiez-vous. Il est déjà arrivé que des acteurs personnifiant des personnages trop grands pour eux soient sombrés dans une triste schizophrénie, le réel étant englouti par le rêve. Méfiez-vous ! Sans doute connaissez-vous la fable du Dr Jekyll et Mister Hide …

Mais merci de reconnaître que même des péquistes, ou des personnes qui les soutiennent, puissent aussi être millionnaires. Bravo pour votre bonne foi ! Je prie pour que vous puissiez continuer dans cette bonne voie.

«L’humour est la forme la plus saine de lucidité.»
[Jacques Brel]