La saison des maladresses

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Le yacht de Tony Accurso
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C’était donc ça. Accepter une invitation à séjourner sur le yacht de luxe d’un fournisseur au beau milieu d’un appel d’offres, cela s’appelle une «maladresse», selon l’ancien président du comité exécutif de la ville de Montréal, Frank Zampino.Une maladresse, c’est demander l’âge à une vieille dame ou putter tout croche sur un terrain de golf. Voilà des gestes maladroits. On de démissionne pas d’un poste de vice-président exécutif et de chef de la direction financière d’une firme d’ingénierie, comme M. Zampino vient de le faire, parce qu’on est pourri au golf. On «est démissionné» parce que votre seule présence porte atteinte à l’intégrité de votre employeur. Et que l’intégrité, c’est le principal actif d’une entreprise.

Il faut au plus vite des cours d’éthique 101 pour les élus, les entreprises et les syndicats.

Je ne conseille à personne de s’isoler et de vivre comme une carmélite. Il faut avoir un réseau puissant et un carnet d’adresses bien rempli quand on assume un poste de direction. Mais on ne va pas festoyer sur un bateau loué 60 000 dollars par semaine quand votre hôte compte sur vous pour obtenir un gros contrat public, du financement pour son entreprise ou qu’il défend la partie adverse dans une négociation à venir. Il me semble que cela va de soi.

Le Québec est une bien petite société, une société ouverte où tous les principaux acteurs sociaux sont appelés à se rencontrer et à collaborer. Tous les gens de pouvoirs sont liés les uns avec les autres. Deux exemples parmi tant d’autres, le ministre le plus puissant du gouvernement et le mari du chef de l’opposition ont tous les deux été présidents du Fonds de solidarité de la FTQ. Les deux sociétés d’État à vocation économique du Québec sont dirigées par des anciens de Bell. La liste pourrait être énorme.

Cela est un atout pour le Québec, mais cela peut aussi conduire à trop de copinerie entre membres de l’élite, aux dépens des lois du marché et de l’intérêt public. Il faut en être conscient et demeure vigilant. Question d’éviter les «maladresses»…


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Zampino, victime d’« inquisition » ? Quand même !, sur le blogue de Pierre Cayouette

Photo : Heston Berkman