La santé économique du Québec passe par les États-Unis

Selon l’économiste Carlos Leitao, l’endettement des ménages canadiens rend primordial une reprise des exportations pour assurer la croissance économique.

Photo: Mark Spowart/Presse canadienne
Photo: Mark Spowart/Presse canadienne

La faiblesse des exportations du Québec devient de plus en plus préoccupante, selon l’économiste Carlos Leitao, stratège en chef de la Banque Laurentienne.

«La situation aux États-Unis s’améliore, mais nos exportations ne progressent pas au même rythme, en particulier au Québec et en Ontario», a souligné l’économiste, qui présentait le 16 janvier dernier ses prévisions lors d’une conférence organisée à Montréal par la Fédération des chambres immobilières du Québec.

Au troisième trimestre de 2013, les exportations québécoises ont diminué de 2,2 %, selon les dernières données de l’Institut de la statistique du Québec. Il est urgent qu’elles redécollent et que le Québec et le reste du Canada reprennent leurs parts de marché aux États-Unis.

Pourquoi ? Parce que les consommateurs québécois et canadiens sont essoufflés. La croissance économique ne passe plus par eux, selon Leitao.

«Le taux d’endettement des ménages est déjà trop élevé et le crédit hypothécaire augmente à un rythme plus rapide que le PIB, dit-il. Si les exportations ne décollent pas, le PIB n’augmentera pas et ça va devenir problématique.»

Rappelons que le taux d’endettement des ménages au Canada atteint maintenant 164 %, un niveau record. Dans ce contexte, les consommateurs sont beaucoup plus vulnérables à une hausse des taux d’intérêt.

À l’inverse, une croissance économique soutenue par les investissements et les exportations des entreprises crée de l’emploi, augmente les revenus et rend les consommateurs beaucoup moins vulnérables à une hausse des taux.

«Quand les taux augmentent, c’est signe que l’économie s’améliore. Et quand l’économie va bien, les revenus sont là et la demande suit», a rassuré Carlos Leitao, devant une salle remplie de courtiers immobiliers qui craignent qu’une hausse des taux d’intérêt ne décourage les premiers acheteurs de maison.

Or, ce ne sont pas les taux, mais bien l’état de santé de l’économie qui incitera ou non les gens à acheter, selon Carlos Leitao.

Bref, quand l’économie va tout va. Au tour des exportateurs de prendre le relais, cependant.

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Nous sommes coincés dans une situation difficile, la production du secteur primaire est fortement liée aux cycle mondiaux alors que le secteur manufacturier représente une part de l’économie beaucoup plus petite qu’avant, une douzaine de pourcents je crois.

Or le ralentissement des dépenses (ou tout au moins de la croissance de l’endettement) des ménages affect une part beaucoup plus grande de l’économie, certainement au delà de 60%.

Bref pour compenser un ralentissement et des pertes d’emplois dans 60% de l’économie il faut que le secteur qui en occupe à peine 15% carbure à plein régime et renverse complètement en terme d’emplois la tendance des dernières années!

Bien sûr la baisse du $CAN aidera les exportateurs, mais avec les hausses de prix qu’elle causera, dont celle du carburant, elle affectera aussi négativement les consommateurs qui comptent pour 60% de l’économie.