La télé fout le camp

Dépendant de la semaine, le réseau TVA obtient un peu plus ou un peu moins que l’ensemble des auditeurs de Radio-Canada, de TQS et de RDS. Pour battre TVA à trois, il faut un gros match de hockey qui gonfle l’auditoire du Réseau des Sports. Malgré la fragmentation du marché, l’antenne de Quebecor accapare 30 % de l’auditoire sur une base hebdomadaire, soit plus de deux fois la part de Radio-Canada et près de trois fois celle de TQS.

On pourrait conclure que l’acquisition de TVA a été une sacrée bonne affaire et qu’il n’y a pas seulement des concurrents qui courent jusqu’au Banquier ! Car habituellement, c’est le leader qui accapare la part du lion quand il est question de profits. Sauf en télévision.

Astral Média est le véritable roi de la télévision. L’assemblée annuelle de l’entreprise, hier à Toronto, nous l’a rappelé bien fort. L’entreprises montréalaise fait quatre fois plus d’argent en télédiffusion que TVA.

L’explication est simple. En plus de revenus publicitaires d’environ 20 millions $, Astral Média récolte 94 millions $ par trimestre en revenus d’abonnements pour ses chaînes de télévision payante ou spécialisée. En fait, Astral a inventé la télévision très payante.

On comprend mieux pourquoi les télédiffuseurs privés réclament eux aussi des revenus d’abonnement pour leurs chaînes distribuées gratuitement par les services de télédistribution.

Ne sortons pas immédiatement nos mouchoirs car tout le monde profite du système. TVA, Radio-Canada, Corus et CTV ont tous des chaînes spécialisées ou payantes. Et les propriétaires de TVA et de TQS sont également propriétaires de câblodistributeurs, grands gagnants du nouveau paysage audiovisuel.

Néanmoins, le système actuel est absurde. Il faudrait que les télédiffuseurs jouent à armes égales. Une véritable concurrence et l’amélioration des contenus en dépend. Quitte à gruger dans les marges des câblos et dans la machine à imprimer de l’argent d’Astral.

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Cher blogueur avisé !

Suite à cette fort pertinente analyse, j’aurais aimé connaître votre avis sur les autres médias : foutront-ils le camp dans un avenir prévisible et pourquoi ? Les magazines et les quotidiens sont-ils encore promis à un grand avenir !?

Cordialement !