L’affaire Bertrand

Il va se passer quelque chose tôt ou tard avec la Bourse de Montréal. Soit qu’elle fusionne avec Toronto, soit qu’elle sera achetée par une autre Bourse.

L’évaluation de la Bourse montréalaise est telle que ses actionnaires ne pourront pas résister trop longtemps à une offre alléchante. Viendra-t-elle de Toronto – les milieux financiers torontois le souhaitent – ou de Dubaï, du Qatar (maintenant de grands actionnaires de la Bourse de Londres) ou encore de Chicago ou de New York ? Telle est la question du jour.

Les actionnaires de la Bourse de Montréal voudront se vendre chèrement. La polémique avec Toronto a ceci de bon : elle fait monter les enchères et pourrait pousser par le haut la valeur du titre.. Déjà, l’action est transigée à un bien meilleur multiple que celui de la Bourse de Toronto. Mais les revenus et les profits de cette dernière sont plus élevés et Toronto menace Montréal de lui livrer une dure concurrence en 2009 sur ce qui est encore son monopole absolu au Canada.

D’où la difficulté de déterminer quelle est la vraie valeur de la Bourse de Montréal. D’où la difficulté de déterminer la part respective des actionnaires des deux Bourses si elles fusionnaient. D’où la difficulté de déterminer qui serait le joueur dominant d’une nouvelle entité. D’où la difficulté de choisir qui serait le président de la nouvelle Bourse.

Le candidat idéal est Ontarien, il a travaillé dans les milieux financiers torontois et il parle français. Il s’agit… de Luc Bertrand, le PDG de la Bourse de Montréal ! Le conseil d’administration de la Bourse de Toronto n’est pas nécessairement hostile à sa candidature, mais à la place prépondérante des actionnaires et dirigeants de la Bourse de Montréal dans la nouvelle unité.

En résumé, Montréal veut avoir son prix et des garanties sur le maintien à Montréal des produits dérivés et Toronto tient à son leadership. Là est l’enjeu.

Si l’accord s’avère impossible, je ne donne pas 18 mois avant que des princes arabes ou des intérêts chinois prennent possession du parquet montréalais. Courtisés inlassablement et potentiellement très riches, les actionnaires de la Bourse de Montréal vont céder.

Pour Montréal et le Québec, il s’agit de déterminer si nous sommes mieux servis par une Bourse commune dans lequel les Québécois joueront un grand rôle (les produits dérivés resteraient exclusivement à Montréal) ou par une mainmise d’une autre Bourse plus intéressée à se débarrasser d’une concurrente. Cela me rappelle un autre débat…

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On a l’impression qu’il y a une zone floue dans cette affaire, qui va au-delà de la froide considération économique.

Les émotions et les préjugés aussi, ça se monnaye…

« Hier soir, Radio-Canada a révélé que le conseil d’administration du TSX avait refusé la fusion avec Montréal. Wayne Fox, président du conseil de la Bourse de Toronto, ne voulait pas que M. Bertrand soit nommé P.D.G. de la nouvelle bourse fusionnée.

La révélation vient de Monique Jérôme-Forget, ministre des Finances du Québec, qui estime que Toronto ne digérait pas qu’un Québécois soit le premier dirigeant du TSX. M. Bertrand a refusé de commenter cette déclaration. »

http://www.lesaffaires.com/article/0/services-financiers/2007-10-11/465617/bourse-toronto-a-rompu-les-fiancailles–dit-luc-bertrand-.fr.html

Ce que j’en comprends c’est que Bertrand n’a pas été choisi pour les mêmes raisons que Desmarais n’avait pas pu acheter le CP dans le temps…Nègre blanc d’Amérique.
Imaginez qu’un Noir à NY ne pourrait pas devenir boss du Nasdaq parce qu’on lui ferait comprendre qu’il est Noir! On est bien dans le Canada de 2007

Ca y est la James a monté les cotas d’immigration à 55,000, presqu’un pourcent de la population francophone. Fou raide. On veut nous tuer.

Ceux qui pensent que le Canada a un problème démographique:
http://www.ledevoir.com/2007/10/12/160241.html

Selon les projections, la population du Canada sera de 24 % plus élevée en 2012 qu’elle l’était en 1990. Cette croissance sera de l’ordre de seulement 8 % en France et en Grande Bretagne et d’un maigre 4 % en Allemagne et en Italie. Elle sera même négative en Europe de l’Est. En Russie, on prévoit une baisse de la population de 7 %. Ces divergences s’expliquent principalement par les mouvements migratoires.

@jacques noël

Concernant le malaise entourant l’intégration des immigrants, avez-vous pris connaissance de cet article qui pose les mêmes questions que nous, au Québec, et qui décrit l’inquiétude des Ontariens et des Torontois « de souche »?

L’apprenti-sorcier Jean Charest nous mène droit dans le mur.

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