L’ange financier

Il pourrait s’asseoir sur sa fortune. Il offre plutôt du capital de risque. Pour des PME en démarrage, il est vraiment un investisseur providentiel !

Photo : Olivier Hanigan
Photo : Olivier Hanigan

Toujours entre deux rendez-vous et deux avions, Austin Hill ! J’ai suivi ses déplacements – de San Francisco à Londres en passant par Toronto – dans Twitter durant quelques jours avant de l’attraper à Montréal, sa ville d’adoption. Cet « ange financier » a vraiment des ailes !

Un « ange financier » ? C’est l’anglicisme couramment utilisé au Québec pour désigner un investisseur providentiel, à savoir un entrepreneur qui investit de l’argent et donne des conseils pour aider au démarrage de nouvelles entreprises innovantes. « C’est aussi quelqu’un qui voit les occasions offertes par la crise », précise ce grand blond de 36 ans, en jean savamment déchiré. « Actuellement, plein de gens talentueux ont perdu leur job et sont prêts à créer quelque chose de nouveau. C’est du chaos que naissent les meilleures idées. » C’est après l’éclatement de la bulle technologique, au début des années 2000, rappelle-t-il, que sont apparus les Google et autres LinkedIn…

Né à Ottawa, ce globe-trotter a vécu à Calgary avant d’emménager avec ses parents à Montréal, où il a appris le français en vendant des ordinateurs. Toujours à l’affût d’idées originales, Austin Hill a actuellement 17 entreprises sous son aile, liées aux nouvelles technologies et pour la plupart situées au Québec.

Avec la crise économique, les investisseurs providentiels sont encore plus appréciés. Car la remontée de 33 % des investissements en capital de risque au Québec, au premier trimestre 2009, n’efface pas le recul de 46 % enregistré sur l’ensemble de l’année 2008.

Lui-même entrepreneur en série (il a fondé sept jeunes sociétés à succès, dont l’entreprise de sécurité informatique Zero Knowledge, aujourd’hui Radialpoint), Austin Hill pourrait s’asseoir sur sa fortune. Mais ce n’est pas dans les gènes de ce fils et frère d’entrepreneurs. En plus d’avoir créé sa propre société de capital de risque (Brudder Ventures) et d’être l’associé d’une autre (Montreal Startup), il a cofondé, en 2007, le réseau Anges Québec, qui regroupe à ce jour une quarantaine d’investisseurs et mentors. Objectif : soutenir, d’ici 2013, 120 projets d’entreprises totalisant des investissements de 50 millions de dollars et qui créeront 800 emplois. (Le ministère québécois du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation a attribué à ce réseau une subvention de 750 000 dollars sur trois ans.)

Austin Hill continue par ailleurs d’innover. Sa dernière création : Akoha, un jeu en ligne inspiré du concept « payez au suivant ». Chaque joueur doit accomplir des « missions sociales » bien réelles (offrir un livre ou un café à quelqu’un, donner une heure de son temps…). Le joueur bénéficiaire doit à son tour accomplir une mission, et ainsi de suite. « Un jeu qui vise à rendre le monde meilleur », dit Austin Hill, qui versera une partie des profits d’Akoha pour la construction d’une bibliothèque pour enfants au Népal.

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