L’argument économique en politique

Les politiciens ont toutes les audaces : c’est toujours grâce à eux quand l’économie va bien… et toujours la faute des autres quand on se retrouve en récession. La campagne électorale ne fait pas exception à cette règle.

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Les politiciens ont toutes les audaces. C’est toujours grâce à eux quand l’économie va bien, et toujours la faute des autres quand on se retrouve en récession ou que le taux de chômage est élevé. La campagne électorale ne fait pas exception à ce qui est devenu une règle.
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Je ne veux pas dire que les gouvernements n’ont aucune incidence. Tous les gouvernements de l’histoire du Canada ou du Québec n’ont pas été égaux en la matière, et certains ont opté pour des politiques qui favorisaient la croissance économique, l’exploitation des ressources, le commerce international, le développement de l’industrie ou la formation de la main-d’œuvre. Certains gouvernements ont été très dépensiers, comme ceux de Pierre Elliott Trudeau, et d’autres frugaux, comme ceux de Jean Chrétien.

En revanche, chaque gouvernement a dû composer avec une conjoncture économique différente et des tendances de fond qui ont pesé lourd dans leur bilan économique.

Dans les années 1950 et 1960, les économies canadienne et québécoise sont propulsées par une extraordinaire croissance démographique et le développement spectaculaire de l’économie américaine, qui a besoin de fer, de bois, de papier journal et d’automobiles.

Le taux de croissance annuelle de l’économie canadienne oscille entre 5 % et 7 % par année pendant ces années bénies. Il atteint même 7,66 % en 1970. Nous étions la Chine ou l’Inde de ces décennies.

Les conditions ont changé. La démographie joue dorénavant contre nous, et des pays comme le Mexique et la Chine sont venus nous concurrencer sur nos marchés, y compris ici même, au Canada. De nos jours, une croissance économique de plus de 3 % relève de l’exploit, avec ou sans pétrole.

Je trouve donc injuste de reprocher au gouvernement conservateur la faiblesse relative de l’économie canadienne. Cela ne dépend pas de lui. Le secteur manufacturier est en recul dans tous les pays développés, et il a fallu une baisse substantielle du dollar canadien au début des années 2000 pour inverser, durant quelque temps, une tendance irrésistible.

Je trouve tout aussi stupides les prétentions du gouvernement sortant quand il se félicite de sa bonne gestion de l’économie. Le Canada a été moins touché par la récession de 2008 — une baisse de 2,71 % du PIB, tout de même — grâce au boum du prix des matières premières. Les investissements dans les mines et les puits de pétrole ont été énormes, et le gouvernement Harper n’y était pour rien. C’est le gouvernement chinois qui aurait mérité des éloges !

Le gouvernement conservateur n’a évidemment pas empêché le développement de l’industrie pétrolière, mais on exagère grandement son rôle. Il n’était pas difficile de trouver des investisseurs prêts à injecter des milliards de dollars quand le pétrole se vendait à plus de 120 dollars le baril, comme en 2011 et 2012. L’aide gouvernementale a été somme toute minime, compte tenu de ce qu’a rapporté cette exploitation. Le gouvernement fédéral et ceux des provinces productrices ont largement profité de la manne pétrolière en percevant en moyenne 18 milliards de dollars en impôts et redevances par année, entre 2011 et 2013.

Les partis d’opposition reprochent enfin au gouvernement Harper ses six déficits budgétaires consécutifs. Pourtant, ce sont ces mêmes partis qui demandaient au gouvernement d’engager davantage de dépenses publiques pour contrer les effets de la récession. En politique, les déficits des autres sont inexcusables, alors que ceux que nous faisons sont toujours justifiés.

La drôlerie est remarquable dans le cas des libéraux. Justin Trudeau ramène à notre bon souvenir la prudente gestion budgétaire de Paul Martin quand il était ministre des Finances, tout en nous promettant du même souffle — et sans y voir aucune contradiction — trois années de déficits supplémentaires pour dynamiser l’économie.

Justin Trudeau a néanmoins raison sur un point. S’il y a un nouveau gouvernement, il nous fera immanquablement le coup du «c’est pire qu’on pensait» pour justifier soit un autre déficit, soit de nouvelles compressions.

Trudeau veut augmenter les investissements en infrastructures du gouvernement fédéral, ce qui occasionnera un déficit budgétaire de 10 milliards par année pendant trois ans. À l’entendre, ces 10 milliards feraient toute la différence du monde pour propulser notre économie. Pensez-y deux minutes : la croissance du pays dépendrait de 10 milliards de dépenses publiques supplémentaires dans une économie de 1 648 milliards. C’est à peu près l’équivalent de vous avancer d’un pied sur un trou de golf de 570 verges.

En revanche, cela pèse sur un endettement public élevé qui souffre sérieusement d’embonpoint depuis six ans.

Les politiciens sont incorrigibles, et les électeurs ne demandent qu’à être séduits.

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20 commentaires
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Le Canada est quand même moins amoché que plusieurs pays à cause de la dernière crise économique. Savez-vous que les USA, la France et la Grande-Bretagne sont encore en lourd déficit qui joue entre 3 et 5% du PIB ?

Et c`est de la folie de dire que les conservateurs sont à la solde des pétrolières. Les pétrolières sont tous inscritent à la bourse et collectent de l`argent des investisseurs du monde entier. Même les syndicats du Québec sont investis dans le pétrole canadien. Sans compter nos fonds de pension.

Le pétrole est beaucoup moins subventionné qu`on le croit :

http://affaires.lapresse.ca/economie/energie-et-ressources/201405/13/01-4766119-industrie-petroliere-moins-subventionnee-quon-le-croit.php

Et moi, je regarde ce que les partis proposent avant de voter. Plus de modèle québecois (se que propose le NPD et le PLC) veut dire pour moi, appauvrissement.

» Plus de modèle québecois veut dire pour moi, appauvrissement. »

Prouvez-le avec des chiffres noir sur blanc!

Allez!

Que voulez-vous, je suis curieux d’apprendre.

La folie conservatrice à la solde des pétrolières? Vous vivez dans les nuages! On sait pertinemment bien que les pétrolières ont eu de nombreuses rencontres avec les ministres conservateurs pour les influencer sur les changements à faire dans les lois sur l’environnement et les ressources naturelles pour favoriser leurs entreprises et les projets de loi mammouth on reflété cet asservissement des conservateurs aux pétrolières. A contrario, les ONG environnementales n’ont pas eu accès aux ministres conservateurs sauf de très rares exceptions.

Le modèle québécois au fédéral un appauvrissement? Vous voulez rire n’est-ce pas? D’abord il n’en n’est pas question mais il y a des succès québécois qui seraient bienvenus dans bien d’autres provinces, entre autres en Colombie-Britannique où on aimerait bien les garderies à 10$ ou 15$ par jour alors que ça coûte plus de 1 000$ par enfant par mois maintenant… Les familles sont prises à la gorge et ne peuvent même pas se payer une résidence convenable dans le Lower Mainland et vous pensez que les garderies subventionnées les appauvriraient? Oh que non!

« Et c`est de la folie de dire que les conservateurs sont à la solde des pétrolières. Les pétrolières sont tous inscritent à la bourse et collectent de l`argent des investisseurs du monde entier. Même les syndicats du Québec sont investis dans le pétrole canadien. Sans compter nos fonds de pension. »

La première phrase n’a aucun rapport avec les suivantes. Quand on dit qu’un gouvernement (ou un parti dans le cas présent) est à la solde d’une industrie, on fait référence au financement que ledit parti reçoit de l’industrie. Ça ne change absolument rien que la majorité des entreprises de l’industrie soient publiques ou non, que les fonds de placements et autres fonds de travailleurs en possèdent des actions.

« Le pétrole est beaucoup moins subventionné qu`on le croit :

http://affaires.lapresse.ca/economie/energie-et-ressources/201405/13/01-4766119-industrie-petroliere-moins-subventionnee-quon-le-croit.php »

Cet article relève les 211M$ en subventions directes, probablement les plus absurdes. Ils ne relève pas les crédits d’impôts que l’industrie reçoit ni les subventions les plus importantes : les externalités négatives (les émissions de GES) gratuites, sans pénalité.

Imaginez si on était dans un Québec libre avec une piasse à 75 cennes US? CA HURLERAIT contre les séparatissss. Tout l’empire Gesca, toute la droite fédéraliste dénoncerait cette catastrophe qui nous a mené à une piasse à 75 cennes. On ferait le calcul: on additionnerait tout ce qu’on a dans nos comptes de banque et on calculerait ce qu,on a perdu depuis l’indépendance, depuis la chute de la piasse de 90 cennes à 75 cennes. Des dizaines et des dizaines de milliards qu’on a perdu.

On s’achemine vers une piasse à 70 cennes sous Mulcair, soit la piasse à René Lévesque de 1970 (pour les jeunots, à l’époque la piasse valait 92 cennes US. Les feds avaient imprimé une piasse à René Lévesque qu’ils estimaient à 70 cennes US. Sous Jean Chrétien, en 2001, on a battu tous les records avec 61 cennes)

Pas un mot. Ni PKP, ni Dubuc, ni Duhamel, ni Fortin, personne ne déconne la monnaie de singe qu’on a dans les poches.
Tout le monde accepte que c’est comme ca, que c’est la pétrole, que c’est l’économie internationale, pis qu’on ne peut rien rien faire.

Incroyable ce qu’on est gentil avec les fédéralistes et méchant avec les souverainistes.

Le défaut de la monnaie canadienne est de se nommer « dollar ».

Si la monnaie canadienne s’appelait un « canado » ou un « Laurier » personne dans la population ne ferai le lien avec la monnaie US et les bonhommes sept heures de l’économie perdraient beaucoup de pouvoir pour nous faire peur.

Si je me souviens bien, les gens de votre acabit dénonçaient le dollar Canadien fort à s’en fendre l’âme parce que ce sollar nuisait à l’économie québécoise, etc… Bref le mal hollandais et maintenant que le dollar Canadien s’est un peu affaissé, on s’empourpre toujours mais par la raison exactement contraire…

Faudrait savoir!!!???

Si le dollar Canadien actuel est à 0.75¢, la piasse à Lévesque, dans un Québec séparé (mené par l’insignifiant PKP, en plus!), ne vaudrait même pas le papier sur lequel elle serait imprimée…

La piasse à Lévesque la piasse à PKP: T’as pas rapport!

Tite politique salissante d’innocents de trolls à la libéral de la province du Kanada.

« Si je me souviens bien, les gens de votre acabit dénonçaient le dollar Canadien fort à s’en fendre l’âme parce que ce sollar nuisait à l’économie québécoise, etc… » (sa magesté)

Ils le dénoncent encore.

C’est pas drôle les trolls illettrés fonctionnels contre-à-rien. Ces proquets ne se souvienne de rien. Ils répètent.

Si LA PIASSE canédienne est FAIBLE C’EST À CAUSE du KÉNÉDA et ses sables sales. PAS DU QUÉBEC et de l’Ontario et surtout à cause pas de PKP encore moins de Lévesque mort il y a TRENTE ANS.

Avez-vous remarqué? Pas de récession au Québec, ici sur ce blogue.

Sauf votre respect, votre majesté, les imbéciles peuvent êtres d’intelligence moyenne ou même plus haut.

«On s’achemine vers une piasse à 70 cennes sous Mulcair,»

Probablement, mais c’est moins pire qu’une piasse qui ne vaudrait plus rien sous PKP…

Moins pire?? Comme si un dollar faible était une mauvaise chose pour le Québec! Il faut vraiment ne pas s’y connaître beaucoup en économie pour croire qu’une industrie basée sur les secteurs secondaires et tertiaires ne profite pas d’une devise faible…

Pourquoi faites-vous des comparaisons insignifiantes comme ça; faudrait que nous soyons séparé pour faire des comparaisons RÉELLES! Cessez de comparer des rêves à la RÉALITÉ!

Les politiciens représentent de loin la pire menace qui pèse sur l’économie et sur les contribuables, leur pouvoir ne connait pratiquement aucune limite ce qui est ridicule dans une économie soi-disant libre. Avec leurs immenses pouvoirs et leur volonté de se mêler de tout ils déséquilibrent constamment les marchés et les inévitables corrections qui s’en suivent sont d’autant plus graves et dommageables. De plus l’accumulation de leurs interventions se traduit généralement par la création d’un secteur public de plus en plus gros et de moins en moins productif qui cannibalise de plus en plus l’économie réellement créatrice de richesse. Bref plus les politiciens se mêlent d’économie plus nous nous appauvrissons.

La meilleures chose qui pourrait arriver serait de limiter par la constitution les pouvoirs fiscaux et d’intervention des politiciens, il me semble que ce serait la moindre des choses dans une économie capitaliste. Malheureusement on en est loin alors que les politiciens se livrent à chaque campagne à une surenchère d’idées interventionnistes.

L’économie Canadienne est aux prises avec de nombreux problèmes structurels comme le surendettement des ménages, une faible capacité d’innovation, un manque de dynamisme qui l’empêche de se renouveler. Ces problèmes (dont les effets ont longtemps été masqué par la surconsommation et la bulle des commodités) sont aggravés voir causés par l’intervention gouvernementale.

« L’économie Canadienne est aux prises avec de nombreux problèmes structurels comme le surendettement des ménages… »

Faux! Archi FAUX!

Les ménages n’ont jamais été aussi riches!

« …la bulle des commodités… »

Aille je viens de découvrir toute une affaire! La bulle des commodités. C’est songé ça!

Avez-vous le courage de nous expliquer?

« C’est à peu près l’équivalent de vous avancer d’un pied sur un trou de golf de 570 verges.

En revanche, cela pèse sur un endettement public élevé qui a pris un sérieux embonpoint depuis six ans. »

Ouin…. Quand le ratio dette PIB est d’un peu moins de 100 %. 10 milliards ce n’est pas beacoup par rapport au PIB et par rapport à la dette. 10 milliards de plus en dépense représenterait un déficit de combien en rapport au PIB? Pas grand chose. Peu importe relativement à quoi, 10 milliards c’est rien au Canada.

« Trudeau veut augmenter les investissements en infrastructures du gouvernement fédéral, ce qui occasionnera un déficit budgétaire de 10 milliards par année pendant trois ans. À l’entendre, ces 10 milliards feraient toute la différence du monde pour propulser notre économie. »

En fait, nos infrastructures publiques de merde nuisent clairement à la croissance économique, une mise à niveau serait bénéfique, mais bon, dette dette dette, déficit déficit déficit.

« La prudente gestion budgétaire de Paul Martin… » Certains se souviendront peut-être que cet ancien ministre des Finances (1993-2002) a réduit le déficit budgétaire du Canada en coupant dans les transferts vers les provinces et en accentuant le déséquilibre fiscal. Les provinces ont-elles vraiment le goût d’assister de nouveau au pelletage des déficits dans leurs cours?

Ils devraient aussi se souvenir que c’est ce même Martin qui a augmenté ces mêmes transferts en période de surplus. Avez-vous oublié l’entente de 10 ans avec augmentation annuelle de 6% pour les coûts en santé? Il y a une limite à répéter les lignes de partis.

Imaginez le Québec avec son austérité qui est en fait une diminution de l’ augmentation des dépenses de l’ état; que va t’ il faire lorsque le gouvernement fédéral va augmenter les dépenses et réduire les transferts aux provinces et par le fait même augmenter les impôts et les taxes pour être en mesure de balancer!! Ça va être le fouillis total au Canada et bien sûr ce sera aussi la faute aux libéraux!!!

Je trouve donc injuste de reprocher au gouvernement conservateur la faiblesse relative de l’économie canadienne. Cela ne dépend pas de lui.

Si ça ne dépend pas de lui qu’il arrête de dire qu’il est le seul à pouvoir faire quelque chose pour l’économie. Permettez-moi d’en rire.

« Je trouve donc injuste de reprocher au gouvernement conservateur la faiblesse relative de l’économie canadienne. Cela ne dépend pas de lui. Le secteur manufacturier est en recul dans tous les pays développés, et il a fallu une baisse substantielle du dollar canadien au début des années 2000 pour inverser, durant quelque temps, une tendance irrésistible. »

DEUX POIDS, DEUX MESURES

Il y a l’attitude A : les conservateurs sont le parti de l’économie…mais quand l’économie va mal, c’pas de leur faute!

Il y a l’attitude B : c’est la tendance mondiale, les gouvernements ne peuvent rien y faire!

Deux attitudes absolument hypocrites! Quand ta politique économie pendant 6 décennies est de tout jouer sur le libéralisme économique, comment peut-on ne pas blâmer cette même politique économique quand le libéralisme bât des ailes?

Je ne suis pas en train de dire que d’ouvrir les marchés était une erreur, je suis en train de dire qu’il faut appeler un chat, un chat : toutes les politiques ont des défauts, des failles, il faut arrêter de louanger l’ouverture des marchés et la dérèglementation en ignorant la source des problèmes!