L’austérité : 50 nuances de rouge

Ce débat s’envenimera au cours des prochains mois, alors que les syndicats et leurs alliés communautaires et politiques voudront montrer que le gouvernement est en train de détruire le modèle social québécois.

Photo : Newzulu
Photo : Newzulu

Blogue EconomieQuelque 250 manifestants, représentant 85 groupes sociaux en guerre contre les mesures budgétaires, ont donné le coup d’envoi, lundi à Montréal, à une semaine d’actions qui seront entreprises à travers le Québec pour infléchir la conduite du gouvernement Couillard.

Il s’agirait de «démontrer le ras-le-bol des mesures d’austérité qui sont appliquées aux personnes les plus pauvres, ainsi qu’à la classe moyenne», comme l’affirmait une porte-parole. Une majorité de Québécois (53 % contre 35 %) se disent pourtant d’accord avec le retour à l’équilibre budgétaire dès cette année, selon un récent sondage.

Ce débat s’envenimera au cours des prochains mois, avec les négociations dans le secteur public. Les syndicats et leurs alliés communautaires et politiques voudront montrer que le gouvernement est en train de détruire le modèle social québécois.

De son côté, le gouvernement devrait soumettre d’ici deux mois un budget équilibré, qui, sait-on jamais, pourrait être accompagné d’une première mesure d’allègement du fardeau fiscal, comme une réduction ou l’abolition de la taxe santé.

C’est que le débat sur la rigueur — ou, si vous préférez, l’austérité budgétaire — porte tôt ou tard sur le rôle et la place de l’État, et le fardeau fiscal des contribuables. Ce sont, en quelque sorte, les deux pôles d’un débat public qui a lieu dans toutes les démocraties.

Il y a au moins 50 nuances de rouge dans cette grande discussion, tant sur le bien-fondé des déficits que sur le rythme auquel on doit s’en débarrasser.

Il y a même un enjeu sur le vocabulaire utilisé. Le Parti québécois voulait limiter la croissance des dépenses de programmes à 1,8 % en 2013-2014, mais ce n’était pas de l’austérité. Le gouvernement libéral a fait exactement la même chose en 2014-2015, mais ce serait de l’austérité !

Demandons-nous donc en premier lieu pourquoi il faudrait éliminer ce fâcheux déficit. De nombreuses personnes prétendent en effet que les taux d’intérêt sont historiquement bas et que nous n’avons aucun problème à financer notre dette — et qu’il n’y a donc pas péril en la demeure.

D’autres nous diront que la réduction du déficit ralentit la croissance économique et qu’il faut y aller pian piano (tout doucement, en italien).

De mon côté, j’ai peur qu’à force de remettre à demain ce qui était déjà prévu hier, on adopte la théorie du επαύριο (se prononcerait aúrio, comme tomorrow). Cela veut dire lendemain, en grec.

J’expliquerai, dans mon prochain billet, les 10 raisons qui demandent le rétablissement rapide de l’équilibre budgétaire.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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21 commentaires
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Pour la plupart des économistes « sérieux », il faut distinguer le ratio dette/endettement par rapport au PIB et de la même façon le niveau des taux d’intérêts. Certains aspects — comme savoir par qui est détenue la dette –, sont aussi à prendre en compte. Les actifs détenus collectivement par l’État, la valeur et la qualité de ces actifs doivent aussi pour une certaine part être pris en considération.

Voyant que les services publics constituent une part importante dans la génération du PIB, tout dépendant du poids des dits services dans l’économie estimée, il faut en période de redressement des finances publiques, observer ce que des coupures dans toutes sortes de services peuvent avoir comme impact sur la croissance du PIB.

Les études montrent que dans le contexte actuel, il est très difficile de calculer très précisément et de façon fiable les impacts de telle ou telle réduction de programme dans la génération du PIB. Néanmoins, les économistes du FMI notamment, estiment que des mesures ciblées destinées à soutenir les PME, tout comme les personnes disposant de faibles revenus. Que ce sont parmi les mesures les plus appropriées pour soutenir la croissance.

Il est possible selon moi, que ce soit au niveau des estimations que nous ayons une problématique.

Ainsi, les syndicalistes auront une tendance à surestimer l’impact des coupures sur la génération potentielle de richesse. Comme le gouvernement aura tendance à surestimer l’impact du déficit public sur le poids de la dette. Ainsi la note de crédit du Québec pourrait supposément être abaissée et les taux d’intérêts s’envoler. Comme si le Québec allait emprunter du jour au lendemain avec des taux comparables à ceux de la Grèce (environ 9%). À quoi sert alors la Banque du Canada ?

— La réalité est que tout le monde y va de sa propre exagération suivant les intérêts corporatifs qu’il défend.

Il y a, je pense — ce dont il faut se réjouir –, consensus dans la société québécoise, quant au fait qu’il faut atteindre l’équilibre budgétaire. La question est toujours la même : quelle est la méthode la plus efficace pour parvenir à cet objectif louable, puis le maintenir tout en ayant à l’avenir une politique d’investissement qui favorise un accroissement progressif et équitable de ce qui s’appelle : le bien commun ?

J’ai l’impression que ceux qui veulent nous refaire le coup du «printemps érable» vont avoir des surprises, la tolérance de la «majorité silencieuse» a ses limites et cette fois ils ne l’auront peut-être pas aussi facile avec l’opinion publique.

En tout cas je l’espère car en tout cas moi j’en ai plein ledit casque!

L’opinion publique m’est pas dupe, elle sait bien qui sont les «gras dur» ce ne sont pas la poignée de riches qui nous reste mais bien ces hordes syndiquées du secteur public avec leur retraites payées par les contribuables et leurs semaines de 35 heures!

@ Pbrasseur

Question : Avec quel argent paie-t-on votre salaire et donc aussi votre fonds de retraite ?
Rep : Avec celui de vos clients.

C’est comme ça pour tout le monde.
Et relisez l’étude de l’ISQ sur la comparaison privé- secteur public quebécois.
Globalement, c-a-d en tenant compte des heures travaillées et du fonds de retraite, Il n’y a pas de différence. NIET ! NENNI !

On peut-tu lâcher les boucs émissaires de tout qui ne va pas au QUébec ?

Mes clients ils on le choix d’acheter ou pas, je n’ai pas le loisir de mandater le gouvernement d’aller fouiller dans leur poches avec la force de la loi.

Les fonctionnaires ne sont pas des boucs émissaires, mais ils sont les bénéficiaire du plus grand transfert de richesse de l’histoire de l’humanité.

Au point où on en est c’est immoral!

De toute évidence vous n’avez pas lu l’étude de l’ISQ
Éviter cette lecture volontairement, on peut appeler ça « avoir des perceptions à l’épreuves faits ».

Le problème ce n’est pas le niveau de salaire, mais plutôt le nombre de personnes employées par l’État.

En ce qui concerne la notion de choix, vous pouver voter. Moi je n’y manque jamais.

Enfin, j’espère comme bien des gens qu’il y aura un ménage complet dans la fonction publique et ce, même si j’en fais partie.

1- La productivité des fonfons est terriblement déficiente. Un seul employé du privé fait la job de 3 fonfons.
2- Au privé, aucune sécurité d’emploi. Cette sécurité d’emploi est évaluée à environ 35% du salaire.
3- Rares sont les entreprises privées qui donnent 5 et 6 semaines de vacances par année, des années sabbatiques, un emploi où les stress est presqu’inexistant (aucune compétition à affronter!), etc…
4- Etc…

Moi, j’invite tous les fonfons mécontents de leurs conditions de travail, etc… de venir se joindre à nous dans le privé.

Garde toi une petite gêne mon cher Germain (car c’est bien ton prénom n’est-ce pas ?)
On sait où tu travailles.

Quel individu rationel voudrait quitter son emploi dans la fonction publique pour se faire exploiter dans le privé (à moins d’avoir un ensemble d’habiletés très en demande) ?

Quand l’austérité rend aveugle, que ce soit avec ou sans nuance de rouge, le choix de la couleur n’a plus d’importance.

Si on fait une petite recherche et en peu de temps, on découvre que ceux qui critiquent l’austérité du gouvernement de Philippe Couillard ont fait les mêmes critiques – qualifiées d’austère – au sujet du budget Marceau. Même Gérald Fillion, dans son blogue du 6 septembre 2013, confirme que ce fut un budget austère : « Et bien que le Québec ne soit pas la Grèce et n’ait pas à se soumettre un régime minceur du même acabit, le dernier budget est bel et bien un exercice d’austérité. »

Austerity has nothing to do with economics. It is religion….

Krugman’s latest book, End This Depression Now!, makes a strong case that the current focus on cutting budget deficits is misplaced. An economic crisis like this, with lingering high unemployment, demands a big infusion of government stimulus, argues Krugman. In contrast, cutting spending or imposing austerity only worsens things—just as we’ve seen of late across Europe.

http://www.motherjones.com/politics/2013/01/paul-krugman-economics-keynes

Evidemment, selon M. Duhamel, Paul Krugman (économiste américain qui a obtenu le « prix Nobel d’économie » 2008) serait un autre économiste dans le champs et probablement aveuglé par une idéologie partisanne.

Il y a une différence entre faire du » ménage » et tout sabrer à la va-vite en début de mandat majoritaire, en espérant que la population aura oubliée dans un an ou deux. Ou en espérant qu’un autre malheur » opportun » viendra la distraire… au moment de se faire ré-élire !!!

Trois banquiers, sans vision et sans projet autre que de balancer des colonnes de chiffres au plus sacrant…. Fort d’une population TERRIFIÉE par des fous de dieu omni-présents dans les médias et qui les avait placés au pouvoir, TERRIFIÉE par la possibilité d’un référendum….

Au Canada, près de 70% des Canadiens demandent des mesures de contrôle sur la future loi 51…. Ce sera Nooooon !!!!!

Au Québec, la grande majorité demande des mesures contre la radicalisation ou l’intégrisme…. Nooooon, ce qui presse, c’est COUPER dans le gros gras….

Parce que, dans le fond, ce qui est VRAIMENT important c’est son score en tant que Parti…. Si les Barons Financiers préfèrent le déficit zéro, on doit le livrer illico… Après tout, qui nous finance et nous a toujours financé ???

De plus, nos partisans veulent des WINNERS forts et inflexibles, c’est bien connu.Après la victoire de notre équipe, nous rentrons dans nos chaumières plein de testostéronnes…. Yééééé.

« Pour l’année fiscale en cours, qui a débuté au même moment que l’arrivée au pouvoir des libéraux, les revenus autonomes du gouvernement ont augmenté de 834 millions de dollars ! De plus, les dépenses ont augmenté de 462 millions de dollars ! Autrement dit, le gouvernement n’a pas un problème de revenu et il a continué de dépenser encore plus; l’austérité existe seulement dans la tête des pleureuses de la bonne gauche. »

Source: http://www.antagoniste.net/2015/02/24/les-lignes-du-jours/

Ce nouveau printemps, comme celui du printemps-érable, ne sera qu’une mise en scène derrière laquelle se cachent des intérêts corporatistes et, comme en 2012, ce rapport de forces fortement médiatisé fera en sorte que les véritables enjeux ne feront pas l’objet d’une discussion démocratique. Le printemps-érable n’a rien réglé, au contraire. Les universités sont aux abois et manquent de fonds, alors que les étudiants de première génération continuent, en se hâtant lentement, de poursuivre des années d’études pour l’obtention d’un bac inutile, substituant ainsi l’aide aux études à l’assurance-emploi.
Il en sera de même pour l’équilibre fiscal du gouvernement. Un compromis sera trouvé qui multipliera les difficultés de croissance, et l’on retrouvera le Québec où il se trouve depuis des lustres: dans le wagon de queue.

Il en sera de même pour l’équilibre fiscal du gouvernement… Votre prémisse de base: Equilibre fiscal = Panacée…

Pourtant de nombreux économistes ( et pas des plus » dépassés » … ) estiment que le plein Emploi est de loin la meilleur mesure pour relancer une croissance dont dépend directement l’harmonisation d’un niveau de dette avec la production nationale.

Et si vous en êtes capable ( plus en terme d’ouverture d’esprit qu’en terme de niveau ), demandez-vous Pourquoi : » l’on retrouvera le Québec où il se trouve depuis des lustres dans le wagon de queue » ??? ( pardonnez-moi, mais encore une affirmation démagogique )

Et SURTOUT, pour qui, cette situation difficille au Québec est-elle la plus utile depuis des lustres… ET ne voyez surtout pas de complot conscient, là ou il n’existe qu’une convergence d’intérêts multiples en terre Canadienne, Nord-Américaine et en période d’expansion du Néo-Libéralisme religieux….

La Social-Démocratie, chère aux Québécois pour qui les valeurs humanistes et collectives sont une distinction importante, est menacée et discriditée malgré les succès des Pays Scandinaves ( Norvège, Danemark, Suéde ).

Et cela, face à une propagande mondialisante des VERTUS de la main invisible et bienveillante du libre Marché débridé….

Bien sûr…. Pourquoi ne pas laisser le libre-marché et la destruction-créatrice en charge pour résoudre cette question? Wow….. Parce qu’elle détruit des vies !!!! Nous en sommes rendus à mettre sur le même pied la vie humaine et la rentabilité économique !!!!!

Evidemment: Si ma mémoire ne me fait pas défaut, c’est à un homme d’affaires canadien qu’on attribue la phrase désormais célèbre selon laquelle, en substance, «la mondialisation, c’est de pouvoir aller où je veux, pour faire ce que je veux comme je le veux».

LIBARTÉ taba….!!!!

Tiens…un autre qui est contre la liberté et pour la centralisation des pouvoirs style Big Borther…

Le capitalisme existe depuis la nuit des temps et continuera encore d’être vivant et fébrile bien après la disparition de la misérable social-démocratie.

Dans l’ étude ISQ, on ne tient absolument pas compte de la sécurité d’ emploi, de la prestation de travail de nos fonctionnaires, de la mobilité au travail etc… Cette étude a été faite pour comparer les entreprises de 250 employés et plus! Donc une étude très médiatisée par le lobby syndical parce ça faisait leur affaire! A mon avis il faut comparer dans une étude sérieuse les conditions de travail et je parle des VRAIES conditions de travail ( ex. une pause café de 15 min. dans le privé c’ est le max. Au public j’ ai vu très très souvent des pauses s’ étirer @ 30 min.) qu’ un employé dans le privé doit quotidiennement observées tandis que dans le public est laissé @ la volonté de chacun!

Il n’ y a pas d’ austérité car pour moi l’ austérité signifierait un arrêt immédiat des augmentation des dépenses pour plusieurs mois! Les travailleurs de l’ état ne sont jamais obligé de travailler avec moins de moyens comme au privé! Aussitôt qu’ ils doivent travaillé un peu plus fort ou qu’ on leur demande de faire preuve d’ imagination , ils montent aux barricades et ils ne demandent pas mais ils EXIGENT de nouvelles resssources sans se soucier des côuts économique de leurs demandes. Tandis qu’ au privé si tu n’ as pas d’ imagination ta job est précaire! Ça ne passe pas! L, ISQ n’ as pas analyser cet aspect!! Il y a une grosse différence entre le privé et le public et les fonctionnaires insastisfaits devraient quitté leur sale JOB comme fonctionnaire et aller offrir leurs compétences au privé! Vlan!

Dans le passé, l’étude de l’ISQ a servi à ramener graduellemnt le public au niveau du privé.
Maintant que c’est fait, vous voulez quoi au juste ? Qu’on invente des façons de taper encrore sur le public?
Parce que taper ça fait du bien…
En passant, des pauses, je n’en prend pas, comme c’est le cas de la plupart de mes collègues.
Lâchez le cherry picking un peu, ou devrais-je dire le « rotten tomatoes picking ».

Avez-vous lu l’ étude Fraser qui vient de sortir? Pour les pauses au travail c’ est votre choix personnel, mais pour tous les autres c’ est fréquent! Je ne vous vise pas en particulier! Mais c’ est un fait que l’ ensemble des avantages sociaux y compris la sécurité d’ emploi est supérieure a l’ entreprise privée et les seul qui n’ accepte pas ce fait indéniable est le lobby syndical de la fonction publique!

À moins que sa ait changé la semaine dernière les salaires de l’état ne sont plus compétitifs face au privé. L’état va devoir augmenter ses salaires. C’est une question de compétition depuis 50 ans.

Pour les avantages sociaux c’est du cas par cas.
Le conjoint de mon ex a un meilleur font de retraite que ma conjointe infirmière.

Quant à l’institut think tank Fraser libertarien ce sont des rêveurs philosophique comme tout les libertariens incapables de faire la preuve de ce qu’ils disent et écrivent.

Fraser pour analyser l’administration publique… Wow !
C’est comme avoir recours à un Renard à titre de conseiller expert en sécurité de poulailliers !

@youlle et Jôny ; si je comprend bien votre judicieuse analyse de la situation , il y a SEULEMENT l’ institut de la statistique du Québec qui fait une analyse détaillée et objective de la situation!!