L’austérité… au nom de l’équité ?

S’il agit vraiment au nom des jeunes, le gouvernement devrait peut-être leur tendre l’oreille.

Effigie de Philippe Couillard aperçue lors d'une récente manifestation à Montréal. (Photo : Chiasson/La Presse Canadienne)
Effigie de Philippe Couillard aperçue lors d’une récente manifestation à Montréal. (Photo : Chiasson/La Presse Canadienne)

Québec se pose en défenseur des jeunes. C’est pour eux qu’il mène ses politiques d’austérité et veut ramener « de l’ordre » dans les finances publiques, répète sur toutes les tribunes le premier ministre, Philippe Couillard. « On fait ça au nom de l’équité intergénérationnelle », dit-il.

Des centaines de milliers d’étudiants ont pourtant déclenché la grève ce printemps pour dénoncer ses politiques de restriction budgétaire. Et même si le mouvement s’est essoufflé, il retient l’appui d’une pluralité de jeunes (47 % avant répartition des indécis), selon un récent sondage Léger publié dans Le Devoir. Selon ce même sondage, les deux tiers des Québécois condamnent les grèves. Cette proportion monte à 80 % chez les gens âgés de plus de 65 ans !

Ce résultat l’illustre bien : les jeunes ne font plus le poids, du point de vue démographique.

Dans les années 1960 et 1970, « il y avait une certaine convergence entre l’État, qui voulait démocratiser l’éducation, et les mouvements étudiants, note Céline Bellot, professeure à l’École de service social de l’Université de Montréal. Aujour­d’hui, la jeunesse manifeste pour conserver un modèle créé par les boomers, et ce sont ces derniers, maintenant au pouvoir, qui mettent l’accent sur les exigences de rigueur. Ceux qui ont lutté pour la démocratisation de l’éducation, dans les années 1960, sont en train de dire que cette lutte est illégitime ; c’est quand même paradoxal. » Elle s’inquiète du durcissement du ton à l’égard des étudiants.

Le ministre de l’Éducation, François Blais, a même invité les directions des universités à en expulser « deux ou trois chaque jour » pour montrer l’exemple. Irait-il aussi loin à l’égard des employés municipaux qui luttent contre la réforme des retraites ? Des fonctionnaires qui dénoncent le gel salarial que cherche à leur imposer l’État ?

Céline Bellot est convaincue que non. Selon elle, les étudiants font carrément l’objet de profilage politique. Selon cette directrice de l’Observatoire sur les profilages, leurs manifestations sont systématiquement réprimées plus sévèrement par les policiers que celles organisées par d’autres groupes, les mouvements féministes par exemple.

La population semble peu réceptive aux revendications des étudiants, et des jeunes dans leur ensemble. Certaines réactions au budget parallèle du Québec, préparé par cinq jeunes leaders et publié récemment dans L’actualité, en témoignent.

« J’en ai assez d’entendre les jeunes réclamer l’équité intergénérationnelle, écrivait une lectrice. Ils ont des garderies subventionnées, des congés de maternité et de paternité que nous n’avions pas, leurs droits de scolarité sont en proportion plus bas que l’étaient les nôtres, et nous payons ces services avec nos impôts. C’est assez, il me semble. »

Les baby-boomers n’ont certes pas volé l’avenir des jeunes, comme l’a bien montré l’Indice d’équité intergénérationnelle de L’actualité l’an passé. Les jeunes de 25 à 34 ans jouissent même d’un niveau de vie (légèrement) meilleur que celui des boomers quand ceux-ci avaient le même âge, révélait cette étude, qui s’est penchée sur 27 indicateurs économiques et sociodémographiques. Mais ces acquis restent fragiles.

Et même si les auteurs de l’Indice appuient l’objec­tif du gouvernement d’assainir les finances de l’État, « ça ne servira à rien s’il faut détruire nos services publics pour y arriver », dit l’un d’eux, Alexis Gagné, président de l’Institut des générations.

 

Les commentaires sont fermés.

Attendez…

« Les jeunes ne font pas le poids… »???

« Des centaines de milliers d’étudiants ont pourtant déclenché la grève ce printemps pour dénoncer ses politiques de restriction budgétaire. »???

Heille!!!

95% des étudiants québécois suivent leurs cours NORMALEMENT et veulent terminer leur année NORMALEMENT. Même le CEGEP du Vieux (endroit révolutionnaire s’il en est un!) est retourné sagement en classe après que les grossières manipulations des votes et les basses manœuvres des « leaders » étudiants aient été révélés au grand public (4 votes, séances de plus de 10 heures, intimidation même à l’extérieur des murs de l’institution et j’en passe…). Et les profs marxistes déconnectés de la population qui appuyaient les casseurs n’ont pu rien y faire.

Le « mouvement étudiant » n’est en fait qu’une petite secousse provoquée par une poignée d’activistes extrémistes, pour la plupart étudiants en sciences molles pas de maths, et qui traînent leurs savates à l’université ou au CEGEP depuis trop longtemps.

Je suis totalement et complètement assuré que la plupart des étudiants (le VRAIS, pas les profiteurs du système actuel!!!) appuient fortement le gouvernement Libéral de Monsieur Philippe Couillard dans sa recherche de la justice et de l’équité intergénérationnelle car ils ne veulent pas rester « pognés » avec les dettes insurmontables que veulent leur laisser les boomers socialistes et syndiqués jusqu’à l’os, irresponsables et dilapidateurs.

Totalement d’accord avec François . J’en ai ASSEZ de ces étudiants pleurnichards et leurs profs qui leur enseignent à l’être .

Il y a beaucoup TROP de PROFITEURS et de manifestants à temps plein au Québec qui ne pensent pas
« autres » qui étudient , travaillent et construisent pendant que des lâches détruisent .

Je suis d’accord avec Gaetan. Ces maudits étudiants qui manifestent peuvent pas être des chialeux de salon comme tout le monde?

Non mais ça s’peux-tu?

Quand je compte le nombre d’heures qu’il me fallait pour payer une session en 1977 ou en 1980, c’était moins que le nombre d’heures qu’il faut à un jeune aujourd’hui. Les jeunes ont raison de dire qu’il faut limiter la hausse. Des frais élevés font en sorte que seuls les enfants de parents plus à l’aise peuvent étudier.

J’ai eu des enfants et j’ai profité un peu des garderies pas cher. Ça ne me dérange certainement pas de payer la même chose pour les générations qui me suivent.

Par contre, ceux qui pensent que nous devrions rester au travail jusqu’à 70 ans pour tenir compte de notre espérance de vie peuvent aller se rhabiller. L’âge atteint par nos parents ne sera pas nécessairement l’âge q Sur un groupe de finissants de 1980, il y a déjà au moins 4 décès avant d’atteindre 60 ans!

Le message est parti avant que j’aie fini, je me suis accroché les doigts. L’âge que nous atteindrons (boumeurs) ne sera pas nécessairement celui de nos parents. Eux étaient les survivants d’une époque où beaucoup mouraient enfants. Les boumeurs ont été sauvés de maladies grâce aux antibiotiques (qui ne feront plus effet bientôt pour personne).