L’aviation d’affaires, un marché qui décolle

Un nouveau créneau fait les beaux jours des grands de l’aviation : des jets d’affaires ultra haut de gamme pour les plus fortunés et les puissants. 

Photo: Remy de la Mauviniere/AP Photo
Photo: Remy de la Mauviniere/AP Photo

Spacieuse cabine privée, salle de conférences, boiseries luxueuses, puissants moteurs Rolls-Royce et une facture de 65 millions de dollars. Le G650, le plus luxueux et puissant des avions d’affaires, en met plein la vue.

Malgré son prix, l’appareil conçu par l’avionneur américain Gulfstream Aerospace, qui fait partie du groupe General Dynamics, se révèle très populaire, signale Bloomberg. En fait, c’est l’ensemble du marché des jets d’affaires qui décolle rapidement, ce qui profite aussi à Bombardier. Sa plus récente analyse du secteur indique que les ventes d’avions d’affaires sont en essor depuis 2010, soit dès la sortie de la crise.

En 2012, le constructeur aéronautique canadien a reçu la commande de 343 jets d’affaires, ce qui représente une hausse de ses ventes pour une troisième année consécutive. Et Bombardier demeure confiant pour la suite. Il prévoit doubler sa flotte mondiale d’avions d’affaires d’ici 20 ans, en passant de 14 875 appareils en 2012 à 30 975 en 2032.

Son plus proche concurrent, General Dynamics, est aussi optimiste. Les acheteurs de son G650 doivent même attendre quatre ans avant de devenir propriétaires tellement la demande est forte. À peine 15 mois après son lancement, en 2012, les grandes entreprises, telles ExxonMobil, Wal-Mart Stores, Qualcomm et Wynn Resorts, en possédaient toutes déjà un.

Ce qui séduit, c’est surtout la possibilité qu’il offre de faire des vols transocéaniques sans escale. Fini les arrêts entre New York et Dubaï ou Los Angeles et Sydney pour les grands dirigeants d’entreprises et les milliardaires de ce monde. Le G650, qui peut accueillir jusqu’à 18 passagers, a même établi un record de vitesse pour ce type d’appareils en faisant le tour du monde en 41 heures et 7 minutes.

Si General Dynamics est réputé pour concevoir des avions militaires, des tanks et des sous-marins nucléaires d’attaque pour le compte du gouvernement américain, les compressions dans la Défense l’ont forcé à se réinventer. Sa meilleure arme s’avère aujourd’hui l’aviation d’affaires.

Tandis que ses ventes de produits de défense ont chuté de 23 % l’année passée, celles de ses jets privés ont bondi de 17 %, atteignant 8,1 milliards de dollars. En 2016, le groupe Credit Suisse prévoit même que ce champ d’expertise représentera la moitié du chiffre d’affaires de la société.

General Dynamics a toutefois de la compétition. Bombardier développe actuellement deux nouveaux avions d’affaires pour sa gamme d’appareils luxueux Global.

Selon le Globe and Mail, l’entreprise a investi plus d’un milliard de dollars pour mettre au point les jets Global 7000 et 8000, qui devraient pouvoir voler respectivement en 2016 et 2017.

Le 27 novembre 2012, le grand de l’aviation annonçait la vente ferme de 3,1 milliards de dollars (soit 25 avions Global 5000, 25 Global 6000 et 6 Global 8000) à VistaJet, une société aérienne de luxe. La commande pourrait être portée à 7,8 milliards par un jeu d’options.

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