L’importance de restaurer l’état des finances publiques au Québec

L’Institut Fraser estime que les ménages québécois devront débourser en moyenne, cette année, 970 dollars de plus en impôts et en taxes diverses. Voilà de l’argent que nous n’avons plus dans nos poches, dit Pierre Duhamel.

Blogue EconomieCertaines personnes ne voient pas le lien étroit qui existe entre l’état des finances publiques et le pouvoir d’achat des citoyens. C’est comme si ces deux questions faisaient partie d’univers parallèles, et que les déficits et l’endettement public ne les concernaient pas vraiment.

La saison des impôts, tout comme celle des taxes municipales et scolaires, nous rappelle pourtant qu’il y a une facture à payer pour les services et l’administration de l’État, et que cette facture est de plus en plus grande. L’Institut Fraser estime que les ménages québécois devront débourser en moyenne, cette année, 970 dollars de plus en impôts et en taxes diverses. Le ménage moyen versera 39 071 dollars en taxes et impôts, ou 44,7 % de son revenu annuel.

Voilà de l’argent que nous n’avons plus dans nos poches. Ajoutons à ces 970 dollars la centaine de dollars que nous devrons payer en plus pour Hydro-Québec. C’est sans compter qu’entre avril 2013 et avril 2014, le prix de l’essence a augmenté de 6,6 % ; celui du gaz naturel, de 26 % ; celui du logement, de 3,3 % ; puis, celui de la viande, de 4,5 %.

L’inflation et la ponction des gouvernements ont évidemment des répercussions sur les dépenses des consommateurs et, par ricochet, sur les commerçants. Les ventes au détail n’ont augmenté que de 1,9 % au Québec entre avril 2013 et avril 2014, comparativement à 4,5 % pour l’ensemble du Canada.

Il faut payer des taxes et des impôts, et je vais peut-être vous étonner en vous disant que les ménages albertains en paient beaucoup plus que les ménages québécois — 56 000 dollars en moyenne, contre 39 000 dollars au Québec.

C’est la vigueur de l’économie albertaine qui explique cet écart. Le revenu moyen des ménages albertains est de 143 000 dollars, contre 87 000 dollars au Québec, soit un écart de 56 000 dollars. Quand vos revenus sont plus élevés, vous payez plus d’impôts. Mais proportionnellement à leurs revenus, les Albertains paient beaucoup moins que les Québécois.

Il est là, le problème québécois. L’économie ne crée pas assez d’emplois payants. La rémunération hebdomadaire moyenne des Québécois est de 100 dollars inférieure à ce que gagnent les Ontariens, et de 300 dollars de moins que les Albertains. Nous devançons les Néo-Brunswickois de seulement 20 dollars.

Nos revenus plus faibles sont plus lourdement taxés, ce qui, en retour, ralentit le rythme de croissance de notre économie. Cela peut alimenter un cercle sans fin si nous n’agissons pas à la fois pour développer notre économie et restaurer l’état de nos finances publiques.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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15 commentaires
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Il y a certes un lien entre ce que nous recevons et ce que nous payons comme impôts et comme taxes. Y a-t-il cependant une véritable corrélation ? — Selon-moi : oui et non !

Plus le revenu est élevé et plus l’impôt peut baisser. Puisque les revenus de l’État sont intrinsèquement liés à ce que nous déclarons et ce que nous dépensons. C’est très exactement ce que vous nous dites avec l’exemple de l’Alberta. Si ce n’est que l’Alberta a pu développer un modèle économique grâce aux exploitations de ses sables. Quand le prix du pétrole baisse, cette richesse est également affectée et toutes sortes d’activités en pâtissent.

Pour autant qu’on puisse jamais exploiter nos « réserves » pétro-gazières québécoises, je ne penserai pas que nous puissions rivaliser de sitôt avec cette province sur ce poste-là.

D’autre part l’accroissement de la richesse et du pouvoir d’achat se fait aussi par le truchement de l’investissement. Si l’investissement baisse et stagne, ce n’est pas très bon pour la création de richesse, pour l’emploi, pour l’accroissement du pouvoir d’achat.

Absolument tous les pays du monde rêvent d’avoir une pléthore de jobs bien payés. Est-il possible d’avoir au Québec cette pléthore ? Pourquoi depuis le temps qu’on en parle, nous n’avons toujours pas cette pléthore justement ?

Un autre aspect du pouvoir d’achat, c’est le coût de la vie précisément. Si vous fondez une économie basée sur la de plus petits prix. Si vous cherchez à fournir des produits et services à un moindre coût. C’est toute la chaîne de production qui potentiellement s’accroit. Hors l’économie québécoise n’est pas une des plus compétitives qu’il soit.

Pas besoin dans ce cas d’augmenter le revenu des gens lorsqu’on peut obtenir plus avec moins.

Le problème, c’est que nous nous situons par rapport aux autres pays riches lorsque nous devrions nous situer bien plus comme une économie émergente dans le Canada.

Pour conclure, je pense que nous ne devrions pas trop envier le relatif pouvoir d’achat des albertains, lorsque nous devrions de préférence concentrer nos énergies sur ce que nous savons faire plutôt bien. C’est le savoir-faire et sa démonstration qui donnent des économies bien gérées pas une nième restauration des finances publiques qui démontre essentiellement le caractère dysfonctionnel de nos états financiers.

C’est bien beau la comparaison des PIB par habitant, les salaires moyens et les impôts moyens pour les fabricants de consentement…. Mais pour le citoyen moyen, c’est la qualité de la vie qui DOIT l’emporter et peut-être le montant disponible pour ses dépenses discrétionnaires. C’est-à-dire, une fois payé tous les services de base pour entretenir sa vie et ceux de sa famille.

Et il ne faut pas oublier, que dans notre province, beaucoup de ces services de base sont payés par l’État et nos taxes. C’est cela que nous devons comparer, s’il faut vraiment se comparer…. De plus, on semble affirmer ou tenter d’affirmer que le bonheur s’obtient nécessairement par des revenus brutes plus élevés… Et ainsi, nous devrions tenter d’imiter les pays où les salaires de CERTAINS sont très élevés et où les impôts presque inexistants….

Le bonheur assuré, quoi!!!!! Évidemment que nous devons améliorer les finances de l’État, surtout en favorisant sa productivité et en focusant sur les services essentiels plutôt que les subventions électoralistes…. Dans une société comme la nôtre, qui prioritise (encore?) une vision humaniste et sociale plutôt que l’individualisme radical du chacun pour soi de la droite républicaine américaine, nous devons nous assurer que les coupures que les BANQUIERS du gouvernement s’apprêtent à nous servir n’affaiblierons pas notre état au point qu’il ne peuvent plus assurer l’avenir de notre langue et de mode de vie qui font l’envie de bien d’autres peuples….

Très bon à lire pour tout les rêveurs québécois qui croient encore à la possibilité d’indépendance du Québec sauf que ces articles intelligents n’intéresse
que très peu la majorité des québécois qui ne se préoccupe guère de l’impôt payer et de l’argent qui reste dans leur poches à la fin de l’année se contentant d’aller porter leur affaires chez le comptable et il ne lisent jamais les détails du rapport à part le solde en fin de page… par contre ils connaissent à peu près le nom de tous les joueurs de la ligue nationale… Voilà ce que sont les québécois et pourquoi ils paieront encore longtemps.

L’Alberta n’est pas un modèle. Elle n’investit pas dans le développement durable. Nous devons chercher à diminuer la consommation de pétrole et autres combustibles fossiles à l’échelle mondiale. Donc le mieux qui puisse arriver est que la production de pétrole avec des sables bitumineux cesse. Que resterait-il alors de l’économie albertaine? Pas grand chose. Les sables bitumineux sont des sables mouvants qui font courir des risques à l’ensemble de l’économie du Canada.

Pourquoi ce privilège indû aux banques?
Il faut aussi se rappeler que la taxe sur le capital des institutions financières a été réduite progressivement à partir de 2007 pour être abolie en 2011, alors que les 6 banques qui opèrent au Québec ont fait 25 milliards de profit cette même année.
Et qu’en 2011, le PLQ a accordé 3,6 milliards $ d’allègements fiscaux aux entreprises.
Au Québec, la taxe sur le capital des entreprises a été introduite en 1947, par le gouvernement de Maurice Duplessis. Elle a été réduite progressivement sous le gouvernement de Jean Charest, à partir de 2007, pour être abolie en 2011.
Au cours des années 2000, cette taxe représentait entre 3 % et 4 % des revenus du gouvernement québécois.
Cette taxe effacerait le déficit actuel.

François, les réponses à tes questions se trouvent facilement dans le nouveau livre d’Alain Renault: PARADIS FISCAUX: La filière canadienne… 🙂

Bien beau la lutte à l’évasion fiscale mais vous ne réglerez pas le problème de la dette endémique et des déficits structurels avec ça. Tous au plus ferez-vous une petite égratignure.

D’ailleurs, cette lutte entreprise il y a plusieurs années a rapporté quelques milliards jusqu’à aujourd’hui et avez-vous vu la dette disparaître ou même diminuer???

http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-quebecoise

TOUS les économistes de renom, TOUS sont d’avis que le Québec est dans le mur (même votre Parizeau recommande un « remède de cheval!!!) et qu’un virage très serré et une réduction drastique des dépenses publiques sont les seules solutions à la catastrophe actuelle, elle-même engendrée par une gestion trop socialo-gauchiste de notre pauvre province livrée depuis 50 ans, pieds et poings liés, à la mafia syndicale et aux fonctionnaires indolents et profiteurs.

Si nous n’agissons pas maintenant, les agences de notation le feront pour nous comme elles ont fait en Grèce.

Nous en sommes là!

Pas besoin d’être un économiste de renom pour comprendre que si le taux de la dette croît moins vite que celui du PIB, le ratio dette/PIB diminue sans même verser un seul sou de remboursement. C’est ainsi que le Canada dont la dette, après la deuxième guerre mondiale s’élevait à 110 % du PIB, a vu trente ans plus tard sa dette réduite à 20 % du PIB sans aucun remboursement. Présentement au Québec, la croissance de la dette est moins élevée que son PIB, même s’il est relativement faible. Le seul mur, c’est celui de l’ignorance.

Le Québec paiera cette année plus de $10 Milliards seulement en intérêts sur la dette. DIX MILLIARDS!!!

À $10 Milliards POUR UNE SEULE ANNÉE (et les taux sont relativement bas!!!), on se fout qu’elle soit brute ou nette ou qu’elle représente X % du PIB. C’est $10 Milliards sacram..t! Et en plus, nous sommes sur haute surveillance de la part des agences de notation. Et pour couronner le tout, nous sommes la plus endettée des provinces canadiennes qui vivent pourtant toutes dans le même Canada que nous.

Et devinez qui va ramasser la facture? Surtout pas les pompiers, les policiers et autres fonctionnaires cols bleus protégés mur-à-mur et supposés grands défenseurs de la so-so-solidarité sociale (surtout lorsque cette dernière fait LEUR affaire!) qui ont manifesté avant-hier. Nâââon! Ce seront NOS JEUNES.

http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-quebecoise

Pour bien saisir l’importance de cette somme, elle représente plus de 80% du budget du ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport, le deuxième ministère en importance après la santé. Ou encore, elle excède le budget d’opération CUMULÉ de 13 des 19 ministères québécois. Malgré les bas taux en vigueur, les intérêts sur de la dette connaissent une forte progression. Le gouvernement devra y consacrer 30% de plus en 2016-2017 qu’en 2010-2011. C’est plus que la croissance attendue des dépenses de santé ou celle de l’éducation au cours de la même période.

Paroles d’un personnage c’est à dire François premier, qui ignore les trente glorieuses économiques de l’Amérique.

Alors avec son Institut De Désinformation Économique de Montréal…

Les économistes ont quasiment 100% d’échec dans leur prévisions. Ils ont un taux d’échec plus haut que l’horoscope dans le hournal. Ça vaut pour les trois wésaux du parti libéral qui font pire que la Pauline dans leur budget.

Je t’ai trouvé un compteur qui va bien plus vite, celui des USA dont les libertariens ne parlent plus parce qu’ils ont honte de les avoir ADMIRÉS et donné tant et plus en exemple de leur dogme avant la crise.

Je pose une question au spécialiste économiste libertarien François 1:

Les agences de notation feront-elles pour les USA plus endettés que le Québec ce qu’ils ont fait pour la Grèce?

Ah…tiens…on en est réduit à prendre les USA comme exemple et à leur demander de venir à notre rescousse maintenant? Eh ben…

Premièrement, deux mauvais ne font pas un bon. Cependant, les USA ont une marge de manœuvre drôlement plus large que celle du Québec qui est DÉJÀ l’endroit le PLUS taxé et le PLUS endetté en Amérique et il brille également à ces titres dans le MONDE! Pas les USA. La marge au Québec est inexistante. Aux USA? Elle gigantesque.

D’ailleurs, votre Obama (l’idole des gauchistes!) a largement contribué à la situation actuelle aux USA. Il a dû faire relever le plafond de la dette à plusieurs reprises pour satisfaire ses élucubrations.

Les USA avaient un SURPLUS budgétaire en 2001. À quand remonte le dernier surplus au Québec déjà???

Le Québec n’a certes pas de plafond de la dette comme les USA, mais il s’est doté en 1996 d’une loi l’obligeant à présenter des budgets équilibrés. Depuis ce temps, la dette brute a pourtant augmenté de 56,8 milliards de dollars. Car même lorsqu’il ne fait pas de déficit « au sens de la loi », le gouvernement bâtit des infrastructures financées directement par endettement. De plus, il est l’ultime responsable des dettes des entreprises publiques et des municipalités. Donc, la loi sur l’équilibre budgétaire du Québec n’empêche pas sa dette de grimper, ironiquement.

Bref, nous n’avons aucune, mais alors AUCUNE leçon à donner aux Américains en matière de finances publiques.