Le «C» du Québec : une culture de moyens plutôt que de résultats ?

La performance économique du Québec mériterait un «C» selon le Conseil du Patronat. Je n’ai pas le goût d’argumenter sur la note accordée ni sur la pertinence d’un bulletin pour apprécier la prospérité du Québec. Et j’ai encore moins d’appétit pour évaluer chacun des indicateurs choisis par l’organisme patronal.

Le CPQ veut faire de son outil un sorte de guide pour apprécier la performance du Québec face aux autres juridictions et éventuellement corriger les éléments où nous serions particulièrement faibles. Cela se défend fort bien, sauf qu’il me semble qu’il y a beaucoup de choses à corriger et je doute que « l’élève » Québec s’attèle à la correction simultanée de tout ce qui semble clocher. Dans 13 des 21 indicateurs choisis par le CPQ, le Québec se classe au dernier rang des quatre juridictions canadiennes à qui il est comparé (3 autres provinces et le Canada).

Non, ce qui me frappe dans cette étude c’est la disproportion entre les efforts entrepris et les résultats. Trop souvent, le Québec met le paquet pour corriger ou rétablir une situation, mais les résultats ne suivent pas. Pour régler un problème, nos dirigeants croient qu’il suffit de mettre de l’argent et de créer un organisme… ou plus.

L’« intensité entrepreneuriale » est plus faible au Québec qu’ailleurs parce qu’il y a beaucoup moins de propriétaires d’entreprises et d’entreprises proportionnellement à la population. Pourtant, le Québec a consacré 555 millions de dollars en 2009 au développement de l’entreprenariat et on compte plus de 1000 organismes dédiés à leur bonheur.

La productivité des entreprises québécoises est plus faible qu’ailleurs, mais c’est le Québec qui donne le plus de subventions aux entreprises.

Le Québec occupe l’un de ses rares premiers rangs pour les dépenses en R&D, mais on obtient proportionnellement moins de brevets que l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’ensemble du Canada.

Nos frais de scolarité sont plus bas, mais nous sommes sous la moyenne canadienne pour le taux d’obtention d’un grade universitaire de premier cycle à 22 ans.

De façon plus générale, notre dette est la plus élevée des provinces canadiennes, mais je ne suis pas sûr que le nombre et la qualité de nos infrastructures soit à la hauteur de notre endettement.

C’est ce que je retiens dans ce « bulletin ». Le Québec agit et dépense, mais on dirait que l’objectif est l’action et l’intervention plutôt que la solution et le résultat.

 

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«Nos frais de scolarité sont plus bas, mais nous sommes sous la moyenne canadienne pour le taux d’obtention d’un grade universitaire de premier cycle à 22 ans»

Normal, on est la seule province à avoir un CEGEP.

Ce genre d’études est biaisé au départ, dans le choix des critères.

Vous marquez de bons points M. Duhamel.

Ce sont mes amis libertariens qui doivent être content!

Mais pourquoi tant s’en faire avec l’attitude de nos dirigeants?

M. Legault et sa clique vont nous organiser ça en un seul mandat, que ça plaise ou non à l’électorat. Il n’aura même pas besoin d’être réélu en plus… Une société de propriétaires et d’entrepreneurs qui dit je crois?

C’est son mantra!
Bien hâte de voir ça!

@ Rod:

« Ce genre d’études est biaisé au départ, dans le choix des critères. »

Pas dans ce cas-ci, car s’il est vrai que les Quebecois entament leurs etudes un an plus tard que les autres canadiens a cause du cegep, ces derniers doivent completer une annee de plus a l’universite pour completer leur baccalaureat (4 ans contre 3). En fin de compte, ca reviens au meme… et donc le critere de 22 ans est tout a fait valide.

En réponse à Pat

Il me semble (et j’espère ne pas sortir de statistique erronée) qu’un tiers seulement des élèves du cégep obtiennent leur DEC en deux ans. Plusieurs changent de programme en cours de route, mais surtout, contrairement au secondaire, le cégep ne s’échelonne pas sur deux années scolaires complètes, à l’issue desquelles on passe à un niveau supérieur ou on redouble. Il y a un certain nombre de crédits (cours) à compléter et la plupart des étudiants y vont à leur rythme. Certains les complètent en deux ans, alors que ceux qui travaillent en parallèle ou encore ceux qui sont plus paresseux, finissent leur cégep un peu plus tard.
C’est peut-être la formule qu’il faudrait revoir. Ceci-dit, pour plusieurs dont moi, le cégep a été une excellente expérience.

Mais voyons tout le monde sait qu’on règle un problème de bureaucratie par davantage de bureaucratie.

Ça crée des emploi de fonctionnaire, ça ne crée peut-être pas de valeur, mais au moins ça crée de l’emploi!

Bon ça coupe aussi de l’emploi car l’argent des taxes servant à payer les fonctionnaires aurait été dépensé autrement. Bon ça fait aussi fuir l’argent dans d’autres pays car l’argent a horreur des taxes.

ok ok, je me rend compte que la création de fonctionnaires était un mauvais argument.

@Pat N.

En finances publiques, ils ont pris la dette plutot que le déficit! Or, le Québec a un tout petit déficit par rapport au reste du monde.

Pour la dette, ils ont pris la dette brutte, pas la nette.

Ils ont pris le Pib selon la parité d’achat ce qui cache toute la montée de la piasse des dernières années (saviez-vous que le Québec a un PIB per capita supérieur à une vingtaine d’États américains?)

Bref, c’est biaisée à l’os.
D’ailleurs, la Norma est la même que celle de l’Institut économique de Montréal! surpris quecqu’un?

Mettre des compteurs d’hydro intelligents, automatiser et économiser de l,argent gaspillé et réduire les dépenses pour avoir enfindes profits a transférer au mininstre des finances. Maudite bonne idées, parce que je préfère payer des services de santé pour du vrai monde que de payer du vrai monde pour lire des compteurs.

En plus de ne pas recevoir une formation générale complète au secondaire, ils doivent réussir a être accepter dans le domaine qui leur programme au cegep et réussir a passer avec une cote R pour finalement avoir une chance d’être admis dans le programme de leur choix. Évidement ils sont nombreux a lacher parce qu’ils se font fermer les portes a partir du secondaire 3 des programmes qui les intéressent.

Je considère que les études du Conseil du Patronat visent en premier lieu l’objectif de malhonnêteté intellectuelle. Il est bien certain que les argents ne sont peut-être pas dépensées optimalement dans le processus de création d’entreprise, mais il est aussi clair que le Conseil du Patronat n’estime pas importante la création d’entreprises qui seraient concurrentes à son propre membership. Il va de soi que les argents injectés par l’État sera toujours mals vus par le Conseil du Patronat. Par contre, céder plus de pouvoir de prêter aux grandes banques, les membres ne seraient probablement pas contre, et changeraient leur perspective. Même si le Québec était le meilleur endroit et le plus prospère économiquement au monde, ils trouveraient toujours quelque chose à critiquer, tel est leur mandat.

http://www.mablanchette.com

Marc-André Blanchette

Vous voulez vraiment faire en sorte que nos entreprises deviennent efficaces et concurrentielles?

SORTEZ l’Étatde là!!!

Ça nous coûtera moins cher, BEAUCOUP moins cher (!), ça éliminera une patie du gaspillage et ça éliminera les canards boiteux. Seuls, les entreprises les mieux organisées et les mieux préparées subsisteront.

Voilà!!!