Le cadeau de Noël des Québécois

Les bonnes nouvelles sont rares. Il ne faut pas bouder notre plaisir et profiter pleinement de la baisse des prix des produits pétroliers, dit Pierre Duhamel.

essence
Photo : Getty Images

Il y a deux semaines, Stephen Poloz, le gouverneur de la Banque du Canada, a déclaré que la baisse des prix de l’essence constitue un véritable cadeau de Noël pour les consommateurs.
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Chez nos voisins du sud, Goldman Sachs a comparé cette chute à une baisse de taxes massive de 125 milliards de dollars sur l’économie américaine.

Les bonnes nouvelles sont rares. Il ne faut pas bouder notre plaisir et profiter pleinement de la baisse des prix des produits pétroliers.

Les prix de l’essence à la pompe ont baissé de plus de 40 % au cours des derniers mois. On peut aujourd’hui faire le plein à moins d’un dollar le litre en Outaouais, 104,1 cents le litre dans la région de Québec et 112,1 cents à Montréal. Ce sont les meilleurs prix depuis cinq ans.

Les prix devraient rester bas pendant la première moitié de l’année 2015, avant d’augmenter de nouveau. L’Energy Information Administration prévoit que les ménages américains économiseront l’année prochaine 550 dollars en moyenne grâce à la baisse des prix. Goldman Sachs avance même le chiffre de 1 000 dollars par ménage. (En 2013, les Américains ont dépensé pour 370 milliards de dollars en essence.)

Au Canada, la Banque TD croit que chaque ménage épargnera 300 dollars grâce à la baisse des prix, et le Mouvement Desjardins affirme qu’«à elle seule, la chute du prix de l’essence dégage une économie potentielle d’environ deux milliards par année pour les ménages, les entreprises et les administrations publiques du Québec».

Ces répercussions, de même que la hausse rapide des exportations du Québec, permettront d’amoindrir les effets des mesures de rigueur budgétaire du gouvernement, estiment les économistes de Desjardins. En fait, tous les prévisionnistes des institutions financières prévoient une légère hausse du PIB québécois en 2015 et une plus forte création d’emplois, malgré les effets entraînés par les mesures budgétaires.

La baisse du prix de l’essence nous avantage de plusieurs façons. Nous économisons des centaines de dollars, qui pourront être alloués à d’autres fins. La baisse du pétrole provoque aussi un repli du dollar canadien, qui avantage nos manufacturiers exportateurs devenus plus concurrentiels et plus rentables.

Non seulement le dollar canadien favorise nos exportateurs, mais les Américains seront plus riches, car ils dégageront des économies de 100 milliards de dollars sur leur consommation d’essence. Cela devrait leur permettre de disposer de plus d’argent pour acheter d’autres types de biens.

Deux exemples parmi d’autres : grâce à l’aluminium et au bois d’œuvre, le Québec est bien placé pour profiter de la hausse des achats de véhicules et du regain de la construction domiciliaire.

Profitons donc de ce beau cadeau qui tombe à point.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

11 commentaires
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«La baisse du pétrole provoque aussi un repli du dollar canadien, qui avantage nos manufacturiers exportateurs devenus plus concurrentiels et plus rentables.»

Pas si sûr de ça après ce qui est arrivé à la fonderie Mueller à St-Jérôme et Olin à Bécancour.

Et on va se faire vider les poches par la taxe carbone à Couillard qui va tout faire augmenter. Elle disparaîtra pas avec l`augmentation supposé du prix de l`essence en 2015.

Et on risque d`avoir une augmentation de la TVQ en 2015. C`est incroyable comment qu`on se fait vider les poches au Québec. Taxe municipale, taxe scolaire, taxe carbone, les taxes déguisés, Hydro-Québec en particulier, etc…

Et le gouvernement fait rien pour aider en bloquant encore des projets d`exploitation des ressources naturels comme le gaz de schiste, etc…

On est pas au bout de nos peines :

http://affaires.lapresse.ca/economie/quebec/201412/22/01-4830368-compressions-taxes-et-austerite-budgetaire-le-pire-est-a-venir-en-2015.php

— Voici ce que nous révèlent les statistiques de la Banque du Canada :

Le taux de change du dollar canadien par rapport au dollar américain était en 2006 pratiquement au même niveau que celui en vigueur actuellement, autour de 0,85. Le dollar canadien passe en parité avec le dollar US pratiquement en fin d’année 2007 lorsque survient la crise financière. Ce taux élevé restera stable pendant une année, mais il flanche brutalement en octobre 2008 passant sous la valeur actuelle à laquelle se transige la devise actuellement, soit en-dessous de 0,79.

Il faut attendre environ une année pour que la valeur du dollar progresse à nouveau significativement (fin 2009), pour dépasser à nouveau 0,90. De 2010 à la fin de 2013, le dollar canadien atteint des sommets, dépasse quelquefois la valeur du dollar US. Puis au cours de cette année (2014), sa valeur baisse progressivement mais se maintient pour le moment au-dessus de sa valeur de 2008.

— La question qui se pose : Est-ce que c’est vraiment la valeur du pétrole qui affecte la valeur de la devise canadienne ? Ce que beaucoup de personnes croient. Ou bien sont-ce un ensemble de facteurs qui affectent la valeur de la monnaie ? C’est en ce qui me concerne, plutôt cette seconde thèse que je privilégie. C’est aussi celle des parlementaires canadiens qui ont procédé à une étude de la devise de 1990 à 2007 qui tablent plutôt sur une évaluation sensiblement plus rapide du dollar canadien par rapport à un panier de diverses monnaies de réserve. Parmi lesquelles le dollar US, la livre Sterling et le dollar australien (qui pourtant est sensible à la valeur des matières premières).

— Lorsqu’on observe l’évolution du prix du baril de pétrole. On constate que jusqu’en 2007, le prix du baril de Brent (hormis une légère poussée à la haussent en 2006) se transigeait en-dessous de sa valeur actuelle (environ 60 $). En 2008, il atteint des sommets et se rapproche de 140 $.

Pourtant au même moment la valeur du huard est inférieure à sa valeur actuelle.
En 2009, la chute du pétrole est vertigineuse, puisqu’elle descend sous la barre des 40$, pourtant le huard se porte bien, même très bien au même moment.

— En conclusion :

La fluctuation de la valeur de la monnaie canadienne n’est pas directement assujettie au prix du pétrole. La valeur attribuée au pétrole ces dernières années relève plus de la spéculation et de la géopolitique que de la rareté de la matière première comme telle. On ne prévoit toujours pas de « peak oil » avant 2050.

De plus, il est possible de constater que la valeur du pétrole augmentait de manière progressive mais stable de 1990 à 2006, cela a pris dix ans pour que le baril passe de 15 à 20$ (avec quelques fluctuations haussières temporaires en 1990) et il faut attendre 2010 (hormis la surchauffe temporaire également de 2008) pour que la barre psychologique des 60$ soit dépassée constamment.

Le but recherché par les spéculateurs était de démontrer qu’on pouvait allègrement dépasser une valeur de 100$ pour 159 litres de pétrole en tout temps.

Disons-le clairement : des matières premières, des produits de consommation et des services à prix raisonnables favorisent toujours l’économie tandis que cela renforce automatiquement la confiance des citoyens en l’économie de marché justement.

Il y a un problème dans votre analyse : le prix sur les marchés reflètent les contrats de vente du pétrole et non pas le prix auquel les barils ont été payé la journée même. Les contrats sont signés plusieurs mois à l’avance et vont même être souvent payés après la livraison.

Si vous voulez observer la relation entre les prix du pétrole et la valeur du CAD, vous devez tout décaller de plusieurs mois. J’avais fait ce genre d’analyse il y a quelques années et il y avait une corrélation indéniable. Évidemment, comme toute chose en économie, on ne peut pas s’en tenir à ce seul facteur. Le pétrole n’est qu’un seul élément qui affecte la demande de CAD et le prix du baril n’est rien d’autre qu’un indicateur relativement peu fiable. Si vous voulez être davantage quantitatif dans votre analyse, vous devez prendre en compte les volumes transigés.

@ Simon-Pierre Lussier,

L’objectif de mes propos n’avait pas pour fin de traiter cette question de manière exhaustive. Plutôt d’alimenter le champ de la réflexion. Si vous avez entièrement raison quant au fait qu’un certain nombre de contrat sont transigés à l’avance et tous d’ailleurs ne sont pas transigés en dollars américains.

Vous ne faites que montrer que la vente de l’énergie est à toute fin pratique fragmentée.

Ce qui nous intéresse dans ce cas, ce sont les contrats transigés au prix du marché. Hors ce que nous constatons c’est que le contenu de la cargaison d’un pétrolier peut changer de mains en mains et donc de propriétaires plusieurs fois entre le moment où le pétrole est chargé sur le bateau et le moment ou la cargaison est livrée.

Dans ce cas, c’est bien le prix du marché qui prime et le fait que les cargaisons changent de main, indique bien que les opérateurs jouent sur la hausse oui la baisse du prix du marché pour réaliser des profits.

Si effectivement, il y a un certain décalage entre la valeur du prix du pétrole et une relative appréciation de la valeur d’une monnaie. C’est en effet parce que les agents de changes anticipent la demande. Hors les deux facteurs qui peuvent influer sur l’appréciation monétaire, c’est un accroissement de la demande du produit et/ou simultanément, une appréciation du produit sur le marché. De cette façon les cambistes peuvent cumuler leurs commissions de change et profiter du différentiel entre le prix acheté de la devise et le prix vendu.

Naturellement, comme vous l’expliquez, le volume est un aspect. Si le prix augmente et que le volume transigé baisse, dans ce cas la demande d’unités monétaires reste stable ou bien encore, elle baisse.

— Ainsi comme je le disais : « La fluctuation de la valeur de la monnaie canadienne n’est pas directement assujettie au prix du pétrole » ; lorsque vos propos viennent définitivement vérifier que ce sont bien plusieurs facteurs qui doivent être pris en compte dans l’appréciation ou la dépréciation éventuelle des monnaies.

« La baisse du prix de l’essence nous avantage de plusieurs façons. Nous économisons des centaines de dollars, qui pourront être alloués à d’autres fins. La baisse du pétrole provoque aussi un repli du dollar canadien, qui avantage nos manufacturiers exportateurs devenus plus concurrentiels et plus rentables. »

Et voilà quelques unes des raisons pourquoi il est rentable d’électrifier nos transports au maximum, même si cela nécessite des milliards en investissements. Surtout que nous savons très bien que cette situation ne perdurera pas. Autre bénéfice : 100% des ventes d’électricité restent dans l’économie québécoise, plutôt que d’en payer une partie à des producteurs, normalement situés outre-mer.

1- S’il est « rentable » d’électrifier nos transports, pourquoi diable l’État doit-il systématiquement subventionner à gogo ces « investissements »? Le privé s’en chargerait non?
2- 100% des ventes d’électricité reste dans notre économie… Vous voulez ériger une clôture autour du Québec nous assurant ainsi que notre argent (et notre pauvreté) reste bien au chaud chez nous? Ici? Et pas ailleurs, chez les « étrangers »? Et que feront-ils tous si nous généralisons ce genre d’attitude sectaire? Si nous voulons exporter nos produits, nous devons accepter qu’en retour, ils puissent exporter les leurs ici, chez nous sinon, on n’a pas fini de manger du navet 12 mois par année…

« …on n’a pas fini de manger du navet 12 mois par année… »

Pauvre de vous je comprends votre hargne continuelle; manger des navets 12 mois par année. Vous êtes le seul que je connaisse. Vous devez être entouré de libertariens pour avoir tant de misère.

Nous autres à Noël, on a mangé du foie gras, du canard confit avec un Monté Réal etc et au jour de l’an, de la dinde, du ragoût de pattes de porc et boulettes, pâtés à la viande, pâtés au poulet, des atocats et de la farce.

Fantastique… Maintenant que le prix du pétrole baisse, nous pouvons tous oublier les changements climatiques et recommencer à nous acheter des Hummer ou des F150, ce qui SAUVERA l’économie…

Après tout, qu’est-ce qui peut bien être plus important que notre pouvoir d’achat…. Joyeuse Consommation à tous… ( 🙂

BINGO!

J’allais justement m’acheter une voiture électrique équitable et solidaire du terroir alimentée en plus par une éolienne fabriquée par l’Association québécoise des organismes de coopération internationale et voici que le gaz se met à descendre…

J’ai aussitôt opté pour un gros pick-up 12 cylindres pimpé qui marche au super avec plomb et dont j’ai vu l’incroyable performance lors du dernier show de gros camions au stade olympique l’été dernier. Y’é écrasait tout le monde…

Vroum… Vroum!!!

Pour les québécois qui aiment se dire sensibles à l’environnement et se présenter comme des parangons de vertu auprès des canadiens malpropres, voilà une belle occasion de hausser les taxes sur le carbone encore plus haut. J’attends encore les demandes de nos écolos patentés, mais ils restent étonnamment silencieux, parce que ce n’est sans doute pas ainsi que l’on multiplie le nombre de ses adeptes. Alors, je les implore: « Put your mouth where your mouth is! »