Le cannabis, un remède contre les maux de tête budgétaires

Mais que faut-il faire de ces revenus du cannabis? Les ajouter au fonds consolidé, ou encore les destiner à un objectif précis?

Photo: David Zalubowski/AP
Photo: David Zalubowski/AP

Quand il est devenu clair que les libéraux formeraient le prochain gouvernement, l’automne dernier, un de mes collègues n’a fait ni une, ni deux. Il a immédiatement investi dans des entreprises liées à la culture de la marijuana en achetant des actions en bourse.

Une décision qui pourrait s’avérer judicieuse pour son portefeuille. Et la manne s’annonce costaude pour les gouvernements aussi: le cannabis devrait générer des ventes évaluées entre 5 et 10 milliards de dollars par année, sur lesquelles les gouvernements empocheront entre 2 et 5 milliards de dollars par année, selon les estimations de la CIBC.

Des revenus inespérés, tant pour le fédéral que les provinces, et qui ne tiennent même pas compte du tourisme étranger que la marijuana pourrait attirer.

Mais justement, que faut-il faire de ces revenus du cannabis? Les ajouter au fonds consolidé, ou encore les destiner à un objectif précis?

Les villes utilisent régulièrement des taxes spéciales pour financer des projets précis, comme Rimouski pour la réparation des entrées d’eau, ou Ham-Nord, qui a financé l’achat de son garage municipal grâce à une taxe temporaire.

Mais les exemples de taxes spéciales ne sont pas légion au provincial ou au fédéral. La plus connue est probablement la taxe sur l’essence de 3 ¢ le litre perçue dans la région de Montréal comme contribution à l’Agence métropolitaine de transport.

Les fumeurs ont aussi remboursé la dette des installations olympiques pendant 30 ans avec la taxe sur le tabac… qui n’est pas disparue pour autant!


À lire aussi:

Les risques du Brexit


Les revenus liés à la vente de cannabis devraient-ils être consacrés à la lutte contre les dépendances? Le Mexique, par exemple, a consacré sa taxe sur les boissons sucrées à la lutte contre l’obésité.

L’exemple du Colorado, qui a légalisé la marijuana en 2012, est intéressant. Sur près d’un milliard de dollars de ventes l’an dernier, environ 135 millions de dollars ont été récoltés en taxes. Les premiers 40 millions de dollars sont automatiquement destinés à un fonds destiné à la construction ou la rénovation d’écoles publiques.

Les revenus supplémentaires se retrouvent dans un fonds réservé à la prévention et aux traitements liés à l’abus de substances, dont la marijuana. Des programmes contre l’intimidation, le décrochage scolaire et de mentorat en profitent aussi.

Les municipalités ne sont pas en reste, puisqu’elles se partagent 15 % des revenus de la taxe de vente. Comme le rapporte un journal local, la ville d’Aurora a décidé de consacrer sa part du gâteau aux organisations d’aide aux sans-abris.

Ce sont des revenus considérables: 5,4 millions de dollars en 2016, puis 6,4 millions en 2017, selon les prévisions. Aurora, troisième ville en importance du Colorado, compte une vingtaine de points de vente de cannabis récréatif.

Dans la ville de Pueblo, au sud de Denver, ce sont des bourses d’études universitaires qui sont financées par les nouveaux revenus, qui devraient atteindre 700 000 $. De son côté, Huerfano County a choisi de hausser le salaire de ses 96 employés municipaux, qui n’ont reçu aucune augmentation depuis cinq ans.

Et vous, à quoi voudriez-vous consacrer les fonds qui viendront de la légalisation au Canada? La lutte contre la pauvreté? L’éducation? Les infrastructures? La santé? Les villes? La dette?

Les commentaires sont fermés.

Malheureusement, les nouveaux revenus provenant de l’industrie du cannabis seront à peine suffisants pour compenser les coûts reliés à la hausse générale de la consommation de cannabis. Je pense donc qu’il est inutile de trouver de nouveaux endroits où dépenser cet argent neuf.

On estime qu’entre 1% et 3% des consommateurs de cannabis développent des problème de santé importants. En effet, certains des consommateurs réguliers développent ce qu’on appelle le syndrome amotivationel dont voici quelques symptômes :

-Manque d’énergie
-Diminution de la concentration
-Diminution de la mémoire à court terme (de travail)
-Diminution de la capacité d’intégrer et d’organiser les informations complexes
-Déficit dans l’attention sélective
-Baisse de la performance scolaire
-Difficulté à se trouver un travail et à le garder
-Travail demandant moins de capacités cognitives
-Adaptation à la vie adulte compromise
-Diminution de la motivation pour les études et le travail
-Difficulté à se mobiliser pour faire les changements nécessaires, pour régler les problèmes de la vie

Parmi les autres effets négatifs possibles de la consommation de cannabis, la psychose est bien documentée.

Admettons que la légalisation fasse passer la consommation de 12% (taux actuel) à 22% en 10 ans. Ça signifierait 3,6 millions de nouveaux consommateurs. Parmi eux, on peut supposer que 2% ou 72 000 personnes développeront des effets néfastes importants tel que le syndrome amotivationel. Admettons que chacun de ces nouveaux toxicomanes coûte en moyenne 40 000$ par année en perte de productivité, coûts sociaux (crime, familles dysfonctionnelles) et coûts de santé. Ça signifie des pertes de 2,9 milliards $ par année.

Par ailleurs, les revenus de 2-5 milliards $ prévus par la CIBC sont très élevés par rapport aux estimés précédents qui prévoyait 770 millions (10 fois plus que l’état du Colorado en 2014). Ça s’explique par le fait que les ventes au Colorado ont explosé entre 2014 et 2016, faisant passé les revenus de taxes de 77 millions à 1 milliard. Ça prouve que l’augmentation de la consommation liée à la légalisation est réelle, même si une partie s’explique par les achats des touristes. Par ailleurs, l’étude de la CIBC ne chiffre pas l’impact qu’aura la légalisation sur l’industrie illégale du cannabis. Apparemment, celle-ci exporte 70% de sa production. Continuera-t’elle d’exister ? Toute décroissance de cette industrie se traduira par des dépenses moindres dans l’économie canadienne et, par conséquent, des baisse de taxes et d’impôt.

Donc, des revenus d’environ 3 milliards $ et des coûts de 2,9 milliards $. En bout de ligne, ça ne sera pas le pactole pour le gouvernement. Il est même possible que les provinces en sortent perdantes puisqu’elles devront débourser les frais reliés aux coûts sociaux et de santé générés par les nouveaux toxicomanes.

La prohibition du cannabis a toujours été une tentative maladroite pour s’accaparer les richesses mondiales qu’il pourrait remplacer en s’en réservant l’exclusivité. Le cannabis a été interdit sur base de conspiration industrielle, de propagandes, de diffamations et de préjugés raciaux. Heureusement, l’Amérique est en train, trop lentement peut-être, de reconnaître ses erreurs. Avoir interdit une plante qui, pendant des milliers d’année, a été LA médecine que nos ancêtres vénéraient, se révèle être le signe d’une décadence profonde et d’une infamie sans nom à l’égard de tous les patients dont cette plante seule peut soulager et même guérir les souffrances. J’ai honte pour les prohibitionnistes, car ils ne savent pas ce qu’ils font.

La priorité est d’encadrer les dépendances aux drogues dures et de financer des services comme les piquerie pour les drogues dures, en considérant les junkies comme des malades. Pour ma part mes priorités pour n’importe quelle budget serait la gratuité scolaire, lutte contre la pauvreté et les inégalités, ainsi que la recherche. Ne manquera plus qu’à légaliser la prostitution.

HEILLE!!! On se bat comme des malades pour faire disparaître la cigarette de nos vies et on accepterait socialement le pot, autrement plus dangereux?

Sommes-nous malades à ce point?

Le problème de nos gouvernements n’est pas le revenu. C’est les DÉPENSES!!!

Bonjour, je vous encourage à lire l’aticle suivant. On y décrit un problème qui prends de plus en plus d’ampleur chez nos voisins du sud. C’est un problème dont on n’a pas encore parlé au Canada et au Québec. Pourquoi? Peut-être parce que ça va à l’encontre de la pensée fleur bleu de ceux qui poussent pour la légalisation de la marijuana. Je n’y vois pas un remède aux problèmes budgétaires, mais plutôt un problème sérieux qui minera l’avenir de beaucoup de monde et surtout des jeunes. L’argent servira à financer des programmes d’aides à cette nouvelle catégorie de chômeurs et laissez pour compte!.
http://www.nytimes.com/2016/05/18/business/hiring-hurdle-finding-workers-who-can-pass-a-drug-test.html?smprod=nytcore-ipad&smid=nytcore-ipad-share

Le VRAI remède contre les maux de tête budgétaires? Facile: COUPER dans les dépenses, rembourser nos dettes et équilibrer notre budget.

Pas besoin du cannabis pour faire ça! Juste du « courge »…

C’est de l’argent qu’on ferait mieux de se passer. De l’argent sale, très sale.