Le cas Yves Michaud

Certains l’appellent le « Robin des banques ». De mon côté, je lui trouve plutôt des airs de Don Quichotte. Comme le héros de Cervantes, Yves Michaud se prend pour un grand justicier. Son dernier combat contre Power Corporation illustre davantage son insatiable besoin de faire parler de lui qu’un combat de principe pour la défense des actionnaires.

Quelles sont, dans ce dossier, les véritables raisons de son agitation ? Ce n’est certainement pas parce que Power Corporation ne pense pas à ses actionnaires. Au cours des trois dernières années (2005 à 2007), les profits sont en hausse de 15,52 % par an, le bénéfice par action de 14,78 % par an et le dividende versé aux actionnaires a augmenté de 64 % pendant cette période.

Monsieur Michaud pourrait poser des questions sur la gouvernance de l’entreprise. Comme toutes les entreprises familiales cotées en Bourse, les Desmarais se sont assurés du contrôle de leur entreprise grâce à une catégorie d’actions à votes multiples qu’ils sont les seuls à posséder. On aime ou on n’aime pas, mais chaque investisseur peut faire son choix. Ceux qui n’y voient pas d’inconvénients « moraux », investiront dans des entreprises plus stables que la moyenne et dont les investisseurs de contrôle ont une perspective à long terme.

Mais ce n’est même pas de ça dont il s’agit. Monsieur Michaud veut avoir accès aux résultats financiers des filiales et sous-filiales de Power Corporation, en particulier ceux de Gesca. Il « veut mesurer la qualité de son investissement », prétend-il. Power Corporation pourrait en effet les divulguer et un tribunal pourrait l’exiger. Je tiens néanmoins à rassurer notre preux chevalier, Gesca est une infime partie de Power et son impact sur la performance de Power est négligeable.

Le combat de Monsieur Michaud n’a rien à voir avec la gouvernance ou les intérêts des actionnaires. Si c’était le cas, il se poserait beaucoup plus de questions sur l’intégration de Putman Investments aux États-Unis que sur les états financiers de Gesca. Voilà une vraie question qui a un véritable impact sur le cours de l’action.

Ce n’est pas ce qui préoccupe Yves Michaud. Son combat est essentiellement politique. « La Presse est un journal farouchement antisouverainiste. Il y a donc possibilité de conditionnement de l’opinion publique. D’où la question de savoir si ça rapporte », dit-il aujourd’hui au Journal de Montréal.

Yves Michaud poursuit son seul véritable combat et est fidèle à ses illusions. Dernière personne à avoir fondé un journal sur de strictes bases idéologiques et politiques (Le Jour), il présume que ce sont les journaux qui façonnent l’opinion publique. On pourrait débattre de cette question pendant des siècles, mais je ne suis pas sûr que l’assemblée annuelle de Power Corporation et les tribunaux soient des lieux appropriés pour ce type de discussion.

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« La Presse est un journal farouchement antisouverainiste. Il y a donc possibilité de conditionnement de l’opinion publique. D’où la question de savoir si ça rapporte »,

la question est mauditement pertinente! Est-ce que la Presse est rentable? Et si elle ne l’est pas est-ce que Monsieur Paul se sert de ses profits dans PC pour financer l’organe de propagande fédéraliste?

Pour un journaliste on ne peut pas dire que vous êtes très curieux de nature!

Vous avez raison M. Noel. quant il s’agit de fouiller les manigance des fédéralistes, les journalistes fédéralistes (la majorité) sont très peu curieux. Ex: le chalet de Charest.

Que voulez-vous, ils ont besoin de leur paye pour élever leur petite famille.

Et puis quoi? Prenons l’exemple de Conrad Black qui a lancé le National Post dans le but précis de faire la promotion du conservatisme : c’était clairement indiqué en grosses lettres sur la première page de la première édition du Post. Pendant plusieurs années, il a donné son journal gratuitement aux lecteurs – j’ai lu le Post gratuitement pendant un bon deux ans. Et c’est bien connu que le Post n’est pas profitable. C’est aussi connu que les journalistes du Post doivent suivre la ligne de pensée de l’éditeur. On appelle cela la liberté d’expression. Les journaux sont des entreprises privées qui ont le droit d’écrire ce qu’ils veulent bien écrire. Le Canada n’est pas différent des autres pays. Il existe en France et ailleurs des journaux dits de droite, de gauche, etc… Personne n’est forcé de lire La Presse, Le Devoir, Le Post, Le Québécois, etc.

@lorraine king

Jadis La Presse était l’organe du Parti Libéral. Idem pour le Soleil à Québec. Avec les années, ces deux journaux se sont éloignés des rouges pour devenir des journaux grand public, plutot neutres politiquement sauf dans les pages éditoriales. Sauf que ces dernières années, l’arrivée de Pratte à l’édito en a fait un canard plus rouge que le rouge su’le flag. Cet hiver, on a eu droit à un incroyable dérapage où tout le journal s’en est pris à la jeune journaliste du JdM qui avait fait pourtant une job remarquable sur le français en dérive dans les commerces à Montréal.

Sur le plan linguistique, La Presse est dans le déni total dans le seul but de servir le Parti Libéral qui carbure sur la tranquilité, linguistique entre autre.

@C. Perron. Effectivement, il est honteux que personne ne soit venu en aide aux 2 journalistes de Sherbrooke

J’aimerais savoir, si on changeait le mot «fédéraliste» par «souverainiste», si M. Noel écrirait le même commentaire (#1).

Chacun trouve bien ce qu’il veut dans les médias. Moi je trouve Le Soleil plutôt à gauche dans ses éditoriaux…

La Presse est fédéraliste, le Devoir souverainiste, le National Post conservateur… on appel ça la liberté d’expression.

Si la diversité d’opinion vous embête, il y a la Corée du Nord qui fait une bonne job.

Pour revenir au sujet du texte, Michaud a le droit de se battre pour les causes qu’il veut. Il dérape peut-être un peu sur Power Corp. mais ce n’est pas son premier et seul combat.

Mais au Québec, les fédéralistes n’accrochent que sur les dérapages souverainistes et les souverainistes que sur les dérapages fédéralistes… maudit niaisage.

C’est pour ça que je suis devenu individualiste et que je suis pour MON indépendance dans une union matrimonial forte et unie.

Michaud est plus motivé par la politique que par l’économie.

Il est supposé représenter les actionnaires. Les actionnaires de la bourse de Montréal ont accepté la fusion avec Toronto mais lui s’est prononcé contre.

« Au cours des trois dernières années (2005 à 2007), les profits sont en hausse de 15,52 % par an, le bénéfice par action de 14,78 % par an et le dividende versé aux actionnaires a augmenté de 64 % pendant cette période. »

L’action de Power était à 35$ au printemps 2005. Elle est encore à 35. Les profits augmentent peut-être, mais pas pour les actionnaires.

http://bigcharts.marketwatch.com/advchart/frames/frames.asp?symb=ca%3Abbd.b&time=&freq

Les efforts de M. Michaud pour démocratiser les réunions d’actionnaires sont louables mais il se heurte au mur du «big establisment», qui ne veut pas divulguer tous ses secrets sur la place publique… Y aurait-il des choses pas montrables ???

Le fait même qu’un individu ait le courage et la persistance de poser des questions et d’attaquer les méga-corporations devrait susciter notre soutien et notre admiration. M. Michaud est une faible lueur d’espoir dans une époque de très grande obscurité.

Je pense que Power Corporation devrait investir d`avantage au Québec au lieu de donner notre argent à des dictateurs étrangers.