Le cellulaire en avion, source de controverse

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Maintenant que l’utilisation d’appareils électroniques, du décollage à l’atterrissage, est permise aux États-Unis — et maintenant que l’idée est envisagée en Europe —, la suite logique serait de permettre aux passagers de converser librement avec leur téléphone cellulaire, du haut des airs.

Et c’est précisément ce qu’étudie la FCC (Federal Communications Commission) états-unienne, qui rendra sa décision sur le sujet en décembre prochain, rapporte le Wall Street Journal.

Si une telle éventualité plaît évidemment aux gens d’affaires — depuis le temps qu’on en parle —, il n’en va pas de même pour une majorité de passagers, qui craignent ainsi de voir leur quiétude troublée à tout bout de champ par d’interminables discussions dans un espace restreint.

En 2012, 64 % des personnes interrogées lors d’un sondage mené par Delta Airlines se sont ainsi prononcées contre l’utilisation du cellulaire en avion, tandis que des transporteurs comme Southwest Airlines et Virgin America abondent dans ce sens, par respect pour leurs clients.

En revanche, un autre sondage réalisé par la FAA (Federal Aviation Authority) révèle que 49 % des 1 600 répondants interrogés apprécieraient pouvoir utiliser leur téléphone à 11 000 m d’altitude.

L’association des agents de bord états-uniens s’élève également contre cette proposition, eux qui devront composer avec l’inévitable cacophonie d’un appareil rempli de passagers en constante discussion.

Déjà, ils appréhendent les frictions qui en résulteraient entre des voisins de siège irrités par l’exiguïté de leur espace vital, et stressés par le simple fait de voler en avion. D’où d’inévitables cas de rage aérienne et, partant, une diminution du niveau de sécurité à bord, supputent-ils.

Du côté des transporteurs aériens, plusieurs zones grises subsistent, et il semble qu’une majorité de passagers ne soient pas très chauds à cette idée. «Mais bien sûr, les goûts et les besoins changent avec le temps, et si on en venait à permettre l’utilisation du téléphone cellulaire à bord, les cabines seraient reconfigurées en conséquence», a laissé entendre un porte-parole du transporteur JetBlue, interviewé par Associated Press.

Après tout, si on aménage déjà des espaces exempts d’enfants à bord de certains appareils, pourquoi ne pas faire de même pour les cellulaires ? pourrait-on avancer.

Cela dit, l’utilisation du téléphone est déjà permise à bord de plusieurs trains et autocars, et même sur certains avions, dont ceux du transporteur dubaïote Emirates. Et à ce jour, aucun passager n’y a été étranglé par son prochain, semble-t-il.

Pour satisfaire tous les intérêts en cause, une solution mitoyenne serait peut-être de permettre aux passagers d’utiliser leur téléphone pour envoyer et recevoir des textos. Mais sans doute les détracteurs de cette éventualité y verraient là un dangereux précédent menant inévitablement à l’utilisation tous azimuts du téléphone à bord…

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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Je m’imagine déjà Montréal/Buenos Aires, 16 heures de vol à côté d’une ado qui s’ennuie de son chum et de ses copines. Soit, personne n’a été étranglé à date. Je serai peut-être le premier à le faire…

S’il y avait acceptation de l’utilisation du cellulaire en avion, pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups, soit de mettre la section des téléphoneurs dans la section des enfants; ils comprendraient vite à quel point c’est dérangeant pour les autres.