Le club des riches et célèbres

Le prince de Monaco y élit domicile quand il visite Montréal. Guy Laliberté, Robert Lepage et la crème de Québec inc. en ont fait leur repaire branché. Fondé par le riche créateur de Softimage, Daniel Langlois, le club privé 357c, dans le Vieux-Montréal, veut favoriser les rencontres entre les élites financière et culturelle de la métropole. Visite guidée d’un lieu très secret…

Daniel Langlois, photographié dans l’une des nombreuses salles de conférences du 357c, rue de la Commune. « En créant ce club, je voulais ramener les gens d’affaires dans le Vieux-Port, l’origine de Montréal, et leur faire mieux apprécier leur ville. »

Longtemps occupé par l’Administration portuaire de Montréal, ce superbe édifice patrimonial du 19e siècle était vacant – et en piètre état – lorsque Daniel Langlois l’a acquis, en 1997. « J’ai d’abord acheté ce joyau pour éviter qu’il ne s’effondre », dit le créateur de Softimage. Avant de le transformer en club privé, Langlois a d’abord pensé y établir sa résidence privée, puis y loger sa fondation pour l’art, la science et la technologie. Détruit par un violent incendie en 1997, le 357c a été rénové à coups de dizaines de millions de dollars au début de la décennie. Hormis la façade, il ne reste presque rien de l’ancien bâtiment.

Le hall d’entrée, comme le reste du 357c, a été créé à l’image du richissime fondateur de Softimage : à la fois austère et excentrique, accueillant et mystérieux… Même s’il a fait appel à des architectes chevronnés pour l’épauler, Daniel Langlois a lui-même conçu le design des lieux.

La couleur violet est omniprésente à chacun des cinq étages du 357c. «Je voulais une palette de couleurs inhabituelle, parce qu’il s’agit d’un lieu inhabituel, unique», dit Daniel Langlois. Celui-ci admet avoir dû batailler ferme pour convaincre ses collaborateurs du bien-fondé de ce choix. « On m’a dit : « Tu ne peux pas faire ça. » Mais aucune règle ne l’interdit ! » Et comme le patron a toujours raison…

Le bar-salon, situé tout près du hall d’entrée, s’anime généralement en fin de journée, vers 17 h. La fermeture récente du célèbre Club Saint-Denis, ex-repaire de Québec inc., ne consacre-t-elle pas la désuétude de tels clubs ? « Le Club Saint-Denis appartient à une autre époque », dit Langlois. Plus moderne et raffiné, le 357c propose notamment à ses membres (recrutés sur invitation seulement) des manifestations à caractère culturel, tels les Salons de la Commune, qui visent à faire connaître « l’univers créatif des membres honoraires ». Ceux-ci (dont Robert Lepage et Édouard Locke) n’ont pas à payer les frais annuels de plus de 3 500 dollars.

L’un des restaurants du club. Au menu : tout ce que le client désire, ou presque. « Ici, les membres se sentent chez eux, dit Daniel Langlois. Ils remplissent un questionnaire détaillé sur leurs goûts culinaires, artistiques, etc. On les connaît bien et on les sert en conséquence. » Le chef ne cuisine aucun poisson menacé d’extinction et privilégie les produits québécois. Pour assurer la tranquillité des lieux, la cuisine a été aménagée à l’étage du dessous et est reliée à la salle à manger par un ascenseur.

Le cellier a été aménagé dans une chambre forte à l’image de celles où les commissaires du Port de Montréal conservaient jadis leurs documents.

Au menu de la Salle du Havre ce midi : des sushis. Sis au quatrième étage de l’édifice, ce resto offre une vue plongeante sur le Vieux-Port et le complexe résidentiel Habitat 67, de l’autre côté du fleuve.

Des cuisiniers s’affairent dans la deuxième cuisine du 357c. Le club emploie son propre pâtissier, qui confectionne pains et pâtisseries pour les membres et leurs invités.

La Salle de la Commune. Sobre et classique, « c’est le lieu qui ressemble le plus à l’architecture d’origine de l’édifice », dit Daniel Langlois. Les conseils d’administration de diverses entreprises y tiennent des réunions.

Une autre des neuf salles de rencontre du 357c, où cohabitent luxe, gastronomie et haute technologie. À l’arrière-plan : un écran plasma relié à un système de télécommunication permettant, notamment, d’organiser des vidéoconférences.

Située dans une aile en verre, en acier et en pierre reliée par passerelle au reste de l’édifice, la piscine est l’un des principaux attraits du club. Ses dimensions respectent le format de projection 2,35:1, tout comme au cinéma. Des projecteurs surplombant la piscine transforment, au besoin, les lieux en salle multimédia. Des lancements et d’autres manifestations ont souvent lieu ici. Le cinéaste François Girard y a présenté une pièce de théâtre à l’occasion du tout premier Salon de la Commune, qui vise à rapprocher les gens d’affaires des créateurs.

Selon les plans originaux, cette luxueuse suite devait être la chambre du maître des lieux. Daniel Langlois a finalement élu domicile ailleurs. Maintes célébrités ont séjourné dans cette suite, dont le prince de Monaco… « Ici, c’est tellement calme qu’on n’a pas l’impression d’être en ville », dit Daniel Langlois. En effet, l’insonorisation est quasi parfaite – tout comme dans les autres pièces du bâtiment.

La salle de bains de la suite « princière » du 357c…

Les membres et leurs invités jouissent d’une des plus belles vues du Vieux-Montréal, du Vieux-Port et du fleuve.

Après l’incendie de 1997, la coupole a été reconstruite selon les plans originaux de 1876. « L’architecture fait partie du tissu culturel des villes », dit Daniel Langlois, fier d’avoir donné au 357c son lustre d’origine. «Pouvez-vous penser à Paris ou à Barcelone sans penser à leur architecture ?»

 

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