Le côté noir des énergies vertes

L’avenir serait au vent, au solaire, à la géothermie et aux biocarburants. Il n’y a pas que les écologistes qui le clament, les États ont promulgué des lois et versent des aides généreuses aux producteurs d’énergies vertes et aux fabricants de matériel et des capitalistes de choc comme Google et Warren Buffet ont investi des milliards dans certaines entreprises «vertes».

Le passage à ces nouvelles sources d’énergie ne se fait pas sans heurts et les coûts économiques sont  élevés.

Les énergies vertes ont deux grands avantages face aux énergies fossiles : elles ne produisent pas de gaz à effet de serre et elles réduisent la dépendance face aux fournisseurs étrangers. L’exploitation d’immenses gisements de gaz et de pétrole de schiste et les progrès technologiques qui ont accompagné ces découvertes réduisent en pièces l’argument de la dépendance commerciale. Du pétrole et du gaz de schiste, on pourrait en trouver sur tous les continents.

Les émissions de gaz à effet de serre demeureront toujours en problème. Reste que le gaz naturel est bien plus propre que le charbon. Le remplacement de l’un par l’autre dans les centrales thermiques est un immense pas en avant.

Pour gagner la bataille contre les carburants fossiles, plus abondants qu’on ne le prédisait et moins chers qu’on ne le pensait, les technologies propres devront remporter la bataille des prix. C’est un passage obligé et nécessaire. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est vous, c’est nous ! Nous n’achetons pas de véhicules électriques parce que c’est trop cher et la dernière chose que nous souhaitons, c’est de payer l’électricité au coût de production d’une éolienne.

Mais parce que nous avons aussi une bonne conscience, nous faisons pression sur les gouvernements pour qu’ils encouragent ces nouvelles technologies moins polluantes. Cela donne un joli mélange : les gouvernements poussent sur des solutions dont les consommateurs ne veulent pas toujours.

Hydro-Québec est obligée d’acheter la production d’éoliennes dont elle n’a pas besoin. Les distributeurs d’électricité sont tenues de faire la même chose dans plusieurs États américains. Non seulement, on garantit un marché à des productions pas aussi efficaces que les autres, mais l’État fédéral américain octroie un crédit d’impôt de 22 dollars pour chaque mégawatt-heure produit. Résultat : les producteurs empochent un profit garanti, indépendamment de la demande.

Même en Chine, qui a développé la plus importante filière solaire au monde, le prix de l’énergie solaire reste le triple de celle produite au charbon, ce qui nécessite des subventions massives, en plus des aides accordées aux producteurs de panneaux voltaïques.

Bonne chance à ceux qui veulent concurrencer les Chinois sur ce marché. Le pays produit près des deux tiers des panneaux solaires fabriqués dans le monde. Les usines chinoises sont en mesure de fabriquer plus du double de la consommation mondiale actuelle. Pas étonnant dans ces circonstances que la valeur des panneaux solaires a fondu des trois quarts depuis 2008.

Pour contrer la Chine, les États-Unis et l’Europe songent à lever des droits de douane. En plus des subventions gouvernementales, il faudra une bonne dose de protectionnisme pour passer au vert.

Parlant de subventions, une société québécoise de biocarburants tire profit de l’engouement des gouvernements. Enerkem, une société innovante pour qui j’ai le plus profond respect est une tire-lire à subventions. Le Département américain de l’Agriculture et celui de l’Énergie ont annoncé qu’ils offraient respectivement une garantie de prêt de 80 millions de dollars et un soutien financier de 50 millions pour l’aider à construire une usine de production d’éthanol à Pontotoc, au Mississippi. Son usine de Varennes recevra des subventions de plus de 50 millions et celle d’Edmonton de 23,4 millions.

Le marché des technologies propres a le vent dans les voiles au niveau mondial et les investissements ont augmenté de 31 % par année entre 2008 et 2009, passant à 179 milliards d’euros.

Que resterait-il de ces milliards sans les interventions et aides gouvernementales ? Que restera-t-il de ces milliards si les technologies vertes ne peuvent pas rivaliser sur le marché auprès des consommateurs ?

 

 

 

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Dans les faits, les énergies vertes peuvent produire des gaz à effet de serre indirectement. Si vous produisez des panneaux solaires dont les usines sont alimentées par des centrales thermiques, cette production de masse contribue à produire du CO2. Il en va de même pour la production des batteries pour les autos électriques, lesquelles batteries ont une durée de vie limitée, puis cela peut prendre de l’énergie (pas nécessairement verte) pour les recycler.

Ceci dit, le fait que des compagnies comme Enerkem puissent récupérer une bonne partie de nos ordures ménagères pour produire du carburant. C’est un peu une bénédiction, puisque tout cela contribuera à réduire la quantité et la capacité des sites d’enfouissements.

Ce n’est pas seulement la filière énergétique qu’il faut regarder ou celle environnementale, c’est certainement la filière technologique et industrielle qui a le plus à gagner. Cette évolution a pour effet ou l’aura du moins à terme, de produire une nouvelle évolution industrielle, comme cela l’a été avec l’âge de bronze, comme cela l’a été plus près dans le temps avec le charbon, etc….

De la même façon, une nouvelle approche énergétique amène d’autres concepts, notamment en matière d’économie d’énergie et encore d’économie en général, permettant notamment de redéployer des modes de production plus locaux (incluant l’agriculture) ou du moins la conception et la fabrication de composantes, ce qui en toute fin équilibre les systèmes de production de masse.

Aussi, c’est le jeu de la complémentarité qui devient un facteur d’équilibres retrouvés. L’indépendance énergétique, le contrôle sur la production, tout comme la consommation devraient être considérés comme d’appréciables facteurs de progrès.

C’est en tout cas mon opinion sur les faits.

« Que resterait-il de ces milliards sans les interventions et aides gouvernementales ? Que restera-t-il de ces milliards si les technologies vertes ne peuvent pas rivaliser sur le marché auprès des consommateurs ? »

On donne des crédits d’impôts et des subventions au secteur pétrolier depuis des décennies! Mais il ne faut surtout pas le crier trop fort. Et après ça on parle de marché, et on compare les énergiers vertes subventionnée aux énergies fossiles qui ne le seraient pas : une autre blague de nos économistes.

Bonjour Monsieur Duhamel,

Il semble que vous ne ciblez pas les bonnes énergies vertes. Jusqu’à ce que je vous lise, j’ignorais qu’il y en avait un autre type. Anyway. Vos deux avantages ne font pas partie de la promotion que l’on fait des énergies dites « vertes ». Celles-ci doivent être renouvelables et leur ponction faite sans compromettre l’environnement dans lequel on vit. En particulier, si on savait quoi faire d’intelligent avec les déchets nucléaire, l’énergie du même nom pourrait être « verte ».

Nulle part est-il question de se soustraire de la dépendance avec l’Autre, nommément le fournisseur étranger. Ne pas produire de gaz à effet de serre est aussi un voeux pieux. Que tout être vivant cesse de respirer ne suffirait même pas et pour sans convaincre, on a qu’à penser à la production de méthane, production tout-à-fait naturelle. Dans ce cas, l’expression-clé est : « en émettre moins ». Là-dessus, j’attirerais votre attention sur le commentaire de Monsieur Drouginsky qui soulève un enjeu hautement plus important que le vôtre.

En terminant mon commentaire, je vous rassurerai en suggérant que le coût élevé de l’énergie « verte » devrait baisser au fur et à mesure que nous l’utiliserons, comme ce fut le cas pour l’or « noir ». Pour en atténuer l’impact au début, Monsieur Masson suggère une idée intéressante !

Ce que je trouve personnellement curieux c’est que plusieurs personnes au Québec veuillent nous imposer LEUR vision de l’énergie « verte » et que leur parti « Vert » ne récolte que des brindilles lors de chacune des élections provinciales…

Des explications les Verts???

L’énergie la plus verte est celle que nous économisons. Mon père de 91 ans habitué à ménager est beaucoup plus vert que je ne peux l’être, jamais une seule lumière allumée inutilement dans la maison.
La meilleure façon pour inciter un collectivité à économiser est d’augmenter les prix. En Europe l’essence est chère et très peu de gens se promènent en gros pick-up avec des moteurs de litres pour aller à l’épicerie ou au dépanneur. Au prix qu’on paie l’électricité rien ne nous incite à l’économiser. Si on avait le choix d’avoir de l’énergie « verte » qu’on payait au prix de l’électricité produit par les éoliennes il n’y aurait pas grand preneurs. C’est à mon avis très difficile de faire plus vert que l’énergie hydroélectrique produit par les grandes centrales. Par contre les petites centrales sont le meilleur moyen de faire disparaitre nos beaux paysages de rivières sans retour en arrière. Sans parler de faire disparaitre à jamais nos beaux rapides pour faire du canot et du kayak sportif. Les éoliennes sont à mon avis une gigantesque fraude au niveau production à grande échelle d’énergie si on tient compte de la pollution liée à la fabrication, au transport à l’entretien surtout si celles-ci sont fabriquées à l’étranger