Le coup de poker de Remstar

Je suis à la fois heureux parce que TQS survivra, mais je ne peux pas m’empêcher de m’interroger sur ce qui justifie l’engouement de Remstar pour le mouton noir, alors que des entreprises beaucoup plus fortes et expérimentées comme CTV, Gesca et Rogers ont décidé, elles, de passer leur tour.

On ne sait pas grand chose sur Remstar. Ce producteur et distributeur de films (Ma fille, mon ange, Les Triplettes de Belleville) est la propriété de Maxime et de Julien Rémillard, les deux fils de Lucien Rémillard. Ce dernier a fait fortune dans la gestion des déchets et il possède Le Saint-James, un hôtel boutique situé dans le Vieux-Montréal. Lucien Rémillard, nous apprenait Radio-Canada, est également propriétaire d’une banque dans les Antilles. En 2002, Lucien Rémillard avait fait les manchettes en achetant un terrain de 15 000 pieds carrés au sommet du cimetière Notre-Dame-des-Neiges pour y loger sa famille pour des siècles et des siècles…

Les poches du nouvel acquéreur devront être profondes pour que le mouton noir se métamorphose en poule aux œufs d’or. La transaction devra d’abord obtenir la bénédiction des créanciers de TQS. N’oublions pas que le réseau est accablé d’une dette de 65 millions de dollars. En plus de payer les dettes, Remstar devra casquer plusieurs millions de dollars pour remettre l’entreprise à flot. Il devra investir pour passer à la haute définition et mettre plus d’argent dans la programmation pour espérer accroître l’audience et les revenus. Ce serait aussi une bonne idée de déménager la station qui loge dans l’édifice abritant le siège social de Quebecor, propriétaire du concurrent TVA. Sans compter l’avis de désaffiliation de Radio-Canada pour les stations de Saguenay, de Trois-Rivières et de Sherbrooke, ce qui diminuera les revenus de TQS.

Le retour à la rentabilité ne sera donc pas facile pour TQS qui a perdu plus de 11 millions de dollars depuis deux ans. Le marché publicitaire est de plus en plus fragmenté et les coûts de production sont plus élevés qu’autrefois. De plus, la conjoncture économique est incertaine. Tout cela dans un contexte de crise de la télévision généraliste au pays, alors que les chaînes câblées et la télévision payante empochent une grande partie des profits de l’industrie.

Les Rémillard passeraient par contre pour des génies si le CRTC permettait aux chaînes généralistes de percevoir, elles aussi, des revenus d’abonnement des télédistributeurs. Cela ramènerait TQS presqu’instantanément à la rentabilité. Cette transaction n’est peut-être qu’un audacieux coup de poker.

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Ça prend des couilles pour se porter acquéreur d’une entreprise qui au dire de la direction n’a jamais été profitable.

Est-ce que la belle Karine Vanasse va devenir la nouvelle reine de TQS?

TQS devait ré-inventer la télé (c’est pour ça qu’ils ont eu la license). Fournier était parti avec de bonnes idées, mais il est parti. Après ça TQS n’a cessé de décliner.

Télé-Québec devait être une télé éducative. Que fait Jack Bower là?

Radio-Canada, avec le milliard qu’on lui donne, doit faire une télé de qualité. Que font tous ces quizz idiots, le samedi soir à la place de notre sacro-sainte soirée du hockey?

Les frères Rémillard n’ont qu’à engager des gens brillants et innovateurs. Quand on regarde la grille horaire de TVA, ça semble facile de faire mieux….
Mais «mieux» veut-il dire : plus populiste ou de meilleure qualité ? Voila la question du Banquier !

C’est le moment ou jamais de damier le pion à TVA . Il faudrait que TQS fass un grand pas dans la haute défénition. Ce que TVA tarde beaucoup à faire . Elle a beaucoup d’émissions en 16/9 mais pas en Haute défénition.

Voilà un excellent défi pour de vrais entrepreneurs. D’autant plus que le passé à succès de cette famille leur donne accès à l’argent. Voilà un dossier où de jeunes ambitieux et imaginatifs peuvent faire une réussite d’une entreprise où de bons administrateurs conventionnels ont failli. Le TQS de demain sera quelque chose qu’on ne peut imaginer aujourd’hui sinon il ne sera pas. Notre histoire nous a montré de grands succès à partir d’entreprises morones, mais il a fallu chaque fois la réinventer. Quelle chance que ces Rémillard n’ont qu’une faible expérience dans ce domaine, ils n’auront pas à décrasser leurs cerveaux des vieux schémas. Je vois TQS devenir une tête de proue avant-gardiste alliant une nouvelle télé généraliste aux nouvelles technologies de médias comme l’internet et autres à venir. Plutôt que d’être le ptit troisième, il pourrait devenir le leader dans un créneau à inventer. Au Québec, nous sommes des inventeurs, des créateurs. Pourquoi être sceptiques quand on peut être enthousiastes? En tant que Québécois, je veux célébrer l’audace de jeunes Québécois audacieux. J’ai plus de soixante ans, j’en ai vu de toutes les couleurs, mais je continue à m’allumer devant mes compatriotes qui risquent gros pour bâtir le Québec.

Pas étonnant que les Rémillard achètent TQS. Ils ont fait fortune dans la gestion des déchets, dites-vous.

Je ne crois pas qu’il faille s’inquiéter pour les Rémillard. Si vous regardez un peu plus loin, toute cette fortune semble cacher ni plus ni moins qu’une vaste entreprise de blanchiment d’argent. C’est plus épeurant qu’autre chose.

Isabelle, j’ai un scoop pour toi, écoute bien ça, tu vas être surprise:

Ça a l’air qu’il y a des gens qui réussissent dans la vie sans fourrer l’monde.

C’est vrai, je te le jure.

Ho, j’oubliais, il y en a aussi qui se plante royalement en fourrant le monde.

Les gens en affaires font partie de la même population.