Le crédit à l’américaine

Quelques fois par année, des banques américaines faisant affaire au Canada m’offrent par la poste une offre soit-disant irrésistible. On me propose une carte de crédit sans frais annuels et à un taux avantageux si je transfère le solde de mes autres cartes de crédit. Tout un piège !

Dans la promotion que je viens de recevoir, ce taux «sensationnel» me sera offert aussi longtemps que je ne rembourserai pas la dette contractée pendant les 90 premiers jours. En d’autres mots, on m’encourage à ne pas payer ma dette pour que je puisse bénéficier le plus longtemps possible du taux promotionnel. Cela me permettra évidemment «d’économiser» ! Et je n’invente rien dans le choix des mots.

La semaine dernière, BusinessWeek dévoilait le côté sombre du marché de la carte de crédit aux États-Unis. L’encours des cartes de crédit atteint 950 milliards de dollars, dont une bonne partie de cette somme ne sera jamais remboursée. Le nombre de clients en défaut de paiement ne cesse d’augmenter et les émetteurs de cartes devraient subir des pertes de plus de 130 milliards de dollars pour les années 2008 et 2009. Ces émetteurs, faut-il le rappeler, sont ces mêmes institutions financières si malmenées ces temps-ci.

Vous savez ce que les émetteurs font de leurs créances de cartes de crédit ? Elles sont titrisées ! Il y a un marché de 365 milliards de dollars de titres adossés sur l’encours des cartes de crédit. Ces titres sont à leur tour vendus à des hedge funds et à des caisses de retraite qui accaparent 70 % de ce marché. Après la réaction en cascades provoquées par le crédit immobilier, nous subirons celle provenant des cartes de crédit. La seule bonne nouvelle, c’est que les sommes en jeu sont moindres.

Maintenant que ma chronique est rédigée, je vais faire subir à cette «offre unique» le traitement qu’elle mérite : la déchiqueteuse.

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Le gouvernement du Québec gère ses finances de la même manière.

Si j’ai le choix de prendre une carte de crédit, je n’ai pas le choix de voir le gouvernement gonfler la dette en disant « on payera plus tard ».

Les années Bush…

http://www.nytimes.com/2008/10/20/opinion/20krugman.html?_r=1&em&oref=slogin

The Bush administration assured us that the economy was booming in 2007 — but the average Ohio plumber’s income in that 2007 report was only 15.5 percent higher than in the 2000 report, not enough to keep up with the 17.7 percent rise in consumer prices in the Midwest. As Ohio plumbers went, so went the nation: median household income, adjusted for inflation, was lower in 2007 than it had been in 2000.

Third, Ohio plumbers have been having growing trouble getting health insurance, especially if, like many craftsmen, they work for small firms. According to the Kaiser Family Foundation, in 2007 only 45 percent of companies with fewer than 10 employees offered health benefits, down from 57 percent in 2000.

Parlant d’assurance santé, reportage catastrophique en fin de semaine dans La Presse sur la santé au Vermont

http://www.cyberpresse.ca/dossiers/presidentielle-americaine/200810/18/01-30648-sante-mourir-faute-de-soins.php

9000$ pour une prime d’assurance plus 5000$ pour la franchise. Le quart du budget de la p’tite famille y passe
400$ pour un écho, 1300$ pour un scan!!!
—–
Allez-vs faire une critique du livre sur Desmarais?

« Vous savez ce que les émetteurs font de leurs créances de cartes de crédit ? Elles sont titrisées ! »

On devrait investir nos avoirs dans les agences de recouvrement! 😉

M. Duhamel-

NEWSWEEK n’a peut-etre remarque le phenomene que recemment, mais bien des voix avaient denonce les tactiques des compagnies de cartes de credit americaines bien plus tot, et predit avec justesse les consequences economiques qui allaient s’ensuivre. Comme ces voix provenaient surtout de la gauche (Paul Krugman, qui vient de gagner le prix Nobel en economie, etait du nombre, si je ne m’abuse), je ne m’etonne pas qu’on ne les a pas ecoutees. Et j’avoue que si je suis moi-meme beaucoup plus de gauche aujourd’hui qu’il y a cinq ans, c’est parce que force est de constater que, a relire les predictions faites au cours des dernieres annees, c’est la gauche qui a vu venir l’actuelle crise. Le fait que la droite ne decouvre que maintenant ce que la gauche n’a cesse de denoncer ces dernieres annees ne fait que confirmer l’absence d’emprise de la droite sur la realite.

M. Noel-

Ayant vecu aux Etats-Unis, je vous assure que ces chiffres sur le cout d’une assurance-sante pour le Vermont ne sont aucunement aberrants. Et je me permettrais de vous signaler que la situation reelle des Etats-Unis (sur le plan de la sante publique, notamment) est bien pire que ce que revelent les statistiques officielles: en raison du nombre tres eleve d’immigrants illegaux aux Etats-Unis, qui sont au bas de l’echelle socio-economique et qui en raison de leur statut de clandestins ne sont pas comptabilises par les sources officielles, le bas de la pyramide sociale est « invisible » aux Etats-Unis (du point de vue des chiffres officiels): de sorte que les chiffres sur l’esperance de vie ou le taux de mortalite infantile aux Etats-Unis n’offrent qu’une image partielle (et rose!) de la realite.

On apprend que Bernanke, le président de la Fed appuie Obama.

Pourtant, il disait il y a quelque temps, qu’il ne voulait pas ajuster les taux d’intérêt parce que à la veille des élections, cela aurait été une prise de position politique!

En disant maintenant qu’il approuve le plan de stimulus fiscal des Démocrates, il vient de se commettre.

On peut croire qu’il veut conserver son poste pour encore au moins quatre ans en se prononçant ainsi.

On peut conclure aussi qu’il constate, comme la très grande majorité des responsables américains, que McCain va très bientôt prendre une retraite prématurée…

M. Gagnon voyez-vous, le problème est que « la gang » a choisi d’aller quelque part, mais vous Monsieur ce choix ne fait pas votre affaire et vous avez choisi de rester en marge et de ne pas faire parti de ce groupe, donc vous avez décidé d’être marginal.

C’est comme vous le voulez.

La santé aux USA c’est une carte de crédit avec un taux usuraire pour payer plus tard.

Si je regarde seulement ma famille c’est incroyable comment ils peuvent êtres négligents pour leur santé à cause des coûts.

Cancers sérieux négligés à cause des coûts 3 cas que je connais, cardio-vasculaires les riches viennent se faire soigner au Québec pour sauver et pour la qualité des soins, les autres vont chez le doc trop tard, diabète négligé et amputation etc.

Que M. Etienne (autrefois à Ottawa) me corrige, mais il faut compter en plus des primes et de la franchise (déductible) comme dans toutes assurances, les hausses si vous avez la malchance d’être malade (un accident) et l’impossibilité de vous assurer pour le cœur si vous êtes cardiaque.

Finalement si votre santé n’est pas bonne vous n’avez pas le moyen de vous faire soigner et la prévention n’existe que pour les riches.

On dit que l’embonpoint est une bombe à retardement, mais la négligence due aux coûts, en est une probablement une beaucoup plus grosse.

@Yvon Fleurent

Vous vous souvenez sûrement des savants exposés sur les fermes laitières américaines et canadiennes que nous avait soumis D Gagnon.

Et bien, figurez-vous qu’il condamnait la déréglementation du marché en 2004!!!

«La loi du marché

Cette fameuse loi du marché… Pour les tenant du « capitalisme » c’est presqu’un dogme; la solution à tous nos problèmes. Laissez faire le marché, il trouvera bien un moyen de s’accommoder de n’importe quelle situation.

Cela fait un peu penser à la « théorie de Gaïa ». Cette théorie veut que peut importe les agressions que peut subir l’environnement, les cycles de régulations naturels peuvent solutionner tous les problèmes.

Mais revenons à la loi du marché. La semaine dernière un reportage très intéressant a été diffusé au Point. On y compare la production laitière au Québec et au USA.

Au USA cette industrie est soumise à la loi du libre marché, chacun produit le lait qu’il veut pour le revendre au prix qu’il veut. Au Québec, le gouvernement fait une gestion de l’offre avec un système de quotas et en fixant le prix de vente.

Résultats ?

Le libre marché a fait apparaître aux USA des méga-fermes qui exercent un quasi monopole. Résultat: le lait se vend plus cher qu’ici et les petites fermes crèvent de faim. Non, le libre marché ne semble pas être cette panacée si souvent vantée…» (DGagnon)

13 déc. 2004, 7h30 pm.

http://manumilitaribu.blogspot.com/2004_12_01_archive.html

M. Fleuret-

Vous avez tout a fait raison: un des cas les plus tristes que j’ai connus aux Etats-Unis est celui d’une etudiante qui ne cessait de changer de programme dans une Universite d’Etat afin de demeurer couverte par l’assurance-sante dont disposaient tous les etudiants, parce qu’en raison de ses antecedecents familiaux (mere avec cancer du sein, pere qui avait subi une demi-douzine de crises cardiaques) une assurance-sante normale etait pour elle une parfaite impossibilite. Le plus terrifiant, c’etait qu’elle trouvait tout cela parfaitement normal, et en fait je soupconne qu’elle a vote pour les republicains. A mes yeux une histoire de la propagande au vingtieme siecle devrait surtout examiner les Etats-Unis et comment les victimes du systeme en sont devenus les defenseurs les plus acharnes (le bolchevisme et le nazisme seraient a peine dignes chacun d’une note en bas de page dans un tel livre d’histoire, et encore…)

Ah oui: un autre commentateur qui a critique depuis longtemps la hausse de l’endettement des menages americains (et le role des compagnies de carte de credit) est le professeur Elizabeth Warren, de Harvard, dont je recommande tout particulierement la lecture aux nombreux americanophiles inconditionnels qui lisent ce blogue: elle documente fort bien la degradation catastrophique de la situation economique des menages americains au cours des trente dernieres annees, et montre fort bien que les politiques de droite, sans etre la cause du probleme, l’empirent considerablement.

@ Raymond Campagna,

Oui je me souviens très bien.

J’ai manqué cette émission sur le lait. De toute façon je connais le milieu.

Le libre marché pour le lait aux USA, mon oeil. Les financiers et les entreprises pro libre marché peuvent s’en donner à cœur joie faire des méga fermes et se péter les bretelles simplement parce que justement le gouvernement les protègent.

Notre spécialiste en économie clame la libre entreprise sur le lait aux USA mais à moins d’un changement récent, si l’agriculteur se voit pris à vendre en bas du prix coûtant le gouvernement lui payera la différence. Vous seriez prêt à investir combien si le gouvernement assurait la rentabilité de votre entreprise? Facile de se partir une méga entreprise! De plus la nourriture que ces méga entreprises laitières achètent d’autres agriculteurs est la plus subventionnée au monde.

Finalement, tout se tien aux USA. Comme M. Étienne le souligne pour la santé, les statistiques officielles ne reflètent pas la réalité. L’OCDE et l’OMC sont justement en désaccord avec ces stats déguisées.
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Une autre savante déclaration de l’expert :

« être marginal c’est refuser d’être un mouton… »

Bien oui l’expert à raison, il n’est pas un mouton, mais une brebis égarée.

« je vais faire subir à cette «offre unique» le traitement qu’elle mérite : la déchiqueteuse. »
Une autre option qui peut procurer un vif plaisir: des organismes de protection des consommateurs suggèrent de renvoyer par la poste l’enveloppe prépayée, cachetée et vide. Imaginez l’impact d’un mouvement de masse…

@Yvon Fleurent

« Bien oui l’expert à raison, il n’est pas un mouton, mais une brebis égarée. »

🙂

@ Etienne (autrefois a Ottawa)

Je pense à une cousine aux USA, atteinte d’un mélanome. Comme vous dites M. Étienne, elle est prise aussi un peut comme l’étudiante. Rendue à l’age de la retraite bien contente de payer 500$ par mois plus un autre 500$ pour son mari en plus de toutes déductions, de toutes limites, etc les deux continuent à travailler pour leurs soins de santé. Je ne parle pas de monde pauvre, ce sont des salaires beaucoup plus élevés que la moyenne et en affaires.

Lui s’est vu arrivé au bout des assurances pour des examens superflus et elle par réflexe des coûts a refusé un examen pour son cancer naissant de la part d’un spécialiste réputé ami de la parenté au Québec qui l’aurait fait presque pour rien ou gratuitement.

Ils ont peur d’être malade.

Pourtant ces victimes défendent ce système qui leur coûte la peau des fesses par ignorance. Ils sont allés aux états pour le gros lot qu’ils n’ont pas gagné et c’est trop humiliant pour eux d’en parler. Donc ils endurent.

Imaginez, plus de 6 200$ environ en soins de santé par personne aux états, et c’est sans compter tout ce qui est caché mais 3 600$ environ au Québec tout compté.

Avec une espérance de vie de 77 ans aux USA c’est 477 400,00$.

Au Québec avec une espérance de vie de 80 ans c’est 288 000,00$.

Une différence de 189 400,00$ de plus dans les poches pour chaque habitant et pour une meilleure santé.

Finalement 189 400,00$ plus les intérêts composés durant toutes les années de travail par habitants, c’est un très bon départ pour une retraite à 65 ans.

@ Francois Plouffe

Quelle jouissance!

Je reçois des kilos de ces papiers.

À l’avenir je poste toutes ces demandes vides.

Merci!

L’espérance de vie des USA, quand on retire les morts accidentelle, est la plus élevé du G8.

Tout comme les USA est le pays du G8 avec le plus haut taux de rémission de cancer dans la population générale.

Si les américains payent plus pour leur soins de santé c’est parce… qu’ils sont plus riches!

« Si les américains payent plus pour leur soins de santé c’est parce… qu’ils sont plus riches! » >dgagnon

Donc, si au Québec, on paie nos biens plus cher, c’est parce…qu’on est plus riche!

Systèmes de santé.

Voici ce qu’en disait David Gagnon récemment:

«Quand on se compare…

Une nouvelle étude du système de santé américain fait par l’Université Harvard. Conclusion: la moité des faillites du royaume du trademark est causée par des gens incapables de payer leurs traitements médicaux. Mais l’étude va plus loin, le fait d’être assuré ne protège pas de la faillite. En fait, la majorité des gens qui se déclare insolvable était assuré. Il faut savoir que les assurences sont de plus en plus cher et couvre de moins en moins de traitements.

« Too often, private health insurance is an umbrella that melts in the rain » de dire le Dr. Himmelstein, co-auteur de l’étude.

On est bien au Canada non ! » (DGagnon)

http://manumilitaribu.blogspot.com/2005_02_01_archive.html

(5 fév. 2005, 4h44 pm)

@ Raymond Campagna:

Au contraire, si au Québec le prix des maison (par exemple) est su bas c’est parce que les gens sont pauvres.

@ Raymond Campagna:

Voilà pourquoi il faut avoir le système de santé proposé par les libertarien, justement pour bloquer le pouvoir des compagnies d’assurance qui vient… de l’intervention de l’état ! Par exemple aux USA il est interdit pour un américains d’acheter une assurance d’une compagnie situé à l’extérieur de son état de résidence. Une intervention de l’état qui n’est pas acceptable.

http://www.antagoniste.net/?p=2889

Et non on n’est pas bien au Canada:

http://www.antagoniste.net/?p=3052