Le désastre vénézuélien

Quand un pays riche tente de gérer une économie sans en maîtriser les principes, le gouvernement se retrouve avec un véritable gâchis sur les bras.

Des manifestants réclaments la tenue d'un référendum sur la destitution du président vénézuélien Nicolas Maduro. (Photo: AP/Ariana Cubillos)
Des manifestants réclament la tenue d’un référendum sur la destitution du président vénézuélien, Nicolas Maduro. (Photo: AP/Ariana Cubillos)

Imaginez le prix de la farine multiplié par 10. Celui du poulet, par 13. Toutes les denrées vendues au moins cinq ou six fois le prix. Des hôpitaux qui manquent de médicaments, de nourriture et d’électricité. Et des nouveau-nés qui en meurent.

C’est la situation du Venezuela depuis les dernières semaines. Selon le FMI, cette hyperinflation atteindra en moyenne 700 % cette année, puis 1 600 % l’an prochain. Comme au Zimbabwe il y a 15 ans. Fait rare, l’inflation se conjugue avec une croissance économique en forte baisse.

En réponse, le gouvernement de Nicolas Maduro a notamment décidé de changer son pays de fuseau horaire pour économiser l’électricité. Et pour la même raison, de faire travailler les fonctionnaires seulement les lundis et mardis.

Les solutions provoqueraient le fou rire si elles ne cachaient pas une réalité aussi dramatique. Le président, lui, préfère accuser tantôt son Parlement, tantôt les puissances étrangères, tantôt les médias. Peut-être sous les conseils d’un oiseau

On aurait envie de lui répondre comme ce conseiller de Bill Clinton en 1992: it’s the economy, stupid. Parce que le gouvernement vénézuélien a échoué à son cours d’économie 101.

La «révolution bolivarienne» entamée par le président Hugo Chavez en 1999 devait déboucher sur une démocratie populaire participative, une indépendance économique et une distribution équitable des revenus. Des objectifs louables.

L’échec est retentissant, trois ans après la mort de Chavez. En 15 ans, le Venezuela est passé d’un potentiel de développement à faire baver des dizaines de nations à l’un des pays les plus pauvres de la planète.


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Un pays riche

Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde. Mais comme le montre l’exemple du Nigeria, riche en matières premières, la prospérité ne tient pas qu’aux ressources, mais surtout à la gouvernance.

Hugo Chavez a nationalisé le pétrole au milieu des années 2000. Mais là où un pays comme la Norvège s’est constitué un fonds souverain avec les revenus du pétrole pour financer ses programmes sociaux, le président vénézuélien a décidé de transférer les recettes du pétrole directement vers le budget de l’État afin de financer ses «missions sociales bolivariennes».

Du coup, le pétrole a servi à importer des biens et services, à recruter des médecins cubains ou à payer la construction de logements sociaux par des entreprises chinoises ou iraniennes. Mais il n’a jamais contribué à développer des secteurs économiques secondaires et tertiaires.

Certes, une réduction de l’extrême pauvreté a été enregistrée. Mais cette embellie, conséquence de politiques ciblées axées sur les clientèles électorales des bidonvilles plutôt que sur la création d’une forme étendue de filet social, est en voie d’être annulée.

Qui plus est, le «socialisme du XXIe siècle» n’a rien eu d’avant-gardiste, même de progressiste. Le pétrole est plutôt entré dans une logique tout ce qu’il y a de plus mercantiliste.

Avant l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez, le pétrole représentait 74 % des exportations du pays. Il en représente aujourd’hui 95 %. L’or noir est exploité dans des zones indigènes que Chavez avait lui-même promis de protéger.

Et pourtant, tandis que la production mondiale a augmenté de 19 % depuis 1998, celle du Venezuela a reculé de 18 %, après le remplacement de plusieurs cadres expérimentés. Dans les faits, le pays produit moins, mais est encore plus dépendant du pétrole. 

En outre, l’État n’a pas cru bon d’investir dans des capacités de raffinage. Il importe donc la quasi-totalité de son essence, dont le prix a bondi de… 6 000 % depuis le début de l’année.


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Régenter à outrance

On pourrait croire que les problèmes sont directement liés au prix du baril de pétrole. Vrai que la baisse a eu son effet sur les revenus de l’État, d’autant plus que la production d’un baril de pétrole coûte plus du double au Venezuela que dans les pays du golfe.

Sauf que les problèmes de pénurie de produits de base ont commencé en 2013, tandis que le baril valait 100 dollars. Ils trouvent bien davantage leur source dans la volonté du gouvernement de contrôler les prix. Par exemple, en faisant plafonner les prix de la nourriture, des médicaments, des couches.

Le principe de l’offre et de la demande peut être balisé par les États, comme le montre par exemple la gestion de l’offre du lait au Canada. Au Venezuela, cependant, l’arbitraire a sévi.

L’absurde se répercute jusqu’au papier de toilette. Comme le raconte The Atlantic, les conventions collectives obligent les entreprises à fournir du papier hygiénique. Si elles font défaut à leur obligation, les travailleurs peuvent déclencher une grève.

Devant la pénurie, des entreprises se sont donc ravitaillées à gros prix auprès de contrebandiers de papier de toilette. Ce qui s’est traduit par… l’emprisonnement d’un patron et de trois de ses cadres. Le gouvernement Maduro s’est même vanté d’avoir démantelé une opération complice de la «guerre économique» soutenue par les États-Unis.

Pour couronner le tout, le gouvernement Maduro a usé du pire moyen pour combattre l’inflation: imprimer des dollars. Ajouter artificiellement beaucoup d’argent dans le système, ce qui a dévalué le bolivar et alimenté la hausse des prix.

Les résultats, réels pour les Vénézuéliens, sont désastreux. Comment des objectifs progressistes ont-ils pu déboucher sur un tel gâchis? Par un populisme crasse, des politiques improvisées et une foi illusoire du pays dans sa capacité de gérer une économie sans en maîtriser les principes.

On ne parle pas d’une Grèce ou d’une Argentine endettée qui fait un doigt d’honneur à ses créanciers parce qu’il y a plus urgent pour ses citoyens. On parle d’un pays riche, qui a sciemment voulu jouer le jeu de l’économie de marché tout en niant ses règles.

Le Venezuela se retrouve incapable de maîtriser une inflation monstre et de freiner la dévaluation de sa monnaie, et il doit maintenant vendre ses réserves d’or pour rembourser une dette qui dépasse 60 % de son PIB.

C’est d’autant plus déplorable que dans les années 1990, l’arrivée de gouvernements de gauche en Amérique du Sud symbolisait un certain affranchissement des régimes répressifs soutenus par l’Occident. La débandade vénézuélienne, jumelée au chaos brésilien, vient tout gâcher.

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C’est facile de plonger aussi rapidement alors que le Président Maduno fait face à des accusation de détournement de fonds du Vénézuéla de l’ordre de 46$ milliards US. Alors que Chavez fut le plus grand président de l’Amérique du Sud, les pilleurs qui ont pris sa place sont en train de mettre le pays a feu et à sang.

Pardon ? Le gouvernement d’Hugo Chavez est reconnu comme ayant été un plus corrompus au monde. À cause d’un laxisme généralisé, de nombreux membres de son gouvernement s’en sont mis plein les poches. Hugo Chavez, lui-même, a détourné des dizaines de milliards des fonds publics qu’il a distribués à l’étranger, notamment en Bolivie et à Cuba, sans jamais que ça fasse l’objet d’une approbation par le parlement. Une partie de cette argent a vraisemblablement été redirigé vers la famille proche de Chavez qui s’est enrichie de plusieurs centaines de millions de $. Les juges de la cour suprême ont tous été remplacés d’un seul coup par des juges sympathisant. L’ensemble du système judiciaire a été pris en otage.

Non, Hugo Chavez a plutôt été un des pires présidents d’Amérique du Sud. Ce qui arrive aujourd’hui est son héritage. Un énorme gâchis.

Nous n’avons pas la même lecture des événements entourant monsieur Chavez. Il n’a jamais été reconnu comme ayant détourné des sommes d’argent. Il a versé à Cuba des millions puisque Cuba subissait les 50 ans d’emmerdes des américains et a transféré de l’argent que l’on ne peut qualifier que d’aide humanitaire.

C’est exactement la même chose pour la Bolivie, où les Américains et européens étaient entrain de faire crever les Boliviens. Le prix de L’EAU était plus haut que le prix de l’essence. Comment peut-on vivre sans EAU. C’est notamment avec l’argent provenant du Vénézuéla que la Bolivie put de départir d’un contrat de 50 ans sur la “possession de l’eau” par deux corporations européennes.

Chavez s’est mal entouré et s’est retrouvé avec de nombreux problèmes émanant de personnes en qui il avait confiance malheureusement à tort.

La propagande américaine par le biais de ses médias lui a fait des procès les uns après les autres sous plusieurs tissus de mensonges.

Il n’y avait pas de problèmes majeurs sous Chavez si ce n’est qu’il n’a pas voulu servir de tapis pour les Américains. Les problèmes actuels sont seulement dus à la baisse du pétrole, seule industrie servant à son PIB. Chavez a manqué de diversifier ses industries tout comme l’a fait le Brésil qui demeure sommes toutes avec de graves problèmes.

Le WTO n’a jamais condamné le Vénézuéla de quelque délit que se soit malgré les nombreuses pressions effectuées par le gouvernement américain qui voulait mettre la main sur le pétrole comme il le fait dans les pays arabes. Même leur coup d’état contre Chavez a “fouerré” lamentablement.

Monsieur Pierre décrit très bien une partie de l’autre côté de la médaille.

Vous dites que Chávez a été le plus grand president d’Amerique du Sud. J’ai le regret de vous informer qu’il a été le plus grand traitre, qu’il a détourner des millions inimaginables, et que la suite n’a ete que la conséquence logique de ce qu’il avait commencé.

En sous-entendu de votre portrait, un corruption endémique et vous avez la recette de ce fiasco!

Je dois confesser que je suis du nombre de ces naïfs qui furent subjugués par la personnalité forte et attachante du président Hugo Chávez. Lorsqu’il est parti j’étais dans les colonnes des commentateurs de L’actualité au nombre de ces rares internautes qui en firent l’oraison, ce qui me valût quelques vertes critiques de la part de plusieurs internautes, incluant Pierre Duhamel d’ailleurs… qui se réjouissaient du départ du « dictateur » pour un autre monde. — Mais dans le cœur « del pueblo unido » c’était un homme providentiel.

Force est de constater, que le départ de Chávez n’aura rien eu de bien réjouissant, qu’une fois de plus l’adage : « chassez le naturel et le naturel revient au galop » se vérifie mieux que bien. Une fois Hugo parti, le naturel et surtout les mauvaises habitudes sont revenus au galop.

À ce demander si la « Revolución bolivariana » a jamais eu lieu ou si elle est passée comme un rêve par la tête d’un homme « seul » seulement, lorsque la structure capitaliste et familiale ou clanique (pour ne pas dire de cartels plus ou moins maffieux) du pays est restée exactement la même.

De la même façon, le jeu des nationalisations à outrances est devenu une arme à double tranchant, dans un pays très riche en magnifiques ressources et pas seulement les ressources pétrolières ; lequel n’a pas su ou pu prendre le virage de la diversification économique. Ni négocier des ententes stratégiques avec de bons investisseurs pour développer dans l’ordre et l’harmonie tous les biens du pays.

La « Petite Venise » n’est certes pas la Norvège qui a su depuis presque toujours investir dans sa principale richesse : les Norvégiens eux-mêmes, le meilleur facteur de diversification de leur économie. La démocratie norvégienne est une vieille démocratie, elle a su tenir tête tant aux Russes qu’à Napoléon et se libérer du joug de la Suède par la diplomatie lorsque la République bolivarienne a quant-à-elle encore tout à apprendre dans ce domaine-là.

Même si les prochaines années risquent d’être difficiles pour l’Amérique du Sud, pas seulement pour le seul Venezuela. Je reste néanmoins relativement optimiste. Car l’avenir est encore dans cette partie du monde, pour autant qu’on investisse avec intelligence dans la créativité et bien sûr dans les gens.

AJOUTS : Selon mes informations, le ratio dette/PIB est pratiquement stable : 52,9% (chiffres de Mars 2016). Ce qui est plus problématique, c’est la pénurie de devises. Ce qui est problématique encore, c’est la médiocre gouvernance de ce pays, pas seulement celle du président Maduro, c’est aussi la piètre représentation au Parlement, l’absence de majorité claire, l’absence de vision économique à long terme.

M. Drouginsky,
En tout respect, si vous aviez quelque peu de rigueur et étiez un peu moi idéologue, vous constateriez la faillite extraordinaire des états qui ont décidé d’adhérer au socialisme..

@ Fréderic,

En tout respect également. Vous partez de la prémisse que j’adhèrerais à une idéologie tout particulièrement. Ce qui vous force à conclure que mes propos manquent de rigueur.

Vous avez le droit de me donner une leçon de « rigueur » ; encore faudrait-il que vous propos soit fondés sur des cas et des exemples précis qui permettent d’établir la vérité sur les faits.

Les faillites en général n’ont rien d’extraordinaires. D’autre part, juridiquement parlant les États quels qu’ils soient ne peuvent pas faire faillite.

Quant à la dette publique du Venezuela elle est encore tout-à-fait contrôlable. C’est en tout cas l’opinion de plusieurs analystes financiers. Suivant l’hypothèse où vous ne le sauriez pas, les dettes sont usuellement ajustées à des actifs. Les ressources naturelles et les réserves du Venezuela dépassent largement ce qu’il doit.

Si bien qu’en tout respect toujours, il serait sans doute de bon aloi que vous vous livriez à un exposé un peu plus poussé pour mettre en valeur l’acuité de ce que vous écrivez.

— Autrement, c’est un peu comme parler pour parler entièrement habillé de tous ses préjugés.

Bien d’accord. Par ailleurs, l’Amérique latine a souvent été la victime de dictateurs de droite et de gouvernements corrompus « à l’os » et lorsque les socialistes prennent le pouvoir il faudrait que, par magie, tout le passé et son héritage soit effacé et qu’ils deviennent, du jour au lendemain, des gestionnaires parfaits… Ça n’arrivera pas. L’Amérique latine vit aussi de grandes inégalités et cherche son avenir d’une manière un peu chaotique alors que le capitalisme international et libéral amplifie de plus en plus ces inégalités, même ici au Canada alors que nous avons une tradition capitaliste et libérale depuis longtemps.

Du point de vue de l’économie libérale qui maintenant prévaut dans le monde, le point de vue de M. Cipriani est parfaitement légitime et bien fondé. Par contre, si on regarde la situation à partir de l’autre côté de la lorgnette, on peut aussi y voir la lutte qui se livre en Amérique latine entre un passé de capitalisme débridé et de dictatures de droite bien soutenues par l’occident et un avenir où les peuples seraient plus égaux et où les richesses de ces pays seraient plus équitablement distribuées entre les citoyens. Entretemps, les dérapages comme celui du Venezuela sont inévitables et on peut dire que l’effet d’oscillation entre le passé et l’avenir, même aussi entre la gauche et la droite, va continuer pendant encore bien des années.

Peut-être qu’à la fin de ce processus de transition, l’Amérique latine va trouver sa voie et nous montrer qu’il y a moyen de diminuer les inégalités sociales que l’on voit aujourd’hui en occident. On ne peut que leur souhaiter de réussir.

@ Pierre,

Merci pour votre rétroaction. Vos propos établissent que vous vous livrez à un vrai travail de réflexion. À part vous remercier, je n’ai rien de plus à rajouter.

Le Vénézuela, c’est le Québec géré par Québec-Solidaire…

Tous les endroits dans le monde, TOUS, qui ont été sous la botte gauchiste ont tous été forcés de faire preuve de réalisme économique à un moment ou à un autre de leur existence et le Vénézuela n’en est qu’un autre exemple.

Seul le capitalisme réaliste pourra les sortir de ce bourbier soviétique.

@ François 1,

Vous avez un sens absolument inné et ô combien admirable pour les raccourcis. Reste encore à savoir si les raccourcis nous conduisent à bon port ou s’ils contribuent plus généralement à nous égarer ou bien à nous perdre dans le grand maelström de la vie ?

Avouez tout de même que j’ai bien un peu raison dans le cas du Venezuela.

C’est un pays qui a été sous la coupe des gauchistes interventionnistes comme les aiment les gens qui hantent QS et les autres du même acabit qui s’entêtent à ronger leur frein au PQ.

L’URSS de Staline en Amérique quoi. Comme Cuba.

Vous verrez…dans quelques années, les Vénézuéliens seront fiers de demander l’aide des gros méchants capitalistes Américains (tout comme Cuba aujourd’hui!) pour s’extirper du merdier dans lequel les gauchisto-socialistes les ont précipités.

The Che is dead. Get over it!!!

@ François 1,

Sauf erreur de ma part, le premier client en matière d’hydrocarbures et aussi de gaz naturel du Venezuela, ce sont les États-Unis d’Amérique. Il n’y a pas d’embargo commercial entre les USA et ce pays. Le Venezuela est un État souverain qui entretient des relations diplomatiques avec de très nombreux pays au monde.

Comme ce pays n’est pas à proprement parler un pays belliciste, leurs relations diplomatiques sont très bonnes avec quantités de nations. Comme le Venezuela dispose d’une constitution démocratique, ce sont aux citoyens de choisir leurs dirigeants, pas à vous ni à moi de leur dire ce qu’ils doivent faire… comme au bon vieux temps du colonialisme.

Disons seulement que le choix serait certainement meilleur pour la population s’il y avait dans ce pays un niveau plus faible de corruption. Le problème n’est selon moi, pas au niveau de l’orientation politique, il est plutôt au niveau de la désorientation quand il s’agit de faire face à toutes les formes vertueuses de l’éthique.

Le monopole étatique est LA base et la principale cause même de la corruption et Dieu sait que le socialisme interventionnisme tel que pratiqué au Vénézuéla (et dans tous les pays de gauche socialiste!) pratiquent ce genre de politique où l’État est omniprésent et ça mène exactement là où est rendu le Vénézuéla: « drette dans l’mur! ».

Le même genre de corruption à très vaste échelle a été observé dans l’ex-URSS de Staline, dans la Chine de Mao, dans la Corée-du Nord actuelle, etc… Même ici, au Québec, les endroits où la corruption a été mise en relief par la Commission Charbonneau gangrenait les endroits où l’État était omniprésent.

Les choix politiques, si choix il y a eu, sont les premiers responsables de l’amplitude de la corruption et lorsque l’on lit le programme politique de QS, on ne peut que faire un rapprochement avec le Vénzuéla.

La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. – Albert Einstein

@ François 1,

Si vous portiez vos recherches au-delà des seules apparences. Vous vous apercevriez probablement qu’il y une corrélation entre le niveau d’instruction des habitants, la répartition du bien commun (l’égalité sociale si vous préférez), tout comme le niveau des infrastructures et autres équipements dont disposent les nations et leur libre accès, tout comme la sécurité. Autant de facteurs qui entrent en ligne de compte dans l’équation du calcul du niveau de la corruption.

Tous ces facteurs qui facilitent la libre entreprise, le libre-marché et servent à accroître la richesse des nations.

Partout où la qualité des paramètres baisse, la corruption s’accroit. Partout où ces paramètres s’améliorent, la corruption baisse.

Les choix des modèles politiques ou idéologiques sont secondaires quant à la corruption. Le niveau de corruption avait sensiblement baissé au Venezuela sous Chávez. Il n’a jamais eu quelque monopôle économique que ce soit, son erreur n’est pas qu’il ait eu le cœur à gauche, c’est plutôt qu’il n’ait pas nettoyé ce pays des cartels qui siphonnent la richesse, lesquels détiennent encore ce monopôle sur l’économie.

Les cartels ne sont ni à gauche, ni à droite, la seule chose qui les intéresse s’est de générer des profits nets de taxes et d’impôts toutes activités confondues, incluant les activités criminelles. Leur génie étant d’ailleurs de mêler adroitement ce qui est illégal avec ce qui ne l’est pas. Ne me dites tout de même pas que vous avez de l’admiration pour ces brigands qui font feu de tout bois !

Le choix n’est pas entre un gouvernement de droite ou de gauche ; il est pour un gouvernement qui s’engage à mettre en place des politiques qui visent à éliminer le crime de l’économie une bonne fois pour toute.

— Il faut donc bien faire les choses autrement. Si ce n’est qu’en plus de cent ans, aucun gouvernement au Venezuela n’a jamais fait cela.

@ Frédéric Normand,

Il faut bien trouver le temps de répondre, y compris lorsque ce sont des brebis égarées 🙂

Merci pour le compliment Monsieur Normand.

Fan de QS?

J’espère que le modérateur prendra bonne note du fait que quiconque n’est pas de votre avis est un parfait imbécile…

La socialisation a outrance de Québec Solitaire et de Chavez ne peuvent que mener à corruption, pauvreté généralisé, et désolation. J’espère que le Québec comprendra un jour …

D’ accord avec vous ! J’ allais écrire la même chose ! Les anarchistes sont en possession de la science infuse et si on ne pense pas comme eux ; ils vont nous obligé à penser comme eux !!! Et que ça ressemble à certains partis au Québec!

Vous pourriez aussi mentionner « les péquoistes » qui ne jurent que par l’état providence que les américains appelait « le rêve américain » mais qui a tourné rapidement en « cauchemard américain » sur le point de devenir une guerre civile. Ce n’est pas sans raison que sous le gouvernement américain actuel, les forces armées vendent du matériel militaire aux services de polices, et ce, à des coûts ridicules.

La prochaine guerre sera celle des pauvres contre les riches c’est une réalité de plus en plus palpable depuis 2003.

J’espère que le Québec comprendra un jour qu’il n’est pas du tout à l’abri d’une débandade économique et sociale comme le Venezuela. Les tapeur de chaudrons et revendicateur de gratuité doivent être mis à leur place au Québec. Et vite. …

De lire certains encore faire l’apologie d’Hugo Chavez me sidère…

Si le Venezuela est dans cette situation aujourd’hui, c’est surtout à cause des deux décennies de Chavez..

Du populisme gauche agressif, fondée par le Hugo Chávez et porté aujourd’hui par son successeur désigné, Maduro.
Il voyait le partenariat entre ses gens d’affaires et les États-Unis comme la source de tout les problèmes de son pays. Il s’est mis à briser cette alliance « élitiste » en réglementant de manière agressive tout les aspects de l’économie et en centralisant toutes les décisions vers lui.

Grâce aux pétrodollars, il n’y pas eu de crise humanitaire immédiate. Aujourd’hui, ce tsunami de pétrodollars a reculé, et ce qui est laissé est les conséquences catastrophiques de l’économie la plus mal géré du monde.

Une vague d’expropriations qui a commencé en 2005 a laissé la plupart des moyennes et grandes entreprises dans les mains de l’État, pour être gérées par des bureaucrates qui se sont révélées souvent corrompus et presque toujours incompétent. Même les entreprises laissées dans des mains privées sont confrontées à une réglementation ingérable sur tous les aspects imaginables de leurs opérations.

Pour prendre un exemple parmi tant d’autres, il est illégal pour une entreprise de produits laitiers de déplacer le lait cru à partir d’un centre de collecte, sans permis explicite signé et tamponné par un grand nombre de fonctionnaires.

Et, inutile de le dire, il est illégal de définir vos propres prix: L’État fait cela, les mettant souvent en dessous du coût de production, en particulier pour les produits de base. Dans de telles circonstances, même les entreprises «privées» sont essentiellement gérés par l’État.

La politique budgétaire est aussi un désastre. Le Venezuela accumule d’énormes déficits, de plus de 10 pour cent par année, même quand les prix du pétrole étaient élevés. Incapable de trouver des investisseurs pour prêter le manque à gagner, le gouvernement a cédé à la tentation de créer de l’argent pour couvrir la différence, déclenchant ainsi une expansion monétaire qui pourrait voir l’inflation à 2,200 pour cent en 2017 !!

Le résultat ressemble beaucoup aux anciennes économies du bloc soviétique, où les gens avaient beaucoup d’argent dans leurs poches, mais il ne les aident parce qu’il n’y avait pas de marchandises sur l’offre. D’une manière étrange, le chavisme a réalisé le vieux rêve socialiste de l’abolition de l’argent: Quand il n’y a rien à acheter, l’argent est inutile.

Et dire que certains rêvent de ce genre de régime dictatorial où l’état gère à peu près tout !!

Avoir soit les politiques microéconomiques les plus punitives du monde ou des politiques macroéconomiques plus stupidement auto-destructrice du monde serait assez mauvais, mais avoir les deux en même temps est tout simplement stupide !!

@ Fréderic,

En matière d’inflation, les prévisions sérieuses pour le Venezuela sont au moment présent pour 2016 de l’ordre de 200%, pour les traders en matière de risque tel que le Coface. Nous nous entendons sur le fait que 200% c’est déjà trop. Pourriez-vous nous dire cependant, sur quelles bases de données vous vous positionnez pour pouvoir déclarer, je cite : « le gouvernement a cédé à la tentation de créer de l’argent pour couvrir la différence, déclenchant ainsi une expansion monétaire qui pourrait voir l’inflation à 2,200 pour cent en 2017 »

Dans un bon français et… en tout respect, on appelle cela : « prendre ses rêves pour une réalité ». La gouvernance du monde appartiendrait-elle désormais à tous les gérants d’estrade ? Ça sent la Coupe : Pittsburgh ou San Jose ?

— POST SCRIPTUM : À noter que certains chiffres alarmistes, publiés sur ce sujets entre autre par Bloomberg sur la base d’une note du FMI basée sur une analyse des chiffres 2015, chiffres auxquels d’ailleurs se réfère Jean-Philippe Cipriani, que cela n’est pas prouvé par les faits actuellement.

Dans son plus récent rapport : « Perspectives de l’économie mondiale », publié en avril 2016, le FMI évoque une possibilité de taux moyen d’inflation pouvant aller au Venezuela en 2016 jusqu’à 500% et se borne pour la suite à des évaluations qui sont de l’ordre de 1600 %. Rappelons que le taux moyen est basé sur un panier de produits et services qui entre en compte dans ce calcul. Cela ne signifie en aucun temps que ce sont tous les produits et services qui grimpent de la même façon uniformément.

Il convient de préciser également que les notes 5 & 9, page 46 (pages statistiques) du rapport précisent ceci : « Les données relatives aux prix à la consommation en Argentine et au Venezuela sont exclues » ; ce calcul ne prend donc pas en considération la consommation des produits courants pour ces pays là.

On peut ainsi en la matière spéculer un peu sur tout, y compris sur les chiffres de l’inflation. Mais quand les gens crèvent de faim pour vrai. Alors là, tout le monde s’en fout…. Thank’s God tomorrow is friday !

L’imprimerie d’argent basée sur les dettes et non sur le PIB provient des États-Unis, tout comme lorsque vous achetez de l’or sous forme de certificat dont l’or physique n’existe pas.

Le Venezuela n’a rien inventer à ce propos. Il ne fait que dégager une partie de l’inflation qui serait probablement du double.

La crise des « subprime était en quelque sorte basée sur de fausses créances tout comme le marché de la bourse était basée sur de fausses créances et actifs sous le nom de hedge funds.

Oups j’ai envoyé mon message trop rapidement. Je ne dis pas que l’administration du Venezuela était la meilleure mais si nous la comparons à l’ensemble des pays de l’amérique du sud, elle était la plus prospère et est la moins endetté (par capita). Je ne savais pas que Maduro était le dauphin de Chavez. Lorsque j’ai mis les pieds au Venezuela, plusieurs fois durant les 30 dernières années j’ai toujours été en régions rurales car c’est dans ces milieux qui vous constater la réalité des politiques d’un pays et non dans le centre ville de sa capitale. Hors je n’ai vu personne crevé de faim depuis 30 ans bien au contraire.

Ces personnes se véhiculent en vélo et il y a un service d’autobus à travers le pays qui est loin des tarifs que nous connaissons. Les enfants et étudiants ne payent pas et les « refuges » lorsque le trajet est trop long sont potables et on y mange bien.

La viande n’est pas au hormones et les légumes et fruits sont frais à longueur d’année. Les problèmes sont surtout dans les grands centres où les citoyens sont habitués à un train de vie au delà du reste de la population et de beaucoup d’allleurs.

Les étudiants braillent car pour une fois dans l’histoire du Venezuela, ils doivent payer une maigre pitances pour leurs études alors qu’ils sont logés GRATUITEMENT.

Le pétrole se vendait en 2011, six cents du gallon soit 1.3 cent du litre. Le tiraillement est notamment créé entre les citadins et les ruraux qui sont écoeurés de vendre leur viande et légumes à des prix ridicule alors que tout ce qui provient des villes coûte toujours un bras et une jambe. Le téléviseur ne transmet que les deux chaînes de l’État, une véritable propagande.

J’ai vu plusieurs village où c’est la municipalité qui avait payé pour le téléviseur, le seul de la municipalité, une télé de 20 pouces qui datait de l’âge de matusalem alors que dans les grands centres presque tous les citoyens ont une télé et une coupole satellite.

La Banque Mondiale et le FMI font des prévisions sur beaucoup d’inconnues. Lorsque le pétrole augmentera de prix, le Venezuela sortira d’une grande partie de son marasme.

Quoi qu’il en soit, les citoyens sont mieux que sous le régime de Bétancourt qui versait l’ensemble des profits du pétrole aux USA.

M. Cipriani, vous êtes très mal informé. Hugo Chavez n’a jamais natioalisé le pétrole du Venezuela. Le Pétrole du Venezuela fut nationalisé dans le premier mandat de Carlo Andrés Pérez en 1976. C’est à cet epoque que PDVSA (Petroleos de Venezuela S.A.) fut créé et les autres compagnies petrolières transnationaux ont quitté Venezuela.

Enfin! Voici un article qui fait un excellent portrait de la situation! Je suis présentement au Venezuela en visite chez ma famille, et c’est un vrai chaos. Les gens passent la nuit dehors afin de faire la file d’attente dans l’espoir d’obtenir les produits de bases à l’épicerie. Impossible de trouver des médicaments ou d’économiser à cause de la dévaluation terrible du bolivar. Certes, la situation a empiré avec Maduro, mais il a récolté ce que Chavez, le vrai responsable, a semé. Le système de santé est totalement paralysé, comme le système d’éducation ou les « misiones » qui tombent aujourd’hui en ruine. Vraiment déplorable…

En fait, il s’y passe exactement les mêmes choses qu’il y a 60 ans en Ex-URSS et en Chine.

J’espère que les éthérés qui veulent votre QS en prendront bonne note.

Et dire qu’ils se prennent pour notre « conscience sociale… »!