Le grand débat gauche-droite

Jean-Marc Léger le dit dans un texte publié sur mon blogue : ce n’est plus le débat national qui enflamme les Québécois, mais celui entre la gauche et la droite.

Cela n’est finalement pas étonnant, car ce débat traverse toutes les questions relatives au rôle de l’État dans la société. On va parler de langue et de Constitution régulièrement, mais l’actualité quotidienne est dominée par des enjeux politiques et économiques arbitrés par les rapports de force gauche-droite. Aucun enjeu public n’y échappe et peu d’enjeux privés, si on tient compte des subventions ou des contrats accordés par les différents niveaux de gouvernement.

À Montréal, l’Agence métropolitaine de transport a demandé hier 4,8 milliards de dollars pour réaliser les projets qui lui tiennent à coeur. Voilà un formidable débat de société. Les citoyens aiment leurs automobiles  et leurs banlieues,  alors que les politiciens veulent restreindre la circulation automobile en favorisant le transport en commun. Les dépenses publiques sont au coeur du  débat sur la corruption dans l’industrie de la construction. La décision d’Ottawa de financer ou non le nouveau Colisée de Québec, notre engagement en Afghanistan, la construction du nouveau CHUM, la participation accrue du privé dans le domaine de la santé : le débat gauche-droite est partout dans nos vies.

L’État est partout, de la chaîne de trottoir au lit d’hôpital. Dans le cadre du Focus stratégique Québec 2010, les experts de Secor ont évalué que l’État, dans toutes ses manifestations, comptait pour 48 % de l’économie du Québec.

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Puisque l’État est partout, les discussions autour de son rôle sont forcément nombreuses et inévitables. D’abord est-ce normal qu’il prenne tant de place et joue un si grand rôle ? Est-il toujours celui qui incarne le mieux l’intérêt public ? Est-il le meilleur gestionnaire qui soit ? Sinon, pourquoi l’autorise-t-on à dépenser 140 milliards de dollars par année des fruits de notre travail pour gérer la moitié de nos vies ?

Pour certains, les scandales dont on parle tant sont la preuve ultime de l’effet corrupteur de l’argent. L’entreprise privée et la mafia ne feraient qu’un. Et si ces scandales reflétaient plutôt la corruption d’un système étatique omniprésent ? Car il s’agit ici essentiellement de fonds publics mal administrés.

Que fait un patron d’une boîte privée quand un fournisseur lui présente une soumission trop élevée ? Il va voir ailleurs pour obtenir le meilleur prix, sinon son entreprise ne sera plus concurrentielle. Concurrence ? Plus bas prix possible ? Voilà des concepts étranges dans un système étatique où l’administrateur public est le seul donneur de commandes et où son propre argent n’est pas en jeu.

Dans cette saison des scandales, je m’étonne de voir tant de gens faire l’éloge de l’État antidote à l’entreprise privée et porteur de nos espérances. Il y a là-dedans quelque chose de messianique qui m’échappe totalement. Nous avons créé un monstre qui occupe la moitié de notre économie,  qui nous soutire 128,8 milliards de dollars par année et qui nous endette jusqu’à la fin des temps, mais certains en réclament davantage.

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Ce qui m’agace royalement dans la nouvelle droite c’est qu’elle fait abstraction totalement des 50G qu’on envoie à Ottawa.

Le 800 millions pour les 4 sous-marins rouillés qui dorment à Halifax? « Pas grave, répondent nos Duhaime, faisons le ménage du Québec en premier »

Le milliard pour le sommet de Toronto? »Pas grave, répondent nos Duhaime, faisons le ménage du Québec en premier »

Les 2 milliards pour le régistre des armes? « Pas grave, répondent nos Duhaime, faisons le ménage du Québec en premier ».

Le 1,5 milliard par année en Afghanistan? Les 30 Québécois morts là-bas? « Pas grave, répondent nos Duhaime, faisons le ménage du Québec en premier »

Ils font comme si la réalité canadienne n’existait pas.

Petite question, si le gouvernement Landry n’avait pas donné d’incitatifs pour l’industrie du multimédia, est-ce que Montréal serait aujourd’hui un grand centre mondial du jeu vidéo?

@ rod

Tu peux me donner ta source d’info sur le 50G qu’on envoie à Ottawa ?

Selon l’Institut de la Statistique du Québec c’est plutôt 41 milliards de dollars (soit 5 373$/personne).

À titre indicatif pour l’Alberta c’est 38 milliards (soit 10 819$/personne).

Voici, per capita, l’argent que le fédéral va chercher dans chaque province:

Alberta: 10 819$
Terre-Neuve: 9 295$
Saskatchewan: 7 271$
Ontario: 7 232$
Colombie-Britannique: 6 775$
Nouvelle-Écosse: 5 861$
Île-du-Prince-Édouard: 5 740$
Manitoba: 5 460$
Québec: 5 373$
Nouveau-Brunswick: 5 073$

Seul le Nouveau-Brunswick envoie moins d’argent à Ottawa que le Québec.

http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/econm_finnc/conjn_econm/TSC/pdf/chap13.pdf

Enfin un texte qui exprime des vrais questions qui valent la peine d’être débattues. Puissiez-vous continuer d’alimenter les nouvelles de ce genre d’articles et plus encore. Je vous suis reconnaissant. MERCI ET BRAVO !!!

Si cela serait aussi simple, le privé serait dirigé par des comptables et le salaire des dirigeants ne serait pas aussi élevé….

La libre concurrence a ses limites. Elle fonctionne jusqu’à un certain niveau et ensuite, ce sont les plus puissant qui établissent les règles du jeu.

Si ce n’est pas le gouvernement qui contrôle nos vies, ce serait les entreprises. La nature a erreur du vide…

Il faut choisir le moindre mal.

@rod

Faisons notre ménage avant de critiquer ce lui du voisin ! Si le Québec devient un exemple de bonne gestion et la locomotive économique du Canada (on peut rêver, non ?), alors nous serions en excellente position pour faire la leçon. Actuellement, c’est plutôt le contraire…

@rod

J’aimerais savoir quel est le lien avec les 30 militaires et M.Duhaime.

J’aimerais savoir sur quoi vous vous basé pour le 50G. Le Québec reçoit de la péréquation ( c’est le terme polie pour dire du BS ).Donc si je suis votre raisonnement c’est juste la faute de la droite tout se qui arrive, pourtant le Canada et le Québec on majoritairement été sous la gouverne de parti politique de gauche.Venez surtout pas me dire que les Libéraux sont a droite, si vous pensez cela c’est que vous n’avez rien compris entre gauche et droite.Les conservateurs de M.Harper ne peuvent pas gouverner a droite comme souhaiter car ils doivent toujours contenter les parties de l’opposition qui sont très a gauche.On a créer un monstre avec l’état providence et tous ces employés syndiqués qui en n’ont rien a foutre des citoyens qui paient pour leurs conditions. Quand on verse tout prêt de la moitié de son salaire au différent paliers gouvernementaux et qu’on a des services qui sont inefficace et bien a de quoi a se demander pourquoi doit on confier toute cette argent a des fonctionnaires qui dépensent sans jamais rendre de compte et être imputable a personne.

Concernant les « concepts étranges dans un système étatique où l’administrateur public est le seul donneur de commandes et où son propre argent n’est pas en jeu ». Dans l’entreprise privée, ce n’est pas toujours le propriétaire qui donne les commandes. L’entreprise privée a elle aussi des administrateurs qui donnent des commandes qui seront payées non pas avec leur propre argent mais avec l’argent des propriétaires, des partenaires et des actionnaires. Par contre, si tu fais des gaffes, tu as plus de chances de perdre ton emploi dans le privé qu’au gouvernement ou les employés sont syndiqués.

Le débat gauche-droite n’est pas particulièrement édifiant. On n’a qu’à voir ce qui arrive aux USA. Ce débat divise la société en deux. Les débats ne sont jamais nuancés et les insultes fusent. Les tensions montent à l’intérieur d’une société qui aurait intérêt à se resserer les coudes.

La gens qui se disent de droite acceptent que l’état joue un rôle dans certaines sphères, la défense et le militaire par exemple. Et pourtant, l’état peut faire et fait de grosses erreurs là-aussi – en voici une qui m’a estomaquée aujourd’hui :

A compter de ce jour, les forces de l’OTAN auront passé plus de temps à combattre en Afghanistan que les Soviétiques l’avaient fait. Et on ne sait toujours pas qui est l’ennemi :

http://www.nytimes.com/2010/11/23/world/asia/23kabul.html

L’arrogance, qu’elle vienne de la gauche ou de la droite, est une chose dangereuse.

La droite trouve le Québec trop à gauche et veut un débat gauche-droite. Ok. Mais pourquoi faire abstraction de l’autre moité de nos taxes? Pourquoi faire comme si le Canada n’existait pas?

.100k pour racheter l’argenterie de la GG sur E Bay
.286k pour des cours de francais au Colorado
.386k à une firme de comptables pour trouver des lingots d’or qui ont disparu de la Maison de la Monnaie à Winnipeg
.Un système antiaérien et antimissile qui a coûté 1,1 milliard de dollars aux Forces canadiennes dort dans les entrepôts militaires depuis 17 ans. Depuis 1992, ce système mobile a été déployé une seule fois, par mesure défensive, et n’a jamais été utilisé lors d’une mission.

.900 millions pour la sécurité des Jeux de Vancouver.

.92,000$ pour l’embauche de détectives privés à Droits et Démocratie

.130 millions à AbitibiBowater parce que Williams avait exproprié la cie.

Des horreurs il en pleut à Ottawa mais la droite s’imagine que ce n’est pas notre argent. C’est drôle de voir que la droite se comporte comme les séparatistes: Ottawa n’existe pas

@ Benton

Le privé c’est un BIEN moindre mal que l’État !

« The consumers are merciless. They never buy in order to benefit a less efficient producer and to protect him against the consequence of his failure to manage better. They want to be served as well as possible. And the working of the capitalist system forces the entrepreneur to obey the orders issued by these consumers. »
-LV Mises

@ rod (# 9):

Merci de nouas prouver encore une fois que MOINS d’État, c’est PLUS de rigueur économique au sens où la présence tentaculaire de l’État peut être autant Ottawa qu’à Québec; cependant, en matière de rectitude économique, vous devez admettre que le Québec n’a aucune, mais AUCUNE leçon à donner à qui que ce soit!

Le Québec est l’endroit le plus corrompu au Canada et peut-être bien en Amérique du Nord (et le plus étatisé) et un GROS merci au McLean’s pour avoir révélé cette évidence.

Monsieur Duhamel,

La question que je me pose est la suivante: est-ce que les gens qui ont répondu au sondage sont vraiment en mesure d’identifier avec certitude ce qu’est la gauche et ce qu’est la droite?

Depuis le début des années 1980,avec Reagan et Thatcher qui ont tout déréglementer ou presque, le rôle de l’État dans le monde des affaires, surtout dans celui de la finance,a rapetissé comme peau de chagrin. Et depuis on va de crise en crise : 1991,1997,2008. Et pour sauver tous ces financiers, on socialise la dette. Les moins nantis, par leurs impôts, doivent l’assumer. Et en plus on n’ose même pas leur imposer des règles de bonne gouvernance.
Et voilà qu’on nous rabâche les oreilles avec des cris: allons encore plus à droite. Les riches sont plus riches qu’il y a 40 ans et les pauvres sont plus pauvres qu’il y a 40 ans. Il faut que cela continue! selon les adeptes de la droite.
C’est bien plutôt dans un équilibre sain entre les deux que l’on trouvera la meilleure façon de s’en sortir.
Il faut surtout repenser cette course effrenée vers le progrès qui est strictement basé sur la consommation et des ressources inépuisables.

@Mme King: Vous avez tellement raison pour les États-Unis. Les Fédéralistes ne veulent pas de 3e référendum parce que ca divise les familles. Or, un débat gauche-droite est 100 fois plus divisif puisque c’est continuel, ça ne finit jamais. Dans toutes les familles y’a des riches et des pauvres, des syndiqués et des non-syndiqués. Un débat gauche-droite ne peut que diviser les familles et le Québec comme c’est le cas depuis 30 ans aux USA, depuis Reagan et sa religion.
Les Américains sont plus divisés que jamais et ils s’enfoncent plus que jamais.

@georges

http://www.souverainete.info/docs/L-avenir-financier-du-Quebec–n-est-pas-si-sombre.pdf

«il y a les 50 milliards que les Québécois envoient à Ottawa. Si le Québec reprenait le contrôle de cet argent qui nous appartient, il serait en mesure d’économiser des milliards et d’orienter les décisions de façon à
accélérer la croissance de notre économie.
En examinant dans le passé les dépenses bureaucratiques d’Ottawa, nous avons découvert un gaspillage monstrueux. Par exemple, de 1998 à 2007, les dépenses de Santé Canada ont augmenté de 131% (!) pendant que celles du ministère québécois de la Santé augmentaient de 77%. Pourtant, Ottawa ne gère aucune urgence et n’est pas responsable de l’assurance-médicament.»

Je crois que le débat n’est pas vraiment au Québec sur la grosseur de l’État, mais sur la nature des services et leur accessibilité.

Ce n’est pas l’efficacité dans la prestation des service qui définit si il sont de gauche ou de droite.

Un système de prestation universelle des soins de santé oû plusieurs instances se livreraient un compétition, ou bien oû il y aurait des bonus basé sur l’efficacité et l’économie résultante dans la prestation ne fait pas du concept un concept de droite. Il en fait un concept de gauche mais bien rendu.

« Que fait un patron d’une boîte privée quand un fournisseur lui présente une soumission trop élevée ? Il va voir ailleurs pour obtenir le meilleur prix, sinon son entreprise ne sera plus concurrentielle. »

Un autre qui voit l’entreprise comme un dépanneur de quartier.

Certainement que c’est le patron qui achète la tôle et la peinture et le papier de toilette chez Bombardier.

Chez Québécor, c’est certainnement PKP qui tient les morceaux de rechange des presses sur les tablettes. C’est certainement PKP qui engage les laveurs de vitres de l’entreprise et qui achète le savon.

Aucun des deux ne se fera avoir ils « thèquent » eux même.

Faut pas avoir eu d’entreprises ou avoir connu l’échec pour penser de cette façon.

@ Albert

Donc selon toi, Bombardier (c’est l’exemple que tu utilises), signe avec le premier fournisseur qui croisent son chemin ?

Désolé mais les gens qui administrent leur entreprise de cette manière font rapidement faillite.

David

Dans votre cas c’est la compréhension du texte(#17) des contrats qui vous emmènerais tout droit à la faillite.

C’est ce dont nous avons besoin au Québec, un débat entre la gauche et la droite pour en arriver à un équilibre. Ça divisera certainement les extrémistes, mais pas plus que le sujet de la séparation. Sans débat gauche/droite, on n’a pas de questionnement réel. Il y a du bon dans les 2 courrants de pensée, mais il faut détruire le mythe de la droite mal intentionnée et de la gauche qui est le sauveur. Si la gestion de l’État va trop vers la gauche, on élit le gouvernement de droite pour ramener vers le centre. Même chose dans l’autre sens. C’est ce qui se passe aux USA.

À mon avis, on a besoin à court terme d’un bon virage à droite pour nous remettre dans la bonne direction. Je ne trouve pas que j’en ai pour mon argent et je trouve que le gouvernement est trop impliqué dans nos vies. Le système est encrassé, inefficace et arriéré. En plus, il coûte beaucoup trop cher à maintenir tel quel. Un bon coup de barre SVP et une introduction du système de l’utilisateur payeur (avec filet social pour ceux qui ont RÉELLEMENT besoin d’aide).

@ Albert

Alors explique.

Pour une entreprise comme Bombardier c’est important ou pas de négocier avec ses fournisseurs ?

Bonjur,

Il faudrait tout d’abord cesser les approches qui ne cherchent dans un premier qu’à sous-évaluer tout projet et à glisser toutes les embuches et les difficultés prévues en dessous du tapis pour les faire accepter.
S’assurer d’avoir des personnes et des équipes compétentes à l’intérieur de l’administration publique pour suivre les projets.
Effectuer de la rotation dans les équipes.
Diviser les projets pour conserver et maintenir une certaine concurrence et expertise sur le marché.
N’accepter le plus bas soumissionnaire que dans un contexte de réalité des coûts par rapport aux devis demandés. Sur ce plan, avoir du personnel compétent pour vérifier que la soumission recontre tous les critères ce qui n’est pas toujours le cas.
Qualifier les entrepreneurs en fonction d’un certain nombre de critères dont la capacité de bien évaluer et de bien respecter les contrats et les qualités d’exécution.
Il y a aussi l’élaboration de mécanismes pour s’assurer que tous ceux qui sont habiles à soumissionner peuvent le faire librement.
Les imprévus toujours possibles devraient-être bien compris et ne pas originer de simple négligence ou oublis volontaires lors de la soumission. Leurs conditions d’exécutions peuvent-êtres prévus et négociés au préalable.
Il existe un paquet de normes de référence disponible sur les coûts et autres.
Finalement avoir peut-être une ligne téléphonique qui permet aux exécutants, travailleurs, gestionnaires et autres de déclarer des situations aberrantes, de fraudes ou de non respect des normes et surtout avoir un mécanisme pour y donner un suivi valable et rapide.
Je ne suis évidemment pas une spécialiste mais ce n’est pas en s’en remettant directement au privé que nous gagneront. Le privé signifie profit que quelque soit son degré de fournisseur de service. Quant le payeur ne sait pas comme évaluer ses coûts, exercer un contrôle et accepte un peu toute sorte de qualité et qu’il n’y a personne ou aucune équipe d’imputable on est devant vlà la galère.
La où le privé réussi mieux s’est souvent dans l’imputabilité et la compétence des personnes qui suivent les projets et sur le support de la gestion et de sa capacité à réagir en n’étant pas sous l’influence des lobbys.