Lait: une histoire de vaches… et de sous

Pourquoi paie-t-on le lait 2,6 fois plus cher à Montréal qu’à Plattsburgh ? Pourquoi le prix des fromages québécois et importés est-il si élevé ? 

Photo: Farlap / Alamy
Photo: Farlap / Alamy

Pourquoi les négociateurs asiatiques ou européens éprouvent-ils un malin plaisir à parler de produits laitiers quand ils veulent compliquer la vie de leurs homologues canadiens lors des négociations de traités de libre-échange ?

La suspecte a quatre pattes, elle se nourrit de foin et elle est incapable de faire du mal à une mouche. Pourtant, c’est tout juste si on n’a pas une grande photo d’elle avec le mot « Wanted » écrit dessus lorsque les pays du monde se réunissent pour tenter de ratifier un nouvel accord sur le commerce international.

La vache a le dos large, parce qu’elle est le symbole parfait de la complexité des politiques agricoles. L’agriculture touche des fibres sensibles, comme la souveraineté nationale, la sécurité alimentaire et l’occupation du territoire. C’est un terreau favorable aux prises de bec entre blocs commerciaux.

Pour mettre leurs agriculteurs à l’abri de la concurrence internationale, des États les subventionnent directement, à hauteur de 227 milliards de dollars en 2010 dans les pays de l’OCDE. Le Canada a choisi un autre système pour les produits laitiers, les œufs et les volailles : la gestion de l’offre. Au lieu de subventionner les producteurs et, pour ce faire, d’imposer davantage les contribuables, le Canada demande aux consommateurs et aux transformateurs (qui produisent du fromage, notamment) de payer leur lait plus cher. La production est contingentée et chaque producteur doit acheter un quota qui lui donne droit à un certain volume de production. Ce droit, acquis une fois pour toutes, représente aujourd’hui l’équivalent de 25 000 dollars par vache. De cette façon, le marché n’est pas inondé, les prix restent élevés et les agriculteurs peuvent faire leurs frais.

Pourquoi Metro ou IGA ne vont-elles pas chercher leur lait aux États-Unis, où il est moins cher ? Parce que le système est doublé d’un tarif douanier qui dissuade de toute velléité en ce sens. Pourquoi les grandes chaînes n’offrent-elles pas leur lait à moindre prix pour attirer les consommateurs, comme elles le font avec tant d’autres produits ? Parce que le système est triplement blindé au Québec : il est interdit d’y vendre le lait à un prix inférieur à celui fixé par la Régie des marchés agricoles et alimentaires.

« Nous avons créé un environnement artificiel qui protège le producteur contre les forces du marché, mais le consommateur n’a pas un mot à dire », plaide Sylvain Charlebois, vice-doyen et professeur de politique agroalimentaire à l’Université de Guelph, en Ontario, et grand pourfendeur de cette politique fédérale, en vigueur depuis 1966.

De plus, notre lait est hors de prix sur les marchés internationaux, alors que les Néo-Zélandais, par exemple, exportent 95 % de leur production. Nos partenaires commerciaux voient là le bon prétexte pour nous reprocher notre protectionnisme et demander, en contrepartie, qu’une de leurs industries puisse se soustraire à un éventuel traité.

L’avocat de la défense de la vache québécoise s’appelle Marcel Groleau. Il est président de l’Union des producteurs agricoles et il exploite avec son frère une ferme laitière à Thetford Mines. Il ne croit pas que les petites fermes québécoises pourraient rivaliser avec les producteurs américains ou autres. « Aux États-Unis, la production se déplace d’ailleurs du Nord vers le Sud-Ouest, où le climat plus sec est moins propice aux maladies respiratoires des animaux et où les coûts de main-d’œuvre sont moins élevés, dit-il. Elle se rapproche aussi des grands producteurs de maïs. »

La vache québécoise ne pourrait peut-être pas sur-vivre à l’ouverture des marchés, mais elle est étonnamment résiliente dans les négociations commerciales. Son secret ? Outre les conséquences sur les régions productrices et les transformateurs locaux (pensons à Agropur), Ottawa pourrait se retrouver, si le programme était abandonné, avec une facture de quelque 30 milliards de dollars pour le rachat, à leur valeur comptable, des quotas des producteurs.

Voilà un formidable outil de négociation.

* * *

Tarifs douaniers à l’importation
de produits laitiers

 

– Beurre : 298,5 %

– Fromage : 245,5 %

– Yogourt : 237,5 %

 

(Source : Agence des services frontaliers du Canada)

 

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Ce système est un désastre mur à mur et doit disparaitre. Tous le monde ou presque est perdant, sans parler de l’obstacle que ça constitue pour obtenir l’ouverture dans d’autre marchés.

Même les agriculteurs n’y gagnent plus, sauf s’ils ont eu les quotas au début ou s’ils en ont hérité. Les autres doivent s’endetter pour avoir le droit de produire. Bref ils ne font pas d’argent et les consommateur paient des prix prohibitifs.

Chaque fois que quelqu’un vante les fromage québécois je lui rappelle qu’il pourrait se régaler pour un fraction du prix si le marché était libre…

Un industrie qui survit avec des tarifs de 245% n’est pas viable, c’est juste un question de temps

Alors, si je comprends bien votre thèse, si cette industrie n’était pas subventionnée, elle disparaitrait et les fermes laitières également ?

Aie-je bien compris ?

Si c’est là le résultat du libéralisme économique, je me pose de sérieuses questiopns à son sujet.

«Lorsque l’on se cogne la tête contre un pot et que cela sonne creux, ça n’est pas forcément le pot qui est vide.»
[Confucius]

L’auteur affirme que les fromages québécois pourraient être vendus à « un (sic) fraction du prix si le marché était libre… ». C’est affirmé n’importe quoi. Les producteurs de fromages affinés sont pour la plupart de petites entreprises artisanales dont la production limitée ne pourra jamais se vendre à une « fraction du prix » même si Saputo et Agropur les achetaient tous.

Je me souviens très clairement d’une émission à Rad.-Can. où des producteurs de fromage québécois n’en revenaient pas du prix délirant qui étaient appliqués dans les points de vente au Québec. Ils étaient 4 à 5 fois le prix qu’eux-mêmes le vendaient aux grossistes et aux distributeurs.

Un marché libre (vous en avez contre la LIBERTÉ???) ferait en effet en sorte que les prix baisseraient et que les ventes de ces fromagers AUGMENTERAIENT.

Marché libre tant que vous voudrez, ce sont de petits producteurs artisanaux dont la capacité de produire n’est pas illimitée. Ainsi donc, distribuer une petite quantité coûte plus cher au distributeur qu’une grosse quantité, ce qui se répercutera sur le prix de détail. Si un marchand de gros vend 100 meules de fromage à un marchand de détail au lieu 1 000, les frais de transport et d’administration seront répartis sur une fraction plus grande du prix aux 100 meules qu’aux 1 000 meules.

Si ce que vous écrivez était vrai, les petits commerces auraient disparu de la « mappe » il y a longtemps au Québec et ailleurs dans le monde, or, c’est le contraire qui se passe. Il y a multiplication de petites entreprises dans le monde, même au Québec où l’État tatillon multiplie les embûches envers entrepreneurs.

La catastrophe annoncée par les gauchistes ne se produit pas parce qu’il y aura toujours des clients attirés par les avantages que leur procurent ces dits petits commerces qui, avec le temps et à l’aide de décisions calculées et de chance, peuvent devenir des Saputo de ce monde.

@ François 1

Vous mentionnez Saputo, il a racheté de petites fromageries et les prix n’ont pas baissé pour les raisons que j’ai déjà mentionné. Expliquez-moi comment en produisant de petites quantités vous pouvez vendre votre produit à des prix plus bas qu’une entreprise qui produit des biens en quantité industriel ?

Si vous croyiez qu’une petite entreprise peut facilement rivaliser avec une grosse entreprise, je vous conseille donc, d’ouvrir une petite boutique de vente au détail à côté d’un Wallmart. On verra combien de temps vous allez résister avant la faillite. Vous avez déclaré qu’il fallait avoir de la chance, vous en aurez grand besoin à moins d’avoir, pourquoi pas, un peu d’aide de l’État puisque les grosses entreprises en profitent elles aussi.

Vous faites une fixation sur les prix à ce que je constate.

S’il n’y avait que les prix que les gens prennent en considération, nous roulerions tous en Lada, or, d’autres manufacturiers d’automobiles ont réussi le tour de force de nous vendre des centaines de milliers de voitures plus dispendieuses que les Lada. Comment diable ont-ils fait? Idem pur des tonnes d’autres produits de consommation dont les prix varient d’un fabriquant à l’autre.

Voyez-vous Marc, dans la vente, il y a bien sûr le prix mais il y a également beaucoup d’autres caractéristiques que les gens intelligents analysent et soupèsent avant d’acheter un produit comme la qualité, le goût, la couleur, le rapport qualité/prix, le service, etc…

Si vous aviez plus d’expérience pratique en finances et moins en « sciences molles pas de maths. », vous connaîtriez ces éléments de base depuis longtemps.

Pour ce qui est de l’aide de l’État, je suis CONTRE et ce, à TOUS les niveaux d’entreprise.

@ François 1

Mes interventions portaient sur la capacité de production et de distribution d’une fromagerie artisanale et la répercussion sur les prix, ceci n’a rien à voir sur le comportement des consommateurs.

Pour la leçon, sachez que la finance et l’économie font partie des sciences dites « molles ».

C’est connu, les grands producteurs céréaliers américains ainsi que de d’autres secteurs, sont largement subventionnés par leur gouvernement. De nombreuses différences caractérisent semble-t-il les modalités par lesquelle les gouvernements d’un pays ou d’un autre favorisent leurs producteurs agricoles.

Alors j’estime qu’au bout du compte les pratiques nationales se valent toutes. Évidemment si on veut faire disparaître une certaine industrie agricole, on n’a qu’à leur couper les vivres.

Mais si nous voulons avoir une politique d’autosuffisance agricole et ne pas devoir importer nos denrées de base d’un peu partout à travers le monde, il est évidemment nécessaire d’agir en conséquence.

Personnellement je n’ai rien contre le fait de payer un surplus raisonnable pour manger «local». Et je n’ai rien non plus contre surtaxer les importations qui concurrencent les producteurs locaux. Nous fabriquons ici au Québec d’excellents fromages. Pourquoi devrait-on permettre l’entrée des fromages importés semblables si ce n’est que pour faire crever nos fermes laitières et nos fromagers locaux ? Pour quelques sous me dites-vous ?

«Les masques à la longue collent à la peau. L’hypocrisie finit par être de bonne foi.»
[Edmond et Jules de Goncourt]

« Personnellement je n’ai rien contre le fait de payer un surplus raisonnable pour manger «local». » (sic)

D’accord avec vous mais ne nous IMPOSEZ pas votre « surplus ».

On peut compléter vos propos en ajoutant que les sous-produits du lait tels que le lactosérum et les matières sèches du lait, comme le lait en poudre ne subissent aucunes contraintes particulières en matière d’importations. Une chose bien connue de nos agro-transformateurs peu importe qu’ils relèvent du domaine privé ou du monde coopératif. Grâce à la chimie et à la biologie on peut donc reproduire du lait à partir de ces composantes importées qui sont achetées à meilleur prix à l’étranger sur le marché.

Ainsi par ce stratagème, les transformateurs au cours de ces 15 dernières années ont su augmenter la production de fromage, notamment le cheddar, certains yogourts et des crèmes glacées sans devoir acheter une pinte de lait local de plus d’ici, tout en réduisant simultanément leurs coûts de fabrication.

En somme avec un peu d’imagination et de science on peut accroitre les profits, la production, tout en laissant pourrir ce système sans en principe avoir à y toucher ; lorsqu’il limite finalement la capacité de production de petits et moyens transformateurs locaux qui ne peuvent s’approvisionner en lait sur le marché qu’en quantité irrévocablement limitée. Lorsque la relève dans le monde agricole doit s’endetter pour des décennies, quelquefois pour un revenu de misère une fois toutes les factures, assurances, matériels, etc. et tous autres prêts qu’il faut obligatoirement payer.

Mes propos ne sont pas là pour invoquer la sacro-sainte libre-concurrence, c’est simplement parce que dans une société évoluée qui entend promouvoir avec raison le développement durable, la production agricole locale, diversifiée et de qualité. Le système tel qu’il est actuellement est à la fois contre-nature et contre-productif ; il ne permettra en rien d’égayer nos campagnes.

— Comment faites-vous d’ailleurs pour contrôler et limiter la capacité de production laitière d’une vache ? Et l’indigne vérité, c’est que chaque année se sont des milliers d’hectolitres de surplus qu’il faut invariablement jeter dans l’égout.

@ Serge Drouginsky

De 1966 à 1971 je travaillais sur la ferme et je n’ai jamais vu partir un litre de lait aux égouts chez-nous ainsi que ceux que je connaissait. De plus c’était au début du système. Plus tard, j’en ai connu qui faisaient du fromage pour ne pas perdre le lait et ne pas payer l’amende. J’ai entendu dire que des agriculteurs jetaient leur lait, mais se faire prendre par l’environnement est sérieux.

De toute façon, depuis belle lurette que ces agriculteurs ont disparus et ainsi que ceux qui n’ont pas su contrôler leur production on pourrait dire « juste en temps ».

« Comment faites-vous d’ailleurs pour contrôler et limiter la capacité de production laitière d’une vache ? »

La capacité de production laitière d’une vache ne se contrôle pas. C’est le vêlage juste en temps qui est contrôlé 9 mois à l’avance et précisément pour s’ajuster au cota.

Ce système fonctionne très bien. Nous avons le choix face à notre voisin du sud; garder ce système ou subventionner les agriculteurs la disparition de l’agriculture.

Réponse à Youlle :

Lorsque j’ai parlé de jeter les surplus de lait à l’égout, il ne fallait pas prendre les mots aux pieds de la lettre, c’était ce qu’on appelle en littérature une « figure de style », à la campagne d’ailleurs il n’y a pas de « tout-à-l’égout », ce que j’entendais par mes propos c’est qu’on produit plus de lait que les quotas. Que quoiqu’il en soit on doit bien s’en défaire.

Le fait qu’un des agriculteurs de votre connaissance faisait du fromage avec le lait en surplus, illustre bien qu’il y a des surplus, je suppose que cette production était marginale et non destinée à un usage commercial.

S’il est vrai que ce qui détermine la production laitière soit le vêlage, en d’autres mots que la vache donne naissance à un veau, ne change rien au fait qu’un fermier laitier peut disposer d’un peu plus de vaches qui produisent plus de lait que le quota prévu, de même les vaches n’étant pas à ma connaissance des machines calibrées, certaines d’entre elles ont le lait plus abondant que d’autres. Les chiffres officiels rapportent qu’une vache produit entre 4000 et 7000 litres en moyenne par lactation lorsque certains troupeaux (d’où l’importance des conditions de vie pour les vaches) arrivent à produire jusqu’à 10 000 litres. Ce qui est une marge considérable, vous en conviendrez.

Quoiqu’il en soit, selon moi, ce système favorise le gaspillage, ne favorise pas un accroissement naturel de la production laitière, ne fait pas la vie belle aux jeunes agriculteurs, limite la production des petits et moyens transformateurs, ce qui de par le fait-même a un impact sur toute la chaîne des produits disponibles et des prix.

Ce contrôle et cette mainmise sur les prix n’est pas l’apanage de la seule industrie laitière. Dans l’état cependant, elle affecte la consommation des foyers les plus modestes et réduit le champ des opportunités dans le monde agricole et ses dérivés. En ce sens, vous remarquerez sur ce sujet que mes conclusions diffèrent naturellement des vôtres.

@ Serge Drouginsky

Je ne suis pas un expert, mais j’ai de petites connaissances dans le domaine pour être ni sur une ferme très prospère.

« Le fait qu’un des agriculteurs de votre connaissance faisait du fromage avec le lait en surplus, illustre bien qu’il y a des surplus, »

Non ça n’illustre rien aujourd’hui et très peu il y a 40 ans.

Je vous ai mentionné que ces agriculteurs, d’ailleurs petits avait disparus. Les derniers datent de la fin des années 70.

« …qu’un fermier laitier peut disposer d’un peu plus de vaches qui produisent plus de lait que le quota prévu,… »

J’ai oeuvré dans le domaine pendant 5 ans (de 1966 à 71 avec une charge de responsabilité) et aucun litre n’a été un surplus. Si il a trop d’animaux l’agriculteur devra vendre ces animaux en surplus. Aucun agriculteur ne peut de permettre de perdre 5 ou 10% de sa production, c’est la faillite comme le cas dans toutes industries. Les producteurs de lait savent être précis sinon il disparaissent.

La moyenne de la production par vache au Québec est de 8696 kg de lait et 5 provinces sont meilleures que nous. Les fermes performantes avec des Holsteins ont un rendement de 10 000 kg par vaches. Donc oubliez la vache qui donne 5 ou 6 000 kg, elle sera « scrapée » envoyé à l’abattoir dès son premier mois de lactation. D’ailleurs une vache est envoyée à l’abattoir après trois lactations.

http://www.amvpq.org/index.cfm?p=news&id=272

« …ne favorise pas un accroissement naturel de la production laitière, ne fait pas la vie belle aux jeunes agriculteurs… »

Donc arrêtez de croire à ce gaspillage. Ce système répond précisément à la demande et l’accroissement ou à la diminution naturelle. C’est le consommateur qui en décide comme tout marché. Quant aux jeunes ce sont les revenus médiocres de l’agriculture qui les repoussent; ils sont du calibre ingénieurs ou entrepreneurs ce qui est bien plus payant. Et je ne vois pas en quoi les petits transformateurs ont des moyens diminués par ce système. Ils ont presque tous vendu le gros prix à Saputo, Parmalat et Agropur qui appartient aux agriculteurs.

« Ce contrôle… affecte la consommation des foyers les plus modesties… »

Comment? En important le lait des USA, et bénéficiant ainsi des subventions américaines et de leur main d’œuvre mexicaine à moitié illégale?

« … et réduit le champ des opportunités dans le monde agricole et ses dérivés.”

Je ne sais pas ce que vous voulez dire.
+++++++++

Demandez aux agriculteurs s’ils accepteraient que les subventions partout dans le monde disparaissent et vous aurez un gros OUI à moins qu’il ait quelque chose de modifié dernièrement.

Réponse conséquente à Youlle :

Je vous remercie pour vos compléments d’information forts pertinents. Je pense néanmoins que vous résumez assez bien vos propos en précisant que vous êtes né sur une ferme très prospère.

— Est-il possible que dans ce cas très précis vous soyez tout bonnement en conflit d’intérêts ?

Voyez-vous, cher monsieur j’ai toujours bien aimé les choses de la terre. Né comme citadin dans un milieu modeste, je n’ai pas même envisagé qu’il me soit possible d’accéder un jour à la profession de fermier. Et je ne suis pas le seul dans ce cas.

Aujourd’hui le prix des terres agricoles est élevé, pas seulement au Québec d’ailleurs et si on n’ouvre pas le marché, cette profession qui depuis plus de 50 ans connait une terrible érosion (c’est aussi parmi les agriculteurs qu’on compte un des taux les plus élevé de suicides). Cette profession disparaîtra pour faire place à des conglomérats transnationaux qui contrôleront de 70 à 80% du marché.

Manifestement ce que vous ne comprenez pas c’est que votre discours en pave la voie.

« Tout corporatisme (…) encourage la rigidité, décourage la responsabilité individuelle et risque d’aggraver les erreurs en les dissimulant. » Margaret Thatcher.

@ Serge Drouginsky

« — Est-il possible que dans ce cas très précis vous soyez tout bonnement en conflit d’intérêts ? »

Absolument pas! À vrai dire je me fout un peu des producteurs laitiers. J’ai refusé ferme paternelle il y a plus de 40 ans pour la raison que sa ne paye pas et je n’ai jamais retouché de puis. C’est un peu comme les restaurants. Ça guerre changé, en 2004 le salaire moyen de l’agriculteur était de 16 000$. Si la vie vous intéresse!

À vrai dire je suis inquiet pour l’agriculture au Québec et au Canada. C’est une question de souveraineté pour tous les pays.

http://www.radio-canada.ca/actualite/enjeux/reportages/2004/040406/bonheur.shtml

« Aujourd’hui le prix des terres agricoles est élevé, pas seulement au Québec d’ailleurs et si on n’ouvre pas le marché,… » « …Cette profession disparaîtra pour faire place à des conglomérats transnationaux qui contrôleront de 70 à 80% du marché. »

Je ne comprends pas votre « si on n’ouvre pas le marché ». C’est important.
Est-ce que vous voulez dire ouvrir le marché avec les états unis? Ou partout sur la planète? Vous êtes évasif sur ce point. Ce ne serait pas plutôt vous qui êtes en conflit d’intérêts?

Pour passer les terres aux main des étrangers, c’est déjà commencé avec la Chine en particulier. Dans mon ancien patelin des 10 ou 12 grosses fermes qui restent deux ou trois on de la relève. Mon frère est un de ceux-là avec environ 2000 âcres. Si j’était à sa place et que la meilleure offre venait de la Chine, à 60 ans, je vendrais sans aucune hésitations.

« Et l’indigne vérité, c’est que chaque année se sont des milliers d’hectolitres de surplus qu’il faut invariablement jeter dans l’égout. ». Que fait-on avec les surplus ? « Lorsque la production dépasse cette cible [quota de mise en marché], on doit écouler les surplus sur d’autres marchés, notamment celui de l’alimentation animale, à un prix nettement inférieur au prix moyen reçu pour les marchés planifiés intérieurs.»

http://www.lait.org/fr/leconomie-du-lait/la-gestion-de-loffre-et-la-mise-en-marche-collective.php ou
La gestion de l’offre et la mise en marché collective du lait. Document pdf p.4

@ Réponse à Marc Sauvageau :

— Je vais ici répondre à vos deux messages :

Merci d’abord pour les informations que vous nous apportez.

1. J’aimerais apporter quelques précisions. Il est tout-à-fait exact que c’est la Holstein canadienne qui produit le plus de lait. C’est cette espèce du cheptel qui supporte la préférence de « Valacta » (vos informations), c’est aussi cette espèce qui est la plus populaire au Québec puisqu’elle compose 90% du cheptel.

Toutefois, on trouve d’autres espèces dont « la Canadienne » qui est la plus ancienne race bovine en Amérique du nord qui ne produit en moyenne que 5600 kilos par années.

Comme le précise la FPLQ : « Le volume de lait produit par la vache dépend de ses caractéristiques génétiques, de sa race et de sa condition physique. La production de lait varie également selon la quantité et la qualité des pâturages, des fourrages ou des céréales, la composition du terrain et des plantes, ainsi que les conditions climatiques. »

Ainsi les informations que j’ai écrites sur le sujet étaient-elles d’ordre général et non spécifiques.

2. Si j’admets que ma formule : « (…) ce sont des milliers d’hectolitres de surplus qu’il faut invariablement jeter dans l’égout » était sujette à porter confusion. Il s’agissait d’une figure de style, plus précisément une « analogie » ; je n’étais pas sans ignorer que les surplus sont pratiquement récupérés et destinés à entrer dans la composition de nourriture destinée entre autre aux animaux. Votre document confirme les faits ; de même ils n’infirment en rien mes conclusions qu’on produit plus de lait que ne le prévoient les quotas ce qui engendre des surplus, ce qui pose bel et bien la question de l’allocation en dépit du ton des plus rassurant de la Fédération.

En conclusion :

Je comprends évidemment que la structure de l’industrie laitière fait l’affaire de celles et ceux qui œuvrent dans la profession, que le Canada et plus encore le Québec —qui possède le plus grand nombre de fermes laitières— souhaitent protéger leurs acquis. Je comprends également que c’est le corporatisme de tous poils (et pas seulement dans le lait) qui contrôle ici les marchés respectifs. Par conséquent, il ne faut pas se plaindre si on paye souvent plus cher pour tout ; incluant l’essence, les alcools, le téléphone cellulaire, la construction et la réfection des routes, les livres importés et j’en passe…. C’est le prix à payer pour celles et ceux qui sont en business présentement et qui entendent tout faire pour y demeurer.

@ Serge Drouginsky

« …La production de lait varie également selon la quantité et la qualité des pâturages, des fourrages ou des céréales, la composition du terrain et des plantes, ainsi que les conditions climatiques. » (fédération des producteurs de lait cité par Serge Drouginsky)

Les vaches d’autre race que les Holstein produisent du lait non pas pour les performances de quantité, mais de qualité spécifique de gras, ou de goût ect. dans le lait.

« Si j’admets que ma formule : « (…) ce sont des milliers d’hectolitres de surplus qu’il faut invariablement jeter dans l’égout…”

L’important de cette phrase sont les mots clef « invariablement » et « jeter ». Vous essayez de nous envoyer de la poudre aux yeux pour couvrir votre erreur. RIEN N’EST JETTÉ. Je ne suis pas un expert du lait, mais mon expérience bien supérieure à la vôtre fait que je sais où chercher. Alors, il est dit : « quand des surplus » ça veut dire qu’il y en a pas toujours, ce qui fait que ce n’est pas INVARIABLE.

Pour information; les quotas de lait existaient bien avant 1966 et c’est l’entreprise privée qui les exigeait et les administrait.

Alors, je sais dans ce domaine déceler les gens qui n’ont pas d’expérience qui vont chercher au fur et à mesure leurs informations sur ce sujet et faire la différence entre eux et les gens qui sont du domaine.

Pour finir, votre « si on n’ouvre pas le marché » n’est nulle autre chose qu’ouvrir le libre marché avec les États-Unis, qui, au contraire du Canada, subventionne le lait, et donc pour vous en tant que consommateur canadien, bénéficier des subventions des subventions américaines qu’ils n’accepteront jamais de vous donner. Ruiner l’agriculture canadienne pour sauver quelques sous, tel est votre désir.

C’est un rêve de la petite droite canadienne et des libertariens d’espérer que les États Unis d’Amérique accorderont des subventions à 10% de leur production de lait pour le bonheur des Canadiens et des Québécois conservateur

J’ai dernièrement entendu un expert indépendant déclarer qu’en matière de transport féroviaire, le CN et le CP exerce à toute fin pratique un monopole. En effet ces deux entreprises privées contrôlent plus de 90% du transport sur rail au Canada. Pourtant ce sont des entreprises privées qui font de très fortes pressions sur les autorités pour éviter au max toute règlementation afin évidemment de ne pas se faire mettre des bâtons dans les roues (ou sur les rails).

Les entreprises privées très puissantes font constamment des pressions extrêmement fortes pour influencer les hommes et les femmes politiques pour éviter le plus possible les règlementations. Leur objectif final est évidemment d’occuper toute la place dans leur marché et ainsi lui imposer sa volonté de manière à maximiser leurs profits.

L’industrie alimentaire n’échappe pas à cette philosophie. Aussi, souhaiter restreindre à rien le rôle de l’autorité gouvernementale dans ce domaine, revient à vouloir reléguer le politique à un simple rôle d’observateur. Alors tous les Monsanto et Cargill de ce monde seraient mort de rire et verraient la valeur de leurs actions atteindre des valeurs vertigineuses pendant que les populations en péril continuerait à souffrir de sous-alimentation.

Mais les vaches continueraient à ruminer comme si de rien n’était.

«La pensée idéologique est toujours contre quelqu’un. Elle est toujours un instrument de violence. Elle en est imprégnée, empoisonnée.»
[Francesco Alberoni]

« J’ai dernièrement entendu un expert indépendant déclarer qu’en matière de transport féroviaire, le CN et le CP exerce à toute fin pratique un monopole. En effet ces deux entreprises privées contrôlent plus de 90% du transport sur rail au Canada. Pourtant ce sont des entreprises privées qui font de très fortes pressions sur les autorités pour éviter au max toute règlementation afin évidemment de ne pas se faire mettre des bâtons dans les roues (ou sur les rails). » (sic)

Lorsque ce sont la SAQ, la SAAQ, Lot–Québec, etc… le monopole créé de toute pièce par des politiciens et des syndicats et garanti à partir des lois et des règlements abusifs est acceptable; mais si ce sont des sociétés privées qui PARTAGENT ce même monopole remporté à force de travail, de risques mesurés et de sages investissements, c’est insupportable???

De grâce, relevez-vous… Ça devient gênant à la longue!

Monopole pour monopole je choisis et de bien loin le monopole de l’état (exemple Hydro Québec) qui met de l’argent dans coffres du gouvernement plutôt que celui qui tète l’argent à l’état et qui encaisse des profits à cause de son monopole et qui fout le camp à l’extérieur avec mon argent.

Il en est de même pour le lait. Les Américains payent leur lait sensiblement le même prix que nous. La différence est qu’ils en payent une partie à l’épicerie et une partie en impôts pour les subventions. Croire qu’ils vont nous donner leurs subventions est bien naïf.

Monsieur Duhamel mentionne que le lait se paie 2,6 fois plus cher à Montréal qu’au sud de la frontière. Or, la Fédération des producteurs de lait du Québec mentionne dans une de ses brochures (La gestion de l’offre et la mise en marché collective du lait) que » pour la même période [1990-2011], le prix des produits laitiers a augmenté plus rapidement aux États-Unis qu’au Canada. » p. 6-7 et qu' »Une enquête effectuée à 30 reprises depuis 15 ans dans l’État du vermont et au Québec montre que le panier de produits laitiers québécois est, en moyenne, 3,8% moins cher que le panier américain, et ce, malgré l’appréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain ces dernières années. » p. 8

Réponse à Marc Sauvageau :

Ici tout est dans la nuance. Puisque les propos de monsieur Duhamel font état du prix de la matière première. Quand ce que vous rapportez relève d’un panier de produits laitiers (probablement : lait, fromages, yogourts, crèmes glacées, etc.).

Ainsi, le prix moyen d’un panier d’épicerie peut varier d’un endroit à un autre, y compris dans plusieurs endroits à l’intérieur du Québec lorsque cela relève tant du choix des produits, tant des coûts de production que des marges bénéficiaires des producteurs et des distributeurs.

De plus l’étude que vous mentionnez est concentrée sur un seul État, celui du Vermont. Ainsi au Vermont, vous ne trouverez notamment aucun magasin Wal-Mart ; plutôt à la place un réseau fort avenant de commerces de proximité. C’est un choix au niveau de l’État qui souhaite conserver sa spécificité, celle d’être un État Vert comme son nom l’indique. C’est pour cette raison aussi que nombres d’habitants de cet État vont magasiner dans l’État de New-York qui dispose de gros centres commerciaux ou bien au Québec (ce qui est moins vrai maintenant avec la relative parité du dollar) où il se trouve aussi des magasins qui pratiquent le discount et des spéciaux, sur au moins une sélection de produits.

— J’imagine que la démarche que la FPLQ est plutôt au niveau de l’autopromotion et de l’autosatisfaction :-).

Dans le même document à la page 7 on nous montre un graphique qui compare l’indice du prix au détail des produits laitiers au Canada ainsi que celui des États-Unis, et comme pour l’exemple du Vermont-Québec, l’indice du prix de détail américain est supérieur à celui du Canada sur une longue période (période examinée s’étendant de 1990 à 2011). Je ne crois pas que les marchands de détail américains aient des coûts d’exploitation plus élevés que les canadiens, le prix de base du lait est la raison.

À Marc Sauvageau,

Comme vous ne donnez pas un lien qui permette de colliger vos propos, je vais considérer qu’ils soient exacts 🙂

Magasins Wallmart au Vermont :

Bennington Walmart Store #2289 210 Northside Drive (802) 447-1614
Berlin Walmart Store #2682 282 Berlin Mall Road Unit #1 (802) 229-7792
Rutland Walmart Store #2530 1 Rutland Plaza (802) 773-0200
Williston Walmart Store #2224 863 Harvest Lane (802) 878-5233

Parle-t-on du même Vermont ?

Mes références n’étaient pas à jour effectivement. Le Vermont avait la réputation d’être le seul État américain à avoir résisté au géant de la distribution. J’ai omis de vérifier lors de la rédaction de mes commentaires si la chose était encore vraie. Il appert néanmoins que Wal-Mart a dû attendre jusqu’en 1995 pour ouvrir un premier magasin dans le Vermont. Cet État a bien été le 50ième et le dernier à permettre à cette chaîne de s’implanter sur son territoire. Ce qui prouve que la base de données initiale de mes propos était exacte. Je m’efforce dans la limite de mes compétences d’offrir lors de mes interventions sur ce blogue des données les plus convenables possibles.

D’après mes informations recueillies présentement, cette implantation s’est faite par l’acquisition d’un concurrent. Je n’ai pas trouvé le nom du concurrent. Peut-être sauriez-vous le trouver ? – C’est quoiqu’il en soit une technique qui est propre à cette chaîne ; ce qui s’est produit ici-même au Québec avec l’acquisition de Woolco et plus récemment par l’acquisition de plusieurs anciens magasins Zellers.

Quoiqu’il en soit, comme Wal-Mart vend au prix du marché et qu’il ajuste ses prix en fonction du marché où il se trouve (il n’y a pas de politique nationale de prix chez Wal-Mart), si le prix du lait dans l’État du Vermont est plus dispendieux que dans l’État de New-York, Wal-Mart ne vendra pas son lait meilleur marché à quelques cents près puisqu’il peut se permettre par le référencement dont il dispose en magasin d’offrir des spéciaux sur toute une gamme de produits qui sont mieux margés.

Enfin, hormis vos précisions qui viennent enrichir notre culture générale, ce dont je vous remercie. Vos propos ne viennent pas contredire la nature même de mes commentaires, ce qui en cette occurrence me satisfait pleinement.

Comme le démontre Denis Drouin dans interventions les arguments en faveur de la gestion de l’offre et des subvention sont essentiellement idéologiques. On parle par exemple de concepts bidons (et économiquement absurdes) comme l’autosuffisance ou bien la souveraineté alimentaire,

Quel dommage! Certes si on abolissait la gestion de l’offre un petit groupe de gens seraient affectés à court terme (c’est toujours comme ça quand on se défait d’une dépendance, mais d’autres s’adapteraient) par contre aussi des millions de consommateurs paieraient 2 à 3 fois moins cher pour leur lait, fromage et yaourt. Cela diminuerait grandement le coût du panier d’épicerie des ménages et laisserait plus de latitude pour importer et acheter (entre autre) des fruits et légumes de meilleure qualité que la « scrappe » qu’on retrouve habituellement dans nos marchés (le Québec, plus pauvre, est réputé pour importer la catégorie 3, la moins chère…)

Si d’autres pays tiennent absolument à taxer leur citoyens pour subventionner leurs producteurs et bien pourquoi ne pas simplement profiter du cadeau qu’ils nous font en nous vendant leurs aliments à rabais? Les capitaux ainsi dégagés pourraient aller nourrir d’autres parties de l’économie, réellement compétitive et viable.

Quand aux fromages Québécois je suis convaincu qu’ils survivraient sans problème sans la gestion de l’offre, certes les prix baisseraient mais aussi les coûts, et il y aura toujours une demande pour des produits locaux de qualité.

Mais rien ne changera car en plus de l’idéologie, le cartel du lait, l’UPA et l’establishment agricole sont trop puissants et les politiciens trop peureux (et trop heureux de pelleter par devant…). Je le répète: quel dommage!

Avec l’ouverture des marchés agricoles, on favorise directement et principalement les plus gros producteurs. Évidemment, les marchés de niches où la production artisanale a une petite chance de tirer son épingle du jeu, resteront mais en tout état de cause, ils ne représenteront toujours qu’une infime valeur comparativement aux productions industrielles qui font même une forme de dumping un peu partout sur la planète.

Le fait est que si les États nationaux veulent avoir une chance de préserver leurs productions agricoles avec ses caractéristiques particulières, ils doivent absolument éviter ce libéralisme outrancier qui ne visent qu’à favoriser les plus importantes organisations et qui favorisent l’émergence progressive d’un monopole de facto où les acteurs ont alors tout loisir de s’entendre sur les prix ainsi que sur l’uniformité de l’offre en laissant tomber sa diversité.

Comment les grands restaurants comme ceux de Mme Loiseau qui misent sur une diversité et une grande qualité des produits qu’ils apprêtent peuvent-ils se les procurer si les producteurs artisanaux n’existent plus ? Ni Harveys, ni McDonald ne s’y approvisionnent.

Il n’y a absolument rien d’idéologique dans la volonté de maintenir en vie la production agricole locale. Il n’y a rien d’idéologique à vouloir s’approvisionner auprès d’un producteur artisanal. Il s’agit simplement d’une question d’affaires. Les tenants de la libéralisation des marchés visent à maximiser les profits des producteurs industriels tandis que ma position vise à permettre aux fermes et aux producteurs locaux de vivre. Les deux concepts ne sont ni plus ni moins idéologiques l’un que l’autre.

«Comme le dit un jour un homme d’esprit, le cannibalisme fit place au capitalisme lorsque l’homme se rendit compte qu’il était plus rentable d’exploiter son prochain que de le manger.»
[Lytle W. Robinson]

« Avec l’ouverture des marchés agricoles, on favorise directement et principalement les plus gros producteurs. »

Erreur, ce sont les plus gros agriculteurs, les premiers ne résisteraient pas. De grâce qu’on arrête de comparer les grosses fermes laitières au transformateur du groupe Saputo.

« Des troupeaux de plus de cent vaches au Québec, il y en avait 415 en 2011. Cela fait 8,2% du total du cheptel québécois. »

Et à 150 vaches des million$ ce sont des artisans.

Des petits producteurs de fromages pourraient à la limite survivre, mais tôt tard ils achèteraient leur lait subventionné des USA et leur succès finirait par être avalé par le groupe Saputo.

Quant au producteur artisanal c’est moins payant que les restaurants dont on parlait cette semaine. Ils fait qu’ils soient un couple et que un des deux ait un travail à l’extérieur. Allez voir à l’Ile d’Orléan, même s’il sont petits ce sont des Mexicains qui ramassent les fraises.

Comme le démontre Denis Drouin dans interventions les arguments en faveur de la gestion de l’offre et des subvention sont essentiellement idéologiques. On parle par exemple de concepts bidons (et économiquement absurdes) comme l’autosuffisance ou bien la souveraineté alimentaire,

Quel dommage! Certes si on abolissait la gestion de l’offre un petit groupe de gens seraient affectés à court terme (c’est toujours comme ça quand on se défait d’une dépendance, mais d’autres s’adapteraient) par contre aussi des millions de consommateurs paieraient 2 à 3 fois moins cher pour leur lait, fromage et yaourt. Cela diminuerait grandement le coût du panier d’épicerie des ménages et laisserait plus de latitude pour importer et acheter (entre autre) des fruits et légumes de meilleure qualité que la « scrappe » qu’on retrouve habituellement dans nos marchés (le Québec, plus pauvre, est réputé pour importer la catégorie 3, la moins chère…)

Si d’autres pays tiennent absolument à taxer leur citoyens pour subventionner leurs producteurs et bien pourquoi ne pas simplement profiter du cadeau qu’ils nous font en nous vendant leurs aliments à rabais? Les capitaux ainsi dégagés pourraient aller nourrir d’autres parties de l’économie, réellement compétitive et viable.

Quand aux fromages Québécois je suis convaincu qu’ils survivraient sans problème sans la gestion de l’offre, certes les prix baisseraient mais aussi les coûts, et il y aura toujours une demande pour des produits locaux de qualité.

Mais rien ne changera car en plus de l’idéologie, le cartel du lait, l’UPA et l’establishment agricole sont trop puissants et les politiciens trop peureux (et trop heureux de pelleter par devant…). Je le répète: quel dommage!

@ pbrasseur

« Si d’autres pays tiennent absolument à taxer leur citoyens pour subventionner leurs producteurs et bien pourquoi ne pas simplement profiter du cadeau qu’ils nous font en nous vendant leurs aliments à rabais? … Les capitaux ainsi dégagés pourraient aller nourrir d’autres parties de l’économie, réellement compétitive et viable.»

Il ne faut pas trop demander à la droite de réfléchir.

pbrasseur, vous devriez partir pour Washington pour faire part de votre découverte. Cela remonterait l’économie américaine qui en a tant besoin.

Pourquoi les Américains ne profitent-ils pas des subventions étrangères au lieu de subventionner à gros prix de taxes des contribuables? L’idéologie comme vous dites, des politiciens trop peureux, le cartel du lait? Pfff! d’après vous?

Pourquoi les USA font mourir l’agriculture des autres pays en subventionnant leurs produits pour que ces consommateurs économisent? Pour les contrôler et les affaiblir politiquement et finalement leur vendre plus cher une fois l’agriculture disparue.

Vous voulez que les USA contrôlent la bouffe et le fromage à gros prix et nous affament si sa leur chantent?

Quelle système hypocrite. Je n’ai jamais compris le libre échange, on subventionne à tour de bras ou on impose des tarifs douaniers outranciers, autant aux USA qu’ici. Mais bon c’est peut-être un moindre mal car j’aime bien savoir que les agriculteurs puissent vivre de leur métier. Mais ne dit-on pas malgré toutes les protections qu’ils sont surendettés et que même les Chinois commencent à acheter leurs terres?