Le legs de Jacques Parizeau

Pour certains, il aura été un homme de conviction, qui a voué à une grande cause l’essentiel de sa carrière. Pour d’autres, il a été l’artisan d’un projet dans lequel ils ne se reconnaissaient pas. Mais les deux groupes saluent un serviteur public engagé. 

Parizeau: "Je vous tends la main"

Jacques Parizeau aura droit à des funérailles d’État, et l’immeuble abritant le bureau principal de la Caisse de dépôt et placement du Québec, à Montréal, portera dorénavant son nom. De partout, et toutes familles politiques confondues, on salue une immense et longue contribution à l’État québécois.
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Ces éloges soulignent le rôle historique de Jacques Parizeau dans l’édification du Québec moderne, à la fois comme comme consultant, conseiller, ministre et premier ministre. Tous peuvent apprécier la ferveur de ses convictions et la constance de son engagement public. L’homme avait du panache et il était tout sauf ennuyant.

Jacques Parizeau est à la fois l’un des architectes de la Révolution tranquille et, avec René Lévesque, la figure historique la plus importante du mouvement indépendantiste. Il s’est exprimé sur tous les sujets et il aura laissé ses empreintes sur l’édification de la société québécoise moderne, pour reprendre une expression de Jean-François Lisée.

Pour ses nombreux admirateurs, le bilan est exemplaire, et c’est presque un sans fautes.

Les autres, et j’en suis, font un bilan beaucoup plus mitigé. Jacques Parizeau voyait l’État comme l’outil essentiel du développement économique, et il a été un créateur en série de sociétés publiques — certaines moins heureuses que d’autres, comme celle qui a procédé à la nationalisation des mines d’amiante.

Il ne se souciait guère des déficits publics. Il considérait qu’on surestimait le poids de l’endettement public et qu’on y accordait trop d’importance. L’endettement du Québec a été multiplié par six pendant le temps qu’il occupait le poste de ministre des Finances, et les paiements d’intérêts sur cette dette sont passés de 500 millions de dollars (lors de son premier budget) à 3 milliards, quand il a quitté la politique pour la première fois.

Il s’est opposé au projet de la baie James, favorisant plutôt le recours au nucléaire. Imaginez dans quelle situation on se retrouverait aujourd’hui.

En revanche, la création du Régime d’épargne-actions — qui favorisait l’entrée en Bourse des PME québécoises  — était une bonne idée à l’époque, et elle a favorisé la croissance de plusieurs grandes sociétés québécoises. Ce régime octroyait des crédits d’impôt à ceux qui investissaient dans des sociétés québécoises nouvellement inscrites en Bourse ou qui sollicitaient de nouveau l’argent public.

La Révolution tranquille

Monsieur Parizeau a été impliqué dans plusieurs des décisions politiques constitutives de la Révolution tranquille, dont la seconde nationalisation des compagnies d’électricité, en 1963, et la création de la Caisse de dépôt et placement, en 1965.

La Révolution tranquille a marqué une époque. Le gouvernement libéral de Jean Lesage tenait à se démarquer des années du régime Duplessis, assimilée à une grande noirceur sur le plan des idées et à des années de stagnation sociale et économique. La réalité était plus nuancée, mais la Révolution tranquille était la manifestation québécoise de la mise en place de l’État-providence déjà observée au Canada et en Europe dans les années 1950.

Il ne faudrait pas que la contribution exceptionnelle de Jacques Parizeau efface néanmoins du souvenir historique celle des autres artisans de cette période, comme André Marier, celui qui a eu l’idée de la création de la Caisse de dépôt et qui a su vaincre les dernières réticences de Jean Lesage, alors premier ministre. Ce dernier fera adopter, le 15 juillet 1965 — il y a presque 50 ans — les deux projets qui créeront respectivement la Caisse de dépôt et la Régie des rentes. L’économiste André Marier, mort dans le quasi-anonymat, en décembre 2014, est aussi l’un des initiateurs de la nationalisation des 11 compagnies d’électricité hors Montréal de 1963.

La Révolution tranquille était animée par un ensemble de jeunes économistes comme Parizeau et Marier, mais aussi Claude Morin, rédacteur des discours de Jean Lesage, Michel Bélanger, qui deviendra le premier président de la Banque Nationale du Canada, et Marcel Casavant, sous-ministre des Finances à l’époque, et qui deviendra le second président de la Caisse de dépôt, en 1970. Il y avait dans cet équipage d’autres spécialistes de haut vol, comme l’actuaire Claude Castonguay, futur ministre et initiateur de l’assurance santé québécoise, le même qui effectuera avec d’autres les études actuarielles à l’origine de la création de la Caisse de dépôt.

La Révolution tranquille marquera aussi la scission entre les grands mandarins et les politiques qui embrasseront le projet indépendantiste — dont René Lévesque, Jacques Parizeau et Claude Morin — et ceux qui demeureront fédéralistes, comme les autres ministres du gouvernement Lesage, ou des mandarins, comme Michel Bélanger et Claude Castonguay.

La souveraineté

Pour les souverainistes, Jacques Parizeau sera celui qui aura donné une crédibilité économique à leur option. Ce bon bourgeois — qui a été éduqué à la prestigieuse London School of Economics et qui enseignait à ce que nous appelions l’École des hautes études commerciales (aujourd’hui HEC Montréal) — était la caution économique de son parti.

Les plus âgés se souviendront néanmoins du débat sur le budget de l’an 1 d’un Québec indépendant, soumis par le Parti québécois pendant la campagne électorale de 1973. Le professeur Parizeau défendait son budget devant Raymond Garneau, jeune ministre des Finances du gouvernement Bourassa, Fabien Roy, chef créditiste, et Marcel Côté, économiste alors candidat pour l’Union Nationale dans Sherbrooke.

Jacques Parizeau se trouvait dans la désagréable situation de défendre son budget contre tous ses adversaires plutôt que d’attaquer la politique du gouvernement en place. Raymond Garneau, intimidé par la carrure et l’aplomb de Parizeau, avait demandé conseil à Marcel Casavant, qui connaissait bien son ancien collègue de travail.

Il avait confié à Raymond Garneau que M. Parizeau connaissait 70 % de toutes les questions et enjeux économiques qui pourraient être soulevés dans un débat, mais qu’on pouvait le décontenancer dans des considérations plus techniques et pointues. Ce que fit Garneau, lui-même économiste, qui l’a interrogé rapidement sur la courbe d’élasticité du dollar canadien et la croissance du PIB.

Raymond Garneau raconte qu’il avait gagné le débat dès qu’il a constaté la réaction non verbale de son adversaire. Quelques semaines plus tard, le Parti libéral faisait élire 102 de ses 110 candidats, avec 55 % des votes. Jacques Parizeau sera lui-même défait une deuxième fois dans Crémazie.

Les péquistes n’en ont jamais voulu à Jacques Parizeau, qui deviendra trois ans plus tard un pilier du gouvernement Lévesque.

Les souverainistes saluent aujourd’hui son engagement ferme et résolu en faveur de l’indépendance, et ce, malgré les défaites référendaires. Il est celui qui a mis ses principes au premier plan en quittant le gouvernement Lévesque, en 1984, parce qu’il était opposé au renouvellement du fédéralisme — auquel s’était rallié M. Lévesque à l’époque, sous le vocable du «beau risque».

Il est aussi celui qui a su mettre son égo de côté dans la campagne référendaire de 1995 pour céder le premier rôle à Lucien Bouchard, plus populaire que lui. Parizeau a toujours incarné l’indépendantiste pur et dur, et il souffrait de devoir composer avec des personnes plus portées sur le compromis ou plus prudentes dans la démarche qui doit mener à l’indépendance, comme Claude Morin, René Lévesque et Lucien Bouchard.

La victoire aurait toutefois été sienne en 1995, si le Oui l’avait emporté. Ses alliés de la campagne, Lucien Bouchard et Mario Dumont, auraient rapidement retrouvé l’arrière-plan, et Monsieur était prêt à engager 17 milliards de dollars des épargnes des Québécois gérées par la Caisse de dépôt pour racheter des obligations québécoises en cas de ventes massives.

Pour Jacques Parizeau, les sociétés d’État étaient des outils au service de sa vision du Québec, et l’accomplissement de son objectif le plus précieux aurait été l’occasion de démontrer pleinement leur utilité.

Le Québec dit adieu à un homme de conviction, qui a voué à une grande cause l’essentiel de sa carrière. Une partie du Québec pleure aujourd’hui ce grand homme.

Pour d’autres, il aura été l’homme d’un projet dans lequel ils ne se reconnaissaient pas. Ils pourraient aussi déplorer sa gestion des finances publiques et son interventionnisme musclé.

Les deux groupes saluent aujourd’hui un serviteur public engagé. Le bilan tracé par les uns et par les autres n’est pas le même, mais tous s’entendent sur la stature du personnage et sur son indéniable talent.

 

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12 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Excellent commentaire qui corrige le portrait incomplet qui prévaut aujourd’hui dans tous les médias largement inspirés par le côté de la médaille souverainiste

Je me demande si PKP ne souffrira pas de la comparaison avec Jacques Parizeau!! Vraiment pas de la même stature..

Évidemment, comme d’autres chefs de parti ( tout partis confondus) et premier ministre depuis l’époque de monnsieur Parizeau

PKP se prétend maintenant un « héritier » de Parizeau…

Fou hein?

C’est rien… PKP a même déclaré que la mort de Parizeau aidera le mouvement séparatiste. Si on suit son « raisonnement », plus il mourra de séparatistes et plus la souveraineté sera « aidée »…

En fait, avec PKP, on s’éloigne de Lévesque-Parizeau et on s’approche de Goofey.

« C’est rien… PKP a même déclaré que la mort de Parizeau aidera le mouvement séparatiste. Si on suit son « raisonnement », plus il mourra de séparatistes et plus la souveraineté sera « aidée »… »

Tu n’as, de toutes évidences, rien compris au raisonnement.

Était-il Dieu ? Surement pas. Si par contre nous soupesions les forces et les faiblesses de ce qu’il a apporté au Québec, nous serions en toute objectivité obligés de reconnaître qu’il a fortement contribué à la modernité du Québec. Son apport a été considérable, sachons le reconnaître. Aller chercher une situation où il n’aurait pas su quoi répondre à Raymond Garneau pour faire suite à une question de ce dernier m’apparait futile et peu digne d’un journaliste sérieux dans le contexte actuel. Votre seul souhait semblait être de minimiser l’éloge fait à Monsieur ? C’est un geste minable dans les circonstances.

Vous dressez un portrait vif, nuancé et sérieux de Jacques Parizeau et je trouve l’intégration historique avec d’autres acteurs de la même époque bien faite. Vous montrez de la même façon qu’un chef peut avoir « ses idées » tout en étant à l’écoute des autres pour pouvoir ou devoir le cas échéant en changer.

Vous dépeignez aussi ce vent qui soufflait alors dans les années 60 sur le Québec, quand presque tous les défis pouvaient être lancés et relevés. Vous montrez aussi que la course du Québec s’inscrit dans les tendances de l’après-guerre avec ce concept « d’État providence » qui a été profitable à bien des nations d’occident pendant près de 30 ans.

Et vous montrez d’une certaine manière la fragilité de toutes choses. Les hommes sont souvent plus grands après leurs vivants. Peut-être parce que les humains sont pour la plupart des « gagnes petits ». Jacques Parizeau s’inscrit dans ces générations de politiciens qui voyaient peut-être plus grand que la seule dimension de la nature humaine : Churchill, de Gaulle, Parizeau et quelques autres. Reste à savoir ensuite qui ?

Tout cela me laisse songeur. Est-ce que notre grande faiblesse, c’est d’avoir cessé de rêver ? Est-ce que le déficit public bien fait, ne contribue-t-il pas par la réalisation de divers projets, au « mieux vivre ensemble » ? Est-ce que c’est dans « le faire » qu’on rencontre des populations heureuses et des chefs qui se tiennent debout ?

Il ne faut quand même pas oublier quelques faits d’armes moins éblouissants de ce Monsieur à part « La faute du vote ethnique et de l’argent »:

1- Le budget de l’An 1 où il s’était fait « ramasser » par Raymond Garneau qui à l’époque était un prof d’université.
2- Il était un grand défenseur des centrales nucléaires et tout à fait contre les centrales hydroélectriques et le projet de la Baie James.
3- Il a nationalisé l’industrie de l’amiante à Asbestos (devenu par la suite un gouffre financier sans fond!) même s’il savait que ce matériau était cancérigène et banni de presque toute la planète.
4- Il a participé au désastre de Tricofil.
5- Sa déclaration sur les « cages à homards », bien qu’absolument vraie, a été une maladresse incroyable et colle encore à la peau des péquistes.
6- Sa défection envers René Lévesque et le Parti québécois lors du deuxième mandat péquiste où lui et plusieurs autres ministres ont déserté le parti et leur chef de l’époque, René Lévesque, parce qu’ils ne le jugeaient pas suffisamment jusqu’au-boutiste.
7- Le « Plan O » rebaptisé plus tard le « Plan Zéro » lors du dernier référendum où il avait, en cachette bien sûr, prévu dilapider des milliards de NOTRE ARGENT pour soutenir l’économie québécoise dans le cas où le « oui » l’aurant remporté car il savait très bien que dans un tel cas, la province se serait écroulée lamentablement.
7- Etc…etc…

Bref, je suis loin de vouloir le béatifier tout bêtement comme les séparatistes tiennent à le faire.

Laissons décanter le vin avant de le boire.

Trudeau, le père de l’autre jeune, a fait mettre plusieurs centaines de Québécois en prison sans que jamais, jamais il n’y ait aucune accusion de portée contre eux…pour intimider…pour rapetisser…pour démontrer à celui qui se prend pour un ti-peuple, qu’ il n’est rien du tout en fait, en espérant qu’une fois pour toute, il reprenne sa place de porteur d’eau et lui rappeler qu’il n’occupera jamais de poste important, parce qu’il ne connait rien à la finance et aux affaires, pas même un poste de vice-président à la tête du cn! Speak english, va chercher mes valises, pis farme la!

+ de 6 québécois francophones sur 10 ont voté pour: normal qu’il y ait une diversité de pensées dans une société démocratique, surtout lorsqu’une grande partie a peur de perdre ses droits comme les fédéralistes, les patrons, la finance lui ont promis en cas de victoire du oui…sans compter les départs de leurs gagne pain et à servir pour le reste de leurs jours…;
+ de 9.8 québécois d’origines ethniques diverses sur 10 ont voté contre: pas normal, à part si on est habitué de suivre inconditionnellement des leaders, sans droits réels de paroles et de pensées; sans parler de combien d’entre eux, nouvellement arrivés et non encore canadiens, qui en temps normal n’auraient pas eu le droit de vote n’eut été des arrangements spéciaux de ti-jean chrétien?;
+ et l’argent, dépensé illégalement à l’encontre des règles sur les référendums: faut bien être d’une malhonnêteté sans limite pour ne pas l’admettre;
+ les patrons qui ont fait toutes sortes d’intimidations directement et indirectement et qui ont dépensés sans bornes illégalement pour le camp du non;
+ la finance qui a aussi fait de l’intimidation (le coup de la Brinks…pour ne nommer que cela).
Parle, parle, jase, jase c’est aussi ça!
Si on veut ressasser l’hisoire, on peut bien le faire, mais les mêmes arguments ne vont encore une fois répétés de part et d’autres. Quelle en est l’utilité? En ce moment? À part que pour dénigrer? En ces jours de deuil, ce n’est que de la rancune!

On refera pas l’histoire, mais à 49.?% pour le oui, n’eut été des Bouchard et cie, il aurait fallu battre le fer pendant qu’il était chaud, en plus de tout faire, peu importe les efforts et le temps que cela aurait pris, pour invalider ce référendum parce que les régles n’avaient pas été suivies et le recommencer!

Tant qu’à se mettre à ressasser le passé et nos interprétations qui n’ont pas changées et qui ne changeront pas aussi bien montrer les 2 plateaux.

Mais par respect pour les Québécois et pour ce grand homme, il aurait été beaucoup plus appropré d’attendre une semaine ou deux après sa mise en terre.

Désolant ce rammassis de rammachages vindicatifs faisant l’éloge des différents mainte fois répétés, élaborés, ne pouvant qu’emmener des débats et des critiques qui peuvent être soulevés 365 jours chaque année et qui pourront l’être encore et encore.
Mais maintenant pour parler de Monsieur à l’occasion de son décès?
Aussi et encore, spéciquement dans cette période ou ceux qui l’ont aimé et apprécié déplorent son départ?

Il me semble que comme la majorité de ses adversaires que j’ai lus et/ou entendus, par respect pour ceux qui lui survivent, une petite pause sur tout ce qui divise, sans tomber dans les louanges non sentis monsieur Duhamel, aurait été approprié et apprécié.

Lors de la dernière guerre pourtant, des soldats de plusieurs nations, à l’occasion de noêl sur un champ de bataille, ont fait et respecter une pause pour fraterniser, alors que quelques heures avant ils se tiraient, eux, plus que des mots, mais des balles pour se tuer les uns et les autres. C’est bien plus dangereux que de vouloir un pays et de promouvoir l’indépendance d’une province pacifiquement, sans violence, mais par des mots et en respectant la démocratie.
C’est vrai qu’il n’y avait pas alors sur place ni de généraux pour l’interdire, ni de professionnel de la communication pour continuer les agressions par les mots.

On aurait pu attendre un peu. Pendant des dizaines d’années encore nous aurons l’occasions d’émettre les mêmes opinions avec les mêmes arguments de part et d’autres, puisque chacun ou presque, avec ou sans raisons véritables, garderons les même marottes sur ses sujets!

Triste, décevant et insultant monsieur Duhamel!

Qu’elle mauvaise foi encore une fois, c’est estomaquant.

M.Parizeau et ceux qui en font l’éloge n’ont jamais dit qu’il avait fait ce qu’il a fait tout seul, il a à chaque fois été un joueur clé d’une équipe et ça a certainement été les cas avec M.Marier par exemple.

Je considère plutôt mesquin (je ne trouve pas d’autre mot) votre tentative évidente de diluer l’œuvre de M.Parizeau particulièrement le jour de son décès, c’est odieux.

M.Parizeau était très compétent en économie en particulier et c’est probablement là-dessus qu’on retrouve le plus de reconnaissance de ses pairs et de d’autres ici au Québec mais aussi à travers le Canada. Être très compétent ne veut pas dire avoir réponse à tout et que l’homme aille de l’avant avec ses idées avant d’avoir les réponses à 100% des questions qu’elles peuvent soulever est un signe de confiance en soi et d’efficacité (ce n’est pas à un économiste comme vous qu’on devrait avoir à rappeler la règle du 80/20).

Ce que vous nous apprenez ici de la petite histoire survenue entre Raymond Garneau et Jacques Parizeau ne me surprend pas du tout parce que ça a toujours été la tactique utilisée par les Libéraux essayer de déstabiliser leurs adversaires avec des pelures de bananes faute de pouvoir faire mieux. À votre place j’aurais eu honte de devoir relever une telle anecdote pour faire valoir mon point de vue.

Vous tronquez aussi la vision de M.Parizeau, je ne crois pas qu’il ait déjà dit que « l’État était l’outil essentiel du développement économique », le secteur privé est le principal acteur de ce côté là et il le reconnaissait , mais en même temps et c’est ce qui est en opposition avec votre idéologie, pour M.Parizeau l’implication de l’État dans le développement économique était / est indispensable si on tient à ce qu’il se fasse dans le meilleur intérêt à long terme des citoyens, c’est un des principaux rôles de l’État de voir au mieux être de ses citoyens à tout point de vue,.

Un État qui se limite à appeler des investisseurs étrangers à venir exploiter ses ressources humaines et naturelles ou à investir dans toutes sortes d’infrastructures en les laissant complètement planifier ces développements ne remplit pas sa mission. L’État doit orienter certains développements économiques, les pays qui sont le plus souvent cités comme des exemples à suivre en terme d’équilibre / d’équité qu’on y retrouve entre les intérêts publics et privés se sont impliqués activement dans la planification du développement économique sur leur territoire.

Le bilan positif de M.Parizeau n’enlève rien au mérite de ceux qui de d’autres idéologies ont aussi fait avancer le Québec, mais tenter de dénigrer l’œuvre de ce grand québécois, c’est mesquin je le répète, mais c’est aussi insulter ceux qui reconnaissent la grandeur de l’homme et de son œuvre et qui admirent la vision qui le guidait pour le Québec de demain.

Parizeau a PERDU son référendum contre…Jean Chrétien.

Case closed.

Si le cas est clos, pourquoi, vous et d’autres, l’auteur de ce billet, et sur d’autres aussi, tenez tant, au moment de sa mort, à remémorer à tous vos rancunes définitivement encore présentes comme celles de ceux qui l’appuyaient, directement ou indirectement, en décrivant l’histoire de cette époque selon vos points de vue?
Si comme vous l’avez écrit, il faut laisser décanter, pourquoi insister autant sur tout ce qui vous a déplu de lui, au contraire de ceux qui l’ont appuyé et veulent lui rendre hommage? Laissez donc décanter!
Que de la rancune, de la mauvaise foi et une très grande impolitesse en ses jours de deuil nationale!

Jean Chrétien et les siens ont gagnés ce référendum dans la tricherie et l’illégalité! Il y a de quoi à en être gêné et à rester caché pour le reste de ses jours!