Le ministre de l’extrême centre

publié dans L’actualité du 1er mars 2008

Souverainiste de la première heure, Raymond Bachand, responsable du développement économique du Québec, est devenu l’un des membres les plus importants du gouvernement Charest. Portrait d’un ministre discret.

Le mot est venu à quelques reprises au cours de l’interview, à son bureau de Québec. « Je suis pragmatique, dit Raymond Bachand. Je n’aime pas les idéologies. »

Le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation se définit aussi comme un « dealmaker », cherchant à bâtir les consensus et à concevoir les stratégies. Peu de ministres auront eu autant de pouvoir pour propulser l’économie du Québec. Car Raymond Bachand est également responsable de la région de Montréal au Conseil des ministres et ministre du Tourisme !

Pourtant, il passe sous le radar des chroniqueurs politiques. C’est que l’homme des consensus, plutôt petit et discret, n’est pas à l’aise avec les discours partisans et ne maîtrise pas l’art de la formule. On ne lui connaît pas d’autres ambitions que le développement économique du Québec.

Il me fait penser à Marcel Dionne, joueur de hockey des années 1970 et 1980. Sans avoir le charisme et la fougue de Maurice Richard ni la flamboyance de Guy Lafleur, Dionne a marqué près de 200 buts de plus que ces deux anciennes vedettes du Canadien, davantage de buts encore que Mario Lemieux.

Ni de gauche ni vraiment de droite, Raymond Bachand ne se laisse pas facilement catégoriser. Son parcours brouille toutes les pistes. Il a dirigé pendant trois ans Secor Conseil, la boîte à idées des grandes entreprises du Québec, mais il avait passé les sept années précédentes au Fonds de solidarité FTQ, dont quatre à la présidence. Oui, il a occupé des postes de direction chez Metro-Richelieu et Culinar, mais il a aussi été l’un des membres fondateurs d’Oxfam-Québec et il a siégé au conseil d’administration du Fonds de solidarité dès sa création, en 1983. Et il a été l’un des administrateurs du quotidien Le Devoir de 2002 jusqu’à son élection, en décembre 2005.Son cheminement politique n’est pas plus simple. En 1967, alors étudiant en droit, il se joint au Mouvement souveraineté-association, que vient de créer René Lévesque, et il milite au Parti québécois dès sa fondation, l’année suivante. Après l’élection du PQ, il quitte un poste de professeur adjoint à HEC Montréal pour diriger le cabinet du ministre du Travail Pierre Marc Johnson, avant de passer à celui du premier ministre René Lévesque, où il travaillera à la préparation de la campagne référendaire de 1980. Quand il s’en va, en 1981, pour terminer son doctorat en administration des affaires à Harvard, à 34 ans, il prend l’engagement de revenir à la vie politique. « Lorsque j’approcherais de mon 60e anniversaire », dit-il. Promesse tenue : il se fait élire député d’Outremont en décembre 2005, à 58 ans. Sous l’étiquette libérale, toutefois.

« Le monde a complètement changé depuis 1976, explique-t-il. Le Québec était alors en quête de pouvoir et de reconnaissance. Les Québécois sont maintenant plus instruits et compétents et il n’y a plus de discrimination sur la base de la langue. » Il ajoute que l’environnement économique n’est plus le même avec le libre-échange et la mondialisation, et que l’appartenance au Canada constitue dans ce contexte « un atout plutôt qu’un handicap ».

Lui qui a travaillé avec René Lévesque et qui collabore aujourd’hui avec l’un des premiers ministres les moins aimés de l’histoire récente du Québec, comment perçoit-il ces deux leaders ? Il hésite, comme si la question ne lui avait jamais été posée. « J’ai beaucoup de plaisir avec Jean Charest, dit-il. Il a un grand sens de l’humour et il se préoccupe vraiment des gens. Je pense qu’il faut plutôt le comparer à Robert Bourassa, qui n’était pas toujours aimé, mais qui était très respecté par la population du Québec. »

Tout préparait Raymond Bachand à ses fonctions actuelles. Il avait connu la machine gouvernementale, fréquenté le milieu patronal et le monde syndical. Devenu ministre du Développement économique le 27 février 2006, il a annoncé sans attendre un plan d’action pour le secteur manufacturier, un programme d’intervention pour la forêt, des stratégies pour les industries de la mode et de l’aéronautique ainsi que pour la valorisation de la recherche et de l’innovation. Raymond Bachand pond des politiques aussi vite que Marcel Dionne marquait des buts !

Raymond Bachand a toujours été pressé. De 1977 à 1979, alors directeur de cabinet de Pierre Marc Johnson, il a contribué à faire adopter huit changements importants au Code du travail en 15 mois, dont la fameuse « loi anti-briseurs de grève » et celle créant la CSST.

Pressé et occupé. Il a siégé aux conseils d’administration d’une trentaine d’entreprises ou organismes et présidé quelques campagnes de financement, dont celle de Centraide du Grand Montréal. Ce que l’on sait moins, c’est que le ministre du Développement économique voue à la culture une véritable passion, héritée de ses parents.

À 90 ans, son père, André Bachand, fréquente encore les théâtres et les salles de concerts. Comme ses fils Jean-Claude et Raymond, il est avocat et titulaire d’une maîtrise en gestion. André Bachand a été professeur, directeur du Fonds de développement de l’Université de Montréal et cofondateur de l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française, l’AUPELF. Membre de l’Ordre du Canada et de l’Ordre de la Pléiade (pour sa contribution au rayonnement de la langue française), il a aussi été adjoint de Pierre Péladeau, fondateur de Quebecor.

Tel père, tel fils. Raymond Bachand réussira à concilier son implication dans le milieu des affaires avec le soutien des organismes culturels. Il présidera le conseil d’administration de la troupe de danse Carbone 14 et de l’Usine C pendant 10 ans, en plus de siéger aux conseils du Fonds de la culture et des communications, de l’École nationale de théâtre et du Fonds de dotation de l’Orchestre symphonique de Montréal.

Non seulement il se plaît à dire que la culture « fait partie de la beauté de la vie », mais il y voit un atout de développement économique. « La culture devient de plus en plus un important facteur dans la localisation d’une entreprise. Les dirigeants sont à la recherche de milieux attrayants où ils veulent vivre », dit-il. Il a pu appliquer ses principes en présidant le comité chargé d’élaborer une première politique culturelle pour la Ville de Montréal, en 2002-2003.

Raymond Bachand aime la politique et les politiques. Il parle d’une approche pragmatique, d’interventions ciblées et « structurantes ». Il s’oppose tout autant au laisser-faire, qu’il associe à l’ADQ, qu’à l’intervention musclée de l’État dans les grands dossiers économiques, que réclame le PQ. « Il ne faut pas « garrocher » l’argent du public dans des entreprises qui n’investissent pas. On perd notre temps et notre argent en prolongeant leur agonie », dit-il. Exemple de cette rigueur, le gouvernement a à peine entamé l’enveloppe de centaines de millions de dollars destinée aux entreprises du secteur forestier, car celles-ci n’investissent pas, tétanisées par une conjoncture pourrie.

Il se méfie tout autant de ceux qui préconisent le laisser-faire. « La non-intervention absolue est d’une naïveté absolue, ajoute-t-il. Il faut être « niaiseux » pour croire que les États-Unis et les pays européens n’interviennent pas pour attirer, soutenir ou garder des entreprises. »

Le gouvernement Charest ne lésine d’ailleurs pas quand vient le temps d’intervenir dans le développement économique : plus de 825 millions de dollars consacrés aux régions en cinq ans, 440 millions au secteur manufacturier en quatre ans, 888 millions à la recherche et à l’innovation en trois ans, un milliard à la forêt, 35 milliards qui seront investis en 10 ans dans la production d’énergie et 30 milliards en cinq ans dans les infrastructures. Sans compter les baisses d’impôts de 950 millions en vigueur depuis le 1er janvier.

Tous ces milliards contribuent à l’élan économique que connaît le Québec. Près de 110 000 nouveaux emplois ont été créés de novembre 2006 à novembre 2007 et le taux de chômage n’a jamais été aussi bas. Le portrait n’est pas pour autant tout rose. Le secteur forestier connaît des moments misérables. Le secteur manufacturier, déjà mis à mal par la hausse rapide du dollar canadien et la concurrence asiatique, pourrait-il résister à une récession aux États-Unis ?

« Le Québec a fait le bon choix en misant sur des secteurs où il va gagner », dit Raymond Bachand, en parlant notamment de l’aéronautique, des technologies de l’information et des sciences de la santé. Le ministre se réjouit. Même si le temps lui manque pour étancher sa soif de culture !

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Quand je parle de la trahison de nos élites, Bachand est un peu l’archétype! Pierre-Marc Johnson et Maxime Bernier en sont d’autres. N’importe quoi pour sa carrière. Au diable les idées. Au diable la tribu.

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Allez voir la performance du Fonds de solidarité pendant son règne. Un désastre! De loin le pire de toute l’histoire du fonds. Who cares? Ca lui rapportait 323,000$ par année. La trahison de nos élites…

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Rien sur le métro de Montréal? C’est quand même lui qui a pris la décision de ne pas aller en appel d’offres! Trois ans de retard pour le p’tit peuple qui lui prend le métro.
La trahison de nos élites…

Je me considère de centre.

Ma description de « Le ministre de l’extrême centre » est : Qui se tourne de gauche à droite à partir d’un centre au gré des vent$ opportuniste$ qui se présentent.

Y il y a une bébelle qui porte ce nom.

Juste pour reprendre JN, le Fonds à connu ses pires années tout juste après le départ de Bachand, en 2002 et 2003 où il a affiché un rendement négatif de -11,4 % et – 6,9 % . Lors du règne de Bachand, c’était plutôt en dents de scie, 7%, 8,1 %, 4,4 %, 8,6 %, 2,6 % (de 97 à 2001).

Même s’il va au gré des vents, au moins, on ne peut pas l’accuser de faire de la petite politique partisane et populiste, comme beaucoup trop de politiciens de notre époque…

Raymond Bachand est un homme qui détient une grande expérience du monde des affaires mais il est probablement opportuniste. Comment un homme qui a dirigé le fonds de solidarité de la FTQ peut-il être bien dans un parti tel le PLQ ? Ce parti, sous la gouverne de Jean Charest a baffoué les droits des travailleurs. Il a imposé un nombre record de lois sous baillon en plus de décreter les conditions de travail et salariales des employés de l’état sans aucune négociation. C’est du jamais vu. En tant que ministre de ce gouvernement M. Bachand est donc d’accord avec les dicktats de son chef et il est un pion comme n’importe quel autre membre de ce cabinet.

@martine gendron

Avant qu’un gestionnaire impose sa marque et influence, par ses décisions, la performance d’un Fonds aussi stable, faut au moins deux ans.
Il n’est donc pas responsable de la performance des deux premières années en 97 et 98. Mais il l’est des deux qui ont suivi son départ.

Les décisions pitoyables qu’il a prises pendant son mandat se sont soldé en deux années catastrophiques où le Fonds a perdu le cinquième de sa valeur. Mais lui il n’était plus là.

Après moi le Déluge.

Il est reconnu ces années présentes que les directeurs d’entreprises importantes posent des gestes à court terme pour « booster » les profits de ces dernières. C’est valable pour toute l’Amérique.

Le directeur qui suivra s’arrangera avec le déluge de marde répandue par son prédécesseur.

Dans la construction, le poseur de gypse « giproc ou placoplâtre » se fout carrément de la prise de courrant cachée par le panneau. Lui il a fait sa job et l’électricien qui suivera la cherchera sa mautite prise cachée dans le mur.

Le résultat est que tous les électriciens chargeront plus cher la prochaine fois.

Ces attitudes sont néfastes pour les entreprises et très répandues. C’es pour une de ces raisons que l’on se fait planter par l’Europe et l’Asie.

Ces gens de carrière ne pensent qu’à eux et se foutent carrément de la population que ce soit en privé ou en public.

Privé ou public c’est du pareil au même.

Ce sont les individus qui font la société. Les zélites de Jacques Noël en font partie, ce sont les économistes aussi ainsi que les gens de Gesca, comme le petit travailleur qui sont complices d’attitudes destructives pour leurs société.

« Pourriez-vous nous expliquer ce qu’est l’économie du savoir S.V.P.
» (Yvon Fleurent)

Réponse de M. Gagnon; « Electronics Art, Unisoft, Lavallin, Merck, Roche…
Tu vois le lien ?”

Si je me fie à la réponse de M. Gagnon son livre écrit sur le sujet, sans copier coller et sans citation, serait très mince.

Une page 8-1/2 x 11 sur le sujet serait trop lui demander.

C’est avec des gens de cette cote (et un peu plus), critiques du Québec, que celui-ci ne monte pas plus haut dans l’économie.

Ici je ne parle pas seulement d’une personne mais de l’ensemble des Québécois de ces genres types y compris et surtout nos zélites, ignares opportunistes ou bons poissons, qui se font passer pour des grands savants de la société et de l’économie.

Il y des exemples types, ici même sur ce blogue, de gens qui se spécialisent se faisant passer comme connaissant, qui passent leur temps au découragement de la population du Québec, afin de leur faire voir qu’ils sont des Ti-culs incapables de quoi que ce soit.

ESSAYEZ DE ME TROUVER PIRE COMME SOLIDARITÉ DANS LE MONDE.

M. Duhamel il serait intéressant dans l’un de vos prochains billets de pouvoir comparer les charges fiscales des entreprises québécoises, des entreprises des USA et aussi canadiennes.

@ Yvon Fleurent :

Puisque tu semble incapable d’utiliser Google…

Les expressions économie du savoir, capitalisme cognitif, économie de la connaissance ou encore économie de l’immatériel, en débordant l’aspect économique société de la connaissance, désignent ce qui serait une nouvelle phase de l’histoire économique dans laquelle, selon certains économistes, nous sommes entrés depuis la fin du siècle dernier (années 1990).

J’espère que tu note bien que l’expression « économie de l’immatériel » rejoint le concept de création de richesse à partir du néant développé par Julians Simons.

Comme je disais une page 8-1/2 x11 c’est trop demandé.

Nous n’avons eu droit qu’à un paragraphe plagié.

@ Yvon Fleurent:

Pourquoi faire une page de texte alors que le tout s’explique en 10 lignes ?

MAis si tu insistes et puisque que wikipedia ne semble pas faire parti de tes favoris…

Cette nouvelle ère économique, connaîtrait son essor sous l’effet conjugué :

-du développement du secteur tertiaire et des activités immatérielles,

-des progrès technologiques, avec depuis peu les (nouvelles) technologies de l’information et de la communication – (N)TIC – et les biotechnologies, qui forment la nouvelle économie,

-du développement de l’intelligence économique territoriale, des pôles de compétitivité, des échanges en partenariat et avec des parties prenantes,

-de la mondialisation qui réduit la rémunération du travail physique, et qui accroît au contraire le profit des « idées », en leur fournissant des débouchés élargis: il est notable que vendre une idée à 10 personnes coûte autant au « fabricant » que de la vendre à des milliers, mais que les profits dégagés sont eux infiniment supérieurs dans le second cas.

Il est considéré, dans ce type d’économie, que :

-la matière première clé qui assure un avantage compétitif aux personnes, institutions et lieux géographiques qui la détiennent, ne se situe plus dans le matériel (les denrées, matières premières et sources d’énergie, même si les enjeux sont grands sur ces sujets…) mais dans l’immatériel (l’information, le savoir faire et la connaissance).

-le travail physique pur de son côté perd de son importance, ou du moins devient sous-traité et non stratégique, par rapport aux compétences technique, scientifique, organisationnelle, communicationnelle et la capacité créative et adaptative (théorie du capital humain) ;

-l’accumulation porte majoritairement sur la connaissance et sur la créativité, c’est-à-dire sur l’immatériel. On parle en ce sens, au niveau microéconomique de capital intellectuel et de « valeur-savoir ».

J’espère que tu remarque qu’on en revient toujours au cpncept de création de richesse du néant quand on parle de l’immatériel.

@ Yvon Fleurent :

Wow.. Tout un détective !

Dans le commentaire 12 je dis que ca vient de wikipedia !

En passant dans wikipedia les ébauche et les articles controversés ne sont pas la même chose…

Gagnon, tu n’as pas besoin de ré-écrire les textes de wikipedia sur ce blogue. Je peux très bien aller les lire là.

Dans tes billets Gagnon, y-a-tit queque chose qui vient de toi à part bien sûr que le Nunavut est aussi…?

@ C. Perron:

Désolé mais je ne suis pas du genre a inventé des théories et des stats.

Désolé mais je n’ai rien du géie d’un Freidman, Simons, Smith ou Ricardo.

Donc je préfère citer ces grands hommes plutôt d’essayer de me faire croire que je suis leur égal.

Fleurent me dit que mes texte sont trop coyurt et Perron les trouve trop long…

Et pendant qu’ils parlent des ces trucs complètement inutiles, çe leur permet de ne pas avoir à débattre sur le fond.

M. Gagnon vous ne savez pas comment citer.

Au # 10 et 12 vous n’avez pas cité.

Pour votre bon français on repassera.

Mauvais en français mauvais en maths.

Vous n’avez jamais écrit un texte long M. Gagnon.

Pour faire dévier le débat vous êtes le champion avec le doc.

Gagnon, quand c’est long, c’est du copiage pis là, il n’y a jamais de faute. Ex. ton billet no. 12

Fleurent et Perron à leur meilleur. Incapables de débattre du contenu, il se rabatte sur des futilités…

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