Le monde selon Freddy

Freddy Van Den Spiegel est le genre d’économiste que les journalistes adorent. Il ne semble pas vraiment intéressé à savoir si l’économie va croître de 1,1 % plutôt que 1,2 % au prochain trimestre. Ce qui l’anime, ce sont  les grands mouvements qui sont en train de dessiner un nouveau monde.

L’économiste en chef de la banque belgo-néerlandaise BNP Paribas Fortis ne ménage pas non plus ses effets. Il a le sens de la formule et il est même un peu théâtral quand il met en perspective ce qu’il observe sur les marchés. Voici, en résumé, le monde selon Freddy Van Den Spiegel.

« En 2007, quand la crise a débuté, je pensais que ce n’était qu’un incident de parcours. Que les coûts de la crise des subprimes seraient résorbés d’ici un an et je prévoyais un rapide retour à la normale. Il y a eu depuis l’équivalent de trois Pompéi : la ruine du système bancaire en 2008, la ruine du système économique en 2009 et celle des États souverains en 2010.

« Nous assistons à un véritable changement de régime. Le monde sera totalement différent et personne ne sait encore ce dont il aura l’air.

« Il ne reste plus à l’Ouest que quelques institutions bancaires encore très solides. Les pays émergents bénéficient toujours de l’avantage des bas salaires, mais ils ont rattrapé leur retard scientifique et technologique, ce qui les rend encore plus concurrentiels. Cela pourrait marquer la fin de la complémentarité que l’on observait entre les pays industrialisés et émergents.

« Il va falloir dorénavant se battre pour chaque emploi. Voilà pourquoi les Européens veulent reconstruire leur secteur industriel.

« Les dirigeants des pays industrialisés auront beau parler de destruction créative des emplois ou vanter le commerce international comme source d’enrichissement, leurs électeurs les enverront promener. It does not fly ! Les citoyens ont peur. Les politiciens n’auront pas le courage de prendre les mesures appropriées, car ils seront davantage préoccupés par leur propre popularité.

« Le secteur financier a détruit 15 000 milliards de dollars. Les gouvernements sont très endettés. Qui va fournir le capital risque aux entreprises alors que les caisses de retraite et les compagnies d’assurance sont devenues extrêmement prudentes ?

« Les marchés se comportent comme des requins. Ils flairent l’odeur du sang et savent reconnaître la banque la plus fragile ou l’État le plus vulnérable.

« Les marchés sontt rationnels dans 90 % des situations. Mais dans des situations extrêmes, ils détruisent tout sur leur passage. Il faut éviter la destruction de valeurs et protéger le risque et l’investissement.

« Il n’y a pas d’autre solution que l’euro. Ce sera la pagaille quand un pays décidera de rétablir sa propre monnaie. La confiance dans cette nouvelle devise sera inexistante, les taux d’intérêts vont bondir, il sera très difficile de réparer les dégâts, les gens vont déposer leur argent ailleurs et comment ce pays va repayer les obligations qu’il a émises en euro ?

« En Europe, il y a le Nuro ( Nord : Pays-Bas, Allemagne, Scandinavie) et le Suro (Sud : les pays du « Club Med »). La grande question est de savoir où on met la France.

« Les choses vont aller encore plus mal avant de se mettre à aller mieux.»

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Discours coloré mais Ô combien conventionnel!!!

Ces Européens sont désespérants, il faudrait qu’il comprennent une fois pour toute que s’il veulent partager la monnaie ils doivent aussi partager les risques d’étendre les taux d’intérêt déterminés par la BCE à des réalités économique fort disparates. Or ils veulent bien partager les gains (ouverture des marchés, croissance du commerce, essort du crédit, bas taux d’intérêt, etc…) liés à la monnaie unique mais quand ça foire par endroit ils hésitent à partager les conséquences des risques qu’ils ont pris. Non seulement c’est injuste envers les nations en crise dans la zone mais leur hésitation compromet la reprise mondiale.

Cher amis européens vous avez choisi l’Euro et maintenant il est trop tard pour reculer alors sortez vos imprimantes à billets et assumez vos bêtises (et habituez vous car ça ne fait que commencer…)

Ceci nous donne un petit aperçu du genre de marasme effroyable dans lequel serait un Québec indépendant qui, soit garderait la monnaie canadienne ou soit adopterait la monnaie américaine.

Encore pire s’il créerait sa propre monnaie qui serait immédiatement qualifiée de monnaie de Monopoly.

@francois

Le Québec paie très cher son appartenance au Canada avec une piasse, qui devrait être à 80 cennes us, et qui est maintenant à parité à cause du pétrole albertain.
Ce dollar handicape les exportations québécoises aux USA.

@ rod:

Le Québec, BS à vie du système de péréquation canadienne, paie trop cher son appartenance au Canada???

Expliquez-nous, sans vos phrases creuses habituelles, comment votre système indépendant québécois fonctionnerait sans les $ 8 Milliards PAR ANNÉE que nous alloue la grande générosité canadienne, et plus particilièrement albertaine…

Au fait, votre Parti québécois tarde toujours à mettre à jour son budget de l’An 1!!! Peut-être pourriez-vous les aider?