Le nous et le je

Le débat sur l’identité québécoise m’ennuie profondément. J’ai également peur qu’à force de se gratter le Nous, on oublie qu’il ne peut pas y avoir de force collective sans grandes victoires individuelles.

 

 

J’en ai assez de l’histoire misérabiliste de porteurs d’eau colonisés que certains n’arrêtent pas de véhiculer. Les Québécois ne sont pas un peuple faible et fragile, menacé d’être converti contre son gré à l’islam ou assimilé à l’anglais en deux générations. Mon Québec n’est pas né avec la Révolution tranquille et il n’a pas besoin de son gros État interventionniste pour s’émanciper.

 

Il existait dès le 19e siècle des banques francophones, des manufactures francophones et des commerces francophones. Du côté paternel, un des mes arrières grands-pères était un notaire qui possédait la petite compagnie de téléphone locale et l’autre était propriétaire de moulins. Certains de leurs contemporains ont fait encore mieux.

 

  • La Banque du peuple est fondée en 1835, la Banque nationale en 1860, la Banque Jacques-Cartier en 1862. Et il y en a d’autres !
  • En 1842, Jean-Baptiste Rolland fonde une librairie itinérante avant d’établir une papeterie 40 ans plus tard. La compagnie Rolland appartient aujourd’hui à Cascades.
  • L’ancêtre de la Dominion Textile avait été fondé par Victor Hudon.
  • Charles-Théodore Viau fonde sa biscuterie en 1870.
  • En 1876, Louis-Joseph Forget fonde une firme de courtage en valeurs mobilières qui domine rapidement les marchés financiers. Il est également vice-président de la Montreal Light and Power Company, l’ancêtre d’Hydro-Québec.
  • Son neveu Rodophe Forget fonde sa propre maison de courtage et ouvre même un bureau à Paris en 1900. C’est lui qui construira le Manoir Richelieu.
  • Une centaine d’hommes d’affaires francophones établissent la Chambre de commerce de Montréal en 1887.
  • En 1906, Ernest Ouimet ouvrait le premier cinéma à Montréal.
  • Il y a 100 ans Justine Lacoste-de-Gaspé Beaubien fondait l’Hôpital Sainte-Justine.
  • Alphonse Desjardins a fondé la première caisse populaire en 1900.
  • Au début du 20e siècle, l’un des hommes les plus riches de Montréal était Frédéric-Liguori Beïque.
  • À la même époque, Tancrède Bienvenu prend contrôle de Catelli et de huit fabriques de pâtes au Canada. Il domine également le marché de l’Angleterre.
  • En 1923, Rose-Anna Vachon créé une boulangerie, popularisée par le fameux Jo Louis.
  • Jean Brillant, bien avant Pierre Karl Péladeau – invente la convergence! Il est propriétaire de Québec Téléphone et de stations de radio et de télévision.
  • En 1934, Wilfrid Pelletier et Madame Anatase David créait l’Orchestre symphonique de Montréal.
  • Jean-Louis Lévesque fonde sa maison de courtage en 1937.
  • En 1939, Roland Dansereau et Napoléon Piotte sont à l’origine du regroupement de marchands qui deviendra RONA.
  • En 1941, le Québec comptait 35 046 administrateurs et entrepreneurs francophones.

Oui, il y a eu recul. Et vous savez quand ? Quand les forces de l’obscurantisme et du repliement au nom de l’identité canadienne-française ont pris le pouvoir politique avec Maurice Duplessis.

 

Ce sont les mêmes forces qui, au nom de la pureté de la race et de la haine des autres religions, ont obligé les immigrants juifs, grecs et autres non catholiques à opter pour l’école protestante anglaise, la seule qui les acceptait. Ce sont elles aussi qui n’ont pas voulu investir dans l’éducation et qui ont sous-alimenté les universités parce qu’il ne fallait surtout pas accepter des fonds fédéraux.

 

Pour Maurice Duplessis aussi, les droits des individus constituaient un problème et c’était faire preuve de courage que de les bafouer ! Et, comme plusieurs de mes concitoyens, tout était toujours la faute des autres.

 

Sommes-nous en train de revivre cette époque ? Je le crains.

 

(La recherche historique avait été effectuée par Diane Bérard à l’occasion du 100e anniversaire de la Revue Commerce, en 1999. J’étais l’éditeur de ce magazine à l’époque).

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Monsieur Duhamel,

L’époque a changé. Nous n’avons plus peur des autres religions, au contraire.

Par contre, nous craignons l’extrémisme religieux tel qu’il nous est présenté dans les médias; les célèbres évènements du 11 sept y sont certainement pour quelques choses.

Les « enfants de la loi 101 » démontrent qu’il est possible d’accueillir et d’intégrer les immigrants en les respectant.

La Grande Noirceur responsable de tous nos maux…
Il y a eu un colloque il y a quelques année sur le sujet et nos logues en étaient venus à la conclusion que les auteurs de la Révolution tranquille avaient grandement exagéré ladite noirceur.
Duplessis par exemple avait électrifié le Québec et ouvert les portes au capital américain. Les finances du Québec étaient exédentaires et il avait rapatrié d’Ottawa des points d’impot. Je ne ferai certainement l’apologie de Duplessis (je vais laisser ça à Conrad Black…) mais je veux juste souligner que ceux qui écrivent l’histoire se donnent souvent le bon role.

Pour ce qui est de la « crise » actuelle, c’est merveilleux. Il va falloir remercier Julius Gray de nous avoir tellement écoeuré qu’il a réussi à nous réveiller après une décennie d’horrible nationalisme civique.

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L’Alberta va augmenter ses redevances sur le pétrole. Ils font juste 10 milliards, ils vont monter à 12.
Ca ne représente que 44% de l’industrie. Au TExas c’est 66%.

M. Duhamel, vous arrêtez en 1941. Pendant et après Duplessis ça continue.

Bombardier qui devient important,
Quebecor,
Hydro Québec, de Duplessis,
Jean Coutu,
Power Corporation,
Lavalin,
Etc etc etc etc….
et tous ces entrepreneurs Québécois qui pendant que les succursales des industries américaines fermaient ont fondé et maintenu l’emploi au Québec.

« En 1941, le Québec comptait 35 046 administrateurs et entrepreneurs francophones.” (P. Duhamel)

IL y en a combien d’administrateurs et entrepreneurs francophones aujourd’hui?

« Pour Maurice Duplessis aussi, les droits des individus constituaient un problème et c’était faire preuve de courage que de les bafouer ! Et, comme plusieurs de mes concitoyens, tout était toujours la faute des autres.” (Duhamel)

« Sommes-nous en train de revivre cette époque ? Je le crains.” (P. Duhamel)

Non nous ne sommes pas en train de revivre cette époque, Nous la vivons depuis bien avant Duplessis et encore aujourd’hui. Rien n’a changé. Duplessis n’a rien à voir le dedans.

Cette crise du nous, du tu et le je il vous nous sommes ou ne sommes pas, cette crise d’identité, elle ne peut qu’être bénéfique pour l’individu.

Quand on ne sait pas qui l’on est, on est moumoune.

Les moumounes c’est pas très bon pour « la bésnisse ».

La révolution

La Révolution tranquille au Québec a commencé avant Duplessis avec la radio et l’électricité plus tard la TV, qui a déniaisé les Québécois et par laquelle Duplessis était dépassé. Le temps de Lesage n’est qu’un pas de plus dans cette révolution.

La vraie révolution est quand les curés ont perdu le contrôle. Cette perte de contrôle a commencé quand Duplessis a bâti tellement d’écoles que le clergé est devenu minoritaire dans l’enseignement. Quand les Québécois ont eu fait leur secondaire cinq, donc un peut de connaissances, ils ont mis les curés dehors en deux ans seulement.

Aujourd’hui je me demande à quel point Duplessis était hypocrite quand il embrassait la bague de l’évêque. Moi je crois qu’il les a fourré ben raide et qu’il les détestait.

La période noire n’est que le slogan électoral des libéraux du temps de Lesage.
La période de Duplessis est tellement noire que sous son régime, l’éducation a fait un bond spectaculaire, qu’elle est a l’origine d’Hydro Québec, de l’électrification rurale ect. La période de Duplessis est des périodes des plus prospères sinon la plus prospère du Québec.

Ceci étant dit je tiens à dire que je ne défends pas Duplessis mais il qu’il faut au moins reconnaître les faits.

« Quand les forces de l’obscurantisme…”(Pierre Duhamel)

Ces forces, M. Duhamel, ce sont nos curés si bien branchés sur la reine des anglos pour qui l’instruction était une menace pour leur pouvoir. Ce sont eux, ces curés, qui toujours ont retenu et nuit à l’éducation menant au pouvoir et à l’argent, en disant aux Québécois qu’il valait mieux être pauvre sur une terre que riche moins malade.

« Et, comme plusieurs de mes concitoyens, tout était toujours la faute des autres.” (Pierre Duhamel)

Oui, et il y en a aujourd’hui qui mettent ça sur la faute de Duplessis ou autres ou de la supposée révolution tranquille.

Je suis tout à fait d’accord avec vous et je rajouterais que parler à la première personne du pluriel ne fait jamais très sérieux.

Je vous livre un commentaire que j’ai émis sur mon blogue à propos de ces demi-civilisés. Nietzsche disait que l’antisémitisme était le socialisme des imbéciles. Il croyait, avec raison, qu’il y a pire que d’être un socialiste, et c’est bien d’être un nationaliste raciste qui tient à faire passer ses fautes de langage pour les idées du siècle. On se croirait vraiment au pays de Borat…

Voici le commentaire:

LES CONDITIONS GAGNANTES À 99,999%

«D’où venons-nous? Que sommes-nous? Où allons-nous?» Ces grandes questions qui forment le titre d’un célèbre tableau de Gauguin, me poussent bien plus à la réflexion intellectuelle que les réponses boiteuses des tribuns de pacotille qui se prennent pour nous.
Qui veut vraiment de la lapidation, de l’excision du clitoris, de l’infibulation – et j’en passe! – en ce pays?
Personne. Ni vous, ni moi. Bref, nous n’en voulons pas…
Héroulxville a trouvé la formule gagnante qui rallie tout le monde à 99,999%é Cela lui confère le droit de parler au nous. Un sondage c’est plus pratique qu’un référendum.
Donc, même si le Code criminel interdit déjà la lapidation, l’excision du clitoris et l’infibulation, les héraults nationalistes de Hérouxville veulent que le Canada modifie la Charte des droits et libertés, rien de moins, pour que ce soit clair à 110% pour tout le monde, même pour les juifs et les arabes, puisque l’on ne se garde même plus une petite gêne pour sombrer lentement mais sûrement dans la ségrégation raciale par la bande, hypocritement, la seule façon de ne pas se faire prendre par la loi.
Si le Canada ne veut pas sanctionner les réflexes identitaires et racistes du conseil municipal de Héroulxville, ce sera l’indépendance du Québec, rien de moins, sortie comme par miracle d’un chapeau, avec tout le monde d’accord à 99,999%.
La séparation qu’il faut rentrer dans la gorge des Québécois par tous les moyens, en ayant recours aux sondages plutôt qu’aux consultations populaires.
La séparation, conséquence logique de l’isolement, du repliement sur soi, du culte de l’ignorance où l’on tente de faire passer ses pléonasmes et son étroitesse de vues pour les trouvailles constitutionnelles du siècle. Ce n’est pas très rassurant pour notre avenir. Ça donne froid dans le dos.
Le projet des conseillers municipaux de Héroulxville dérape autant que celui de Mme Pauline Marois qui restreindrait le droit des anglophones, une petite minorité qui constitue encore 20% de la population au Québec et 90% de la population de nos partenaires commerciaux principaux : le Canada anglais et les Etats-Unis.
Vraiment, je n’ai pas honte par ces temps-ci d’être un Canadien, un Québécois et surtout un Trifluvien en faveur du libéralisme, du multiculturalisme et de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.
Je me dissocie donc du «nous» employé par André Drouin et Pauline Marois.
Je ne leur reconnais pas le droit de parler en mon nom.

Esprit de bottine du nous gagnante à 99,999%.

Chez nous il y a une bonne pizza sur la table. Tu n’en auras pas parce que c’est seulement pour chez nous et chez nous c’est pas chez vous et que votre chez nous n’est notre chez nous. Donc nos nous ne sont pas les même nous.
Donc je n’ai pas besoin de me dissocier de votre nous.

Mais qu’est-ce qui arrive avec tous ces blogueurs qui viennet raccoler sur le site des autres pour le parasiter?

Y z-ont personne sur leurs blogues avec qui jacasser?

@Gaétan Bouchard

Commencez donc par apprendre les vrais chiffres!
Les Anglos ne font pas 20% de la pop du Québec, mais moins de 7%
Les immigrants qui veulent devenir citoyen canadien doivent apprendre le français ou l’anglais et passer un test. C’est quoi le problème de demander aux immigrants d’apprendre le français au Québec et de passer un test?
La moitié des immigrants qui arrivent au Québec ne parlent pas français et la moitié ne l’apprennent pas 3 ans après leur arrivée.

Enfin, allez lire le code d’Hérouxville et dites-moi ce qu’il y a de faux dedans?

Coudonc, Monsieur Noël, vous qui aimez tant vérifier avec chiffres à l’appui, je lis dans le Toronto Star (Hébert) que la Radio Canada n’a pas pu trouver un seul élu dans toutes les commissions scolaires et tous les conseils municipaux du Québec qui ne parle pas français. Zéro – zilch – niet. Alors pourquoi faire tout ce vacarme pour un problème qui ne se pose pas ? N’y a-t-il pas assez de problèmes réels à régler au Québec ?

Personnellement, et je sais que je vais en chatouiller plusieurs ici, à chaque fois que je lis ou que j’entends parler de ce ‘nous’ je pense à ma Reine – le ‘royal we’. Que Dieu protège la Reine.

@jacques noel:

C’est quoi le problème du torchon de Marois ?

Il contredit la charte québécoise.

Qu’est-ce qui justifie cette loi ? L’Assemblée Nationale est-elle prise en otage par des députés ne parlant pas français ? Les immigrants abusent-t-ils du droit de déposer des pétitions ? Les immigrants sont-t-ils riches au point de transformer le paysage politique en contribuant financièrement à un parti politique ? Bien sûr que non, le but de cette loi c’est de désigner un bouc émissaire que l’on pourra priver de ses droits — une stratégie typiquement nationaliste.

“Alors pourquoi faire tout ce vacarme pour un problème qui ne se pose pas ?” (Loraine King)

Le vacarme ce sont les fédéralistes qui le font.

S’il n’y a pas de problème, alors pourquoi les fédéralistes de tout acabit s’énervent-ils autant?

Pourquoi tous les journaux du Canada s’élèvent-ils contre ce projet à vos yeux si inutile voir insignifiant?

N’ont-ils pas d’autres problèmes à régler?

« …je pense à ma Reine – le ‘royal we’. Que Dieu protège la Reine.” (Loraine King)

C’est justement là, la très grande entre les Québécois et les Canadiens.

Vu que la grande majorité des Québécois n’ont pas de dieu, ils ne peuvent pas la faire protéger.

Votre nous c’est votre reine, notre nous c’est le Québec francophone.

Les Québécois n’ont pas besoin de cette reine, comme les Américains.

Faites vivre votre Reine!

“C’est quoi le problème du torchon de Marois ?” (David)

Le problème du torchon, c’est le vôtre. La charte québécoise et la charte canadienne on a qu’a les modifier.

C’est pourtant simple.

« Bien sûr que non, le but de cette loi c’est de désigner un bouc émissaire que l’on pourra priver de ses droits…” (David)

QUI sera privé?

@ Yvon Fleurent:

Les chartes existent précisément pour ne pas que les gens comme vous transforme notre gouvernement en machine à opprimer les gens.

Les chartes c’est l’ultime rempart contre la xénophobie ambiante qui déferle en ce moment.

Le PQ qui veut nationaliser l’identité.

C’est probablement la seule affaire qu’ils n’avaient pas encore essayé.

Moi j’ai MON identité et j’envoie au diable les gouvernements qui veulent m’en imposer une.

La charte à M. Gagnon.

« Moi j’ai MON identité et j’envoie au diable les gouvernements qui veulent m’en imposer une. » (David Gagnon)

La charte n’est pas là pour ce que j’ai écrit.

Elle est la justement pour des gens comme vous, pour qui le moi et le mon, est plus important que les droits de la majorité des autre, ce qu’on pourrait appeler l’ANARCHIE.

La charte est pour la majorité pas pour M. Gagnon.

De plus rien dans ce projet ne vous impose une identité.

C’est vous qui envoie au diable, pas le PQ ou les autres.

Gagnon pour la troisième fois QUI sera privé? QUI? QUI?

M. Gagnon,

Qui sera opprimé?

Expliquez nous en quoi votre identité sera nationalisée.

Expliquez nous c’est quoi la xénophobie ambiante?

Qui sera opprimé ? La minorité. Exactement comme l’avais expliqué Tocqueville.

L’identité nationalisée ?

C’est simple, le gouvernement est en train de s’approprier le concept d’identité. L’identité c’est une notion PERSONNELLE, pas un truc dont l’état à le droit de manipuler.

La xénophobie ambiante ?

http://www.antagoniste.net/?p=2164

L’anarchie

« C’est simple, le gouvernement est en train de s’approprier le concept d’identité. L’identité c’est une notion PERSONNELLE, pas un truc dont l’état à le droit de manipuler. » (David Gagnon)

Oui c’est épouvantable, dégeulasse, le Québec veut faire comme le Canada, la Finlande, et beaucoup d’autres pays.

Les USA maintenant, oui si vous n’êtes pas né aux USA vous n’avez pas le droit d’être président.
Quelle injustice! Les USA oppriment une minorité, ils en font des citoyens de deuxième classe.

Quelle minorité sera opprimée?

Comme toujours M. Gagnon est incapable d’expliquer ses déclarations. Il se contente de nous référer à des auteurs qui lui ressemblent en citant les bouts qui font son affaire ou en les déformants.

Toqueville, un écrivain et un critiqueu il y 175 ans.

Il n’y a personne d’opprimé dans le projet à Marois.

Pour M. Gagnon aussi la majorité a tord!

Tout ce chiard médiatisé à outrance par une bande de journalistes survoltés (remarquez qu’ils aiment bien se survolter à l’occasion, c’est vendeur) pour un simple article d’un projet de loi qui demande à être bonifié par la discussion que Charest et Dumont refusent parce qu’elle (Marois) leur a coupé l’herpe sous les pieds.

Lynchage comme Vastel le dit dans son blogue.

Franchement, le seul journaliste qui a su garder sa tête dans ce FAUX débat.