Le pétrole à l’heure de la crise arabe

Les révoltes dans les pays arabes, la rébellion en Libye — 12e exportateur mondial de pétrole — et l’incertitude quant à la capacité de l’Arabie saoudite de hausser sa production au besoin ont propulsé les prix de l’or noir à des niveaux qu’on n’avait pas vus depuis 2008. Qui en tire profit ? Qui pâtit ?

Le pétrole à l’heure de la crise arabe
Photo : L. Pitarakis / AP / PC

LES GAGNANTS

Selon le géant américain de la finance Citigroup, une dizaine de sociétés pétrolières se frottent les mains, dont Canadian Natural Resources et l’Impériale (Canada) ainsi que PetroChina (Chine). Aucune ne fait affaire avec le Moyen-Orient ou l’Afrique du Nord. Certains États engagés dans l’exploitation de leur propre pétrole – la Russie, le Venezuela et la Norvège, notamment – profitent aussi de la situation. Tout comme Kadhafi, dirigeant de la Libye : même si la production libyenne a chuté des deux tiers, son pétrole est toujours exporté, ce qui l’aide à financer la répression.

LES PERDANTS

Si le prix du baril se maintient à plus de 100 dollars, la croissance de l’économie mondiale, prévue à 4,3 % en 2011, pourrait baisser de 0,5 %. Les pays importateurs sont les plus touchés, à commencer par les États-Unis, premier consommateur de la planète, et l’Italie, principal client de la Libye. Les États européens comme l’Espagne et la Grèce, déjà durement atteints par la crise, souffriront également. Les pays émergents importateurs, vulnérables en raison de leur faible efficacité énergétique, seront encore plus éprouvés. La Chine par exemple, principal importateur dans cette catégorie, et la Turquie ou le Chili, qui produisent le moins de pétrole.