Le plan Legault

Photo : Jacques Boissinot / La Presse Canadienne
Photo : Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

En présentant son Projet Saint-Laurent le week-end dernier, le chef de la Coalition avenir Québec marque plusieurs points. J’ai des réserves sur le fond du projet, mais François Legault se donne un outil pour frapper l’imagination des Québécois et rehausser la popularité de son parti.

Ce projet de bâtir sur la vallée du Saint-Laurent un nouveau pôle d’innovation atteint plusieurs objectifs politiques.

1. La CAQ rompt avec le cynisme ambiant, les nouvelles sur la corruption ou les coupures budgétaires. Il propose son propre ordre du jour et son projet devient la marque de commerce de son parti. Voilà le parti qui propose quelque chose de neuf pour le territoire habité par 80 % des Québécois, voici le parti qui porte un projet mobilisateur.

2. La CAQ veut s’imposer comme étant le parti de l’économie, en lieu et place du Parti libéral du Québec.

3. La CAQ veut devenir de l’indépendance et du nationalisme économique, en lieu et place du Parti Québécois.

4. La CAQ veut paraître comme le parti des technologies vertes et de l’environnement en voulant décontaminer des terrains en zone industrielle pour qu’ils puissent être utilisés par des entreprises d’un autre type.

5. La CAQ veut consolider son implantation à Québec, Drummondville, dans ce qui est convenu d’appeler le 450, soit les régions entourant Montréal grâce à un projet taillé sur mesure pour ces circonscriptions.

Ce projet fait rêver. Il dessine un Québec innovant, dynamique et attrayant. Ceci dit, partout au monde on a essayé de répliquer l’écosystème technologique, entrepreneurial et financier de la Silicon Valley. Les succès ont été mitigés parce que cela se programme ou se commande difficilement.

La recette californienne est unique est dépend d’un concours de circonstances exceptionnels, et non pas de l’intervention d’un gouverneur génial. Il a fallu une tradition informatique forte qui remonte à 1939, année où Bill Hewlett and Dave Packard ont fondé ce qui devenu HP. Il a fallu la naissance de la micro-informatique, l’enrichissement d’une génération d’entrepreneurs à la source d’un grand bassin de capital de risque, l’attirance irrésistible des milieux financiers pour les titres technologiques, une génération de jeunes craks de l’informatique aussi doués que géniaux, des studios de design à l’avant-garde et des universités figurant parmi les meilleures au monde. Il a fallu aussi un milieu de vie exceptionnel pour garder tous ces gens aux alentours. Et, pour enfoncer le clou, il a fallu Apple, Facebook, Google, among others.

Certes, un fonds de 2 milliards peut stimuler l’innovation. Mais il faut d’abord des innovateurs et des entrepreneurs. Cela ne s’achète pas chez Costco ou chez Maxi et ils ne se trouvent pas nécessairement dans les écoles de génie.

L’entrepreneur technologique est souvent un rebelle qui n’aime pas les structures, les parcs industriels, les immeubles neufs et les cravates. À Montréal, on les trouve dans de vieux immeubles, dans Pointe-Saint-Charles, sur le boulevard Saint-Laurent ou au centre-ville. À Québec, ils ont envahi le quartier Saint-Roch.

La question qui tue : les entrepreneurs technologiques aiment-ils les plans gouvernementaux ?

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Une autre utopie politicienne dans un Québec qui en a déja trop vu!

Plus ça change…

Entre temps nos découvrons un trou de 800M.

Bien sûr le ministre est optimiste…