Manuel Valls : le plus beau discours pro-entreprise

Manuel Valls, le premier ministre du gouvernement de France, a prononcé un discours, mercredi, devant les représentants du patronat français. L’une des plus belles professions de foi en l’entreprise privée qui soit, dit le blogueur Pierre Duhamel, qui en présente ici quelques extraits.

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Photo : Remy de la Mauviniere/Associated Press

Manuel Valls, le premier ministre du gouvernement de France, a prononcé un discours remarquable, mercredi, devant les représentants du patronat français. Mais avant de partager avec vous quelques extraits particulièrement intéressants de ce discours, voici quelques éléments de contexte.
Blogue Economie

L’économie française est en panne, et le gouvernement était paralysé par l’opposition en son sein de deux lignes politiques.

L’une, très marquée à gauche, préconisait une large intervention étatique et manifestait bruyamment son opposition à toute mesure de rigueur budgétaire au nom de la lutte contre l’austérité. Pour les ministres de ce courant, seule la croissance de la dépense publique pouvait relancer la France.

Je trouve loufoque de parler d’austérité quand le déficit budgétaire de votre pays est, à 4 % de son PIB, l’un des plus élevé des pays développés. Je me dis aussi que si c’est l’accroissement du déficit qui crée la relance, l’économie française aurait du redémarrer il y a bien longtemps.

Or, on compte un demi-million de chômeurs de plus depuis l’élection de François Hollande à la présidence, en mai 2012. Mais, vous me connaissez, c’est là l’avis de quelqu’un plutôt à droite sur les questions économiques. Ce qui est remarquable, c’est que les gens de la gauche modérée semblent maintenant partager cette analyse.

Car il y avait aussi, au sein du gouvernement français, une ligne sociale-démocrate qui laisse une plus grande place à l’entreprise. Une ligne qui fait que le pays se résigne à mieux contrôler la dépense publique et à soulager le fardeau fiscal accablant des entreprises et des ménages pour leur permettre d’investir et de consommer davantage — et, ainsi, contribuer à la relance de l’économie. Manuel Valls incarne ce courant de pensée.

C’est cette ligne qui a prévalu, et les ministres sortants les plus à gauche n’ont pas voulu (ou n’ont pas pu) se joindre au nouveau gouvernement formé en début de semaine.

Voici donc les meilleures lignes de ce discours. Ce ne sont que des mots et il faut bien sûr savoir passer de la parole aux actes, mais c’est l’une des plus belles professions de foi en l’entreprise privée que j’ai lue de la part d’un politicien, tous pays confondus.

«La France a besoin de ses entreprises, de toutes ses entreprises (entreprises individuelles, PME, start-up, grands groupes). Car ce sont les entreprises qui, en innovant, en risquant les capitaux de leurs actionnaires, en mobilisant leurs salariés, en répondant aux attentes de leurs clients, créent de la valeur, génèrent des richesses qui doivent profiter à tous. Moi, j’aime l’entreprise.»

[…]

«Ce sont les entreprises qui créent des emplois. Combien d’entre vous se battent pour préserver les emplois, motiver et rassurer, malgré une conjoncture morose. Je le dis depuis des années dans ma famille politique : il n’y a pas d’emplois sans employeurs. C’est pourquoi il est absurde de parler de “cadeau fait aux patrons”. Une mesure favorable aux entreprises, c’est une mesure favorable au pays tout entier.»

[…]

«Les entreprises, ce sont celles qui produisent. Produire. Voilà un joli mot. Les entreprises, c’est aussi l’innovation. (…) Créer, innover, produire, investir, réinvestir, lancer de nouveaux produits, voilà encore de jolis mots !»

Vous pouvez prendre connaissance du discours intégral ici.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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Si je me désole parfois de la situation au Québec je me console un peu quand je regarde la France!

Mais à la base leur problème est le même que le notre, leur état est trop gros, occupe trop d’espace et il ne reste plus assez de ressource pour l’investissement privé.

De plus son interventionnisme débridé (avec la corruption que cela entraine) empêche le système capitaliste de fonctionner comme il devrait, c’est à dire comme une véritable méritocratie qui récompense naturellement ceux qui travaillent, innovent et produisent.

Quelle tristesse de voir ce pays pourtant choyé s’enfoncer ainsi.

Le remaniement ministériel de cette semaine est selon ma vision, plus cosmétique qu’autres choses. Il y a toujours eu des courants de pensée différents au Parti Socialiste depuis sa création, c’est ce qui fait sa force au niveau du débat d’idées et peut-être un peu sa faiblesse puisque cela crée immanquablement des rivalités.

Si ce n’est que la droite française ne fait pas mieux à ce chapitre, de telle sorte que ces luttes presque incessantes « d’egos » tant de gauche que de droite sont nuisibles en toute fin pour la prise de décisions éclairées qui feraient progresser cette société française de plus en plus — hélas — fracturée.

Quoiqu’il en soit, le discours de Manuel Valls a été très bien accueilli par le Medef (le syndicat des patrons) et c’est tout ce qui compte.

Certains pays européens comme l’Italie, l’Espagne et le Portugal obtiennent actuellement des résultats encourageants et selon ma vision des choses toujours, c’est par une meilleure coopération de l’ensemble des pays de l’Union Européenne que devrait ou pourrait passer un possible redressement de l’ensemble des économies de cette Union qui naguère dans sa fondation était plus économique que politique, laquelle est — hélas encore — un peu devenue tout le contraire : politique d’abord puis économique ensuite.

Dans ce discours : « (…) les conventions collectives : 700 ! C’est trop ! Tout le monde est d’accord là-dessus. Il faut simplifier, alléger et regrouper des branches. Et là, c’est vous qui avez la main ! »

Monsieur Valls déplore qu’il y ait trop de conventions collectives en France (700), voici le genre de questions sur lesquelles on devrait sans doute méditer ici aussi, avec ces multiples conventions qui n’exercent ni plus ni moins qu’un véritable racket sur les deniers publics et forcent toutes sortes d’arbitrages financiers auxquels doivent se plier sans broncher toutes les municipalités. Ces politiques de la division instrumentalisées, ont un coût aussi sur la bonne santé en général de l’économie du Québec.

Et bonne chance à Manuel Valls pour qu’il poursuive son engagement une bonne fois pour toute sur la voie de réformes solides dont ce pays a certainement impérativement besoin.

— Remarque : À la fin de votre billet, il y a une petite inversion de frappe : « Vous pouvez perdre connaissance du discours intégral ici », je suppose qu’on pouvait plutôt « prendre » et fort heureusement, je ne suis pas « tombé dans les pommes » suite à cette lecture 🙂

Le libéralisme redevient respectable en France. Mais la partie n’est pas gagnée, parce que une majorité de français, comme c’est le cas pour les québécois, croient encore que l’État peut tout faire.

Bien sûr que devant les dérives du système économique mondiale, les prêcheurs ( réf: photo de l’article!) ont bonne presse…. Pouvons-nous sortir du débat binaire privé-public?

Aujourd’hui, nous savons tous que le capitalisme et la démocratie sont les meilleures outils de développement de nos sociétés modernes. Et nous avons tous l’intuition et, pour plusieurs, la conviction qu’il faut des balises aux prédateurs de quelques domaines que ce soient.

POURQUOI ne pas lire l’excellent ouvrage de l’économiste Thomas Piketty: Le CAPITAL au XXI siècle et nous faire part de vos critiques constructives???

Les cantonnements gauche-droite ne mènent nulle part… Pouvons-nous dépasser ces étiquettes et, à l’ère de l’information, partager la connaissance que l’étude des très grandes données économiques qui ont été compilées depuis le 18ieme siècle.

Dans ces propos superficiels de tout à droite ou tout à gauche, nous perdons de vue que s’il y a des corrompus, c’est qu’il existe des corrupteurs. Que laisser la bride sur le cou de l’État ou du Privé ne peut être la solution.

L’importance est-il vraiment de démontrer qui a raison (ou qui fait pipi le plus loin) ou de tenter de placer sa brique dans l’édification d’une société plus
humaine.

Manuel Valls s’est trompé de public pour ses déclarations d’amour. C’est aux travailleurs-consommateurs qu’il devrait s’adresser, parce qu’avec un taux de chômage croissant, ça va prendre du monde pour acheter les « bébelles » de ces petits chéris.

La France vire à droite plombé par les déficits chroniques, la dette qui explose et le chômage élevé persistant. Et il y a encore des gens en France, l`ultra gauche, qui veulent continuer les politiques économiques médiocres de taxage et de déficit. C`est gens de l`ultra-gauche sont vraiment à coté de la trac.

Ce que je trouve loufoque est votre commentaire — …parler d’austérité quand le déficit budgétaire de votre pays est, à 4 % de son PIB, l’un des plus élevé des pays développés. Je me dis aussi que si c’est l’accroissement du déficit qui crée la relance, l’économie française aurait du redémarrer il y a bien longtemps.

Commentaire habituel de la droite… Vous associez hausse du déficit à hausse des dépenses, mais si le déficit résulte plutôt de la baisse des revenus ? On ne peut parler d’un déficit visant à stimuler l’économie, n’est-ce pas ?

Je vous laisse le soin d’analyser les chiffres…

Je crois qu’il est essentiel d’explorer ce qui se fait ailleurs (pas seulement qu’en France ou dans les états franco) observer ce qui fonctionne bien, essayer d’en retirer le meilleur, remettre en contexte par rapport à notre situation … et éviter de faire les mêmes erreurs.
Vrai ou faux… une rumeur circule à l’effet que Revenu Québec chercherait à réduire le nombre de PME, favoriserait davantage l’emploi dans de grandes entreprises, car cela réduirait de beaucoup le volume de travail au ministère… alors que beaucoup de PME ont vu le jour dû à la »frilosité » de grandes entreprises à prendre certains risques. Davantage novatrices, les PME sont également créatrices d’emplois…
J’espère que ce n’est qu’une rumeur sans fondement, mais avouons que cela serait inquiétant.