Le prix du déficit zéro

Le Québec devrait rétablir son équilibre budgétaire plus rapidement que le gouvernement fédéral et que son voisin ontarien. Cela constitue sans aucun doute une bonne nouvelle. Ce qui est moins drôle, c’est le prix de ce déficit zéro. Le ministère des Finances sera allé chercher au total dans nos poches 8 milliards de dollars de plus l’an dernier et cette année.

Je me demande jusqu’à quel point les Québécois accepteront des hausses de taxes et de cotisations annuelles pour financer leur État. La TVQ atteint maintenant 10 %, qui s’ajoute au 5 % de la TPS. À 15 %, le Québec ne s’en tire pas si mal comparativement aux Européens où les taux de TVA dépassent souvent les 20 %.

Nous sommes cependant hors de prix face aux États américains. En plus de prix généralement plus bas au sud de la frontière, nous économisons un montant supplémentaire d’environ 10 % du prix d’achat en faisant nos emplettes là-bas.

Les douaniers font un travail remarquable pour nous dissuader d’agir ainsi, mais la tentation augmente au fur et à mesure que les taxes sont plus élevées.

Les fumeurs ont depuis longtemps maîtrisé ce petit jeu. Mais si leur habitude va coûter une fortune à l’État, plusieurs achètent leurs cigarettes hors-taxes, une gentillesse permise par le laxisme des gouvernements sur les territoires amérindiens.

La tentation sera aussi plus forte de payer au noir le menuisier ou le plombier qui fera des réparations chez vous. Un des grands avantages des programmes de subventions à la rénovation domiciliaire, c’est qu’ils sapent la tentation d’encourager l’économie au noir.

Le gouvernement a mis le paquet pour dissuader la fraude fiscale (appelons les choses par leur nom) dans la restauration, mais il ne peut pas avoir son nez dans toutes les transactions entre individus.

Une taxation élevée est un incitation puissant à l’évasion fiscale.

Prenons l’exemple du Portugal qui a haussé sa TVA de 20 % à 23 % dans le cadre des mesures d’austérité exigé par ses créanciers internationaux. En 2010, la croissance de l’économie souterraine aurait été de 2,5 % selon l’Université de Porto et l’Observatoire de surveillance de la fraude. L’économie parallèle représenterait près du quart de l’économie de ce pays.

D’où le paradoxe : les gouvernements ont besoin de percevoir le maximum en  impôts et en taxes pour faire leurs comptes, mais en les augmentant trop ils ne font qu’encourager les gens à tricher.

Plus important encore, des hausses de taxes à répétition ne sont pas bonnes pour l’économie. Tout coûte plus cher et ces milliards de dollars pris dans notre porte-monnaie se traduisent aussi par moins d’achats et moins d’épargne.

En voulant colmater les brèches dans son budget, créées notamment par une trop faible croissance, le gouvernement met beaucoup de sable dans le moteur économique.

 

P.S. Je vous invite à lire le commentaire de Martin Coiteux, économiste et professeur à HEC Montréal, sur le même sujet.

 

 

 

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Tout, tout, tout ce qui peut se payer sans taxes le sera. Quand l’État prouvera qu’elle gère bien ses avoirs et qu’elle est blanche comme neige, alors nous feront peut-être un effort si nous ne sommes pas trop rancunier… Mais celà n’arrivera jamais sous le rège de Jean Charest!

Cher M. Duhamel, j’ai apprécié votre article, je me dois d’y ajouter quelques points. Nous ne pouvons nous payer un filet social avec un revenu étatique d’État américain. Soyons réalistes, la chicane qui est bien réelle, ce n’est pas combien ça coûte, mais plutôt combien il nous en coûterait de faire affaire avec des firmes privées.

Les coûts en santé et en éducation ne disparaîtront pas si nous décidons de les privatiser, ces revenus seront donnés à d’autres, sans plus. Le malaise tourne autour du fait que nos institutions, malgré leur modèle plutôt efficace, sont gangrènées par des gens malhonnêtes, souvent en haut de la pyramide. Allez savoir pourquoi.

Le travail au noir n’est-il pas un résultat plausible des inégalités qui se creusent entre les individus dans notre société? N’est-il pas possible d’affirmer que ce n’est pas seulement une volonté d’éviter de payer nos taxes, mais un moyens de payer le loyer ?

L’évasion fiscale des multinationales est d’autant plus outrageuse qu’on la voit et qu’on en fait rien. Il est légitime pour les entreprises de frauder l’impôt parce que les règles le permettent, mais pas pour les travailleurs qui peinent à se payer un logement social.

Est-il aussi important de rappeler que les règlement sur la fiscalité ont été modifiés par l’OCDE en 1998 et que la dette souveraine a explosé de 10% en une journée ? Je vous conseille Louis Gill pour affûter votre vision de la dette et du déficit.

Le déficit zéro, en ce qui me concerne, ne tient pas compte du fait que la plupart des institutions dont nous avons décidé de nous doter ne recherchent pas la rentabilité directe. Un État ne peut être roulé comme une entreprise. Il n’a pas les mêmes objectifs et la rentabilité d’un État n’est pas un critère. Sa viabilité certe, mais sa rentabilité, je ne crois sincèrement pas.

En période de croissance, il n’est pas mal avisé d’équilibrer les finances publiques. Mais quand l’inflation galope, quand le coût de la vie augmente, quand le chômage augmente, les salaires baissent, les fonds spéculatifs gonflent: il n’est pas temps d’équilibrer les finances publiques et de laisser tomber les plus démunis.

En lien avec votre analyse économique de l’agmentation du fardeau fiscal des Québécois(es) et Canadiens(es), je vous encourage à bien comprendre la dynamique gouvernementale, qui est celle de privatiser les profits et socialiser les pertes. Remarquez que dans les domaines public, il n’y a que ce qui n’est pas rentable. Comment se fait-il que les magnats des compagnies d’énergie sont en mesure d’acheter un hectare de notre sous-sol pour 10 sous ? Comment se fait-il que nous ayons demantelé la SOQUIP qui nous servait à modérer les ardeurs des pétrolières, comment se fait-il que nous ayons un ancien député libéral et lobbyiste pour des firmes pharmaceutiques comme acheteur de médicaments pour le système de santé public ?

Je comprends que cette problématique est plus large, mais l’augmentation de la taxation des particuliers est inversement proportionnelle à la taxation des grandes entreprises.

Marc-André Blanchette

http://www.mablanchette.com

Honnêtement, je me pose de sérieuses questions sur le « déficit zéro » dont il est question au Québec quand on sait que lors des dernières années où ce dit « déficit zéro » était prétendument atteint, notre dette, elle, AUGMENTAIT mystérieusement!

On a su par la suite que cette fraude intellectuelle avait été élaborée par les politiciens à l’aide du traficotage de chiffres et ce, autant par le Parti québécois en premier que par les Libéraux par la suite.

Le seul VRAI déficit zéro auquel j’ai pu assister est celui atteint par notre gouvernement national fédéral sis à Ottawa où non seulement on l’avait RÉELLEMENT atteint, mais en prime, on REMBOURSAIT notre dette nationale et on était cité comme un pays exemplaire par tout le monde civilisé.

Ça nous prend une Margaret Tatcher ou un Ronald Reagan au Québec et VITE!!!

Il vaut mieux avoir des impôts élevé qu’un déficit.

Par contre il y a un autre moyen de diminuer les impôts et le déficit… et c’est avec une tronçonneuse dans les services.

«Nous sommes cependant hors de prix face aux États américains. En plus de prix généralement plus bas au sud de la frontière, nous économisons un montant supplémentaire d’environ 10 % du prix d’achat en faisant nos emplettes là-bas.»

Normal qu’on paie plus de taxes: on a un système de santé qui couvre tout le monde et qui coute la bagatelle de 28 milliards par année. Etez-vous prêt à abandonner ce système en retour d’une coupure d’impots et de taxes de 28 milliards?

Le vrai scandale c’est que deux ans après la parité du dollar, on se fait toujours voler par les marchands. Ca c’est un scandale assez peu couvert par les médias.

Avec la bureaucratie monstrueuse dont est affligé le Quebec, je trouve etonnant qu’on se gratte la tete ou trouver des fonds.

Ticket moderateur, ca vous dit quelque chose? Nos salles d’urgence sont devenues des clubs sociaux qu’on paralyse pour des rhumes de sinus….

Avez-vous deja vu l’organigramme de l’education? Un vrai cafarnaüm de fonctionnaires.

Et la santé; il y a presque autant de ronds de cuirs payés a nous manigancer de nouveaux formulaires et des reformes bidons, que de gens en premieres lignes.

Qu’est-ce qu’on fait lorsqu’on n’arrive plus dans notre propore budget? On coupe n’est-ce pas? Eh bien voila! Mais l’infantilisme et la tete dans le sable au Quebec, ca se cultive on dirait.

Mais vous avez raison, en tant que citoyen, je n’ai pas l’intention de faire les frais de l’incompetance et du manque de « guts » de nos elus par pression populaire.

C’est la societe que vous voulez? Tres bien, mais sans moi!

Les vins a la LCBO (la SAQ de l’Ontario) sont de 10% a 20% moins cher qu’au Quebec.

Vive les promenades en voiture le dimanche…

Au Québec, on est loin du déficit zéro. Les intérêts sur la dette qu`on apelle aussi le service de la dette ne sont pas calculés dans le déficit. C`est pour ça que la dette augmentait chaque même si on nous faisait a croire que le déficit zéro était atteint. Présentement on fait à croire que le déficit est de 1 milliard. Mais c`est faux. Il faut rajoûter le service de la dette, donc le vrai déficit devrait être de 7-8 milliards.

J’entends d’ici Lauzon se plaindre que le gouvernement perd des G$ en évasion fiscale. Je me demande bien pourquoi…

Comme plusieurs l’ont dit la dette augmentait de toute façon rapidement et c’est encore pire maintenant avec une déficit « officiel ».

Mais il y a déjà de puis des années un déficit d’infrastructure sans parler du sous financement sans presque tous les secteurs: santé, éducation, justice, etc… Ce déficit devient aussi une énorme dette ainsi qu’un frein à notre productivité

Les moins pénalisés sont les fonctionnaires, on coupe dans les équipements, dans la qualité (et la disponibilité) des services, on ajoute des frais partout, mais les conventions collectives elles demeurent intactes avec les 35h, les pensions, etc… Bref on achète la paix (c’est que ça coûte un bras cette sacro-sainte paix sociale…) pendant que le citoyen en a de moins en moins pour sont argent.

Malgré toutes ces négligences et cette incurie généralisée le système est en train de foirer, même avec les taux d’intérêt très bas.

Les coûts des fonds de pension des fonctionnaires explosent partout, les infrastructures ne peuvent plus attendre, notre faible productivité est en train de nous rattraper (plein d’entreprises ferment) et toutes ces nouvelles hausses de taxes vont étouffer encore davantage notre économie.

Quelque chose va lâcher, c’est inévitable.

Si le gouvernement provincial et les municipalités apprauvrissent assez le citoyen, ce dernier n’aura plus les liquidités nécessaire pour payer des sommes substantielles au noir, donc le gouvernement fait peut-être bien son « travail »

PBrasseur:

Vous avez tout compris!

Maintenant essayez (au Quebec) de faire elire un gouvernement qui nous dirait les vraies affaires et qui nous offirait de mettre ses culottes pour une fois.

Il se ferait montrer la porte!

Quand on est né pour un p’tit pain…

Même avec un taux de taxes à la valeur ajoutée de 20%, en Europe beaucoup de produits coûtent néanmoins moins chers qu’ils ne coûtent ici. Il y a des variations suivant les pays, mais force est de constater que l’intégration des économies européennes a été bénéfique en terme de taille de marchés, ce qui a favorisé de meilleurs prix et une meilleure valeur ajoutée sur les produits.

Le mécanisme est identique pour les Etats-Unis, avec un marché de 300 millions d’habitants et un volume d’échange considérable avec le monde, ne serait-ce justement que par le tourisme ou notre magasinage transfrontalier, cela améliore encore les volumes que peuvent générer les américains.

Comment peut-on rivaliser avec 34 millions d’habitants répartis sur une immensité et comment un système fédéraliste provincial avec des champs de compétences partagés (mais pas toujours) peut-il réaliser des économies d’échelles qui nous permettraient d’être plus compétitifs tout en levant moins de taxes ?

Je pense que la reconnaissance de notre faiblesse aurait pour résultat de nous faire grandir. Nous ne pouvons pas améliorer significativement notre sort en restants divisés et isolés dans un système qui nous met à la merci de n’importe quels raiders qui voient dans le Canada un territoire qu’il faut exploiter, lequel n’a d’autre choix que de se soumettre complaisamment à celles et ceux qui détiennent le pouvoir pour ainsi jouer sur les leviers des marchés.

Le Canada a une histoire certes quoiqu’il ne soit toujours pas à proprement un pays ; c’est une espèce de « garderie à plus ou moins 7 dollars » mise en conservation ou à l’index en vue de considérations futures. Reste à savoir quel glouton (Chine, Etats-Unis ou autre…) finira pas faire une seule bouchée de ce pays incapable de se forger jusqu’à ce jour une profonde identité.

Parfois, il est mieux de reconstruire plus petit mais solide que d’édifier des rêves qui ne tiennent que par la virtualité du crédit, lesquels se défont sitôt la sonnerie… (du réveil). En somme, si vous voulez voir les prélèvements de toutes sortes baisser : « think very small and keep your change ! »

Le noir est la seule solution pour:

Les itinérants
Les BS
Les pensionnés avec SRG
Les chômeurs sans revenus, ils ont pas assez de semaine «consécutives» de travail…
Les chômeurs qui reçoivent moins que le minimum vital.
Les chômeurs qui n’ont plus de prestation
Les travailleurs au salaire minimum
Les pères à qui il ne reste pas assez pour vivre après le payement trop souvent déraisonnable d’une pension à leur ex qui est avec un autre homme dans la maison familiale…
La majorités des gens qui dépensent plus qu’ils gagnent et que si ils ne le faisaient pas l’économie du Québec serait à sec…

Quel est le montant des prêts de la mafia dans l’économie?
Quel est le montant des achats de ce monde souterrain???

@ Constant Tinople (# 12):

La seule façon dont ce genre de chose risque d’arriver est lorsque les agences de crédit commenceront à décoter le Québec. Alors seulement, les politiciens embarqueront dans le train déjà en marche et défendront le gros bon sens.

Rien d’intelligent ne se passera avant qu’une telle catastrophe ne se produise.

On récolte ce que l’on sème. Charest s’est fait élire avec un plan de réduction de l’état. Dès qu’il a voulu le faire, les syndicats se sont objectés et le peuple a soutenu ces derniers. Le gouvernement a reculé, comme ils le font tous en cette ère de gouvernance par sondage et nous devons maintenant payer plus.

Nous n’avons jamais demande au gouv, Fédéral ou provincial de nous faire vivre au dessus de nos moyens. les gouvernements qui se succèdent a Ottawa et Québec outrepassent leurs mandats.
Attendons nous d’être comme la Grèce l’Italie etc
pour non seulement boucler nos budgets gouvernementaux mais pour établir un échéancier raisonnable pour rembourser notre dette astronomique.
Tout le monde doit mettre l’épaule a la roue ,les syndicats (en simplifiant les conventions collectives) en arrétant d’exploiter les travailleurs au profit des chefs syndicaux en cessant la politique des gros bras a cause du vide des idées. Nous en arrètant de gaspiller.
C’est quoi cette politique de con d’établir une politique économique basé sur la surconsommation?
Pourquoi envoyer les jobs ailleurs en achetant des produits fait en Chine et ailleurs qui sont souvent de bas de gamme, donc reviennent plus cher a la longue.

Pourquoi les femmes qui se sont battus pour le droit de vote ne l’exercent telles pas
Est ce logique que 63% des gens ne votent pas ou fons voter a leur place.

Sujet très intéressant que celui des finances publiques. Le problème au Québec actuellement, c’est que le gouvernement ne veut pas couper dans les dépenses pour réduire son déficit, il préfère augmenter ses revenus. D’une autre côté, difficile de le blâmer : la seule fois que la dette représentant les déficits cumulés a diminué depuis 30 ans, c’est lorsque le PQ a coupé dans les services publics à la fin des années 90. Résultat : le prix politique payé par le PQ a été tellement élevé que plus un parti ne veut vraiment couper. Prenons la CAQ de Legault : il ne veut pas couper il veut « réorganiser » et augmenter le salaire des enseignants de 20 %, on est loin de couper! Et il va falloir couper dans les services (incluant les subventions, etc.) si on veut réaliser des économies substantielles. Les finances publiques ça n’a rien de magique : pour dépenser à la hauteur de ses moyens, il faut soit augmenter ses moyens (ce que fait le gouvernement actuellement) ou diminuer ses dépenses (pour ça il faut faire des sacrifices). C’est comme dans un ménage : si on arrive plus â payer son hypothèque, ou on augmente ses revenus, ou on coupe dans les dépenses.

@ Guy Masson (# 18):

Comme vous avgez raison mais que voulez-vous; on compte plus de un Million d’analphabètes au Québec et près de 45% des Québécois ne paient pas d’impôt. Ils n’ont donc aucun intérêt à ce que le système gauchiste actuel change.

SEULE une DÉCOTE du Québec fera bouger les choses et encore…