Le problème avec Rona

En quelques heures, la Caisse de dépôt et de placement du Québec a perdu 1 480 000 dollars sur les 2,4 millions d’actions de Rona achetées mercredi pour protéger l’entreprise québécoise des griffes de l’américaine Lowes. Je sais, ce ne sont que des pinottes pour la Caisse de dépôt et, surtout, on ne peut surtout pas juger du bien-fondé d’un investissement après une seule journée.

Il faut néanmoins se rappeler que c’est un investissement et qu’il devra tôt ou tard contribuer à la performance de la Caisse de dépôt. La question qui se pose est toute simple : Rona est-elle une bonne affaire ? Est-ce que vous placeriez une partie de vos épargnes dans cette illustre entreprise québécoise ? Si ce n’est pas une bonne affaire, on joue avec l’argent des Québécois au nom d’intérêts considérés comme étant supérieurs; ici le maintien de la propriété québécoise.

Cela peut se justifier, mais il y a des risques. C’est d’abord un risque financier, car rien ne dit que l’action de Rona prendra du mieux, surtout si elle n’est plus sujette aux offres d’acheteurs éventuels. C’est aussi un risque économique, car rien n’indique non plus que l’entreprise a la stratégie et les capacités de sortir du marasme dans lequel elle semble engouffrée.

Le dernier risque, c’est celui des représailles. Il ne touchera pas nécessairement Rona, mais comment peut-on justifier que CGI et Couche-Tard, pour ne donner que ces exemples, achètent des entreprises étrangères s’il devient impossible pour un acheteur étranger d’acheter une entreprise privée de nature commerciale et qui n’apparaît pas, a priori, stratégique pour l’avenir du Québec ? Est-ce à comprendre aussi que la Caisse va favoriser tous les prédateurs québécois qui veulent acheter à l’étranger, tout en empêchant des entreprises de bonne taille de devenir des proies pour des acheteurs éventuels ? Un poids deux mesures ?

Le problème dans le cas présent, ce n’est pas Lowes, mais Rona. L’action a plongé d’un sommet de 25 dollars en 2007 à environ 10 dollars à la fin juin. Les ventes stagnent depuis cinq ans et l’entreprise terminera  vraisemblablement l’année avec une seconde perte annuelle consécutive. Home Depot fait de l’argent, Lowes et Canadian Tire aussi, mais Rona n’en fait pas. Voilà pourquoi l’entreprise est vulnérable. Sa valeur se déprécie, parce qu’on a l’impression que l’entreprise se trouve dans une impasse. Il y aurait surcapacité dans les magasins de rénovation à grandes surfaces au Canada où Rona affronte des géants américains aux poches pleines.

Plus tôt cette année, la direction de Rona a décidé de se départir de certains de ses magasins à grande surface pour redéployer ses fonds et ses énergies dans des magasins de proximité. Des mesures de redressement sont aussi en cours. Cela sera-t-il suffisant ? Il serait peut-être concevable pour Rona de vendre ses magasins à grande surface à Lowes, encaisser l’argent et tout miser sur un format de magasins où, sans rien enlever à Home Hardware et BMR, la concurrence lui laisse plus d’oxygène.

Dans lequel cas, l’action pourrait prendre du mieux et la Caisse pourrait tirer profit de sa mission de sauvetage.

 

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Ce qui fait que le capitalisme est un bon système c’est que les mauvaises entreprises font faillites!!

C’est comme la sélection naturelle qui a permis aux meilleurs éléments de prospérer et s’améliorer.

C’est encore à cause de notre nationalisme ou fierté nationale qu’on investi dans le sauvetage d’entreprises non performantes. Notre chauvinisme nationaliste nous coûte cher.

La caisse ferais bien mieux d’investir dans les modèles d’affaires qui fonctionne et leur permettre de DOMINER dans le monde. Ça serait du nationalisme performant, rentable et en plus d’être fier.

Pour accélérer la chute d’une organisation désorganisée, les employés insécurs devraient quitter leur emploi maintenant pour s’assurer d’avoir une place chez la concurrence. Merci bonsoir.

Pour la caisse, est-ce un coup stratégique ou a t-il vraiment été poussé par le ministre de bloquer la vente, 1- Si s’est vraiment pour bloquer la vente, il faudra bien qu’il lâche le morceau, tenter de sauver tous les meubles quitte à perdre sa chemise, s’est un geste d’affaire ridicule, car Low’s à bien l’intention de devenir concurrent de Home Depot au Canada, même s’il doit construire de nouveau bâtiment et mettre à terre encore plus vite Rona. 2- Il est aussi possible que toute cette panique n’est qu’une mascarade en geste de stratégie pour faire monté les enchères, avec l’achat du 2,5 million d’action pour la Caisse, dont les actions ont été payé au plus tard de la journée à près de 14,16$, sont encore en dessous de la dernière offre de Low’s à 14.50$, un offre à près de 8 fois les revenus. Low’s a donc encore une marge de manœuvre pour présenter un offre de 15$ peut être jusqu’à 18$ l’action, Invesco Trimark est déjà intéressé à vendre à 14.50$ qui possède près de 12% d’action et le 2ième plus gros actionnaire après la Caisse. La Caisse existe pour faire de l’argent, non pas pour du patriotisme à tout prix, si c’est un achat stratégiques, alors là s’est une bonne affaire pour la Caisse, Low’s reviendra probablement avec un autre offre, mais peut être pas de 3ième offre, la direction de Rona devront prendre la bonne décision, car Low’s sera ici que Rona ou le gouvernement le veulent ou non, comme Home Depot là fait bien avant, Low’s ou Home Depot ramasseront les magasins de Rona encore vivant pour pas cher ?

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