Le Québec serait-il prêt à faire partie de l’Union européenne ?

Que diriez-vous si les premiers ministres des autres provinces et des fonctionnaires fédéraux étaient informés avant l’Assemblée nationale et la population du Québec des grandes orientations et des cibles du budget du Québec et qu’ils avaient le pouvoir de ne pas l’accepter. Pire, qu’ils avaient même nous imposer des sanctions s’ils estimaient qu’il n’était pas conforme à l’intérêt national canadien ?

Ce serait évidemment inacceptable. La protestation serait unanime, tant chez les fédéralistes que les souverainistes. On crierait à l’ingérence et au non-respect des compétences dévolues à la province par la Constitution. On trouverait surtout le procédé anti-démocratique puisqu’il remplacerait le pouvoir des élus par celui des partenaires de la fédération et de la fonction publique fédérale.

Pourtant, une telle réforme est discutée ces jours-ci à Bruxelles et pourrait être adoptée d’ici quelques semaines.

Cette réforme obligerait chacun des 27 États membres à soumettre en avril les grandes orientations de  son budget au Conseil de l’Union européenne (qui regroupe les États membres) et à la Commission européenne («l’appareil») pour approbation. L’Union européenne se donnerait le pouvoir de dire non à un État dont le budget ne serait pas à son goût. Un pays qui n’en ferait qu’à sa tête pourrait recevoir une amende représentant 0,2 % de son PIB. Pour un pays comme la France, cela pourrait représenter une amende d’environ 5,4 milliards de dollars à la fin de son année fiscale, ce qui est tout sauf symbolique.

Pourquoi une telle démarche ? Parce que les États européens constatent que les bêtises de leurs voisins les mettent eux-mêmes à risque et qu’ils sont tannés de se faire prendre de cours et d’être obligés de payer une partie de l’addition. Bref, cette mesure veut obliger les pays membres à mettre de l’ordre dans leurs affaires.

Les pays européens se retrouvent solidaires dans l’adversité parce que c’est leur devise qui est en cause et en jeu. Mais ceux qui se retrouvent à payer veulent en retour que la discipline et la rigueur soient l’affaire de tous.

Il souffle sur Bruxelles un grand vent de centralisation. Une réforme n’attend pas l’autre pour améliorer la gouvernance de la zone euro et  rassurer les marchés. Voilà pourquoi on pousse tant sur une plus grande intégration économique. Des choses qui étaient discutées depuis une douzaine d’années se sont réglées en une seule année.

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« Il faut corriger, prévenir et punir  pour assurer la stabilité du système », nous expliquait hier Danuta Maria Hübner, la présidente polonaise du comité du Parlement européen sur le développement régional. Prudente, elle estimait néanmoins qu’une telle politique n’était pas sans danger. Madame Hübner, une économiste de formation, fait partie du groupe parlementaire des chrétiens-démocrates européens (droite).

Participait également à l’échange, le député socialiste luxembourgeois Robert Goebbels. Il était le premier à reconnaître que les Européens allaient peut-être trop loin dans le sens de la régulation et de la réglementation. « Qui va financer l’innovation et l’économie du savoir si nous coupons les ailes à ses 4429

sources de capitaux au nom de la lutte contre la spéculation ?», admettait-il très franchement. Monsieur Goebbels siège sur le comité parlementaire sur l’Industrie, la recherche et l’énergie.

Je souligne que ces deux parlementaires, de sensibilités politiques différentes, ont étonné l’ensemble des 13 journalistes canadiens et américains par la civilité de leurs échanges, la profondeur de leur argumentation et leur ouverture. Nous étions très loin d’un débat partisan.

L’Europe fédérale arrive-t-elle à grand pas ? Le budget de l’Union européenne ne représente que 1 % du PIB des pays membres et 95 % de cette sommes est redistribuée, ont fait valoir les deux parlementaires. Bruxelles n’est pas encore l’équivalent de Washington ou d’Ottawa. Pas encore.

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C’est assez cocasse en fin de compte. Les politiciens n’admettront qu’ils sont irresponsables mais n’ont aucun problème à le faire quand il s’agit de leur voisins… Et je n’ai aucun doute que le gouvernement hautement irresponsable du Québec trouverait cela inacceptable.

Ceci dit il est certain qu’en Europe le statue-quo n’est pas viable, ils faut soit démanteler l’union, ce qui est dans les faits presque impraticable ou lui donner plus de cohésion en la renforçant.

1% du PIB…. C’est comme si le Gouvernement du Québec avait un budget de 3 milliards! C’est dire à quel point on est loin de l’UNION Européenne!
A quel point l’Union européenne est une union bien modeste où les pays souverains ont délégué qu’une infime portion de leur souveraineté nationale. L’équivalent d’un pourcent de leur PIB

Pourtant, depuis des années, on nous dit que l’indépendance c’est dépassé et que l’heure est à l’union! Comme en Europe! lol

Au fait, combien de temps l’euro va-t-il tenir?

Les partisan de l’Euro sont en train de saborder leur projet avec leur réforme anti-démocratique.

Il serait bien plus simple de mettre un terme à cette expérience qui, on le constate maintenant, a été un échec.

Mon impression/intuition est que le Québec est plus proche des valeurs européennes (socio-démocrates) que le ROC conservateur, lequel se rapproche des États Unis d’Amérique. Qu’en pensent les analystes et sociologues?
Le degré d’autonomie des pays de l’U.E. est-il volontaire ou obligatoire sur certains domaines?
Il me reste beaucoup à savoir pour me faire une opinion claire. Merci de cet article qui sera pour moi un départ vers moins d’ignorance.
Le joyeux retraité de Mazatlán

Un point oublié dans tout cà; l’écologie demande le bon sens de limiter le déplacement de tout si possible. Et on veut augmenter les liens avec l’Europe? Pas contre, mais sur ce point, les bateaux sont mieux d’être plus écologiques… Avec le pic du pétrole qui vient…

Le vert en écologie nous rapele que les liens avec le ROC et les USA sont important. Localisme.

Oui mais, si une province canadienne se mettait, comme un pays de l’Union européenne, à faire des déficits énormes, ça ne serait pas long que le fédéral lui tirerait les oreilles et pourrait même la placer sous tutelle.

1% du PIB…. C’est comme si le Gouvernement du Canada avait un budget de 14 milliards! C’est dire à quel point on est loin de l’UNION Européenne!

A quel point l’Union européenne est une union bien modeste où les pays souverains ont délégué qu’une infime portion de leur souveraineté nationale. L’équivalent d’un pourcent de leur PIB

Pourtant, depuis des années, on nous dit que l’indépendance c’est dépassé et que l’heure est à l’union! Comme en Europe! lol

Au fait, combien de temps l’euro va-t-il tenir?

L’Europe fuit vers l’avant plutôt que de régler ses problèmes État par État. Un plus grand carcan ne règlera rien, ça ne fera qu’augmenter le pouvoir des technocrates. L’Union un jour va éclater sous une trop forte pression intérieure si elle accentue le fédéralisme.

Il faut comprendre que ce sont des États indépendants qui renoncent à une plus grande partie de leur souveraineté, c’est idiot et cela au nom d’une idéologie portée longtemps par la France.

Que les États fautifs paient le prix de leurs erreurs plutôt que de voir l’ensemble de l’Union le faire.

L’idée souhaitable qu’est l’Union Européenne va se transformer en cauchemard si trop fédéralisée, ça ne règlera rien.

Notes supplémentaires.

Si le reste du Canada disait non à la dépendance du Québec à la péréquation? Qu’arriverait-il compte tenu de nos finances.

Le Québec prêt à faire partie de l’Union Européenne nous avons déjà l’esprit sans la lettre.