Le rail brésilien en plein essor

Bombardier livre le plus grand monorail du monde à la ville de São Paulo.

Governor Geraldo Alckmin Opens Plant to Produce Bombardier Trains
Photo : Getty Images

On oublierait presque que l’économie du Brésil, pays d’Amérique du Sud aussi vaste que le Canada, a longtemps été fondée sur son système ferroviaire.

À voir ses trains lents, polluants et surchargés — bref, qui tombent en ruine —, on constate vite que le réseau, nationalisé en 1957, a souffert de deux décennies de dictature militaire, pendant lesquelles l’accent a été mis sur le transport routier.

Aujourd’hui, les régions métropolitaines du pays, qui compte près de 200 millions d’habitants, sont mal desservies. Et comme la majorité du fret voyage par la route, cela engendre des retards coûteux et nombre d’embouteillages.

Le Brésil a donc décidé d’investir massivement dans l’amélioration et le prolongement de ses lignes ferroviaires, pour attirer davantage les investisseurs, notamment vers le secteur des ressources naturelles. Et la leader canadienne Bombardier est l’une des entreprises qui s’emploient à moderniser le tout.

« Nous venons tout juste de livrer le plus grand monorail de transport public à la ville de São Paulo », dit fièrement Luis Ramos, porte-parole de Bombardier au Brésil. Ce système de 1,44 milliard de dollars, qui permettra de transporter jusqu’à 48 000 personnes à l’heure sur une ligne de 24 km, devrait entrer en service à temps pour le début de la Coupe du monde de soccer, le 12 juin prochain.

En août 2012, la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, annonçait des investissements privés d’une valeur de 60 milliards de dollars pour des projets routiers et ferroviaires. Le gouvernement a aussi affirmé vouloir attirer des investissements pour la construction de 10 000 km supplémentaires de voies ferrées et pour doubler la capacité de son fret ferroviaire.

L’extension des métros de São Paulo et de Rio de Janeiro ainsi que des projets de mise en service d’autres métros et trains légers sur rail sont également à l’ordre du jour — mais bien des Brésiliens souhaiteraient que cela avance plus vite.

Bombardier a récemment investi 15 millions de dollars dans une usine située près de São Paulo et destinée à la construction de trains monorails. Le secret du succès, c’est la vitesse, estime Luis Ramos : « Un monorail se construit en moitié moins de temps qu’un métro souterrain. »

Bombardier devra effectivement travailler à toute vitesse. De nombreuses entreprises étrangères sont elles aussi attirées par les investissements massifs du Brésil. Selon une recherche menée par la boîte allemande Roland Berger Strategy Consultants pour le compte de l’Union des industries ferroviaires européennes, l’industrie brésilienne du transport sur rail est censée rapporter 3,2 milliards de dollars annuellement dès 2017.

Toutes les sociétés du rail devront décidément travailler à pleine vapeur !

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