Les trois clés pour rétablir les finances publiques du Québec

Le budget du gouvernement provincial est pris en souricière. Il doit financer plus de dépenses avec moins de revenus ! Un texte de Pierre Fortin.

Blogue EconomieDeux experts en économie publique, les professeurs Luc Godbout, de l’Université de Sherbrooke, et Claude Montmarquette, de l’Université de Montréal, ont remis au gouvernement Couillard le rapport qu’on leur avait commandé sur l’état des finances publiques du Québec.

Il s’agit d’un excellent rapport.

L’objectif poursuivi était double : 1) constater la situation budgétaire à laquelle le nouveau gouvernement doit faire face au moment où il entre en fonction, et 2) faire des propositions concrètes afin qu’il retrouve l’équilibre budgétaire au plus tôt — dès 2015-2016 si possible —, en accord avec la Loi sur l’équilibre budgétaire à laquelle il doit normalement être soumis.

Les constats

Sur les constats, le rapport des experts ne fait que transmettre au public — vous et moi — les données financières mises à jour par les mêmes responsables du ministère des Finances qui ont préparé le budget Marceau du 20 février dernier.

Le budget prévoyait que le déficit budgétaire pour l’année 2013-2014, qui vient de se terminer, serait de 2,5 milliards de dollars. La mise à jour du ministère, relayée par les experts, donne maintenant 3,1 milliards, soit 600 millions de plus que prévu.

Pourquoi ? Selon les données financières des mois les plus récents, c’est principalement parce que les revenus tirés des impôts des sociétés ont ralenti et qu’un ajustement actuariel important au titre des régimes de retraite des employés de l’État a dû être intégré au budget. Douloureux, bien évidemment, mais pas de squelettes dans les armoires.

Qu’en est-il pour l’année 2014-2015, qui vient de commencer ? Dans le budget Marceau du 20 février, le gouvernement projetait un déficit de 1,75 milliard. Rassemblant l’information utile du ministère des Finances et du Secrétariat du Conseil du Trésor, les experts concluent que si le Conseil du Trésor acceptait les demandes des ministères et organismes et laissait les choses aller, le déficit pourrait atteindre 5,5 milliards en 2014-2015, c’est-à-dire 3,75 milliards de plus que le 1,75 milliard du 20 février.

S’ils avaient été réélus, les péquistes n’auraient certainement pas laissé les choses aller et se seraient efforcés de respecter leur cible de 1,75 milliard. Les libéraux, eux non plus, ne laisseront sûrement pas les choses aller dans le nouveau budget qu’ils présenteront d’ici quelques semaines. Ils vont viser un déficit qui devrait s’approcher du 1,75 milliard. C’est, pour eux, une question de crédibilité au départ.

Depuis quelques mois, une certaine accélération de la croissance économique — et donc des revenus fiscaux — est annoncée par les prévisionnistes. Mais cela n’aidera pas beaucoup le nouveau ministre des Finances, Carlos Leitao, à joindre les deux bouts. Car, pour une bonne part, cette accélération a déjà été prise en compte dans le calcul du déficit de 1,75 milliard du budget Marceau pour 2014-2015 et dans la projection d’un budget sans déficit pour les années suivantes. Un budget austère nous attend d’ici juin.

Les propositions

Les propositions des deux experts visent à résoudre l’impasse financière. Cette impasse découle principalement du changement démographique ambiant. Le budget gouvernemental en subit la pression de deux manières.

Premièrement, la population québécoise en âge de travailler commence à diminuer. Avec moins de bras et de cerveaux, nous allons produire moins, engendrer moins de revenus et payer moins d’impôts et de taxes.

Deuxièmement, avec une proportion croissante de la population qui est âgée de 65 ans ou plus, le recours aux soins de santé et aux services sociaux s’accroît plus rapidement. La pression sur les dépenses gouvernementales en santé (soins médicaux et hospitaliers, médicaments, hébergement, etc.), déjà forte, va encore s’accentuer.

Le budget du gouvernement est donc pris en souricière. Il doit financer plus de dépenses avec moins de revenus !

Les experts sont parfaitement conscients de ces effets du changement démographique sur les revenus et les dépenses du gouvernement. Ils sont surtout conscients du fait qu’il ne s’agit pas d’un phénomène passager, mais que la pression exercée sur les finances du Québec va persister pendant encore deux décennies.

Naturellement, ils expriment au départ l’avis que le nouveau gouvernement doit poser des gestes à court terme pour augmenter ses revenus et comprimer ses dépenses pour un total de 3,75 milliards, de façon à ramener le déficit budgétaire de l’année courante proche du 1,75 milliard projeté par le budget Marceau. Le choix des mesures sera celui du nouveau ministre des Finances, Carlos Leitao.

Mais encore et surtout, les experts pressent le gouvernement de confirmer son engagement à mettre en place une commission permanente mandatée pour revoir les programmes de dépenses et la livraison des services. Cela est essentiel pour que le Québec soit bien préparé à traverser les deux décennies difficiles qui s’annoncent.

Trois impératifs

On ne peut qu’appuyer la proposition des experts. Mais, pour réussir, la révision des programmes de dépenses devra se conformer à trois impératifs. Elle devra 1) s’appuyer sur une vision à long terme, 2) procéder à une analyse qui respecte les différences importantes entre les missions gouvernementales, et 3) reposer sur un consensus social qui soit le plus large possible.

Le premier impératif est que cette commission d’examen des programmes se concentre sur le moyen et le long terme plutôt que sur le court terme exclusivement. Elle doit se détacher du cycle purement annuel de révision des dépenses qui a cours présentement.

Le deuxième impératif est que le gouvernement suive la recommandation pressante du Fonds monétaire international d’éviter les coupes stupidement uniformes dans tous les ministères et organismes. Il devra, dès 2015-2016, faire des choix selon des priorités sectorielles à établir, et non continuer à couper aveuglément tout le monde dans la même proportion.

Le troisième impératif est de ne pas oublier qu’il s’agit d’un exercice à la fois politique et administratif. Il ne doit pas être mené dans le secret, mais de façon parfaitement transparente aux yeux des citoyens. Il y a un consensus social à bâtir, sans lequel nous allons tous courir à l’échec. Le gouvernement doit aussi éviter la centralisation excessive, et faire largement appel à l’expertise des ministères et organismes sectoriels. Ils ont une connaissance aiguisée du terrain qui est absente des ministères centraux, comme les Finances et le Conseil du Trésor. Si l’on veut accroître la productivité du secteur public, il faudra les respecter (et non les mépriser), puis leur laisser une marge d’initiative pour améliorer leur performance.

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23 commentaires
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Ravis de lire ces 3 clés. Ça me rassure de voir qu’on prend enfin la bonne direction !

En relisant le texte de Pierre Fortin, vous constaterez que celui-ci émet un désir et que ce n’est pas encore la politique du présent gouvernement.

11,7 milliards de déficit en Ontario. Est-ce qu’on pourrait passer à un autre appel?

http://www.cbc.ca/news/canada/toronto/ontario-liberals-won-t-worry-about-11-7b-deficit-if-economy-slows-1.2418456

Ontario is on track to eliminate the $11.7-billion deficit in the next four years without worrying about cutting programs, Finance Minister Charles Sousa said today.

The Liberal government is prioritizing investments in jobs before meeting « short term targets » to balance the province’s books.

Pendant ce temps, Ottawa s’apprête à produire son premier surplus depuis des années.
Qu’est-ce qu’on disait dans le temps? Les besoins sont dans les provinces et l’argent à Ottawa

Se comparer à pire est tellement, mais tellement loser!

De plus, l’Ontario a une marge de manœuvre que le Québec n’a pas.

Les surplus qui sont à Ottawa seront utilisés pour réduire notre dette nationale qui, ELLE, est sous contrôle contrairement à celle du Québec qui déraille et plus particulièrement lorsque les péquistes sévissent dans notre capitale provinciale. Imaginez, il y a 2 mois seulement, ils prévoyaient, dans LEUR budget, un déficit de $1.75 Milliards. Les VRAIS chiffres divulgués récemment par un comité INDÉPENDANT sont plutôt de $3.75 Milliards de DÉFICIT. Plus du DOUBLE!!!

Il était vraiment temps que l’on se débarrasse de cette sinistre farce qu’était le Parti québécois.

Vous n’avez sûrement pas lu l’article monsieur. Le budget prévoyait que le déficit budgétaire pour l’année 2013-2014, qui vient de se terminer, serait de 2,5 milliards de dollars. La mise à jour du ministère, relayée par les experts, donne maintenant 3,1 milliards, soit 600 millions de plus que prévu. Les libéraux nous ont endettés comme cela ne s’est jamais vu auparavant.

L’Ontario a un problème similaire au Québec, ses revenus sont plus faibles que prévus, par 3.5 milliards! Ça montre que le problème est grave et s’étend à presque tout le Canada (au moins 70%).

Evidemment les politiciens disent que cette tendance est temporaire mais on peut en douter car après tout on est pas en récession. La démographie associée à l’essoufflement de consommateurs sur-endettés explique probablement ce revirement qui ne fait sans doute que commencer et pourrait même devenir bien pire, on en a au moins pour 10 ans à « flirter » avec ça.

La réalité est que l’Ontario, comme le Québec, ne s’en sortira pas sans coupures.

En ce qui concerne le Fédéral il sera éventuellement touché aussi, en attendant s’il obtient des surplus le mieux serait de baisser ses impôts, les provinces seront libres d’occuper l’espace mais elles devraient s’en abstenir, la fiscalité est en pertie responsable de la déflation qui nous accable.

Bonsoir,le bilan d’une mauvaise gestion depuis 1976, et valider par toujours les memes expert le rapport de M.Godbout et M.Monmarquette valider par M.Fortin et toujours la meme recette.
En 1976 le changement demographique etait connu existence des fonds pensions aussi,le PIB aussi voila l’erreur les budgets ont toujours ete en prevision du PIB et quand la prevision nest pas la alors importation vs exportation pour 33 milliards de MOINS de la prevision, quand nous importons plus que nous exportons alors le bilan est negatif depuis la crise du secteur du papier et du bois d’oeuvre le Quebec a de la misere avec ses exportations et avec des annees avec un dollars canadien fort bien la recette parfaite pour nuire a nos exportations.
Alors chercher pas de squelette sur les contribuables qui ont payees pour leur fond pension,et payant taxes et impots, assurance parentale,assurance emploi(ou le gouvernement federal a pris 50 milliards de l’argent des travailleurs, et des employeurs.)alors le vrais squelette est la gestion du conseil du tresors qui depuis 1976 n’a pas reussi la stabilisation de ses depenses et la dette a toujours toujours ete en croissance et depuis 1976 le veillissement de la population etait connu,importation vs exportation aussi fructuration du dollars aussi et la devaluation de nos infrastructures,et la decontamination du secteur minier,alors pour conclure il faut changer les choses et avoir un vrais traitement CHOCK car la pire chose qui va arrive si ce n’est pas fait sa va etre exode des jeunes.
La conclusion qui doit etre retenu du ministre des financesM.Leitao est le budget ne ce fait pas en PREVISION de mais bien en FONCTION de la moins value du PIB et de la force ou la faiblesse de notre dollar voila enorme difference entre en PREVISION de et en FONCTION de.Si il y a la vente actif de 10%de hydro Quebec ou saq a titre exemple que la vente action soit fais aux quebecois pour garder notre patrimoine ici.
Bonne reflexion. Ecris avec pointeur lazer alors ps d’accent.

Je regrette, Monsieur Fortin, mais quelles que soient les qualités de communication de Monsieur Couillard et de son gouvernement, il n’y aura pas de consensus social. Les héritiers de la Révolution tranquille, accrochés aux mamelles de l’État, ne voudront pas être sevrés. Il faudra trancher, en dépit du bruit des casseroles et de l’habitude bien ancrée du Parti Québécois de souffler sur les braises (printemps-érable, financement des partis).

Monsieur Fortin proposé de faire confiance à l’expérience des ministères et organismes sectoriels qui ont une expérience aiguisée du terrain. Par expérience, je pense que c’est justement ce qu’il ne faut pas faire car ils n’ont aucune vision globale des services de l’État. L’exercice se doit d’être politique et procéder de deux grandes questions essentielles. Quels sont les services et les investissements essentiels de l’État? Comment peut-on livrer les services aux citoyens à meilleurs coûts? Une foi la vision globale établie, il faudra procéder à une réorganisation des ministères et organismes sectoriels selon ce plan et vérifier les économies ainsi que la satisfaction de la clientèle. Voilà pour le moyen et long terme. Pour le court terme, il faut couper dans les dépenses des ministères et organismes selon des priorités de services qui font consensus de la population.

Ce sera intéressant on a trois médecin au commande de l’état et la santé c’est la qu’il y a le plus gros bordel

EXCELLENTES ces 3 clés.
Une autre façon de prendre la bonne direction serait de faire le ménage dans la haute direction d’HYDRO QUÉBEC à commencer par son président monsieur Vandal même s’il est un »bon » libéral. On pourrait en profiter pour émettre un décret quant à l’installation des compteurs dits intelligents… pour les phases 2 et 3; déjà + ou -1,000,000,000$ sur 3.7 milliards$ de trouvés…
Le gouvernement pourrait ainsi mieux comprendre ce qui se passe dans ce dossier depuis le début… sous le règne de monsieur Charest.
On me dit que le vérificateur général peut maintenant aller frapper à la porte de ce gouvernement à l’intérieur du gouvernement élu …
À quand le moment ou le protecteur ou la protectrice du citoyen pourra aller voir ce qui se passe dans ce lieu sacro saint qui a vu ses effectifs passer de 12012 employés à plus de 22,000 alors que la population du Québec n’a crue que d’environ 800,000 habitants durant la même période?
Il y aurait peut-être lieu de passer par ces étapes avant de penser privatiser.

Il est impossible de réduire les dépenses de l’état sans couper profondément dans l’appareil gouvernemental et les services
Nous avons le plus grand nombre per capita de fonctionnaires en Amérique , la plus grosse dette ,la plus haute taxation (sauf pour IPE) nous offrons plus de service a la populace
Alors

On entend beaucoup parler de démographie comme la ou une des raisons de no problème , ce sont les politiciens et bureaucrate qui ont inventé cette excuse pour nous faire oublier la mauvaise gestion des gouvernement .
L’Allemagne te plusieurs autres pays ont une démographie beaucoup plus néfaste que la nôtre mais se tire très bien d’affaire .
L’allemagne avec 85millions d’habitant compte 16 ministre nous avec 8 millions on en a 26 maintenant et c’est pareil partout au gouvernement

Trois points manquent à l’équation si on veut le vrai portrait de la situation.

Premièrement, la dette de l’Hydro représente combien dans la balance. Quand on sait qu’Hydro est une entreprise d’utilité publique, elle peut supporter son endettement. En enlevant la dette de l’Hydro du portrait, notre endettement représente combien en pourcentage du PIB.

Deuxièmement, toute chose étant égale par ailleurs, s’il y a moins d’offre de main d’œuvre sur le marché du travail, les salaires devraient avoir une tendance à hausse. Je pense que cela va être l’impact du retrait des babyboomers.

Troisièmement, il faut prendre en compte la valeur du dollar canadien par rapport au dollar US. À 90¢, cela favorise le secteur de la production industriel, favorisant la relance. Même si on dit qu’on doit payer plus pour les importations, qui vont diminuer de toutes façons en fonction de l’offre et de la demande, ceteris paribus.

Je suggère fortement que le Gouvernement modifie la structure administrative des ministères de façon à restreindre l’application du principe de Peter . Parce qu’actuellement nous avons des pyramides inversées , c’est-à-dire que les cadres sont beaucoup trop nombreux par rapport aux travailleurs et ce dans au moins 90% des ministères. ou organismes gouvernementales .

Si vous portiez votre jugement moins sur des idées reçues que sur la réalité concrète, vous seriez en mesure de rendre une opinion mieux éclairée. Selon les dernières statistiques de l’ISQ, les cadres forment 5,7 % (ETC – équivalent temps complet) de l’effectif de la fonction publique. Parler ici de pyramide inversée, c’est le summum du ridicule.

Roger Bourgeois, à part les ministères , il y a les FAMEUSES organismes gouvernementales et de cela qu`il faut s`occuper le plus tôt possible!

Ces organismes la plupart du temps ont le champ libre et n`ont pour la plupart du temps aucune imputabilité face aux contribuables! Les ministères par leur structures ont déresponsabilisée la structure administrative et ont saupoudré ici et là la raison fondamentale pour laquelle ils existent!!

Les ministères actuellement N`ADMINISTRENT plus nécessairement; ils BUDGÈTENT et il est là le problème! On a une fonction publique qui potentiellement pourrait gerée une population de 20,000,000 d`habitants; mais de la façon dont c`est géré ( syndrome du no-fault) c`est à peine si elle est capable de faire le travail pour 8.5 millions de population!!

Le Québec est un endroit au monde archi riche de tout ce que l`on peut imaginer, pétrole, forêt, mine, gens d`affaire très aguerri et capable de gérer le Québec de toute ses richesses, bien en parlant de gens d`affaire, il serait peut être temps d`en mettre un à la tête du gouvernement et mettre les médecins dans les hôpitaux..