Le réflexe international

L’économie du Québec doit se brancher sur la croissance mondiale et faire des affaires à l’international. Cela doit devenir un réflexe contagieux pour les entreprises québécoises, croit Michael Sabia, le président de la Caisse de dépôt et de placement du Québec.

Blogue EconomieL’économie du Québec doit se brancher sur la croissance mondiale et faire des affaires à l’international. Cela doit devenir un réflexe contagieux pour les entreprises québécoises, croit Michael Sabia, le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Invité par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), lundi, Michael Sabia a prononcé un discours qui inscrit la trajectoire future de la Caisse de dépôt. Une trajectoire qui l’amènera sur de nouveaux territoires et qui lui permettra d’accompagner des entreprises québécoises prometteuses et capables de percer les marchés mondiaux.

La Caisse part à la recherche de nouvelles occasions d’investir dans les marchés internationaux. En plus de ses bureaux de New York et de Pékin, elle ouvrira sous peu un bureau satellite en territoire américain, à Washington, de même que de nouveaux bureaux à Mexico et à Singapour, avant de s’établir ultérieurement à Mumbai, en Inde, et à Sydney, en Australie.

«Nous travaillerons avec nos entreprises afin d’augmenter leur accès à la croissance mondiale là où elle se trouve et d’aider l’économie québécoise à prendre sa place — toute sa place — dans le monde», a-t-il déclaré.

Pour Michael Sabia, la mondialisation de la Caisse et celle de l’économie du Québec vont de pair. La Caisse de dépôt veut investir au Québec, mais avec une perspective mondiale. Il faut donc aider les entreprises québécoises à sortir de leur marché, qui ne représente que 0,3 % de l’économie mondiale.

Les entreprises du Québec ont bien besoin de ce soutien. Les exportations du Québec ont diminué de 1 % par année depuis 2000 et ne représentent plus aujourd’hui que 27 % du PIB, contre 42 % au début du millénaire. La productivité horaire dans le reste du Canada et aux États-Unis a aussi crû trois fois plus vite pendant ce temps que celle enregistrée au Québec.

Voilà pourquoi le Québec doit exporter beaucoup plus — et mieux —, et aller chercher la richesse et la croissance là où elles se trouvent.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

Laisser un commentaire

Autrement dit, les USA et le Canada ce n’est plus bon à rien pour l’augmentation des exportation.

Ca alors. La Caisse avait tout fermé lors de la grosse perte. Voilà qu’on ré-ouvre! C’est beau la vie à la Caisse.

En quoi l’ouverture de bureaux à l’étranger va favoriser les exportations québécoises? Ces bureaux sont pour l’investissement, pas pour les exportations.

« La fortune vient à pas de tortue, et fuit comme une gazelle. » — Proverbe d’origine persane

Ayant parcouru les notes du discours de monsieur Sebia, je ne commenterai pas ce qu’il dit mais plutôt le « non-dit » ; ainsi ce que monsieur Sebia ne nous dit pas, c’est que la croissance interne au sein de la Province, est quant à elle actuellement limitée. Ce qui signifie que la Caisse ne peut pas dépasser ses objectifs par le seul soutient de l’économie québécoise.

Ce que monsieur Sebia ne nous dit pas, c’est qu’il ne voit pas dans son radar le Canada. Simplement parce que la Caisse n’est pas perçue comme le meilleur vecteur et partenaire d’investissement à l’intérieur du Canada.

Ce que ne nous dit pas monsieur Sebia, c’est que si les besoins d’investissements en infrastructures sont considérables partout où la Caisse veut investir, ils n’en sont pas moins considérables et à considérer ici-même au Québec. La qualité de nos infrastructures est en quelques sortes notre carte de visite pour démontrer notre « savoir-faire ».

Ainsi, le « coup » consiste à nous déshabiller toujours un peu plus pour mieux habiller l’autre.

Ce que monsieur Sebia ne « vous » dit et pas ne nous dit pas. C’est que ce marché du financement des infrastructures dans le cadre de la mondialisation est disputé par divers joueurs lorsque plusieurs d’entre eux s’y sont brisées les dents et que d’autres viendront qui se les briseront. — Et nous évidemment pas ? Grâce à notre expertise sans doute acquise avec le ciment de Port-Daniel dans lequelle la Caisse investit à l’aveuglette comme elle a investi dans les chemins de fer désormais tristement célèbres de la MMA.

La réalité est que j’aime mieux un confortable rendement de 3 à 5% par ans presque sûr, que de grandes promesses d’enrichissement qui ont un certain goût de revenez-y, alouette !

Bref, ce doit être dans l’ADN québécoise d’être né pour se faire plumer ; mais la différence qu’il y a entre un ortolan et un mouton, c’est que dans le premier cas quand l’oiseau est plumé il ne reste plus qu’à s’en pourlécher lorsque la laine du mouton ne peut quant à elle que bien mieux repousser.

Quoiqu’il en soit, quand on perd ses plumes, on vole rarement très longtemps très très haut. Ces derniers mots relevant ici bien sûr de l’allégorie.

***** Erratum :

Désolé pour ma faute d’orthographe à l’encontre du nom de monsieur Sabia que j’ai orthographié malencontreusement de manière phonétique.